I ŒUVRES DE CD. OB BERNASD
— Non sans doutcj mais je n'en suis pas moins engagé, car madame de Bonvalot a exigé me parole d'homieur.
— Et parole de geutilhorame vaut acte. Je comprends la inanœu\'re dt; ton agréable belle-mëre ; elle espère qu'une fois 'pair de France ou en passe de le devenir, tu iras avec ta femme amc Tuileries dont ton nom seul d'mlleurs sufR< rait pour t'ouvrir les portes, et qu'elle-même passera pardessus le marché.
— Tel est en effet, ie crois, le caleul de madame de Bonvalot,
— Et ta femme, reprit le baron, conuall-elie ce projet T
— Sans doute.
— L'approuve-t-elle T
— En aucune manière. Mathilde aime la retraite autant que sa mère adore le monde, et ce matjn encore elle me disait que son plus cher désir serait de passer sa vie à Cb&leaugiron.
— Voilà qui me dispose à raimer. Allons, mèneHoioi près d'elle.
— Mon oncle, dit Héraclius avec une sorte d'embarras, il faut que je vous présente aussi à ma belle-mère.
— Présente.
— Je voudrais vous prier... Vos pldsanteries parfois emportent la pièce... Madame de Bonvalot, je dois en convenir, n'est pas exempte de ridicules... Mais, par égard pour ma femme...
— Bien ! bien ! interrompit le baron; madame Bonvalot fa joué un tour que je ne lui pardonne pas, et, sur mon âme, elle me le paiera.
Forcé de se contenter de cette réponse peu rassurante, Ohflteaugiron ouvrit la porte du cabinet, et après avoir traversé plusieurs pièces, il introduisit son oncle danffim petit >alon où il comptait trouver la marquise
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LE a£NIU.U01IUIl GAUPAGNARD. M
LES PRiSRNTATinNB.
Madame de Ch&teaugiron n'était pas seule dans le salon jh son mari venàt d'introduire M. de Vaudrey.
Languissamment étendue sur une causeuse, et tenant d'une main un flacon de sels qG'elle appliquât fréquemment sous son nez comme si elle eût voulu prévenir un nouvel évanouissement, madame deBonvalot prêtait une oreille indulgente aux propos que lui débitait son fidèle sigisbée.
l^ngerac, fort décidé à tirer de son égratignure le meilleur parti possible, s'étmt entouré le visage d'une cravate nouée en mentonnière, et dont la soie noire faisait valoir la nuance dorée de ses cheveux blonds. GriLce à cette adroite mise en scène, la sensible douairière ne pouvait jeter les yeux sur lui sans se diie, dans l'attendrissement de son cœur : a C'est pour moi qu'il a reçu cette blessure ! » Remis d'ailleurs des émotions assez peu viriles qu'il avait éprouvées quelques instants auparavant, le vicomte faisait le bon compagnon comme Panurge après la tempête, et «'payait fort agréablement aux dépens de l'émeute et des différents adeurs qui venaient d'y joner un rAle. La terrU)le moustache du capitaine Toussaint Gilles, la casquette de loutre du vice-président Laverdun, la déroute du tambour des pompiers, et par-dessus tout l'héroïque perruque du vieux juge de paix, lui fournissaient le texte d'intarissables plaisanteries auxquelles madame de Bonvalot, en dépit de sa dolente attitude, s'associait de temps en tempe par un langoureux sourire.
Dans l'embrasure d'une fenétfe, M. Bobilier, plus vert, plus vivace, plus pétulant que jamais, tenait étroitement bloqué le maire Âmoudra. D'une mun le jeune vieillard
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Pi (BmiBS DE es. DE HEHNAIID.'
avait saisi l'honnête iidniinistrateur par un des boutons de son habit, de manière à lui rendre la fuite impossible; de l'autre il gesticulait avec feu, en accompagnant cette pautomioie véhémente d'uue mercuriale dont nous nous contenterons de donner un échantillon.
— Votre conduite, Amoudru, est sans excuse, disait le juge de paix d'une voix basse et courroucée ; en temps de trouble, la place d'un maire est sur la place publique et non dans sa cave. .
— Mais, monsieur Bobilier, répondait Amoudru d'un air contrit, puisque je vous dis que j'étais allé faire un tour du côté du pré Gibaud pour voir où en sont les travaux de la carrière; en apercevant les flammes qui s'élevaient plus haut que les tourelles du château, je suis revenu à toutes jambes, mais quand je suis arrivé tout était fini.
— C'est un conte. Vous étiez b. la mmrie. En sortant de la messe, je vous ai parfaitement aperçu à l'une des fenêtres, et le désordre a commencé presque aussitôt. Vous êtes sans encuse, vous dis-je, et dans mon procès-verbal, je me croirai obligé de signaler hautement votre coupable et pusillanime inertie. Quant au fermage de la terre du marquis, n'y pensez plus, ou du moins ne comptez par sur moi pour vous donner un coup d'épaule.
Tandis que le juge de paix indigné vitupérait ainsi l'administrateur sans énergie qui l'écoutait l'oreille basse, le curé Dommartin, assis près de madame de Ghâteaug^ron, lui débitait une homélie de condoléance.
Averti, au moment où il venait de se mettre à table, du désordre qui régnait devant le ch&teau, l'ecclésiastique au préalable avait achevé son repas ; précaution d'hygiène rarement négligée par les gens de sa robe, et en cette occasion d'autant plus légitime que la grand'messe, allongée par un sermon d'apparat, avait duré jusqu'à midi, en sorte qu'il cette heure le digne prélre était encore à jeun.
Soit qu'à l'instar du prélat du Lutrin il éprouvât^ en
U 6BNT1LD0MHE CAHPAONARD. 8(
s'asseyant à une table passablement servie, ce saint respect qui rend la mastication plus lente, soit qu'il fût médiocrement tenté de commettre son sacré caractère au milieu d'une populace déchaînée, habitude ou calcul enfin, M. Dommartin fit durer son dîner tout juste autant que dura l'émeute ; mais dès que les perturbateurs se lurent dispersés dans différentes directions, et que les chants patiiotiques ne retentirent plus que dtms le lointain, il sortit de sa cure comme l'arc-en-ciel se dessine sur les nuées après un orage et se dirigea vers le ch&teaù, en ruminant dans son cerveau une allocation appropriée à la circonstance.
Après avoir exprimé à la marquise la pénible émotion, la profonde amiction, l'amère mortification que lui eausaient les scènes scandaleuses qui venaient d'avoir lieu, le curé s'apostrophant lui-même par une figure oratoire familière aux prédicateurs, se demanda quelles pouvaient être les causes d'une si abominable saturnale; et l'on doit lui rendre cette Justice que la réponse suivit de près l'interrogation. Qui avàt pu porter une partie des habitants de Chftteaugiron à de pareils excès, sinon cette philosophie ou plutât ce philosophisme du dix-huitième siècle qui a perverti la France, sapé par la base les croyances les plus respectables, détruit toute idée de morale et fait pénétrer l'ipréligion jusque dans les chaumières? L'occasion était belle de rejeter k la tète de Rousseau et de Voiture les pierres lancées par les émeutiers contre les vïixes du chftteau, aus:^ l'éloquent curé n'eut il garde d'y manquer; mais nous devons jouter qu'il eut soin de garder quelques-uns dç ses pavés les plus lourds pour l'Université, ce foyer de corruption, cette école de pestilence, cette pépinière d'athées 1
Par politesse madame de Chàteaugiron semblait prêter une oreille attentive aux paroles du jeune prêtre, mais en réalité, ellb était doublement distraite ; d'abord pnr la petite Pauline qu'elle tenait sur ses genoux et qu'elle embrassait i chaque instant avec une vivacité toute maternelle, ensuito
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par l'émotion dont elle ne pouvait se défendre en pensant qu'elle allait voir bientôt H. de Vaudrey, cet oncle qu'elle désirait connaître depuis si lonfilemps, et dont on lui avait annoncé l'arrivée.
A la vue dugentiinomme campagnard qu'Héracltus avait fait passer devant, après avoir ouvert la porte, un mouvement général eut lieu dans le salon. M. Bubilier lAcba le bouton d'Amoudruet se rapprocha de la cheminée, tandis que le maire, si vertement sermonné, se réfugiait dans Vetobrasure d'une autre fenêtre, comme s'il eût espéré d'y être à l'abri d'une nouvelle mercuriale. La douairière et le vicomte interrompirent leur échange de minauderies pour fixer sur le nouvel arrivant un regard curieux. Le curé se leva d'un tàr empressé, mais pourtant moins promptement que la marquise, qui, sans attendre que son mari lui eût présenté leur oncle, alla droit à celui-ci, la rougeur aux joues, le sourire sur les lèvres et la joie dans les yeux.
— Enfin ! dit-elle en lui tendant la main par un geste dont la gracieuse vivacité laissait deviner un véritable respect.
Le mouvement de la marquise avait été d spontané, si ttat\c, si cordial; elle-même, sa petite fille sur le bras et son beau visage coloré par une douce émotion, offrait une si charmante image de la jeune maternité, qu'en dépit de ses préventions, M. de Vaudrey ne put se défendre d'une agréable surprise qui se traduisit expressivement sur sa mftle physionomie. Pendant un instant il considéra cette nièce à laquelle jusqu'alors il n'avait pas pardonné d'entacher de son origine bourgeoise l'arbre généalogique desCb&leaugiron, avec une attention de plus en plus approbatrice, et termina son examen en portant galamment à ses lèvres la mainblancbe et satinée qu'il avait gardée dans la sienne.
~- Est-ce là un baiser d'oncle î dit vivement Mathilde, qui en même temps retira sa main et avance son frais
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ut flENTtLHOHHE CAMPAGNAKD. 0T
— Ma barbe ne vous fait donc pas peur T lui demaoïla le baron en souriant.
— Méraclius n'a-t-il pas aussi de la barbe T
— Oui, mais la sienne n'est ni rude ni grise; il est vrai que les oncles ont le droit d'être vieux.
— Ils ont aussi le droit d'embrasser leurs nièces, mais il parait qu'ils ne tiennent pas tous à l'exercer.
M. de Vaudrey prit entre ses deux mains le front de la marquise et y imprima un baiser sono»;.
— Pauline, mdntenant, reprit madame de Ch&teaugtroD en lui présentant sa fille.
— Elle s'appelle donc Pauline î
— Paul n'ést-il pas un de vos noms T répondit Uathilde avec un sourire plein de finesse; ohl il faut en prendre votre parti ; vous êtes bien son véritable parrain.
De plus en plus subjugué par l'innocente coquetterie qu'inspirait à la marqmse le désir de gagner l'afi'ection d'un homme qu'elle vénérait avant de le connattre, le baron embrassa sa petite nièce; mais celle-ci ne reçut pas cetle marque d'affection aussi convenablement que sa mère l'eût désiré; en sentant sa figure effleurée par la barbe formida^ ble qu'elle contemplât depuis un instant avec un étonnement mêlé de frayeur, Pauline se mit k pousser des cris aussi aigus que ceux par lesquels elle avait répondu la veille au terrible glapissement des cantatrices de ChfUeaugiron.
— Ta femme est une petite matoise qui répète parfaitement sa leçon, dit tout bas le baron à son neveu, tandis que Matbilde s'efforçait d'apaiser sa fille,
— Sa leçon, mon oncle ?
- — Oui ; tu lui as appris comment elle devait s'y prendre pour apprivoiser l'ours de Châteaugiron-le-Vieil, et je dois convenir qu'elle a une manière de museler son monde tout k fiiit engageante.
— La trouvez-vous jolie t
»• (BCTBBS DB CH 6S BERKARD.
— Je serais bien difficile ; elle est plus que jolie, elle est charmaDte.
— Elle est bonne surtout, et je suis sta que vuus l'ai' merez.
— Parbleul je l'aime déjà, Tenjoleuse qu'elle est. Mais tu oublies de me présenter à ta belle-mère.
Le marquis, un peu inquiet de l'accent ironique avec lequel avait été prononcé ce dernier mot, prit son oncle par la main et le conduisit vers madame deBonvalot, qui, en les voyant se diriger vers elle, fit le simulacre de se mettre sur son séant; mais elle retomba aussitôt en arriëre comme si un pareil effort eût été au-dessus de ses forces. En réalité la douairière était loin d'être aussi abattue qu'elle voulait le paraître ; mais gardant rancune au baron, à propos de son refus d'a^ister au mariage dlIéTaclius, elle trouva inutile de déranger pour lui l'altitude étudiée qu'elle avdt prise sur la causeuse, et qui lui semblmt d'une aisance et d'un laisser-aller particulièrement aristocratique.
— Madame, lui dit Châteaugiron, permettez-moi de vous présenter M. de Vaudrey, mon oncle, dont vous m'avez entendu parler bien des fois.
Le baron s'inclina profondément, mais auparavant il avait enveloppé d'un regard perçant et lumineux la <^quette sur le retour ; rides plâtrées de fard, fausses nattes, dents posticbes, toilette extravagante, ridicules de toutes sortes, rien n'échappa à cet examen impitoyable.
Hadame de Bonvalot répondît par une inclination de tête, assez parcimonieusement mesurée, au salut, fort respectueux en apparence, du gentilhomme campagnard; puis, les lèvres contractées par ce qu'elle appelait son sourire de, duchesse, elle arUcula d'une voix traînante et en appuyant sur chaque mot pour en faire ressortir toute la valeur, la petite leçon que voici :
— En effet, marquis, depuis dix-huit mois que vous avez épousé ma fille et que H. le baron nous fait désirer sa viàte, '
u fiunaBoiaiB cahpagiurd. h
voua avez eu le temps d'énumérer à bien des reprîtes tous les mérites qui le distinguent.
H. de Vaudrey se redressa prestement et regarda l'agressive douairière avec un étoimeiaent comparable à celui que pourrait éprouver un renard assailli à coups de bec par une poule au moment où il se dispose k la croquer.
— Madame, dit-il ensuite en composant son visage, le reproche indirect, mais si aimable, que vous voulez bien m'adresser me comblerait de confusion si ma conduite n'aFvait pas une excuse.
— Une excuse I Ah ! Monsieur 1 répliqua madame deBoDvaiot, qui de nouveau pinça ses lèvres et s'eiforça de donnw k son regard une expression imposante.
— Oui, madame, une excusej et j'espère que vous allei en reconnaître la légitimité. Veuillez considérer que le mth riage de votre fille et de mon neveu a eu lieu à Paris, à quatre-vingts lieues d'ici; que la présence d'un paavre campagnard de mon espèce n'en eût en aucune manière rehaussé la splendeur; que de plus, mes petites affaires auraient pu souffrb de mon déplacement; car je suis propriétaire de vignes, madame, c'est-à-diie marchand de vin k ma manière, comme feu H. Bonvalot, votre époux, l'était à la sienne ; et vous devez savoir par expérience que dans un commerce de cette nature l'absence du maître préjii* dicie toujours au débit de la marchandise.
Parmi les choses qui avaient le privilège d'irriter les nerfs de madame de Bonvalot, et le nombre en était grand, une surtout lui était particulièrement désagréable, c'était toute allusion à la profession de son mari; peut-être le déplaisir qu'elle éprouvait en ces occasions n'étaitril pas exempt d'ingratitude, car à exporter en Angleterre et en Amérique les produits des vignobles de la cAte bordelaise, ie défunt avait honnêtement gagné plusieurs millions, dont la moitié^ lors de ta dissolution de la communauté, avait composé à sa veuve déjà mûre un douaire tout à fait raieunissant. Eu
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IDO (VUVItBS DE GH. &B BERKARD,
entendant le baron appliquer à feu H. Bonvalot la qualiB- CHtiOD de marchand de vin dont il- av^t commencé par s'affubler traîtreusement lui-même, la douairière, oubliant son r61e de femme languissante, s'assit brusquement, à demi suffoquée de dépit ; mais au moment où elle cherchait mie réplique bien foudroyante, le regard du gentilhomme campagnûd s'appesantit sur elle avec une si souveraine ironie, qu'elle en perdit la parole ainsi que la contenance, et n'imagina rien de mieux pour se tirer d'embarras que de retomber en pâmoison.
— Mon Dieu, madame Bonvalot se trouve mal I s'écria avec un intérêt ^ecté le baron, qui n'était nullement dupe de ce manège ; tous ces sels ne sont bons qu'à agacer les neifs ; quelques gouttes d'eau jetées au visage, voilà le seul remède efficace.
Tremblant pour son rouge si clau^ment menacé par la perfide insinuation de l'homme qu'elle regardait d^ lors comme un ennemi mortel, madame de Bonvalot entr'ouvrit les yeux et déclara d'une voix éteinte qu'elle se trouvait mieux, et que par conséquent, le charitable secours qu'il était question de lui administrer devenmt tout à ftùt inutile.
Pendant cette courte scène, la marquise avait adressé au vieux gentilhomme un regard éloquent qui contenait une muette prière, mais qu'il feignit de ne pas apercevoir ; presque aussi contrarié que sa femme, Châteaugiron essaya une diversion.
— Mon oncle, dit-il en touchant le bras du baron, nos présentations ne sont pas finies.
