‹ Le gentilhomme campagnardChapitre 13 sur 26 · LA CASSETTE D EBENE · texte numérisé non relu

LA CASSETTE D EBENE

Au moment où la belliqueuse sortie du marquis vi de l'élite de ses domestiques avait mis en déroute Tavant-garde des émeutiers, Bancroche et Lamoureux avaient pris la fuite ainsi que leurs compagnons, mais au lieu de se sauver comme eux par la grille d "honneur, ils s'étaient jetés à l'aventure sous une voûte conduisant h une cour de service ; de là, par des passages connus de Lamoureux, qui avait travaillé comme maçon au château, ils s'étaient réfugiés d'àus les jardins et ensuite dans le parc, d'où ils espéraient pouvoir s'écluapper sans être vus, en franchissant la muraille, dès que la nuit serait venue.

Pendant tout le reste de la journée, les deux bandits, qui s'étaient prudemment débarrasses, l'un du casque de Toinot, l'autre de son tambour, restèrent tapis dans le fourré, sembljd)les à ces animanx carnassiers qui attendent le coucher du soleil pour se mettre en campagne. En dépit delà faim, delà soif et de la mauvaise humeur qui accompngno toujours les entrei)ris(^s avortées, Lamoureux suppoitaitsa position avec une certaine philosophie; mais Lancroche, Ifî

LE GEMILIIO.^iME CAMPAGNARD. ISl

visage meurtri et endolori par le coup cîecrostcque lui avait appliqué Châteaugirou^ ne rêvait que vengeance et carnage.

— Non, tu as beau dire, répéta-t-il plusieurs fois à son compagnon dans les instants où la douleur se faisait sentir plus cuisante, je ne sortirai pas d'ici avant d'avoir mis le feu au château de ce brigand de marquis.

— Mais s'il fa flanqué un coup de crosse, répondait chaque fois Lamoureux, effrayé de ce projet, tu lui as toimême fichu un coup de couteau ; il me semble que ça fait quitte.

— Pourquoi est-ce qu'il voulait me faire descendre lescalier plus vite qu'au pas ordinaire?

— Et pourquoi, toi, ne voulais-tu pas descendre?

— C'était mon idée comme ça.

— Il était chez lui, cet homme !

— Nevas-tu pas faire le capon maintenant?

— Pas plus capon qu'un autre ; mais nous ne sonmios pas déjà dans d(; si beaux draps, pour parler encore de brûler le château .

— Je te dis que je ne sortirai pas d'ici sans y avoir mis le feu ; j'ai une dent cassée, deux qui ne valent guère mieux, et je serais un lâche si ']() ne me vengt^ais pas.

A défaut de mets plus substantiels, Bancroche se nourrit de sa colère et Lamoureux de sa fraycnu' jusqu'à ce que la nuit fut venue; ils se rapprochèrent alors du château sans avoir pu parvenir à se mettre d'accord, car l'un ne sonp;eait qu'à s'échapper, tandis que l'autre s'obstinait à rester pour mettre à exécution ses projets de vengeance. Dcjà ils avaient traversé une pelouse assez découverte, lorsque les premières détoiiatior.s du IVu (railiîice leur causèrent une panique soudjiine qui leur lit cherelier un abri dans lallee loulVun où madame de lîonvalot et Langerac entrèrent uu instant après.

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