U. de Vaudrey se retourna.
~ Le vicomte de Langerac, un de mes meilleurs amis, reprit Héraclius.
— Langerac comme moi, dit H. Bobilier entre ses dents, assez distinctement toutefois pour que le baron, près duquel il se trouvait, put l'entendre.
Un peu surpris, M. <te Vaudrey porta les yeux sur le
U fiENTILHOMUE CAMPAGNARD. 101
Jeune homme bloud qui s'inclinait devant lui d'un air de politesse empressée, et au lieu de lui rendre son salutj il le contempla un instant si fixement, que Langerac, choqué ou embarrassé de se voir l'objet d'une observation si tenace, mlerrompit brusquement ses révérences.
— Monteur, lui dit le baron aans cesser de le regarder attentivement, il me semble que votre figure ne m'est pas inconnue, mais je cherche en vain à me rappeler où je vous ai vu.
— Comment pourriez-vous le reconnaître 1 dit Uéradius; gr&ce aux aimables procédés de messieurs les patriotes de Chàteaugiron, le pauvre Langerac n'a plus une figure humaine.
— Vous êtes blessé, monsieuri demanda le vieux gentilhomme.
— Une bagatelle, monùeur, répondit le vicomte d'un ton d'insouciance ; une pierre ; il esi vrai qu'elle était d'une (pï>sseur raisonnable.
— Mais un coup de pierre dans la mftchoire n'est pas une bagatelle; vous avez peut-être quelques dents brisées t
— Heureusement non, dit Langerac eu déployant politiquement son sourire de manière à montrer à la douairière, qui avait tes yeux fixés sur lui, une double rangée de dents blanches et intactes.
— Permettez, monsieur, re[vit le baron, le coup que vous avez reçu est peut-être phis grave que vous ne paraissez le croire. Je sub un vieux soldat, et je me connais en blessures. Permettez I
Sans attendre qu'on lui eût accordé la permission qu'il demandait, H. de Vaudrey enleva lestement la cravate nouée autour du visage du vicomte.
— Allons, allons, je crois que vous n'en mourrez pas, dit-il en souriant d'un air moqueur fa la vue de Tégratignure presque imperceptible qui avait entamé une des joues de Langerac
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feS (EDVKBS DE Cfl. DE BERNAkO.
— Qu'a donc ce grand gendanne à m'examiner ainsi t ae demanda le vicomte un peu décontenancé; on dirait qu'il prend mon signalement.
En enlevant l'espèce de mentonnière dont s'était affublé Langerac, le baron en effet avut eu pour but de lui découvrir le visage afin de le mieux examinerj bien plus que de s'assurer du plus ou moins de gravité de sa blessure.
— Il est sûr que j'ai vu cette figure-là quelque part, reprit^il en lui-même ; mais quand t mais où ? Voilà ce qu'il m'est impossible de me rappeler. Cela me reviendra.
— Il prétend que mon visage ne lui est point inconnu, se dit de son cAté le vicomte, et moi-même, plus je le regaitle, plus il me semble que je ne le vois pas aujourd'hui pour la première fois.
Tout à coup Langerac rougit jusqu'aux oreilles; il ve- Dut de se rappeler le lieu oii il s'était eu effet rencontré avecU. de Vaudi-ey quelques années auparavant..
KAMGina DB PRSTKB.
La conversation était devenue générale, et tout naturellement les scènes orageuses qui avaient eu lieu quelques instants auparavant en faisaient le sujet.
- AveE-vouseubienpeurtâemandaH. deVeudrey àaa sièce.
— Une peur horrible dans le commencement, répondit en souriant la marquise ; mais on s'habitue à tout. Peu à peu je me suis aguerrie, et j'ai Siû par pousser la bravoure jusqu'à venir regarder l'émeute qui d'abord m'avait miae entuite.
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— C'était un assez laid spectacle, reprit le baion.
— Hideux, dit H. Bobilier,
— Bidicule avant tout, ajouta Chàteaugiron.
— Sauf lea costumes qui m'ont paru beaucoup moina pittoresques, poursuivit la marquise, cela m'a rappelé la scène de la révolte dans la Muette.
— Il y avait en effet de la ressenblance, dit M. de Vaudrey : le mouvement, les .cris, les flammes ; mais, par exemple, je ne crois pas que nos lazzaroni de Chftteaugiroo aient interrompu leur tapage pour invoquer saint Janvier.
— Ils ne [Hwnt pas même le bon Dieu, observa le curé Dommartin d'un ton aigre ; ce n'est pas pour prier saint Janvier.
— Quels sauvages I quels cannibales 1 dit madame de Bonvalot en joignant les mains ; si toutes ces émotions ne m'avaient pas brisée, si je croyais avoir la force de supporter le voyage,i'aarais déjà envoyé chercher des chevaux de poste.
— Eh quoi l madame, fit le baron, souge»-vous à nous quitter si promptementi
— Oui, monsieur, j'y songe, répondit sèchement la douairière; raccu«il qu'on nous fait itn m'engage fort peu I y rester, et je n'ai qu'un regret, c'est d'y être venue.
— De la fenéire où je m'étais placée, en ayant soin de rester cachée derrière les rideaux, dit madame de Châteaugiron sansparaltre prendre au sérieux les parolesde sa mère, j'ai pu admirer , mon cher oncle, votre foudroyante inteN venticHi. Vous n'avez pas vu cela, HéracliusT
— J'organisais mon armée sous le vestibule, répondit le marquis en riant. Qu'a donc fait mon oncle ?
Madame de Chàteaugiron raconta avec enjouement de quelle manière expéditive et péremptoire le baron avait mis à laraison les chefs de l'émeute.
— Vous m'attribues à tort tout l'honneur de la bataiUs, dit gaiement H. de Vaudrey : il est juste de rendre à mon garde et à mon cbien la part qui leur revient.
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— Quelles qu'aient pu être les prouesses de mon oncle et de ses deux compagnons d'armes, dit Héracltus du même ton de plaisanterie, ce n'est aucun d'eux que je proclamerai le héros de la journée, c'est H. Bobilier.
— Ah ! monsieur le marquis 1 s'écria le vieillard en s'inclinant d'un air modeste.
— A moins d'en avoir été témoin comme moi, ii est impossible de se fiùre une idée de l'énergie, de la résolution, de l'intrépidité déployées par notre digne juge de paix dans une circonstance qui aurait pu devenir vraiment critique ; seul il a soutenu le premier choc de l'émeute sans autres armes que son écharpe, et je voudrais que vous l'eussiez entendu faire les trois sommations I Jamais général or-' donnant à ses soldats de monter à l'assaut n'a parlé d'une voix plus ferme et plus imposante.
— Ah I monsieur le marquis, reprit le vieux magistrat avec un accent de regret, que n'avals-je derrière moi, an lieu de ce poltron de Toinot qui m'a honteusement abandonné, la moindre brigade de gendarmerie 1 la cour du cb&teau n'aurait pas été souillée longtemps par la présence de ces coquins, et tout serait bien vite rentré dans l'ordre sans que ni vous ni H. le baron eussiez été obligés de vous déranger pour mettre le holë.
— Mon cher Bobilier, di H. de Vaudrey, je regrette beaucoup de n'être pas arrivé plus tdt. Ce que le maréchal de Viliars désirait le plus au monde, disait^il, c'était de voir le grand Coudé l'épée à la main ; j'avoue que j'auraiséprouvé implaisirtoutparticulierà vous voir revêtu de votre échaipe.
— Ualheiu^usement, monsieur Le baron, mon écharpe, i(UOiqu'elle ait presque autant de couleurs que l'arc-en-ciei, n'annonce pas comme lui le retour du beau temps ; c'est au contraireun symptAme d'orage, et Dieu veuille que je ne sois pas obligé de la ceindre de nouveaul
— Craigoez-vous donc que cela ne recommence? demanda Gb&teaiuiiron.
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— Qu'ils recommenceat â bon leur semble, cette fois je serai eu mesure de les recevoir. Hon premier soin en revenai>i' à moi, car vous saurez, monsieur le baron, que de colère je me suis trouvé mal, ni plus ni moins qu'une femmelette (c'est fort ridicule, mais on n'a pas soixante et douie ans sans que les forces ]diysiques s'en ressentent) ; mon premier soin donc a été d'écrire au procureur du roi de Cbarolles, et de mettre en réquisition les gendarmes de Rancenay, qui seront probablement ici dans quelques heures, l'ai pris la liberté, monsieur le marquis, de faire monter à cheval un de vos domestiques, afln que mes lettres parvinssent plus vite à leur destination. J'aurai donc aujourd'hui même une force militaire à mes ordres, et si ces coquins s'avisent encore de remuer, cela me procurera le ptEùârde les prendre en flagrant d^ît et de les faire arrêter sur-leKihamp.
— l'espère qu'on ne sera pas obligé d'en venir à cette extrémité, dit madame de Ch&teaugiron.
— Un peu plus tAt, un peu plus tard, madame la marquise, ils ne l'échapperont pas; dès ce soir j'aurai mis au net le plus foudroyant procès-verbal que j'aie jamais eu l'occasion de rédiger dans tout le cours de ma carrière ; et si les mandats d'amener se font attendre, je suis décidé h donner ma démission.
— Votre démission, mon cher juge de paixî dit Héraclius.
— Oui, monsieur le marquis, ma démission. Ceci est désormais pour moi une allaire d'honneur; il faut que Toussant Gilles et sa bande soient sévèrement cb&tiés comme ils méritent de l'être, ou que moi-même j'abdique mes fonctions de magistrat : pas de milieu.
— Vouscroyezdonc, ditM.de Vaudrey, que c'est le club Toussaint Gilles qui a concerté cette échauffourée T
— Qui pourrait en douter?
— Hoi, répondit d'un ton bref le curé Doramartin.
lus SVTBEB DE CB. DB BBRMAED.
— VcHis, monsieur î reprit le juge de paix en j^ant au jeune prêtre un regard de travers.
— Oui, monsieur, moi-même.
— Je serais vraiment curieux, monsieur, de savoir sur quoi vous fondez votre opinion.
— Je n'ai pas d'explication à vous donner sur ce point, monsieur ; qu'il vous suffise de savoir que Je ne suis pas de votre avis.
En voyant se rallumer inopmément la querelle qui avait éclaté la veille entre le vieux magistrat et le jeune cuvé, le marquis jugea son intervention indispensable.
— Messieurs, dit-il, que les scènes ridicules qui viennent d'avoir lieu ûent pour instigateur le citoyen Toussaint Colles ou tout autre, peu impwte ; le fût essentiel et incontestable, c'est que ma maison a été envahie par une bande su milieu de laquelle figuraient plusieurs repris de justice, oe qui suffit pour la caractériser ; c'est que mon domicile a été violé et ma propriété menacée; c'est qu'on a enfoncé ma grille, brisé mes feuêtreSj brûlé une coostrucUon élevée sur mon terrain ; c'est qu'enfin mon ami Langerac et le tambour des pompiers ont été blessés par une grêle de pierres & laquelle H. Bobilier n'a échappé lui-même que par miracle : voilà le fait. Maintenant, d'où le coup est-il parti et quels ont été les meneurs, c'est ce que nous apprendra l'enquête ; car je suis de votre avis, mon cher Bobilier, une enquête me semble nécessaire.
— Indispensable, monsieur le marquis ; si l'on ne fait pas un exemple, ces coquins-là se moqueront de nouset recommenceront & la première occasion. Non, point d'indulgence, point de miséricorde pour ces lâches incendiaires I ajouta d'un ton véhément le vieux magistrat qui avait surtout sur le cœur l'flmbrasement de son arc de triomphe et la destruction de l'étonnaut tableau qui lui avait coûté tant de jours de liavaii.
— H. le marquis est dans son droit, et il a parfaitement
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LB flENTILHOimi CAHPAGNABD. lOt
raison de vouloir que la justice soit smio de aXl'. jif[.iire, dit le curé avec un accent doucereux; personne Assurément ne désire plus que moi que les ins^gatcurs de cette scène de désordre soient sévèrement punis.
— Les instigateurs de cette scène de désonlre, reprit U. fiobilier d'un ton cassant, sont, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, Toussaint Gilles et tes amis. Un conciliabule a eu lieu hier soir à l'auberge du Cheval-Patriote, et quel but pouvait-il avoir, si ce n'est de concerter la scène inrftme d'aujourd'hui?
— Ce conciliabule est-il bien authentique? demanda le curé avec un sourire d'incrédulité.
— Parfaitement authentique, monsieur; je n'ai pas l'habitude d'avancer desfaits controavés. — Amoudru, poursuivit le juge de paix en s'adressant au maire, qui se tenait révérencieusement assis sur le bord de sa chaise, le plus loin possible de la maîtresse de la maison, ne m'avez-vous pas dit qu'hier soir le garde champêtre, en faisant sa ronde, avait aperçu, à travers les fentes des voleta de l'auberge du Cheval-Patriote, le club au grand complet, discutant avec la plus grande cbaleur comme s'il se f&t agi d'une affaire très-importante î
— C'est vrai, monsieur le juge de paix, répondit d'une voix mal assurée Amoudru, qui retomba anssitAt dans son respectueux silence.
— Qu'est-ce que cela prouve? dit le jeune prêtre assez dédaigneusement.
— Vous me demanderez peut-être aussi, riposta M. Bobîlier en ricanant, ce que prouve la présence de Toussaint (Mlles et des autres clubistes au milieu du rassemblement î
— D'abord êtes-vous bien sûr qu'ils y étaient?
— Comment, s'ils y étaient ! s'écria le juge de paix qiU parut prêt à bondir sur son fauteuil ; je leur aï parlé & tous; j'ai inscrit leurs noms sur mon calepin ; de ma propre main j'ai appréhendé au c(Hps Toussaint Gilles , et vous ma
10> (BUVBBS VU CB. DB BKBNiBD.
demsiidez maintenant si je suis sûr qu'ils y étaient ! H fallait y être vous-même, monteur, tous («s auriez vus.
Un peu déconcerté par cette apostrophe à laquelle il était loin de s'attendre, le curé Dommartia s'efforça de se disculper de l'accusation assez clairement articulée contre lui.
— Je me suis empressé d'accourir dès que j'ai été averti de ce qui se passait, dit41 en prenant un air de dignité offensée, et je regrette certainement beaucoup de n'être pas arrivé plus tût, car ma présence eût pu n'être pas tout à fait inutile ; peut-être même mes exhortations chrétiennes eussent-elles été un peu plus efficaces que des sommations Unpnidentes ; peut-être, en entendant la voix de leur pasteur, ces hommes égarés auraient-ils fini par se retirer tranquillement, tandis que la menace d'employer la force pour les disperser, en d'autres termes de verser leur sang, était le meilleur moyen de les exaspérer. Par malheur j'ai été prévenu trop tard, mais j'espère que monsieur le marquis et madame la marquise sont trop persuadés de mon dévouement pour ajouter foi à des insinuations...
— Je n'insinue rien, monsieur, interrompit brusquement H. Bobilier, je constate un fait, votre absence, qui, je l'avoue, m'a un peu étonné, car la cure n'est qu'à cinq minutes du ch&teau, et le désordre a duré près d'une heure.
— Vous oubliez, mon cher Bobilier, que c'était l'heure du dtner de M. le curé, dit M. de Vaudrey, à qui les manières hypocrites du jeune prêtre avaient toujours déplu et qui ne lui pardonnait pas son ingrat procédé envers la famille Grandperrin.
— Ah ! Monsieur le baron, s'écria le curé en dévorant son dépit, une pareille plaisanterie, car ce ne peut être qu'une
— Mais je ne plaisante pas du tout, reprit impitoyablement le baron, je suis sûr que vous étiez à table, et je trouve tout simple que vous ne vous soyez pas dérangé. Loin de songer k vous en fure un reproche, je crois que vous n'avez fait
U «miLBOinB CAHPASKASD. t*»
qne VOUS conform» am maitmes de l'Église; un de sei commandements ne dH-il p»s on à peu piè* :
Ton dlnsr ohkad tn mangeru^ ABn de Tfm loD^emeiitT
H. Dommartin blêndt de colère et se mordit les lèvre* jusqu'au sang ; mais il s'abstint de répondre, car il savait par expérience que le baron était un adversaire trop bien muni d'armes offenàves pour qu'il f&t prudent de s'y frotter. Ce n'était pas la première fois que l'ambitienx curé sa voyait malmené par son noble paroissien, et malgré son a^ cret dépit, il avait l'habitude de supporter ces petits débcÂres en affectant une pieuse réàgnation ; car le moyen d'engager mie lutte avec le cousin de monseigneur l'évèque d'AutunT
Madame de Bonvalot, près de qni les insinuantes eaai^ lanerieê du jeune prêtre avùent obtenu la veille le plusgrand succès, et qui d'ailleurs, dès la première vue, s'était mise à détester cordialement le caustique gentilhomme, crut devoir intervenir dans la discussion.
— Monsieur ie curé, dit-elle avec un accent protecteur, vous auriez tort de vous affecter d'une plaisanterie qne pei^ sonne ici ne songe à prendre au sérieux ; votre caractère et vosprincipes sont trop connus pour qu'on puisse croire que vous ayez perdu volontairement une seule minute avant d'accourir à notre secours.
— J'ose dire que madame la douairière me rend justice, répondit le curé en s'inclinant d'un air de respectueuse
■ reconnaissance; j'ajouterai que je ne comprends pas qoe U. le juge dapaix me «mteste le droit d'avoir une qpioion.
— Je vous ferû observer, monsieur, répondit avec sa vivacité ordinaire H. BobiUer, que nier im fiût quand ce fait est patent, ce n'est pas une 0{ùmon, c'est on démenti.
;yGÔ0glC
*n9 antuB m ix. ra ■mi».
— Quel fait »îemé, je Tow prie, et qml démenti mm
ai-je donné T :
— Messieurs, dit la marquise, dont le gradeux visage prit mt air de froide dignité, il me semble que cette discussion est au moins inu^e.
— Madame la marquise, s*écrîa le vieillard d'un air émn, TOUS connûssez le profond respect que j'ai pour la mmsoD de ChfttesaginRi tH pour vous en particulier; fumerais nâeoxmoarir que iPy '"S"'!'*'» *^ "^ n'est «erte» pas im», te [^06 dévoilé de tos serviteurs, qui ptiloiigerai me coo- Yemlion dont le soirt panât vous déplaire; mus, je foos en suppEe, permetteE^noi d'ajouter un seul mot, ee sera le dernier, — Hierei-vous, monsieur, poursi^vit le juge de paix en s'adressant m curé avec va chaa^ement d'accfnt subit, nimeK-Toas que tout i Hieœe toos ayez paru révoqua en doute ma véracité qoaad je tdqb ai dit qse j'aTtui vu à la tête de l'attroupement Toussaint Gilles et sa bvtdet
— {Kstinguons , monsienr , répcmdïl jftsuiSqaement '-B. Dommartîn, je n'a jamais prétendu que les pereonne»
dont vous parlez n'aient pas figuré dans l'odieuse satnmàle qui vient d'avoir lieu; je dirtà plus, 3 me parait très-pto- IJable, d'après leur impiété Ken connue, qu'elles y ont j ooé un rflle fort actif; mais que des gens d'une ccmditiofi si suballeme soient les véritables instigateurs du désordre auqnd 1s ont pris part, c'est ce qu'il m'est iaipossibfe d'admettre. Agents, oiii ; auteurs, non ; voilà en deox mcAs mon opinhHi, «t je suis k me demander en quoi elle a pu éveiSer la snsceptibilité de monsieur le juge de pns.
— n est impossible de miieux précêer une question et dé finre une distinction plus juste, dit madame de Bonvrfot d'an air approbateur ; i*ur ma part, je me range comité- ■ tement h Carà de monsieur le coré. Ce hideux Toussaint Gillev, avec son bonnet ronge enfoncé jusqu'aux oreilles et SB pipe ignoble, n'est évidemment qu'un briganij subal^ teroe, soudoyé, sékm toute apparence, par les ennemis dd
Ml
jBsrqtiB ; et Q n'y a qa^ne imagination «ffraj^ 4|ui ait {M v^ en lia W chef 4t bBotte et râeverAini ^«j^ortloBB (ftiB Fni-Diavolo «n 4\n WnMo Kinsld^.
•~ <eiiuiiliinireDX4]in oiMi^ioBw troav* d'accord nec ceQa de nadime la douatribre, reprit le mué, et ja crois conuDfl tUe, qoe pour aRner à décoOnù las vérita> Mes anteun du désoidre, â faudrait ceMoDter tu peu plus kaatqve l'MAergtite ToununtGiHea^ uitiwafeBsde cette espèce.
>- <ttt'eBt«BdnK*ois par U>^ moariciu le ttuél dit Châteaugiron.
~- Mowrieor le maniais, on vieil «dage dit -: «Si tu veux découvrir l'auteur d'un crime, cherche d'abord à qui «• crime preste. ■
— Hais je ik Toh pas que le jmOb^ de aabn cUtMu, car je «raie qv'on en TOuWt i^oir là, fl6t proité k d'antres qu'aux pillards eux-mêmes,
— Honsieur le marquis, reprit le jenbe prMn «leo un accent dk phu en plw inadieâxjïl y a profit «t profit: pour les misènÀles lau^s «n «nat par «h iaflMeace«ecu}te, la vin àboiteetlenu4^1iertpillêr; pour tes vArttaUae instigateurs du désordn...
— Eh bien l dit le mnqnis en voyant qoe le cnié semblait hé^ter à ponrsiirre.
— Que Tons (firai^, mi»isieur le nurquis t «fanann a des mnemiBini du moinsdeBrÏTUix ; poorceitaJneiB consciences peu délicates, tout moyen semble bon lorsqu'il s'^jt d'éoar^ ta tm cotKtsrrent TtàwAsAAe ; penfetètre, car je n'affiime xiea, «-t'en penaé qu'en mekiiCMit votre cUteau d'un iocendie , oria vons ferait prendre le pays en haine, et par mite rmoncer à certaine projeta qù penvfBt contrarier eertaines gens.
~- Que d'ambres 1 mnnnara M. Bobiliar en haussant imperceptiblement les épaules.
— C'est vrai, dit à isate voix le tarcn près de qui le
;,GoogIc
IIS anmtsB db cb. di bhrasd.
vieillard se trouvait as^s, et qtû avait entenda son esc)»' inalion. Veuillez, monàeur le cwé, quitta le style des grades et nous dire clairement ce que vous pensez.
— Ce que je pense, monsieur le baron? mais en vérité. Je ne sais trop que tous dire. Je chercbe, je consid^, je pèse le pour et le contre; mais quant à af^rmer...
— Vous venez de nous dire que pour découvrir les v^itables auteurs de notre petite émeute, il fallait remonter plus haut que l'aubergiste Toussaint Gilles.
— Je l'ai dit en effet, monàeurle baron, et je suis toujours de cet avis.
— Pensez-vous qu'on doive chercher hott de la coramuneT
— Je n'ai pas dit cela, monsieur le baron.
— Cest donc dans la commune f Maïs alors, pour me servir de votpe expres»ou, jusqu'oïl pensez-vous qu'on dwvfi remonter T
— Le phis haut posàble, cUt à demî-voix le curé.
— Hais, reprit H. de Vaudrey avec un sourire sardonique, il me semble que le persomiage le pinsconûdérable de la commune c'est mon neveu; estK» lui, par hasard, que vous accusez d'avoir voulu piller son chftteaut
— Monsieur le baron, répondit le jeune prêtre mi pea étourdi par ces interrogations serrées et pressantes, quand je dis qu'on doit remonter le plus haut possible, il est bien certain que je n'entends parler ni de Û. le marquis ni de vous-même.
— C'est donc H. Grandperrin que vous accusez f s'écria le gentilhomme campagnard, en se levant par un mouvement d'indignation si véhément, quInvolontE^ment le c*^ se jeta en arrière sur son fautewl.
Au même instant un domestique ouvrit une des portes du salon, et annonça à l'étonnement pour ne jùs dire à l'embarras général :
— H. &BndpccrinI
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u nunriLBOMin cahpaoiuiui.
mat ExËcirrKHi,
La virito da nyiHie de foi^ies dtatt à UaprévrÈB, ai pm
probable, eauD mot si étrange, que le marqiûa «autd'abord avoir mai enteada le nom prononcé par le domestique ; mais presque aussiUt il ne put conserver aucmi doute, et d'us air de froide politesse, il fît quelques pas au-devant da son adversaire politique.
H. Grandperrin était entré dans ie salon avec la dignité étudiée d'un homme qui connaît, ou plutAt s'exagère l'impw^nce de ses moindres démardies; après avoir adressé à madame de ChftteaugiroD et à sa mère un salut cérémonieux, il s'inclina plus lègër«nent devant le marquis, et Itd dit d'ime voix posée, de manière à être entendu de tout le monde :
— Je m'empresse, monsieur, & mon retour deRancenay,' d'où je suis arrivé Ûya quelques mlmites seulement, de venirvousexprimerlaprofonde indignation que m'inspirent les scènes de désordre qui ont eu lieu devant vo^ chflteau. le vous prie. d'être assuré que ^ je m'étais trouvé chez moi l(H^u'elles ont oranmencé, je serais accouru des premiers vous oSrit mes services; et maintenant encore, quoique j'espère que ces déplorables excès ne se renouvelleront pas/ je viens mettre à v<are disposition, la faible influence que je puis avoir dans la commune.
Quoique empreiotes d'une certaine emphase, les paroles du maître de foires étaient si évidemment inspirées par un i^imKit honnête et loyal, que Gbàteaugiron sentit s'évavfmt a sitôt leb fotq)Oons invotontairss qu'avait év^lét
ut «mn m <a. m «bhur».
duis son esprit la perfide insinuation du caré Domnuntin.
— Monsieur, répoodiL-il d'un air ouvert, je vousremercie de la preuve d'intérêt que vous voulez bien me donner, et dont JQ dois être d'autant pins reconnaissant que notre positon respective...
— Monsieur, întemMmMt H. Grtiodperrin, on peut avoir des intérêts 0[^>osés, on peut être engagé dans une rivalité politique, on peut même se trouver en procès, sans pour «al* maoqaei à M qui ne p«r^ ut du pseminiB 4evoin<le U fie flo^le..S«l^ moi ,. qu^ ^* Boimt leurs désMXMKia laoïaaataoéSftQualaBboaaIHel gomsedoiTwt réciproquewei^SMOUN «t assatoM».
— G'asi «wù Bwo màs, moBÛev, et ja voua prie dt crcHre que si l'occasion s'en présentât, je m'eu^treaserai^ et laetbe « imliqHe i voti« éguâ les priaûpes qa» vws veaeB d'établir.
-•Je dMftpûiiveiT réfiAMln de tous le» ouvriers de OM bsge; eependaill, «{'«ddéwmvreviequatqveiH^d'esitov vut aient itw pnrt k «m tetaes «léplor«bl«8, je vmut jtrie d« voijow Men m-'au^^, il» wrotft rravoyés «uHrchamp.
Le iowiimIs s'iaeliiu en silence^
Juflqtte4à II. de Vaudrey, quelque d^lkÙBir que lui eiU feit éprouver d'ebwd la visite du mdtre de forges, n'avait pu s'empêt^wr de trouver que cetts déowrebe, ui fond, b« Wuiquait ni de géoteosité ni de cMuwoaBoe ; maie son dépÀt se rallooDs ioEB({a'il eut enteoditkiMun dft ClMiss« r«r ftwdre la pamle poiw diieà Héi»(^tiM.«e«w MnriraqM visait àlaâacBse:
— Je cKm, monsieur te nuequis, iiwr tbiih fimimiiTru madame Grandperrin ?
-^ PacitteAliedi^qu'oB«M*phttiiuri.<pieQito.lsi!dit IftlMoas Ml «ftJMOcâaot la nouatjttbai.
— En «SbV nBonenr, n^fwndb Cta&lMN«iMa qui tnà va» à^rtiaiiwnder-afta wanfeanas ; ^ai eaquriqBeierîl'Jwp
I UIUAGIUU). 111.
iMift^. dft a» reBcaatrer wa&BwiMna GBUidpariD anutt
— En c0 cas, poucaùvit la ouri sans défiaui%i en coutt nnaot de sDonn, je pcokdrû la liberté de vous faire observeE que vouftâtes bewicoi^ [dus avancé avec ma fe[nme> <|UAJenesuîfiiiuÀ4iiâauLÏ'égard de madame la marquise.
— J'espëte bien, ntocbleal qja'il eo sera toujours ùosi l gww.Bâ«ieliaa.
— Tu se sais pao^ Uipla aveugie que tu es, jusqu'à quel point ta cUsvn^ grOBMBelade sqd ajté le banm de plus en pbis impatienté,, va ton. chemin, tu feras de belles affaire! à je n'y mets ordre.
— Ne penses-TOus pa^ rqirit H. Granâperrin en se penchant coBfidcBtieUemeat vers Châteaugicon, que puisque j'ai VluuiDaue da me trouver en préeence de madame la marquise, honneur .au^nel j'étais loin de m'Edteadre, car n j'asaù pu le pcévoiCi j^ ne serais pas entré si librement ; ne pensez-vous, pas qufua petit bout de [vésealation....
—■ Mw tanW j dit la uvqiùs en se cetaurnaot brusqnement Viesa aa. femme, ie vous présente H. Grandperrin, un de DOS voiaÎQs de «aw^agna lëi phis bouorables et le plus jnsteiseBt coosid^éa.
Complétem^ i^iorante dâe évéoements accomplis avant son mariage^ nudaate de ChàtÉAUgiron accueillit par ua gracieux aoucise la pr(>ÇDnde salutation du maître de forges, dont le procédé honnête et les oSres de service lut panuent méiitec un accueil particuUèremeat bienveillant, <Bielqua soiqjfipa. qu'eût chercha à. faii» planer sur lui lé ^ncuniw ecclteiaiiiquâ>
Ltan^nas OMiLLeuies- déoiacchesa U entre preâ]ue toujours et le plus souvent à. notre insu, une arrièreTpensée d'int^ét personneL. Ainû que nous l'avons dit, établir des rolalioas de v(^iaage: et. û cela devenait possible,, dlntîtùiéf Ultra 1& forge et le chfiteau, était le rêve du riche bdustml, surtout depuis qa'U avût épousé en aecondu
;yGOOglC
lie (HTTSBS 9B (M. M BEHNAKIt.
Qoces une femme dont la Daiuance, l'éducation tk. les mi* nières distinguées ne pouvment manquer^ sei<Hi lui, de loi faire à liù-indnie )e plus grand lionnenr. Four voir, ft cet égara, ses désirs réalisés, nul doute qu'il n'eût consenti è tran^ger avec le marquis au sujet de leur procès, et même il se déûster de sa candidature. U avait donc éprouvé une véritable saUsfaction en trouvant, i. propos des désordres qui venaient de troubler la tranquillité habituelle du bourg, une occasion plausible et même honorable de se présenter au ch&teau. Maintenant que le premier pas était fait, il s'agissait de gagner du terrain ; ce fut à quoi le mallre de foif^es procéda sans délai.
— Madame la marquise, ditnl sfvës s'être assis, j'ai en effet l'honneur d'être on de vos plus prodies voisins, et j'ose espérer que vous voudrez bien permettre ï madame Gnind* perrin et à moi de profiter quelquefois...
Une brusque interruption du gentilhomme campagnard oe permit pas à M. Grandperrin d'achever sa phrase.
Depuis quelques instants H. de Vaudrey se trouvait entre dém colères : les inculpations hypocrites du curé Dommaiv tîn avaient causé l'une, la visite du maître de forges éttût le sujet de l'autre. Ne pouvant sans inconvénient exprimer il ce dernier à quel point il trouvait ridicule sa cécité conjugale, il se dédommagea de cette contrainte aux dépens dn jeune prêtre dont la position ne lui parut pas mériter les
— Vous arrivez fort & propos pour nous donner votre avis, dil-il à M. Grandperrin en l'interrompant au beau milieu de sa requête ; au moment oii vous êtes entré nous commentons une petite enquête en attendant celle de la justice ; nous nous demandions quels pouvaient être les instigateurs de l'émeute de tout k l'heure.
— Quels qu'ils soient, répondît le maître de foi^, assez contrarié de cette interruption, ils m&iteot d IStre lé- Tèrement punis.
U OIKTUHOmn GiUlPAGNAlD. HT
— C'est 8USÛ notre opinion ; mais pour être punis il finidrait d'abord qu'ils fussent connus.
— Us le seront, on doit l'espérer ; vos BOupcons^ sans dçute, sont déjà tombés sur quelqu'un? '
— Oui ; mus les avis sont partagés.
— Voyons, mettez-moi au fut; je connais le pays presque aussi bien que H. le juge de paix et que H. le maire^ et en réunissant nos lumières il 'est difficile que nous n'arrivions pas à un résultat.
-^ H. Bobilier, poursuivit le baron, prétend que le eonp a été monté par Toussaint Gilles et son club.
— Je crois, répondit le maître de fo^es que du premia pas H. le juge de paix a atteint le but. Depuis bien des années, tontes les fois qu'il est arrivé du désordre dans la commune, c'est toujours de l'auberge du Chewl-PatrioU que l'impulsion est partie; Toussaint Gilles est un démocrate, un radical, un communiste, fort mauvais dr61e, d'ailleurs ; je ne serus donc nnllement étonné qu'en haine de la n(A!esse et de la fortune de H. le marquis, car les gens de' cette espèce détestent toutes les sopéricn^tés sociales, il eût organisé cette scène, qui semMe empruntée aux mauvais jours de la Révolution.
— Nous sommes tous du méme-avis... à l'excepdon pourtant de H.le curé, ^outa le gentilhomme campagnard d'une v(MX incisive.
— Ab 1 ah 1 dit H. GrandpMrin en jetant au jeune prêtre un regard oblique ; H. le curé n'est pas de cet avis T
— Non, reprit M. de Vaudrey, qui de son cAté arrêta sur l'individu dont ilparlaitson œilfenneetperçaatjles ' Mupcons de H. le curé SMit tombés sur une autre personne ; mais il va vous expliquer cela lui-même.
En voyant la tournure que prenait la conversation, M. Dommartin avait paru éprouver un malaise étrange eî cr(rissant, ctHnme « les fieurs brodées sur la tqnsserie de ion fauteuil eussent été autant de charbons eAfimusés.
v'.OOj^lc
III mevm m oi. k miuuv
■— ll<»Bi«air le curé, vous UoavoMrvcm- wait s'écria traîtreusement H. BobUiiei e» «Sactaat im ni abriaé; toapf à l'beune v«iw él^ wMigs^ ep wite vous, ww pftii, at voQà maintenant que voi|i4evQM8,v<ii.
— Vicomte, dit madum 4e Ba(nwj^.e> teodant teu fiar CPB àLaDg«rac^if«llUw pW8iere^> M. !• BHTé. Il m« parait oBTec^miifiDt toutdâliit j «eU« «ctee aboioiwtile e^ p«)i^ Abre cauM tpi'il «t eocwe à jainv ^ ^ès. wi, ghbwii si pathétique... Avez-vous besoin depo^» ^idipie cboe^ monsieur le cucé 1
*— Madame la douain^ est: wtte fois tj(0{> bonne. bal> butia. le jeune ix^tre, après mov pKis mAcbàuil£iaea£ le fiscQa que lui pr^sent^t UngeriH: U« n'v basoili de ries», quoiqu'ea «Set je me sente mal, Ih awa:i^8Cv.,^ne$ais k quoi attribuor...; la cbateitfsaOB douteux lliMseiabil«qw le grand air m£ fcnit du bies.
£aproaoafiaataeftdawânnwto,.le.curé Pomaurtij).St «B mouvwBcet pour se lewR> wm il fut pr^vemi p^r H. d^ Vawli^ 4|ui qu^ ]p«}t^xieat le iiige où il éigii as^
1- N'est-ce que (^ l'aijt qu'il vous ïsui? il est faciJie -4» TMis «iû (bweiHi dU le baroo, qui eo ua din d'œil eut oi^ vert toutes grandes les deux Eenétces du saloo.
|«e ()wé.r«toadw 6UI son fauteuil, et, ptw se domei un mùnti^.il.aiqNNwhede son née le Bacoir^ madama d« Bonvalot,
H. dfrVau*wij)>iiBt«ei»s6eiME.
— ]?e»^*t que IL. '& curé, dit-il avec une doueur trahtresse, se remet de l'e^p^ d^ dtf aîUanee que lui a causée, selon madama de: BoDv:doit> son jeûne d'aiyouiid'lHii, je vw vous djn, anao 4dter<ïnjQ<Jp«rin, st» «ni sfut tondis sm soupçons. -
— Peumeltes, naoaaieur le bapt^> iiAenenitMt. le prdtre iiM les Vimes b^&n^ft&^niasaieateaftiwUimauffit, il dm aeraUa 4aevMis,av« mal comivia <% qiw l'ai dit» «t je veusdtMMNtorai la pemûssiwt d« nL'aqf^iqiMr wù^Dém^
— Som «outiâi^liqiims, ataomm le tmaé, j'y mtofflte hiea^ nw M nu p ttCT Tiirtpe ii uaHBaTiBoidftHiaUwM^ Granit, posis Htcoonufe.
i« phyHÎiiBniiiie al, le mauiiaa du jeune. e6cuaattiqu& wtiiffl^ iHUi (iUtt flijwmnifia ds dépit^ d'humilùtuO], dA oniatort de aovrde nge, quviaiiucquîie, kqpiseaioar ■iërea bwiWaa ^ daueégeuiBa svaittit d^u de ptiuft dÉaid^ àpwwa. aafftmljuit «etta sorte de eoDuaU^eatioat 9ifiwpii*k ivKtMl&d'uiie tortoKe,ùpeB digaftd'uMârât ^Bfioa.parUiii»li«ftle|MliBnt..
— Héraclius, dîir«lle tout bas en le penchant vers ma JOari,. se ^uvre curé est au suj^cfi ; n'j aurait-U pas moyen de changer la. conversation?
— Essayer d'arrêter mon oncle au moment oïl il est en tram d'exécuter uu homme dont ïï croît avoir à se pbdtadre ou qui lui est seulement antipatlnque T faîmeras ratant aller chercher un daim entre les griffes (fân Hon, ripmKMf le marquis ; que le curé s'en tu« comme !1> pourra f Ceal un petit tartufe qui me déplaît fort avec ses basses flatte» TÎed, el dont je prierai mon onde ^AutaBde Hewdâmrrasser Te plus tOt possîbfe.
— Cil moment avant vofre vrrirStr, ncn-eherCniKlperrin, avait £t pendant- ce tenp»S fe- KuM arw Ok fl^ime partait, W. te caré nous «tisril qas'peUF dé08«FiiR les véritables mtntfB A> Araanticpi» épîs«dk4)Di m àaaoé eett»mati«éa> ii Mail temaaitr bemoiipi plài hant.que T)H»sttBt(^Ues> MiHnt»bpbBhÉUtp(BHÂile^«wicesAnitiint fimlîi ilii In nmraiiii
•> — lIsBeiear to horoB, hnfti^iaW Brnnn—tinL ji irrrinp BBi^ltodame permettrâh..
— PutaetteK^moi «nakofiae d'kdiem^ swHuieur i% cuit; ctevx iaot»eaocM,et:jaTaiift«Mecw.UiMKi)aw.
— 1« jémilftire» Bé>h8W«».pta^ m dU, la viens, juge de pais&qmlft4éaiiiwoueâ8«aB eauMMû' OiUÛtj.QOW dngM li't'UnHr> «nt'talia£Bctioa f^soik .
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JSO <BUTU8 DS Ca. Dt BOMUIk
— En entendant H. le curé prétendre que pour découvrir nnstigateur de notre petite émeute Q fallait remonter le plus haut possible, sans toutefois sortir de la commune, je loi ait lait observer que de la sorte on arrÏTerail directement à mon neveu. A cela H. le curé a réponda qu'évidemm»! les paroles ne pouvaient s'appliquer ni à mon neveu ni à moi-même. — N'esta» pas là ce qui a été dit de part et d'autre? ajouta le baron en s'adressant au vieux magistr^, en qui, dès qu'il s'agissait de mettre A mal ie prêtre olb»montain, il était bien assuré de trouve» un allié {dein d'ardeor.
— Mot à mot, monsieur le baron, répondit H. Bobilier qui ne dissimulait qu'avec peine sa jubilation intérieure ; il est impossible de faire un exposé plus exact et plus vrai.
— Monsieur le baron, dit le curé après avoir lancé an vieux juge de paix un regard vindicaUf auquel celui-d riposta par le plus dédaigneux sourire, m'est-il enfin per-
— Dn mot encore, monsieur le curé, et j'ai fini. H. le juge de paix et M. le maire ici présents ne pouvant être sécieusement mis en cause, il bb reste dans la c<Hnmune que trois personnes de quelque importance & qui puisse slap- {^uer votre accusation : M. Grandperrin...
— Moi I s'écria le maître de foires stupéfait.
— Laisses-moi achever, mon cher Grandperrin. D na reste, dis-je, que trois personnes sur qui puissent tomber les soupçons: M. Grandperrin, m<»i neveu et moi .Mais M. le curé ayant bien voulu déclarer qu'il croyait à l'innocence de mon neveu ainsi qu'à la mienne, il ne reste plus en déit nitive qu'un seul accusé, H. Grandperrin, à qui je laisse maintenant le soin de se tirer d'affaire comme il poum.
— Cest ce maître Escobar qui sera diablement habile si^ avec toutes ses ruses jésuitiques, il parvient à s'en tiror! ae dit le juge de pux en. se frottant les mains d'un air de
u ceutilomhi cahpamasd. isi
aKtial&itlon sournoise, tandis que H. Oandperrin s'élançait de son fauteuilj p&le de colère et d'indignation.
— Housieur, dit le maître de forges am curé «rec une v^émeoce qu'il s'efforçût de modérer par égard pour ma» duoe de ChflleaugîroD, quelqne autorité qui s'attadie aux moindres paroles de H. te t»ron de Vaucbey, j'ai peine k croire qu'il n'y ait pas ici un malentendu.
— Ce n'est pas autre chose, en efiet, s'empressa de répondre le curé D<KiimartiD, en faisant un effort surnaturel pour afferaur u voix et saotHitenance.
— il me parait impossible que tous ayez pa m'accnaa d'être l'iostigatetir des déitndres qui viennent d'avoir lieu.
— ie voos assure, monteur Gisadpemn, que je n'y lî pas songé un seul instant.
— Ce serait une calomnie û dâc^ale, si lâche, à io* ftme, pomvairit le mritro de ftHges en élevant la vcù malgré son désir de se eonteoir, qne si je pouvais y cnûre, je m'adressera à llnrtaot mftme aux tribunaux pour U confondre put^uenient et obtenir une réparation éclatante. .
— Réparation que je m'empresserus d'offtir de moimême à je me sentais coupable, dit d'un mr patelin le jeune prêtre ; mais je le répète, il n'est jamais entré dans ma pensée d'attribuer à un homme aussi bonwable sous tous les rai^Kirts que moasîenr Gnndperrio, la moindre part dans un attentat qui nous révolte tous.' A moins d'être ea démence, comment une pareille idée aurait-elle pa me venir J Monsieur le baron, à num grand regret, a mal OOraiwis ce que je voulais dire, et s'il m'avait pomis de m'expliquer...
— Allons, mootieat le ciué, intofDoqHt H. de Vaudrqr d'un air saidoonpie, «yei donc le courage de votre <^nion ; vous croyet monàeur Grandpertin on artiseo de tro» Mes, uo cherd'émei^ , eh bisa 1 dites-le4uK baotemeirt
^'.ooj^k'
aa Eag^. qoouob vous viusk de lfr<lire toiUik l'IuMMi'auM absence.
— Au Dfiakdtt Disu. qpai je mi», dit le jwne prAtce en aUoog^aat la tuas pu im f^ta^dn&taMlÊiimté Mtmunift g^ par un tMmUaiamtt waibJ^ is;iw^a4» caobKl'iaÉt» ^latioQ âowu&e in» 9»o1a»> ja-puodk & léuMn m» dame la dou^rière^ SHdwH&la.QUrvHBS». tout Ifi niMid* eiiAD,i9uieQ'aipa»BtéBBe pBfiaQaeàkBttBi.4diBûnswur (àcaDdiieiTia.
— Vous n'avez paS'pjroooacÀsw BDBv*'Mt far&iteiQBBt vxaî ; maisi VHU l'wvai dà«fp^ iMMnâaiB.tcop ciaiiemeDi foas qa'il f&t,HijpasaAtodâ ne,j^,le tettomaltTa, repsâ le baron, qui semblait prendre un plaiâr particulier à ptttr ]^ng^Iatûiitm»4n.patiettTaiaâ àoac,.QiO(i«<eurlActiré, au lieu de soutenir, ainsi que doit jaèûte tMd bonnifi ttutq fit loya^, paniquai. WHBTetrajHdKrdMTi^ um. équivoque? ftHu^daurtout^k |ir«ins<b eattei^vo^M ^ n&sak rwiraatr»duiila,cl)K8«des DMnaangeftpiMa, iWKKitucla ■on tbi Dtea (pw vuiufiomir^ (StaMWtt^ rt qufr «H» aet* V0BS ni»ifr4Qéiiie5> car- peur cela il n'eat pas ind^Hnaddo de porter une soutane t ce aom est grand et saint, songek-y, ittwsiaiTlecuiél:
«Iftàl'aceîMe ite sa bagne l»iBBnpi8^à<pnlaifpaMle»di
H. dfi Yaudioy et smng«d.sévàremMttfixé;8urb prMr* aQx.f^oiSr«8iuiMAdeiipfMilectaidaoièn«ctoeâttAiri<k . — l'albMtenuHiBiaekdoaaiDtee^yattesteiBadaBBA'ki mazqniBe... j'^tBsteBioii^ear Iftnazqiùa... tiéaik)Bwmi Dommartin en tournant successivement soa visags etbi4 TOK lAs éàBérenlM pBWnoe^doBt fl ioxoqaait !• témoi* fjnage; fluùs cet aiqik, pourailasidin j^ppÛsot^ a'mt ptM te'.résidtak qu'il «acBpârait LttBWHpnaofy iié)KHadit qu'n afiltotaBldin âutd» gratvUÉ;: DiadaBM d> Cbaûngiwa, an
;,Coo^|i:
rut n'avoir pas entendu ; la douairière enfin, ipioi^ue CemIi d^MséeJiiQatantclajctuDviwttWkV'oMiiMadresm parti quand dlftvikqna Vv^ùaa oésteikK praMBwtowdrB
pMs réflexions, tous les autres tweios dl ««t(e icàiHk ëakaà imAeaauiDi hoi»Bi/»kl'valBi\ims. eocMaaitique : IL Bobjii», as tfibatiècft «BfCKto- àl» iBaÎB> j piiiaait «OH^ <M eotip-dw prisai c<qiiwwwqa-'it«»fiBiifc>«>MWBe d.'«k drépanoui ; mdB*8i{Ma«if qae la infadt paii» JuBûudnj^ BU fond, n'était guère moins contentj car, qoei «M te bimm dtviHagequi'a'aiÉABi^lipiflBfàUe&fartirsBoeieiHiiHéT Ohm* tw hpraa «t bb qialtae 4» lat^e^ ils. teaftioiè ealw de«x fiMit ■■ Donmattia, ^ n'msnjjut la bordée ée l'ua que pour recevoir aussitôt celle de l'autre.
— Moan^nv le àqré, dit l|. Gra«^><cEia.aMO «b. sceent eÈil'ia^aad<»qeti<euvaitMiBplaoécparuiiescirte de pitié dédaigneuse, le dit que-Toua impute- 11. terbaronde Va» drejesteomtsit powmoiâis jk^éwat; maîa 1* manière dont vos dâalifM» me sead>teot avoit été seoucàllies ici ma di^enee d'y Mtaidiev tameuidre impcKtaDce.- Il «ai des ^océdés auxquels un bonoMe homme ne doit répondre qse ^tof le mépris, el la vMre est de ce BOndwe.
— Hoasiear t intarrwspit lejeoaeprétoedoatlesyewx parurent lancer, non pas des étiairs, mais du venin, ù je ne devais pas respecter te rel» que je porte...
— Si je ne la respectais pas moi-même, înterroiBpîti soBtotH)emdtred»fE»ges, ttsuteot »je n» re^eetais pas le Ëfln oà je FM trouve, ^aurais déjà' r^iOMhi h vos 0*lomnieuses accusations au^maat qae par dw pannes.
— Desmenafleh..baMuttaill. Downaal&ten se levant. -~T- fteoea-le oanmé'ik'Feus' pkùn, répondit Hndustaiel
-doutait de hauteim.
~ Mon^erCrwidperno, dit BâraetîM qaj jugea nécae- Ktred'interveoff, paFiégard potences danHB, siée m'est poar
^'.ooj^lc
134 OMTYBIS m CB. UI IKBRAftD.
moi, veuillei mettre fin à une scène p^ible qui a déjàdoré trop longtemps.
— Vous devez nte pardonner, monûeur le marquis, la vivacité que j'ai pu mettre à repoussa une acousatloo...
— Qui ne saurût vous atteindre et à laquelle je n'ai pas qouté foi un seul instant.
— Eh quoi I monsieur le marquis, dit le curé Dommartia d'une voix altérée, est-il pos9â>le que vous ayez si mai compris des paroles qui me sont échappées par excès de zèle, et qui dans tous les cas n'avaient pas l'intention qu'on veut leur attribuer T
— Blonsienr le curé, retondit Ghftteaocpioa de l'air le {dus frcûd, je ne vous cacherai pas que j'ai compris vos paroles absolument comme mon oncle les a comprises Inimërne.
— ËD ce cas, refait le jeune prêtre, à qui cette déclaration acheva de faire perdre contenance, puisque ma conduUe est si mai inter[vétée... puisque mes bonnes intentions ont été méconnues... et que tout te monde ici refuse de prêter l'oreille à ma justiâc^on... il me semble... qu'il ne me reste (^... qu'à offrir au Dieu qui lit dans les oœurs... la mortification qu'on me fait subir en ce moment. . . mortification bien cmelie... mais qui n'est rien au prix des tourments que Notre-Seigoeur a souSerts lijû-mâme sur sa croix.
— Tu ferais mieux de citer le mauvais larron, grommela M. BobUier.
— Je ine retire donc... poursuivit la curé enafi'ectaot un air de résignation et d'humilité qui dîsûmulait mal soa profond désappointement.
— Bon voyage I ajouta entre ses dents le juge depux.
£n voyant que le marquis, auquel il avait adressé particulièrement ses dernières paroles, conservait un air glacial et ne faisait pas un seul geste pour le retenir, le curé Domjnartin parut perdre complètement la tête ; le &0Dt couvert
U eiRTILHOlUn CAMPAGHABD. 1»
de Boeur, t'c»l fixe, la bonche entr'ouverte, il se mit à adres> ser machinalement de droite et de gauche plusieurs saluts dont le plus profond, par un hasard dérisoire, tomba sur H. Bobilier; puis il traversa le salon d'un pas mal assuré, non sans se hemler aux tables et aux fauteuib qu'il trouva sur son passage, et finit par sortir en se trompant de porte, comme fait Hathau dans AtKalU, après ù foudrojfmté- ^KWtrophe de Joad.
xm
Un silice de quelques instants saivit laretmte oo pliw tdt la déroute de H. Dommartin.
— Ha toi, dit tout à coup le baioo de Vaudrey d'un air satisfait, n'en déplaise à messieurs les patriotes, la journée, me semble bonne, puisqu'elle nous débarrasse de ce prestolet. Il y a longtemps que je le guette, et j'm été charmé de le prendic en flagrant délit.
-1- Je m'intéresse foTtpeuàU. Dommartin, dit kson tour madame de ChAteaugiron ; dès la première vue je lui aL tnoavé L'ur &ms, et ses manières insinuantes etmielleuses m'ont paru indignes du caractère dont il est revêtu ; mais poortant, oostinua-t-elk en adressant au barOn un regard de doux reproche, j'aimerais autant, je l'avoue, que vous l'fsis^ àa. exécuté, conune dit H. de Qiâteaa^ion, partout ailleurs qu'ici.
— Voilà le désagrément des oncles barbus et bourrus, répondit M. de Vaudrey en riant, ce sont de vrais paysans du Danabe ou plutât d'abomin^les loi^is toujours prêts à BKWdre. Vous vwez d'avis, ma chècq nièce, un échantUloik
d.,GoogIc
iX« «mus U CB. PK WBMAQ.
de mon «aubililé, et ie dw vous prévenir qu'A n'aràvn
«sses souvent d'ôtia luusi fûsable qu'uyoïinl'tinL.
— Cela nous prointt une ooBifflgpie bien agréiUfl I mufmiirft wUe ses dent&inadaiiui dfl BvHvaioL
— Mon oocte se £uft plus mâôbaat «j^'U s'est, dit W muw quia à sa femou.; d'aillaw» ea cette, occasion ^ tcouve qu'il afarfaitementea rûaiHi de^tira vertemoitM, DtHiiiDHrtiD, et, s'il ne s'en était pas chargé, }'aiim le fiuie, tut, 1* procédé de ce doucereux personnage m'a paru odieux.
— Tu me feras le plaisb d'écrire sans retard à monseigneur d'Âutuu pour qu'il ait l'extrême bouté de nous en débarrasser, reprit le baron.
— J'j avais déjà songé.
— A la bonne heure. Si jgjoiû^s du moindre crédit près de mou cher cou^, il y a longtemps que l'affaire serait faite; mais, eu ma qualité d'ancien lieutenant-colonel de ciMassiiffls, je pas» & sas yeux pour L'imp» Ackab, et il sufflrait que je lui demandasse quelqufr dsûea pow qu'il fil précisémeat le etntnire ;. tandis que toi, tu«ssoaBei>joœin, et il B'aiianàtare6ia»,éBii8-hiidoDC^
— Dèsdenita.
— Qu'iiBOKsjeDViM, nllen de ce petit porte-soàtima^ im bon vieux curé ; ce sont les meiHeucs.
— Cartes «ùi dûitajuge de paix d'un air de vive ^ipiobatioa.
— Gaaisait iwtoa:^ n'eitcepM, BobffiertnpiiUe hatoB «B riant.
— O&ceasJ^ i a^yica a phugoève, répondit fevifflo.: BisfiistMt avM \maMeok dl»MgBst: toos-Iès^ ptttMS tfao» jourd'hui sortcat dnaémiii^iB (fix bis pJafrid&amHitaiaB que le pape.
-~>&ifin,gaUûaDaanoa,BO {vteeiiaacetlb^etBon ■n ambitieux bypomitA cooioie.ce Etemm«rtio..Ei')e ootn «énémble ptiieat, pousiiiBi Jm bacon, de nous duMsir Ift
d.,GoogIc
il «nuBnoii GAVAouu. itr
trop loQ^uiaat ; et VU savait jouer wx é(^eG^ il se ma convieodrait que mieiivL..
-- HoD oncle, dit madame de Chàteauj^ron eu «oariaot, t»aG prtehe i^ pw ni IwaiKOopy maûen iwraiNtie je joue
— Vnimeat ! »'itm H. de Vaudrej i'im M mliniit nrà «osaiUt il tvouta «Q «bsBfeeiUL d'ioMot 1 --- KIl tiieib je vous plains, ma belle nièce, car je suis un joueur 4Meib> table, et quand je p«x>d»l« p«ti«>iae voilà <B colèn pQur devx beuKs «i wtâBa.
— J'«i. sais qudqiM chose» ditto maUcedafiiMeMwoe onBoume leiStur.
-- Vous, Ciwditenwb voiw «'Mm pa» 4e force t
— ToujoHK. MtrtI 91» (fait moi ^ui voua 4cHt u» Mvanebe.
~ Si j« iMiyis bisié bkti»,«'ait p«r pon oourtwtie, •t je voua mdrgi la toat m Usa du CM teotqn'tl vow plaira. Hais^ eu' attendant, expliquez-nous donc ce que VOW •vetfait kofrtartalaââ OoowaMitt;!! lUiwnHbiifMM- «Me que sa diffamation nfut pas au eauaa^ pour qu'Ù ail «esaydi tmltaeuaeiB«t.ds voua f ave paaaet ici pow l'iBatfe> lataiir de «ettfl riâioite énaute. il fisiît qu'il «il oontM fOM quelque srief*
. — Songri^, IsTtHoi, répwditll. GraBdpcniaawfivn sourire plein d'amertume ; depuis qu'il est arrivé & Cbft* toau^KHi, il a'aet aorte de pp^eauicea àsnA i a'ait étj Qomblé diex moi } soD eoiivart ft été iniat«Qii,|e8 joua & iM table; iia puJnédWBJaa lM»in*pioiuraesaiunitew»à<li»> oréùoo, jtt pttia le dire ; nadaine Graadpenw et nafille mttmiamiiksiè^k plèM, parlcwa<^eaaxeootiaueJiv te ntûtàiw de son égliâa ^>ûûlt lesseviagn^ qu'a puiasa avoir contre moi.... à Baoiw pfludiENat que qb ue aoit UM kMre (pM madame t^tn^Mrin liB a écrite làar soir., .
— Jiidasw Gnn^perriB lui « é«ii{Lt ialorroBapit viM>
•SI (BUTKES DB Cfl. DE HEBKAIB.
— En ce CS8, votis 6tee plus avancé que mol;
— Vous n'avez pas lu cette lettre ?
— Non.
— Ni DMri non plua ; mais je croù en deviner It wntenu. Hier madame Grandpeirin m'a paru profondément blessée des procédés ingrats dudit curé, et je parierais qu'elle ne lui a écrit que pour l'inviter à cesser seB vùitea à ]a foi^e.
M. de Vandrey avait deviné en effet.
Oi^eîlleuse autant qu'indignée, Clarisse n'avait pas voulu laisser au curé Dommartin le bénéfice d'une rupture qu'il prétendait évidemment exploiter dans l'intérêt de son ambition, en s'en faisant un mérite auprfes du marquis ; é&e lui avait donc signifié, dans une lettre toute empreinte d'une vindicative ironie, te congé le plus méprisant qui puisse sortir de la plume d'une femme offensée. De là le courroux du bilieux eccléùastique, de là sa rancune, de là n calomnie.
— Madame (kandpaTln est bi^ capable, en effet, d'avcnr fait ce que vous dites là, reprit le maître de forges avec on sourire d'orgueilleuse satisfaction ; p(die avec tout le BKHide, elle ne pardonne pas un manque de procédés. A cet égard elle pousse la susceptibilité fort IcÂn; et j'ose ^ut^ qu'elle en a le droit : quand où est une I^ Genoetière...
— La Cenneti^ I répéta involontairement Langerac, qui, depuis qu'il avait reconnu le gentilhomme campagnard, n'avait pas ouvert la bouche tme seule fi^is.
— Oui, monsieur, reprit H. Grandperrin en se tournant vers le vicomte, La Gennetière est le nom de fomiUe4e ait femme; peut-être la cvnnûssez-vous, car vous aies, je 9^, de Paris, et elle l'a habité longtemps.
— Je ne sms pas de Paris, répondit Langosc, qui, à son tour, examina le maître de forges avec une curioûté mêlée d'embarras ; il n'est pas probable que j'aie jaraiœ eu Vhtxa-
t» 6BIITILB<MflII CAMPAfllUm. lit
Bem d'y rencontrer madame Grandperrîn. . . Hids le nom de La GeDoetière ne m'est pas inconnn.
— Il est, en effet, assez connu, en Bourgogne surtout, pour que vous ayez po l'entendre prononcer. — Monâeur le marquis, poursuivit le vaniteux industriel en se retournant vers Héraclius, voue ignorez peut-éte que madame GraDdpemn a lluHioeur d'âtre alliée à votre iamiile ï
A cette interpellation imprévue, H. de Vaudrey et Ch&teaugiron échangèrent involontairement un regard expressif.
— n y tient I se dit le baron, dont le courroux se ralluma ; il ne sera pas content qu'il n'ait forcé sa fenune d'embrasser mon neveu sous prétexte de parenté I
— l'ignorais en effet, monâeuF, balbutia le marquis, au moins aussi embarrassé que venut de l'âtre Langerac, qu'il y e&t eu quelque alliance entre la famille de madame Grandperrin et la mienne.
— Comment donc ! repartit le maître de forges avec un sourire plein de suffisance, il n'y en a pas, une seule, il y ea a eu plusieurs, et H. de Vaudrey le sait bien.
— n y en a eu une surtout dont tu ne te doutes guère, paavre aveugle 1 dit le baron entre ses dents.
— Philibert de La Gennetière, dont j'ai le portrait dans mon cabinet, pomwilvit H. &^dperrin d'un air d'emphase, le preux Philibert de La Gennetière, capitaine d'une compagnie d'ordonnance, chevalier de Saînt-Hichel, et tué CD 1397 au »égâ d'Amiens, avait épousé la propre sœur du baron de TiiAteaugiron, qui commandait ï'arlillerie françfuse audit siège, et il qui Henri IV, en récompense de ■a belle condidte , fit présent des deux fauconneaux, qui sont encore en ce moment sur la terrasse de H. de Vau* drey.
— Gwnment ! mon onde, dit vivement la marquise, les canons que nous avons entendus ce malin ont été donnés h l'un de vos aïeux par Henri IV t
Ils dnvtts M ca. m mnAkn.'
— Cest vrai, ma nièce, et cft <Aoa M tioeointAp^ tPos autre bien plus précieùk MeofS.
«» Quoi dMie t
— Une letlA da bon rot, qui Mt la pïtH bel ornemeM, je ilevTais àtte le seal omenieiA de tdoq nw4este sidon.
~ Hais, en vérité ; Je uiis tKVriMemeAt Jaldu», tefaK Uatbilde avec enjouement ; îl ine semMe tfl'en cMte el{r< «onstance la branche cadette des ChMetmgiKm a dSpoiâHé ta farancbe atnée.
— Pas tout à faîtj car mon frère, voyant le prik tjae ff «ttachais, mti cédé sans dtsctusion l^tographe et les flui-
— Je rencHtte roiori^tiTÈ aux ommhu, ih flnt trop Ab bruit; mats je donnerais toiâ le vnobUiet-daeliMeaapmiF poSBédiîr cette lettre d'Henri IV.
* — Eh Wenî voyons, faffairepouna peut-être s'arranger, dit H. de Vaudrey qui se pencha vers la jeans femme et poursuit h denri-Toix ï — Domez dTci à un an on Mre k cette jolie petiti WRe, je senti son parrain, et je vous promets pour cadeau de tnptéme l'autographe d'Henri IV : esb' oe cwivenu T
La marquise rougit BubitefflArt «t baissa tes yenx an Heâ ^ répondre ; mais le sourire qui errait sur ses lèvres sem- M^ annoncer qu'elle n'av^ aucune riipvgùBatie k ctMtdaré <ee marché.
La conversation continua quelqm temps suis qtre H. Grandperrin parfit disposé h mettre im terme à sa yisite. De plus en plus contrarié de voir commencer malgré M des relations dont les suites lui paraissaient offi-ir plus d'un danger, M. de Vaudrey finit par s'approcher dn maître Jto fo^es et lui dit à l'oreille :
— Ah çà, vous ne dtnei donc pas aujourd'hui î
— Si bit ; mais il n'est pas eneoK l'Eure, je pense t
— Comment 1 il n'est pas l'heure I Faites-OKN doœ tt fdtùsù- de regarder la pendule.
d.,GoogIc
I GJmAfiSAKD. m
— ftw heure trente-cinq ishtoteiB 1 fit M. Granaperrin en |et«Bt les ycRix aa le cadran; ah! tSatdel moi qui ai tfa inmde à dîner t (?«8tîneoDeevaIAecCRntne le temps pastç flte en bonne cein|»agnie I
Le maître de tordes se leva, 9*1001108 rérëreMieuBement deract BHUlanM m CbMeauginm, et reeomtaencaot la |Anse^'anA uttnmwpne h des9i^ le *rtMK l^edKBietHiiie ^ttdqoesfaiMaBts wapuarant:
' — HftdBan IB «arqàBt, Strû, feap^ que tmm tou* dm t^BB poneHm « madione GraKdpmta A ft ma Me 4e iwaaiepqBtAqiieteisdBhlwiiDefgilaEAgfii vient de )eB donner «n « aip«AI» Toisnag».
— 'GVBiBHt doBCy tmvÊtear, tép&tM folitnt k laarquise, c'est moi qui anrai le plaisir dé prévenir «»■ dme tinodpenàB ; é^ Je n» diapoBaÏB ioUéf k VOIE.
— A l^tmtoe» SHintaBaat> 48 dU le btMB Itfidia ^VéMidi«.aeaordattJes lèves dte air eMcieiaj Uaet dHqw MHS *'^ilBron»pM l'iboidaga.
>— Noui aersas combléi, madaote la nnqalse, vésHar iileaaeDt combléGj re^ H. bamlperrù, «ui se ïetira fcnt satisfait d'avoir atteint son bat, et rentra çMlques instaals .^»è6-à aaf<Hge, ob §è paaaait dans -le natoae iBomeatune «Mtra M&oe qai d«rait «v«ii une gnode ioOuence sur tes ^Kteemaata yoatérieuiBdaoe cécît-
IS DÊFAOT DE U
En voyant les émeutiers se dfeperser, Georges PVûiflëvqux avait .jiué inutile de rester plus longtemps devant le cMtean, etll e^^étadt ffir^^ vers ta foi^^ «Kr rheure du dîner approchait.
fSI OBCTKES Dl CH. DB BUIUB».
Madame GrandpeTriOj qoi voulut avoir un entretien confidentiel avec le jeune avocat, le reçut dans un petit ■alon où elle se ten^t habituellement; sons un de ces prétextes qui ne manquent jamais aux femmes, elle avait éloifué sa belle-fille.
~r- Vous airivei à propos, dit-elle à Geoi^es en l'accueillant par un gratûenx sourire qui contrastait avec la &oideni hautaine qu'elle lui témoignait d'ordinaire, H. GrandperriD n'est pas encore revenu de Rancenay où il est allé ce matin, et je vous avoue que mon isolement, car les domea* tîcpies ne ccmiptent pas, conmiençait à me fidre peur. Ne dit-on pas qu'il 7 a du bruit sur la place du château î
Froidevaux raconta la scène dont il venait d'être té- ■umn.
— Ce que vous m'apprenez là me contairie vivement, dit Clarisse lorsqu'il eut achevé son récit qu'elle avait écouté toutefois avec une satisfaction & peine disàmolée ; H. Grandperrin se trouve engagé dans une lutte pcditique avec M. de Chftteaugiron, et je crains que nos enn^nis, fout le monde a les ùens, ne cherchent à Im attribuer le désordre qui vient d'avoir lieu.
— Une pareille calomnie tomberait d'dle-mémej répondit le jeune avocat; H. Grandperrin est trop untrersellement estimé pour qu'il soit possible» à moins de vonltnr être démenti par le canton tout entier, de te môler en rien à cette riiUculé échauffourée.
— Vous avouez donc que H. Grandperrin jouit de la considération publiquel
— Assurément, madame.
— Qu'il justifie par son caractère l'estime que tout le monde lui accorde t
— Je l'ai toujours dit hautement,
— Enfin que c'est nn homme probOi loyal, iatelligentel do tous points fort honorable t
o;,GoogIc
IX OBtlTILHOltO CAWAGHABD. Il*
— Yoilà en effet, madame, l'oinnioii que j'ai touitturs eae de H. GrandpemD,
— Eb bien, s'il en est aixai, reprit Qarlase avec un sourire plem de flnesse, comment conciliez-vous cette bonne opinion que vous avez de H. Grandpwrin avec l'oppoûtion que vous faites contre sa candidature ! Ce vilain médecin Boisselat vous lient donc bien an cœur ?
— En ancune façon, madame; nous av(HiB les mëmei prindpes politiques, voilà tout.
— Les principes politii^es de M. Boisselat! dit madame Grandperrin d'un ton railleur ; comme si le pauvre homme était capable d'eni^iabier deux idées 1 Dites que vous n'aimez pas H. Grandperrin, que vous avez contre lui quelque grief, que vons êtes décidé k le contrecarrer; mais, de grâce, ne me parlez pas des principes politiques de H. Etoisselat.
— le vous jure, madame, qu en tonte autre circonstance je serais heureui de prouvera H. Grandpwrin l'estime que j'ai pour lui; mais malheureusement il s'agH ici d'une question de paxti, et nous sommes enrûlés sous des baon)^«s opposées.
• — Pas si opposées que vous voulez bien le dire. ' — Hais, madame, H. Grandperrin est conservateur, et tnCH je suis de l'opposition.
— Vous êtes tous les deux, avant tout, du parti des honnêtes gens et des hommes raisonnables ; pourquoi donc quelques petits dissentiments sur des points secondaires vous empécheraient-ils de vous entendre quand vons été» déjï- d'Accord sur le fffvd? Voyons, ajouta Clarisse avec un accent de coquetterie enjouée, j'ai mis dans ma tête de vous séduire, et, à moins que vous n'ayez un cœur de ror cher, j'en viendrai à bout.
•^ Gomme je n'ai nullement un cceor de rocher, réponr dit Froidevaux en riant, je croîs qu'il est prudent que je ma Mtire.
î.C.oogIc
— Mettes-vow là et éoDïtesHaxM, re|ir(tiiuHlaaieGniHdperrio en montrant au jeune avocat^ tini trait'pm node» moit une chalttj tne phoa as la tnasense où «Ue-tnéme Stait asMse.
Froideraux 6bëi «a tUeneè.
— Je vais Toos ftaiet oonme je parierais à mon «mfesseur si j'osais l'Biitretmir d'nrtMts à oionâdi», dit CSarisae loujooTs aouridâte; je tiens beuiooop à ce ffue monsieur Graudperrin soit ^o membre de oe ccmaeS ftikéni; j'y tiens tdtenunt qn^ s'il Mioaa, je De m'en «oBsolerai pat.
— CepeodaBt, madame, SB Acfaeads «eue Bbtwe n'akt pas agges sérieux...
— Tout C8 qu'il vous plura ; tMitec cela de o^rice si TOUS voulez, }e vous répondrai qu'on n'etst pwnt îeaaoB pour ne pas avoir quelques petits caprices.
— Et vous pomreE ajouter, madame, que posonne plus que vous n'a te droit d'en avoir, répondit Gewges, qn^ quoiqu'il regard&t la bdteHvèie de Vietorine coiaiiie l'eoiiemie de ses amours, s'edîoiçaft es toute occasion de gagner ses bonnes grâces.
— D(»s-jetout vouidiretr^irit CluiaBeeBaependiant • coofiâentieilMnent vers le jeune avocat; eb bien! c'est plus qu'un caprice, c'est pour moi une question d'amoupïwopre.
— Une question d'amoui^pn^ire t
— Oui, vont Borez peut-être de la peine è me conQH*»^ ère; pour cela, il faocbsit être femaie nomme moi.
— Si cette cooditioa eet indispmBabhi, dit Fr(»devaux «n se remettant à i^, toqs avei eu twt de me choisir pour Wnfident.
— C'est ^1; puisque j'ai commencé, j'achèverai la confession. Ecoutez donc mes puérilités avec la gravité convenable, et surtout ne riei plus, car je croirais que vous vous moquez de moi. — Vous saurez, poursuivit GlariaiB
m affectirat lUie tarte de bouderie enfaatiiie, que )e ne puis souffrir cette beU» raanfÉua qm omu ait acrivée bier.
— Vous la connaissez donc, madaoM?
— Je ne l'ai jamais vm.
— Et TOUS ne pouvez pas b flOdSù t
— Je la déteste.
•r- Quoil saoB bifABoatlfeT
— Voilà da «M (^lOMSi, dit CtwÎMe avec «Q ceele motii)» qo'un honBnie»Dialgirâ tout goa «eptW, ae- fera jamais entrer tout seul dans sa grosse iéie cmée. Vais ne oompreoes dtvc pas, cerv««ubouchéj que depuis moQ nuwiageje suis UbiBiae la pl«» Important* du pa^s,)» dame de la p9* roisse en un mot, et qu'il est par conséç||g£Qt tout 4 fait VBBf possible 1^ je ne prenne pas en baîoej, avant m&aie de la connaître, cette beÔe marquise qui, avec apa titrcj soa (^iflteau, ses livrées et tout son étalage, va me détrâiter imjntoyablement 1 II me semble pourtant tpe cela est bien facile à comprendre.
Eu dépit de sa pénétration naturelle, TVoidevaux fut oomplét^ment dupe de cette fbusse confidence par laquelle madame Grandpemo,, afin -de donner à sa conduite an prétexte plausible et non compromettant, feignit i'fyprouver pour madame de Chàteai^prou te haïue qu'elfe tasH vouée %n réalité à Héradius.
— A ta bonne hem's, répondit-il, vous dét^tei cette
— Quand je dis belle, Test-eHe d*d>OPdl
— Oui, madame.
— Vous l'aves éoac Yoef
— Hieri àsonarrh'ée.
— Et voos l'avez trouvée beVe f dema»&» Osniise aree on dépit qui cette fois n'avait rien d'affecté, car qaeUa Cnnme abaBdosnéepar «oa amwt, v'éçreavemt-MB certain plaisir à trouvwWde et li^cule t» ri¥al« épotnée parte perfide» ■■ '-■
ISe OEUTBES DR CH. DE BERNARD.
— loUe pluUt que belle, répondit Froidevaux; rien de très^emarqusble, mais un ensemble gracieux.
— Grande, ou petite t
— Elle m'a pam à peu près de votre taille.
— Brunet blonde t luusM ?
— Très-blonde.
— Une couleur faae... Ata! pardon, ajouta madame Grandperrin en arrêtant sur l'amant de l^ctorine son regard plein de feu; j'oubliais que je parle devant un admirateur déclaré de la couleur blonde.
— Madame, répondit Georges sans pouvoir s'empécber de rougir, mon goût n'a rien d'exclusif, et j'admire tout ce qui me parait beau.
— Ainsi vous avez admiré cette marquise qui vous a paru si belle 1
— Je n'ai fait que l'entrevoir, et d'ailleurs j'étais trop l(Hn pour la bien examiner.
— Et... le marquis, reprit Clarisse d'une voix légèrement altérée, semblait-il s'occuper beaucoup de sa femme ?
— Hais oui, autant di} moins que j'^ pu le remarquer ; et, à vrai dire, continua Froidevaux avec un demi-sounrej il aurait grand tort s'il se relâchait sur ce point, car un autre me parait s'occuper aussi beaucoup de nudune la margnise.
— Quoi!... un autre... que voulez-vous direT s'écria Clarisse avec une extrême vivacité.
— Je plaisante, madame, répondit le jeune avocat qui parut se repentir des paroles qui lui étaient échappées; je veux parler de la pasùon subite et renversante que m'a paru éprouver, a la vue de madame de Chàteaugiron, notre digne juge de paix.
^ ~ Vous me trompez... il n'est pas question de M. Bohfc- Uer... Vous avez découvert queiaue chose.»
— Je TOU8 assure, madame...
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U GlHTILBOiail UHTACUl». UT
— Ne mentez pas; je lis dans vos yeux im roman tout entier, et vous allez me le raconter.
— Mais quand je vous jure...
— ie vous jure, moi, que nous swons brouillés à mort si vous ne satisfaites pas ma curiosité ; et vous savez, ajoutft Clarisse, qui arrêta sur le jeune avocat un regard ùngulièrement expressif, que voos avez bien quelque intérêt à me
— Au fiùt, se dit Froidevaux en capitulant avec sa conscieace, pourquoi, par une délicatesse exagérée, risquerusje de m'en faire une ennemie déclarée, au moment même où elle se montre mieux disposée en ma faveur) Mon mariage avec Victorine dépend d'elle seule, car H. Gnindperrin nevoit que par ses yeux ; ne serais-je pas bien foa alors de l'irriter contre moi en refusant de satisfaire sa curiosité?
— Je vous écoute, reprit madame Grandperrin d'un toa dtmpatience.
— J'ai en effet, madame, découv^ quelque chose d'assez singulier, dit Georges avec un reste d'hésitation, mais, comme c'est le secret d'autroi, je craiodrais, en le dimlgant...
— Ue le confier, ce n'est pas le divulguer, car je vont promets une discrétion absolue.
— Hais oe oommettrus-je pas m<»-méoie nœ indiscrétion impardonn^le T
— Comment pourriez-vous être tenu do garder un secret qu'on ne vous a pas conâé? Ce que vous avez découvert TOUS appartient sans aucun doute.
— Peut-être avez-voos raison, cependant....
~- Hais parlez donc ; vous ne savez d(Hic pas ce que c'est que la curioùté d'une femmeT
— Ehbien 1 puisque vous l'exigez, et qu'il m'est impo^ dble de rien Gâcher^ voici oe que le haurd m'a fait dâ-
»M «unis DS (S. H BnUUBBà
La ^tyRicnooNe et l'attitads de mftdaaM fican^Mma umoDcèreot une attention pour ainsi dire dévorante.
— Hier matin, poursuivit Froidwaiu, j'ai eu peadaot qudquee instants pour c<»ipa^ioa de dianilve^ à l'aub«ge du Ckwal-Patriote, aa je desceads quaiKl je nena ià, on petitjeane homme ent^meniKit fet, auez joU gai^an ds MBte et qui se dit L'anù' istime Ai nuqqoi» de Ghâteaag»ron.
— Ab I -... UD jeon honiine ... Savei-vou» conuneat il
— Le vicomte deLuigerac.
— Je ne connais pas ce aom-là; continues.
-~ 11 attendait b l'aiAet^ l'arrivée dû marquis.
— Da la marquise, peiït-âtreT s'écrit QariFse dont ie» ytmt étincettont soudain.
— £n vérité, dit Froidevaux en souriant, il n'y a aocon plaimr à vous raconter ^lo histoùie; oa pE^>ace son récit de manière à en ménager l'Intérêt, comme font aot roioa»tàee», et voiUt que sans pitié pour le nantâbeur, voue sautei de Ifr première page au dtooômeiMi
— J'ai dtMM'devioi t
— C'est ce que vous saurez, madame, si vous ma ptv- ■Mttea de poursuivre.
— Pariez, je suis muette.
— • Ausàl6t ■p«èsl')ni«é« immMu tf m» , H. detLangwac est allé s'établir au cbâteau ; mais par bbb étoutdprteipie jenepmaattoibuerqu'àdeiix outroiebouMiBesbnes par hû en déjeunant, il a lussé-dans la ehavlmy d<»tt je «ip maintenant l'unique Iocatime> le brooiUm d^me lettoe.
— Adressée h cette belle amrqwsef iiit«voB^ de nouveau CiarJBse, éont ta perspicsrité aatarelle, «gi^séeeneore par un sentiment vindicatif, dev wçait les paroles do aaétt-
— Je ne potnmiB pas l'affiD(n»i ou ïs^yafaitpas d'*' dresse. •■ ''
o.,GoogIc
-' -^ Sw im broHttteo I y Boogez^vous? puisque ce H. 4kl kaigerao est re«u au chftlewi, il asL cerUiit qa'û B'aun pM Mit d'adresse & la Mtn atte«i«Vie.
— Ep «SM, à qiKH bon, pnistpie, selon toute appuccNi^ U l'aura remise es main propre T
— D'aiUetvs, weadnMe, cela pfend de ta place,, et les tasUHweux n'en ont iuaaU trop; car il est biea cobvttm qu« c'est une lettre d'amour î •r- Saas Mcon daata.
— Vous aHec me la noDtoa, B'ett<ee p«s T Gela doH Mm si Hnasant h tire, une ktto» iFaBuHv t
Quoiqu'elle sû depuis longteoipe à quoi s'ea tesir sur l'amisraient qae peut causer ta lecture d'une épltre de cette esp^, nadame GnMdpervin prenoaça ce» deroien mots (fuB au âe curiositi ii^âHue,. comme auraîli pa faire ïm pèariomiailre la plus ii^KiHAte.
— Il m'est impossible de vous satjs&ii^ t^nodît fVok dbvaox.
— PoorqusEdOMt
— J'ai brfiK ce bwoilhHk
— Quel na^urt s'éotta OaniEe «wa un dépit réelj tom (^ moins Towi V^vai lit attentirene^ avtû* d» la brtlert
— fe ne reooDMiB eovpad» de oette ivtfscrélHK.
-^ Alcwsj teprit la j^uoe femme en chet^taot ses pan^ wwm si ^1» «tA txtàat d'ea.fli(pm trop- dainnent sa ^Qste, vous aveap»4»iwro(iMi.eetleromaaT
— A mt«IteBNn à péafnÂs, autant que je piis m'y «omtiixe : OBvemai«ie di^è, mais on dsoBuide eaoore.
-t 4e oompMods... et C8 )6«ae hoauna «st asfec bieflw âtes-iDosT' '
— Beaneot^m^M Uen ^ coup sûr que H. de GhAteast tpost', mua«Q prétend que cela M faitri^
• — A^BBidttOansaa avec un rire étrange, la-menotOBia de notre vie de campagne va être égayée, ^rtae i'«dU*
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J4« OniTBBS n CH. DB nBMBD.
tttUs marquise et à cet agréBl>le vicomte, pat ud petit drame ronumesqoe dont les détails ne saunûeat manque d'être fort intéressaDts ; j'espère, monsieur Fioidevam,' que TOUS me tîeodrei au courant si tous découvrez quelque chose de nouveau t
— Pour cela, madame, il faudrait que le hasard ou plutôt le vin de Champagne se mit encore de la partie ; et cela D'est pas probable.
Que la lettre dont Froïdevaux avait trouvé le Iwouilloa pftt être destinée à madame de Bonvalot et non à sa fille, c'était là une de ces suppositions invraisemblables jusqu'à l'estrsngance auxquelles personne ne s'arrête ; et en effet ni Georges ni madame Grandperrin n'y songèrent un seul instant.
Clarisse fit un effort mrnatorel pour refouler au fond de ■on àme la joie vindicative que venait d'y sotdever cet incident, et elle reprit l'attaque décisive qu'elle avait résolu ds Uvrer au jeune avocat.
— Je vous ai expliqué, dit-elle, que l'arrivée biomphante de cette marquise au cceur senùfaïe équivaut, pour moi^ à une véritable abdication, et je vous avoue que s'il m'est difficile d'éviter une défùte, je voudrais du moins la retarder le plus possible; si dans cette élection H. le marquis de Cbftteai^iron l'emporte âur H. Grandperrin, nous serons donc vaincus du premier coup, sans coup férir, pour ainsi dire, et sans e^)oir de nous relever jamais I Cette perspective, je ne vous le cache pas, blesse mon amour>propre à un degré inexprimalde. Ayei dcmc quelque compassion de ma f^blesse, mon bon monûeur Froidevaux, et faites-moi l'aumtoe, là, entre nous, des voix dont vous disposez; je ne veux pas avoir l'air de mettre un [ffix à ce service, je ne prei'(! pas d'engagement, je ne promets rien; mais je vous jure que vous n'aurez pas obligé une ingrate. Comme femme que vous connaissez depuis longtemps j'aurais d^à des droits à vos bon- ".fices, mais ne ferei-vous rien pour ItbeUe-mère deVÀ;,ùriiiet
d.,GoogIc
U flEHTILHOMn CAMFAgnABD. 141
Le regard de madame GraDdperrin était si éloquent, sa Toix avait une expression si persuasive, le nom dont cWt avtàl adroitement couronné sa péroraison possédait une autorité si souveraine, que le jeune avocat, incorruptible ju8< qu'alors, se sentit soudainement subjugué; il avdt repoussa victorieusement les ofires par lesquelles ou s'était efforcé de tenter son ambition, mais comment résister aune attaque dirigée contre son cœur? comment refuser ce qu'on lui demandait au nom de VictorineT
— Après tout, se dit'il en cherchant & excuser à ses propres yeux sa faiblesse, tout le monde dans le pays sait fort bien que ce pauvre Boisselat n'est qu'un mannequin que je mets en avant jusqu'à ce qu'il me soit possible de paraître moi-même sur la scène ; si donc il me plaît, à moi qoi suis en réalité le candidat sérieux de l'opposition, de me retirer devant H. GraDdperrin^ qui aurait le droit d'y trouver à dire?
Après avoir ainsi concilié tant bien que mal les exigences de ses opinions politiques et les intérêts de son amour, Fh)idevaux finit par dire à madame Grandperriu :
— Il m'est impossible de vous réùster, madame ; di^osez de moi.
— Je ne vous remercie pas, répondit Clarisse avec le plus charmant sourire, car je veux laisser ce soin à une personne dont les remerclmeuts vous seront sans doute plus agréable*; que les miens... je crois l'entendre qui vient.
Un bruit do pas se faisait entendre en effet dans la pièce TOisioe; bientôt une des portes du petit sdou s'oumt, Biais,aulieude VictorinejCe fut M. Giindperrin qui parut<
OmrftS» Mt CB. H BKKKAUw
raOJETt SK TIKaBA5QE.
LaphysionoiniedeM.Greiidpema offiwi usm^asged» triomphe et d'embarras ; car si d'une part H était fort satisfait du résultat de »a visite au ch&teaii, il craignait de loutre que cette démandie n'edt pas ht coiii[dète approbation de sa femme.
— n me semble que je suis un pea en retard^ dii-îl en flniTant, mais ce n'est pas ma faute.
— J'ai déjà présenté vos excuses à M. Froidevaux. répondit Clarisse ; il sait que vous venez de Rancenay.
— Pendant votre absence ChAteangmm a eu sa pe^ émrate, dit le jeune avocat.
— C'est oe que jtii vu en passant sur la place.
— Bvous faudpft, après dloer^ aller faire une viàteà H. de ChAteaugiron, dit Clarisse àson marij de ce ton péremptoire qu'emploient volontiers les femmes lorsqu''^Ies ont l'habiftide de se voirobéies.
— Vous avez donc changé d'avis? demanda le maltra deforges un peu étonné.
— Ce sont les circonstances qui ont chmgé. Les scènes tumultueuses de tout II l'heure rendent cette visit« bdiapcnsable. Entre adversaires d'une certame classe, il est des procédés auxquels il n'est pas permis de manquer.
— le suis charmé de ce que vous me dites 1&, répondit M . Grandperrin d'un air épanoui, d'autant plus charmé qut j'ai prévenu vos désirs.
— Comment cela?
— Je vient du ch&teau.
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LK flnraiLBMna CAiff AfiUB». tti
» San m'àroir oumltéel dit Uaiùse d'no ton sec;
«V biea qne iod «uri n'eût Cm! «i oeU« cûcçustance que ce qu'elle-mâme TiMait lui foire faire, die ae voyait pai mas dépit i|«i*il Ai fftt pcmis de iNrendre l'initiative.
— AUo)», ^kne, ne te Bkdie pu. Puisque ta voulait tim j'aSasse «a idi&teau, quel n^ ; a-t-il à ce que j'en tienne t
— D y a toujours du mal à faiie quoi que oe soit sans la penniseiOD d» «a femne, i^épondit.mtiElâiBe Graadpeninj qfai reconnut la puérilité de son dé^ilt et eaïaya de le toui> ner en plaisanterie.
— Voilà une maxine qui devrait être inscrite dans la Code civil au titic da rnintge, dit k jemie avocat en riant.
— Si voos votdez que je vous pardonne, M^t la jeune femme, racontei-noas, sans en nea. woettre, celle ménwrable visite.
H. Grandperrin ne demandait qu'à faîn ce lécitj il raconta donc avec une .certaine coa^aiunoe l'homiliratt déconvenue du caré DcHsmartin, les marques d'estiiae qu'on lui avait prodiguées à loinnâiDe, l'accueil parfaitement poli de H. de ChUeaugiron, les grftoes et la beauté de la marquise ; dans son éMouiasement de parvenu, il n'était pas jusqu'au rouge de madame de Bonvalot qui ne lui eût paru du meilleur gott.
— Cette marquise est donc réeUranMit belle 1 demanda Glsrisse dont le -dépit se raBuma en secret.
— Ce sen, après vous toutefitis, dit g^anunœit le mettre de forges, la plus jc^ femme du pays.
— Et Vîclorine I il parait que pour lui elle n'est pas la plus jolie, Gé dit Froidev* ix ; ces pères botA dim avengl»ment absurde.
— La marquise, d'aillenra, se dispose ik venir vous voir, ponrsmvit l'iifduBtriel d'un ton emphatique ; elle veut abso> lomcnt TOUS prévenir : «inn, attendez-vous à sa viaite pro* diaine. & me semUe que, par piécautioQ, on pourrait fain
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til OBCVBES DB CH. DE BBHHAtlD.
garnir de fleurs lea étagères du salon et âter les housseï des meubles ; les domestiques aussi feraient bien, je crois, de mettre leur livrée et de ne pas la quitter.
— ' Ces détails me regardent, répondit Clarisse à qui les vaniteuses préoccupations de son mari arrachèrent un sonrire de dédain ; vous pouvez être sans inquiétude : madame la marquise de Ch&teaugiron sera reçue ici avec tous les honneur» qui lui sont dus.
Ni M. Grandperrin ni Froiaevaux ne reniarqukeut l'accent amer et pour ainsi dire menaçant dont forent pronoo-
La clocbe du dîner, qui sonnait depuis un instant, amena dans le petit salon Victoriné, madame Estèveny, et deux ou trois autres convives qui s'étaient promenés jusqu'alors dans le jardin en attendant, quelques-uns avec impatience, le moment de se mettre à table.
' A part les regards furtivement échangés entre la jeune fille et son amant, le repas n'offrit aucun incident digne d'être mentionné. Les scènes tumultueuses dont la place du château venait d'être le théâtre firent naturellement tous les frais de la convers^ion, et chacun, k l'exemple des maîtres du logis, en blâma sévèrement les auteurs.
Après le dtner, M. de Vaudrey vmt k la forge. D'un coup d'œil expressif il avertit Clarisse du succès de la démarche dont elle l'avait cha^é, et la jeune femme, profitant d'un moment où tons les convives étaient réunis dans la salle de billard, s'esquiva, bien sbie d'être hientdt suivie j un instant après, en effet, le baron l'avait rejointe dans le petit salon.
— Ma chère enfant, lui dit-il en lui présentant le portefeuille que lui avait remis le marquis, brûlez et oubliez.
Madame Grandperrin déchira l'emeioppe avec une sorte â'avi()!té, ouvrit le portefeulUe, examina rapidement les diffévents objets qu'il contenait, et compta les lettres pour s'assurer qu'aucune n'était restée au pouvoir de son ancien unant. lorsqu'elle se fat assnrée que % restitndCHi étui
U OERTILHOaiR CAMPIORUD. 141
complMe, on éclair de satisfaction illumina Eon Tisage rêveur et sombre jusqu'alors.
— Vous venez de merendre un service que je u'ouMierai jamaisj dit-elle au baron après avoir enfermé le portefeuille dans un meuble dont elle relira la clef.
— Peut-être vous en demander^-je un jour le prix, répondit H. de Vaudrey avec un sourire expressif, mais le moment n'est pas encore venu ; parlons de choses plus urgentes. Vous saves sans doute que votre mari est venu aujourd'hui au ch&teaaT
— 11 me l's dit.
— Vous »441 dit aussi que ma nièce voulait venir vous TOirl
— Sans doute.
— Voilà ce quç nous voulions éviter ; mus votre mari a des façons d'agir qui déconcerteraient les plans les mieux combinés. Voyons, qn'imagînerer-vous pour éluder le visite de ma nièce T Serez-vous malade t
— Hais je me porte à merveille, répondit Clarisse en affectant un air surpris.
— Je ne vous demande pas comment vous vous portez en ce moment, mais comment vous vous porterez quand ma nièce viendra vous voir T
— Pourquoi feindrais-je d'être malade à madame la marquise de Cbàteaugiron me fait l'honneur de me rendre Tinte t
— Ma foi 1 j'avoue que je n'y suis {dus du tout, dit le baron, et l'on a raison de dire qu'avec les femmes on marche toujours de surprise en surprise.
— Qu'ont donc mes paroles de si surprenuit T
— Ne m'avez-vous pas dit hier que plutôt que de revoir HéracliuB vous aimeriez mieux vous condamner aune récln» non perpétuelle, vous enterra vivante s'il le fallait T 0$ sont làj si j'ai bonne mémoire, vos propres paroles.
— Que voulez-vous, mon cher bùon ? U me aemblt
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iw oonrua Di cfl. ut Braïuu.
mùntefiant qu'il m'est impoeràile de me sotutra&e saw Imprudence à l'honneur que veut bien me fain naSame la Burquiae de ChWeaugiK». De quel piétoita câlwenûa-j»
— Vw indisposition ; o^est reça ea panil cai..
— Sans douta ; mai» qve penserait M> GraBd^wrria qui B* serait pas dope d» eetta iadispositioa ?
~ Ainsi doae, ma ohèrQ Clarisae, nprit H. de Vaudras ea âiaBisHrla jwse fenuDa aoB i^tid péaétxant, vu» avez complètement changé d'avis dtfiùrlûar 1
— Je l'avoue ; la nuit a porté conseil.
— Et vem Q'avea pla& auawe i ^pi mw qB. i voir ma nièce 1
— Pourquoi lui en voudrais-je d'un pasaidenitdle est innocente}
— Hais avea-vo«s lùen i^Aéobi qu'elle nai viea^ pas îà' ams âtie aeeompagDée de-son nkari t
— Je dois m's attendre, répondit Qariss» avee ua étiange stwrire, da jeunes mao^ I o^ est ins^arable.
— Ainn donc, malgré vos larmes à'biat^ vovaittea réaignée aujourd'hui à voua letrtmver' ea préaaBoe d'BéiacKosT
— Un peu plus tdt, un peu ploa tard, ne fBMdtailMl paa taajonra flor par HI
— Toilà wi revirement qiù n'est paanatur^^se ditle baron atteint d'une défiance soudaine ; ce n'est paa ua caractère comme celui de Ckriiee qui passe aiBû sabitemmtde la tempêta au cabaoplat; je crains lùeD qu'il s'y ait dans tout ceci quelqo» diablMie àe femme ;. nuis j.'j veillerai.
— Vous me trouvez lûen légère, n'est-ce pasi reprit DMdnne GcaadperriB aveo ua aewire mélancfjiqne, et VOM traitez d'inconséquente ose eouduite qui au fcmd n'est que résignée, ew, foiëée de vine ea ce pays, comment éebâf»pw a» QéeeWtés de ma posttion T N'étaienUce pat ka {^
.,gn;M;,G00g|i:
dùlAon rooMins qui preoatent une attttade gncàeme pour mourir 1 l'essaierai de faire comme eus, du moins taol que IMS forces soutieadMnt au» ootinne. i'sviiis bit un autre plan pour mesMistraîn aux toitureaqid m'attendrai, maift. j'ai dû reconnaître hier que ce plan n'éiict qpi'uae cfakatet.
— Quel plaat d a m a aJ* labaroa.
— L'éleélioD demammiaàk wasimeû gteéral, tmea. jesx c'était u^ gnmà |«3||eMr aitirar à la dépodatioB; puis, une fois dépoté, M. (^andpCRHi umût sai» doute consenti à confier à on comnàa pràtcîpsl failiBBiiisttatioB de ses îor^et, et, moBwntaDéBwat du moîna, nous nous serions axés à Paris, comme je In « ai ^«ùaé (diuieurB foi» le désir. De la aorte, j'aumis évité d'usé manitee oat»relie et pluisible ce TtùsÎDaf» que je redonte, maia auqiid je D'aï pas d'autiea nutyei» de me agintraire. Ansi l'abseuce et le temps, ceS' dem muotatewrs, dH-on, anaient fini par me rendre le repos dont j'ai besoÏD ; et [dus tard, deToroe calme et résignée, devenue vieille femsie en on mot, j'aurais pu sans dwger me retrouver en présence de cet bomme qD^ue fatalité va me forcer à revoir dés demain peut-être. Je frémis quand j'y soitge I Voilà quel était mooi plan.
— Je le trouve tort nasonnable ; mais pow qu'il pM réussir il faudrait d'abord que La dépntabon de ChaKriles fat vacante.
— EUe l'est.
— M. Ricquier est donc mortT demanda le baron avec m geste de sorprise.
— Oui, répondit Clarisse laconiqaemeBt.
— Ëtes-voo» stoe de c€4a î
— Parfaitement sûre. M. Ricquier est mort il y a deux jours k sa maison de campagne de la Cerisaie; }'e/a ai reçu la nouvelle ce m^îB pen^t l'^Menee de H. Grandpeirin.
— Avez-vous dit cela à votre mm ?
*- Pas encope; j'étais sûre que vous- vi^dnea anjou»*
141 Om'lIS DK GK. »B BnnAKD.
d'bui et j'ai voulu tous consulter avant toutt Que me coaseillez-Tous T
— Je viens de votas dire que votre plan me parfùssidt fort nusonnable ; j'ajouterai maintenant qu'il faut agir ngonleusement et sans délai.
— Hais, dit madame Grandperrin avec un accent pl^ de finesse, comment mon mari oserait-il se mettre sur les rangs pour la députation, lui qui ne parviendra pas même àse faire élire membre de ce conseil général?
— Pourquoi n'y parviendrait-il paaî
— En héroïne malheureuse k qui toutes les distractions sont bonn^, reprit madame Grandperrin en affectant de sourire tristement, j'ai fait le calcul de nos chances de auccès, et j'ai été forcée de recomiallre qu'elles diminuaient tous les jours ; d'abiwl la bahisOD de ce curé Dommartia, tpù, après nous avoir promis ses voix, va les donner à H. de Ch&teaugiron.
— Le curé Domniartin ne donnera pas plus ses voix à mon neveu qu'à votre mari ; j'y aï mis ordre.
— Comment celai demanda Clarisse d'un air ae vif intérêt.
— Votre mari ne vous a-t-il pas raconté la petite scène , gui s'est passée au cbàteau pendant qu'il y ét^t!
— Lasctoe où H. Dommartin a joué un si nùs^able rtle?
— Oui. Vous connaissez donc le résultat, m^s non Es cause.
— N'était-ce pas l'odieuse calomnie qu'il s'était pOTi^' d'articuler contre H. Grandperrin?
— n y avait cela en effet; mais il avait encore autre àiose.
~ Qu'y avait-il donc T
— l'ai donné les étrivières audit Dommartin pour trois raisons : 1* il m'a toujours déplu avec son air faux, sa parole midleuseet sa conduite hypocrite; or, j'ai l'habitude de
U OKiriLHOlUB CAMPAffitAlD. It»
régler tôt ou tard le compte des gens qui me déplaisent; S* son procédé k l'égard de votre mari était réellement abominable et méritait le ch&timent le plus exemplwe; 3" euBn j'étais bien aise de le brouiller avec mon oeven.
— Dans quelbnt?
— Comment, fine comme vous êtes, vous ne devinez pasT
— Non, je l'avoue.
— Une fois brouillé avec mon neveu, le curé ne lui donnera pas les voix dont il dbpose ; comprenez-vous & présent T
— Vous ne soutenez donc pas U. de Ch&teau^ironT s'écria Clarisse du ton le plus vif.
— Bien loin de le soutenir, répondit le baron avec un goocire tranquille, vous voyez que je n'épargne rien pour le foire échouer.
— Hais le meilleur moyen de le faire échouer, c'est d'appuyer M. Grandpenin I
— C'est ce que je me suis dît.
~- Vous le soutiendrez doue t ^ Pourquoi pas 1
— Ainsi vous Êtes à nousT ainsi vous voterez pour mon mari ? reprit Clarisse dont la figure rayonnait.
— Voter, non, répondit H. de Vaudrey en souriant, je ne puis pas vous promettre cela ; je suis un vieux carliste têtu et incorrigible, et tous les beaux raisonnements de quelques-uns de nos journaux, qui veulent maintenant nous persuader d'aller aux élections après avoir prêché pendant plusieurs années la thèse contraire, ne me feront point dévier d'un pas de la ligne que je me suis tracée. Pour voter, il me faudrait prêter serment au gouvernement actuel, et, si je prêtais ce serment, je me croirais en conscience obligé de le tenir; or, comme, vu mes vieilles «'xoyanoeSj je n'y prendrais pas le moindre plaisir, j'aime mieux ■n'abstenir, ainsi que je l'ai fait jusqu'à présent. Ainsi donc, ma chère Clarisse, je ne voterai pas pour votre mari, mais
je vous pt<oiiHi& de lui assurer les vàa. de toos les braro étetAoïrB du cuitonsurtinî jepuisavcMrquelqae influence.
— Ah 1 mwi cher monsieur ée Vaudrey, que ne ttms denuî^e pas ? <fit madsine Gfandpenin es sùùssaot h main du gentilbomme campagnard.
— Vonfi ne me «lenet n«i, non enfnfit; «e que je fais là, ce n'est pas du tout pour que H. Grandpeirïn soit ^n, mi^B bien pour que mon neveu ne le stnt pas. L'Aeo- -tion de votre mari «A donc 'assurée, à meins pourtant que le curé, par un revirement diabolique dont il est bien drpe- Me, se donae maiirtenant ses voix tm médecin Boisselat, auquel cas la candidature de ce dernier, sontenue d^ pff Vn^devanx, poumit ifcrenir redontaUe.
— Vais H. FroidevHux est à nous, 's'écfta. tarisse #00 air triomphant ; c'est arrangé. .
— Oh I en ce cas, refait le baron, nous sommes sftrs de notre affaire; après-demain H. Grandpemn passera «a pnnàer tour de scrutin ; comncvous le dîsiec tout à l'heore, ce sera un ^^nd pas pour arriver è la députatien ; j'ai quéû que crédit en dehors du canton, et vous pouvez étie s&rc^ ma chère Clarisse, que je soutiendrai votre mm jusqu'au bout.
— Ahià donc jeiriompherai de, ort bomme odieux et flmmllier^ son orgueil, ae dit nùdame Crandperrm en triomphant déjk au fond de son ftme : nrais quelle vengeance I^us complète si je parviens à sûsir les fils de cette jolie intrigue dont m'* parié -œ Frolilevaax !
~~ Ah I madame la douairière rfe Bonvalot, pensait m mftme instant le baron, au lieu de contimier le commerae de PhonoraMe marchand de vin votre défrnit mari, voaM voulez être reçue aux Tuileries, et vous avei imposé à m f%ateaagiron la condition de devenir pair de Frimes sons te gouvernement actuell Vous avez compté sansm(H,Ob plus ferdée des dooairières I
Madame Grandperrin etW. de Vaudrey reijôigniraïA'ls
-.TeKte4eiK compagnie ; pois an bo(AâeqaelcfBesinB(aDtB,-le gantîUionBns catnp^nsTd, (jni trsit refuié de Aoer vu tIftteBU, KTOOfAa à Ch&te«igûoib4e~Virà,«ù il était inp»ttemnicnt tttKndu ■
L'entré» ivtitdptle ^ h nnisOB du buonile'Vgiidn; étût tournée au levunt, vers les ruiaes deJ'aiHÀen tMtemi. Vae grtmde porte t»d)^ peinte en gtis, dcms laqiwHe se trOBTuit pratiquée ime aecônâe porte dettinée au pusage 'fatirituel des piétoas, 'Amnrït anoès dans nw «eur asses -raOs qa'entoumient îles trois antres -cMésilas'MMnaits destinés !i dJfi^rests usages. -En fsoe, te coups drlo^ inincipat ; à droite, ie cotom M er, le pressoir, irâ éeorin et les étales; à gauche, tes renàseB et les gni^es, ^nsi que plusienrs de ces constructions accessoires que T«iid Qécw* «aires une exfdoita&on mnQe Ae quelque impoHBnee.
Au moment où le baron remontait la pente aaseï Mcvpée qui séparait le petit vallon au milieu duquel s^élevait CbSteaugiron-le-Bourg du coteau où 8'épar[nllaient les maisons du vieux village, la plus spacieuse dès granges éttA nous venons de parier se trouvait momentanément méta> morphosée en une sBîBe de banqaet commode, sinon ^6gante. Sor raire; balayée avec soin, deux tdiles longues et étroîtes avaient été disposées psraHHement, de manière à laisser entre fiOes un espace libre pour les gens chargés da «rvice,
Quelques aïs de cbéne ou de sapin, supportés par des ftttaifles vides, teBe était la base modeste sur laqudle «^
J.oo^lc
ut (BDTUS DK GH. Dl MUAIS.
taliùt ce festin improvisé ; mats des asp^es fort ptapres c^ cbaiert en partie ces appuis rustiques. D'un autre côté, st la porcelaine se trouvait remplacée par une falencti tbeex grossière ; si, au lieu de donner aux flacons et aux coupes de cristal la teinte du rubis, le vin dn au emplissait de son rouge bord les verres les plus vulgaires, en revanche des couverts d'agent bien vieux et bien marâifi semblaient indiquer que l'amphitryon avait plus de confiance en ses hâtes que n'en témoignent quelquefois à leurs convives les (mlonnatcurs de certdns banquets par souscription, où l'on voit étinceler, dans tout son éclat économique, l'aigenterie de fer on d'étain (nos descendants en rougiront pour nous) dont nous sommes redevables aux ingénieux procédés de M. de Ruoli.
Ces disparates dans l'ordonnsnce du repas offert par M. de Vaudrey aune partie des habitants de Ch&teaugiron-le- Vieil attestaient chez le gentilhomme campagnard une con- DUssance profonde du caractère et des habitudes des invités.
— Ils ne prendront rien, mais à la fin du dlœr il y aura bien quelques assiettes et quelques bouteilles cassées, avaitil dît la veille au soir au fidèle Rabusson, qui, en attendant les honneurs administratifs auxqueb le destinait son ancien colonel, s'acquittait près de lui de plus de fonctions différentes que n'en remplissait maître Jacques dans le logis d'Harpagon ; — tiens donc précieusement sous clef la porcelaine et les cristaux, mais donne de l'argenterie tant qu^ en faudra ; cela ne se casse pas.
En vertu de ces dispositions libérales et prudentes à la fois, les humbles convives du baron avaient donc à leur disposition de fort beaux couverts d'argent, ce qui ne leur fffrîvait qu'en ces occasions solennelles, et nous devons dire que leur amour-]»x)pre en était singulièrement llatté.
Il est sans doute inutile d'ajouter que le banquet champêtre auquel nous allons faire assister le lecteur avait pour but de fétcr le même événementque venaient déjà de célébrer
U GENTILHOIIHI GAHPAGRARD. fSI
par leurs salves joyeuses Jean-Fracaase et Séoeille-Malin.
La réuDitmse composait, à part une seule excefition, de tous les nouveaux électeurs coaununaux dont le baron avait eu soin de ikesser la liste d'avance, en se conformant rigoureusement aux prescriptions de la loi. La population de Chàteaugiron-le-Vieil étant d'environ quatre cents habitants, il y avait une quarantaine de convives, représentant tous les âges, depuis vingt et un ans jusqu'à l'extrême vieillesse. Fermiers du baron pour la {dupart, ils devaient au droit qu'ils avaient de s'attribuer le tiers de la contribution du petit domaine exploité par chacun d'eux le privilège d'être inscrits sur la liste des plus imposés de la commune; c'est dire assez qu'ils se trouvaient sous la direction immédiate, ou plutôt dans la dépendance absolue du propriétdra dont ils cultivaient les vignes et les champs.
Pour être moins directe, l'influence du baron sur les autres âecteui? communaux n'était pas moins grande, car il n'était aucun d'entre eux auquel il n'eût rendu quelque SK^ce. Depms surtout qu'il avait Sxé définitivement sa résidence dans sa terre natale, le gentilhomme campagnard ét^t devenu, pour les paysans de Ch&teaugiron-le-Vieil, une sorte de providence parfois bourrue et même emportée^ mais toujours bienfaisante et généreuse. La petite pharmacie qu'il avait établie dans sa maison était à la dispontion des malades, tandis que des aliments plus sains et plus substantiels que ceux dont ils avaient l'habitude étaient jonmelLement portés par ses ordres aux pauvres convalescents. Au grand regret de M., Bobilier, qui l'accusait tout bas d'empiéter sur ses attributions, il était l'arbitre des babitants du vieux village lorsqu'il s'élevait entre eux quelque différend. Hais autiut dans ce cas il mettait de soin à rétablir la concorde^ autant il montrait de lèle et d'énergie à soutenir leurs intérêts lorsqu'ils se trouvaient engagés dans quelque débat avec leurs outrecuidant» v(^ sins les bourgeois de Cli&teaugiroa-le-Bourg.
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Ponr ces différentes raisons «t pour d'antres encore qSH •eroit trep laof û'éaamèrtT, H. de VMtdrey ^^ûi libén et respecté dans le pBys;4i «es deux -sentirBeats^setn^aft,-!] est vrai, unesortede cnitrtemcftivée'parte^ateicntqiPil avait cra devwr mfliger de sa propre marn % deux ou trais iD^hant&dr61es:babhiiés>& tenir leiimit du pavé, et qoi, dans if» o>ninienoeiBents de son Bijoar^ s'étaient penxns d'affM^er envers Iiii,eii4iBÎne{!e^''ftn1uiie et de sa naîs- ■aace, des maBÏ^s gros^èrement impertîBentes. Corrigés 'SUiadélai ni r^Biissioo par lapins mde roléedeboàvertqae ^tsse appliquer un poignet vigouretn:, tes coqs de villi^ avaient dès lors porié la crête basse, et leur mésav^tiffe avait ifitpiré à tous ceux qui auraient pu être toités d'iiniter leur insolence one frayeur salutaire qui n'avait oui en aucune manière à ta conskiération et à l'attaCbemeutdoBt était entouré le baron.
— C'est la pondre, disaient en parlwit de Ini les biMtaâli de ChAteaugiroR-le-Vieil, et quand il vous regarde de travers il faut marcher droit ; mais'eVst égal, nom TaimoBS tous, car il n'est pas Ser et il est juste.
Au moment dont nous perlons, le T^xtà^tait commenei depuis quelque temps.
Grégoire Rabnsson présidait k l'ane des taUes. En voyaU fémeute complètement dispersée, le baron uvait ordonné au futur maire de remonter à Ch&teaugin>n^e-Vieil m attendant qull pût y retourner hii-ffléme, et de faire sernr sans délai le dîner relardé jusqu'hors, au grand désappoin~ tementdes invités.
La seconde table avwt pour président on des prîndpaux fermifTs du baron : c'était un vieillard à cheveux bhmcs et à phy^onomie patriarc^, qui occupait un rang disdiq;aé parmi les anciens du village et qui avait à la bouche, presque aussi souvent que H. Bobîlier hii-méme, dont ï] étaitte contemporain, le nom de la grande marquise' Rragarde de Chateaugiron, Hontboissieux en son nom.
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Yis-ii-vis de Rabusson était assis le père Coquatt, le sefti parmi les convives qui fût étranger à la commune; sa p«renté avec L'ex-garde-chasse, dont il était l'oncle oiatemE^, lui avait attiré cette distinction aussi agréable que ttfltteuse.
Quoiqu'on mangeât fort et qu'on b&t de même, car les plats couverts de mets non moins plantureux que les demimoutons r Atis et les dos de porcs engraissés^ memi habHoel des héros d'Homère, semblaient déBer les aj^tétîts tes phu robustes, tandis qu'un gros tonneau où l'on allait remplir les bouteilles à mesure qu'elles se vidaient provoquait la . soif et partant la gaieté, la conversation cependant ét^t amSi bruyante -qu'animée. La victoire éclatante que venait de remporter le vieux vQlage sur son insolent voisin foomissait k la conversation im texte intarissable ; la joie "du triomphe brillait dans tous les yeux. D'une table à l'acrtre s'échangeaient mille propos joyeux, mille plai^nteries dont les bourgeois d'en bas fournissaient nécessairement le sujrt, mille fanfaronnades inoffensives telles qn^ en écba|^ souvent aux gens longtemps opprimés, dans l'enivremflQt où les jette leur émancipation.
Un incident surtout avait porté au comble l'allégKSse moqueuse des convives ; c'était le récit fait par Rabvsson de la scène qui avait eu lieu sur la place du château qn^ ques instants auparavvit, scène à laquelle le baron; Rebus- . son lui-^nëme et le terrible Sultan avtdent pris mie part si brillante et â décisive. Pour gatisTffire la corio^té de ses auditeurs, l'ex-garde-chasse avait dKrecomsnenceridusienrs fois sa narration, et & chaque reprise les applaudissemeals «t les rires avaient éclaté par redoublements.
— Notre colonel a-t-il bien fmt de firotter les orelBes à te faiseur d'embanas de Toussaint Gtiles 1 s'écria nn grOa liaysan qui avait eu un procès avec l'aubergiste.
A part les vieillards du village qui avaient vu la An^e l'ancien régime, et qui en conséquence donnaient à M. de Vaudrey son titre de baron, tous les autres paysans '4e
ISe ODIUES DB CH. DB BSRHAIID.
ChAieaugiron-lfi-Vieilj à rexem{^ de Rabusson^ dissent ea parlant de lui : le colonel, ou mieux encore, notre co* tonell
— Quel malheur que notre colonel nous ait défendu de l'accompagner ! dit à son tour un robuste vigneron en brandissant sa fourchette d'un air belliqueux ; comme je vous aunùs austi rossé avec^ plaisir et agrément mon bourge<»5 de Cb&teaugiron I
— Et moi, le mien donc 1 ajouta un troisième.
' — Moi, UD de chaque main, dit un autre connu par ses
— Au moins, Rebusson, reprit le gros paysan, as-tu drame un atout un peu soigné k ce gredin de Gautberot qui {H^lend que ses côtelettes sont trop bonnes pour nous autres de (Mteaugiron-îe-Vieil 1
— Tout ce que je puis vous dire, répondit Rabusson qui ne paraissait éfo^uver aucune répugnance à célébrer ses propres exploits; tout ce que je puis vous dire, c'est que quand le boucher s'est relevé, le sang lui sortait par le nez et par la bouche ni plus ni moins que le vin va sortir de cette
Eu achevant ces mots, le victorieux Grégoire versa à boire à son voisin de droite.
— 11 n'a pas demandé son reste T demanda le vigneron.
— U a trouvé sans doute qu'il avait assez de dents de moins dans la bouche comme ça, répliqua Rabusson, qui cette fois remplit à [fein bord le verre de son voisin de gauche.
— Ce qui devùt être joliment drâle, dit le père Coquart en s'armant de son cAté d'une bouteille, c'est la figure de Laverdnn quand Sultan lui a sauté au cou ; je donnerûf bien vingt sous pour m'étre trouvé là. Viens ici. Sultan, poursuivit le vieux paysan en s'adressant au redoutable dogue qui se promenait fièrement autour des tables et aemblfùt prêter une oreille complaisante au récit de ses
U GIRTILHOIIIIB CAKFAGIUID. UT
prouesses ; viens ici, mon joli chien, viens ici, mon mignon, tiens voiià pour te récompenser.
Le père Coquard jeta à terre un gros os qu'un chien de bonne maison pouvait ronger sans déshonneur tant il était encore garni de chair ; mais au lieu d'accepter avec empressement et reconnaissance ce cadeau amical, ainsi que s'y attendait le donateur. Sultan, qui avdt le nez tourné vers l'entrée de la grange, renifla subitement à plusieurs reprises, et se précipita ensuite dehors en aboyant joyeusement.
— Toici le colonel, dit Rabusson, d'une voix sonore.
— Voici le colonel ! voici notre colonel l répétèrent en choeur les convives.
Par un mouvement électrique tout le monde se leva. Presque au même instant H. de Vaudrey entra dans la grange.
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LA COHHCilW AFFILUICHIK (tcin).
fki revenant dans sa maison après avoir pris une part active aux divers événements de cette journée orageuse, M. de Vaudrey éprouva une satisfaction véritable, car ni sa réconciliation avec Héraclius, ni son indulgente sympathie pour madame Grandperrin, ni son affection naissante pour la marquise, ne lui avaient fait complètement perdre de vue le triomphe qu'il venût de remporter sur les bourgeois de Châteaugiron, et il lui tardait de rejoindre les membres de ta nouvelle commune pour célébrer avec eux cette victoire si longtemps disputée.
A sa vue, une acclamation générale fît retentir les vobles de la salle du banquet.
— Vive monsieur le baron I s'écrièrent les vieillards.
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A quoi les faomnies faits et les jeunes gens ripostèrent par cet autre cri plus éclatant enoore : — Vive notre colonel !
Le gentilbomme ctmpagnard accueîUit par un sourire de bonne homeur ces démonstrations broyantes j mais comme elles menaçaient de se prolonger indëSniment, il agita une - de sas mains en l'air pour y mettre un terme.
Le slence s'établit auss^.
— Vons laissez Tefroidir le ifltaer, dit le baron à haute voix ; an dessert tdhs crierez tant qu'il vons plaira ; mais maintenaiit 11 b'agit de manger et de boire.
Le coDBeil panA excellent k snivrej et tontes les mâchoires se remirent b l'œuvre avec fémulation la plus exempldre.
Au retours de eerteàns CDUreors de popidarité qm, aux jours décisifs, s'attablent dans les cabarets du village avec les électeurs en blouse, quoique leur vanité en rougisse secrètement, M. de Vau(i«y, d'un esprit fort libéral au fond, avut soin de maintenir en toute occasion la distance que le hasard avait mise entre lui et les autres habitants de Cbftteaugiron-le-Vieil. B traiUit les paysans de son villt^ conuiK il avait trmté naguère les soldats de son régiment, sans leur montrer aucune moigue, mais aussi sans leur -permettre la moindre familiarité, car il savait que c'est sar Vun ou l'airtre tie ces écueils qu'échouent d'ordinaire les gens d'un certam rang, lorsqu'ils ont quelques rapports avec leiBB inférieurs.
An lien de s'asseoir au banquet ain^ que n'y eût pas manqué à sa place pins d'un seigneur di&teldn, le baron alluma un cigare et fit lentement le tour des tables en s'arrêtant de temps en temps pour adresser ta parole àquelquesnns des convives dont pas un n'eftt osé se permettre de prendre l'initiative. Les vieillards surtout étaient l'objet de cette distinction, et ils s'en montraient aussi fiers que reconnaissants.
Lorsque le robuste appétit de ses hâtes lui parut enfin