‹ Le gentilhomme compagnard (volume 2)Chapitre 6 sur 11 · IX -aamniowa» cufPAonMD. iva · texte numérisé non relu

IX -aamniowa» cufPAonMD. iva

'ecmpIMeuiRA rassasié, H. de Vaudrez se fit apporter un verre et prit une bouteille sur une des trilles.

— 'ttessreiirs les tioc^eors communauXj dit-il alors en développait sa voix sonore, mnà qu'il avait llubilnde de le iaire autrefois pour commander la manœavre à ses eni*

En s'entecdaUt -Aonaet pour la premi^ fiiris le titre auquel 3s n'avalent droH que depuis quelques heures seii< lement, les paysans se regardèrent d'abord d'un ^ ébtthi, comme si 'On leur eût lancé quetqae brocard peu bitelligi- Me ; mailla fihysionomie calme et ouverte du baron leur fit compmdre qu'il parlait sérieuBcmeat et n'avait ea aucune manière l'intention de se moquer d'eux ; rassurés sur ce point. Us s'apprivoisèrent btentât avec leur dignité nouvelle, et se redresserait o^ueillensement sur lenrs bancs.

— ItempTissez vos venes jusqu'au bord, qoiita le banm -qui joignit l^emple au précepte.

Ce conmiandement ftit ponctaeltenaeBt e x é c tUé.

Dans la plupart des banquets oit se perpétue la coutume des toasts, il est d'usage de porter d'i^erd la santé du roi, ab Jom printipTumf Hms le carliste endurci crut devoir se dispenser de cette formalité.

— Nous allons boire, dlt-îl, à la prospérité de la commune de OiAteaugiron-le-Vieil.

Un hurrah d'enthouùasme'ficcaefllit cet(»st qui répondait sibien k l'^ente des convives.

— Au commencement de la révolution, poursuivit le baron, quaad le calme se fut rétabli, une grande injusUoe tvwt été commise à votre égard; après bien des années, cetteinjosticevient enfin d'être réparée : mieux vaut tardée jamais. Dorénavant, vous ne partagerez votre Kffouage avec personne, et messieurs nos voisins, au lieu de se chauffer de votre bois, comme ils l'ont fait pendant quarante «bs^ auront la bonté de se pourvoir ^lleuis.

o;,GoogIc

1«0 CBIITBES DE CB. DE mUUBD.

— Doiveotrils rager! interrompit mie tchz qai rentra aussifAt dans le silence.

— Au lieu de faire des corvées pour enlfetenirleurschenÛQS, vous trarfûllerei aux vAtres, continua le genUlhomme

— Cen'est pas pour vous flatter, dit le père Coquard à l'un de ses voisins, mais vos chemins ont boa besoin qu'on y travaille ; pas plus tard que ce matin, j'ai munqué de me casser le cou deux fois en montant ici.

— Ce n'est pas tant nos chemins qui sont mauvais que vos yeux qui ne valent plus rieo, répondit le voiûn avec ta susceptibilité d'un citoyen qui ne souâre pas qu'à raison ou à tort on critique devant lui sa patrie.

— Ensuite, ajouta le baron, au lien de voir l'aident provenant de la vente de votre quart de réserve appliqué à des dépenses dont vous n'avez retiré jusqu'ici ni avantage, ni agrément, ni profit, c'est vous qui dés(»inu8 en disposerez; et pour en faû^ un emploi utile, vous n'aurez que l'embarras du choix; car ici tout est à améliorer, ou plutôt tout est à créer.

— C'est diablement vrai, dit à demi-voix le père Coquard, les chemins d'abord, de vrais casse-cou où l'on dégringole dans les ornières en plein midi.

— Enfin, reprit H. de Vaudrey, au lieu de rester à la merci de messieurs les bourgeois d'en bas, et vous savez si leur domination est douce et^j uste, vous administrerez vousmêmes vos afi'aires, et vous serez les maîtres chez vous.

— C'est ça qui sera flatteur et agréable, fit observer Rft- ItTïBson à ses voisins.

— Depuis hier im changement aussi avantageux qu'inespéré s'est donc accompli dans votre condition; ce changement à qui le devez-vous ?

, — A vous, monsieur le baron ; à vous, mon colonel, répondiiËnt d'une voix unanime les paysans.

— Vous dHes vrai, reprît d'un ton grave le geatilhommo

U SKKTILHOlOn CAHPAOIUU). ICI

campagnard; si aujourd'hui vous êtes délivrés du joug qD» TOUS ont imposé pendant trop longtemps vos voisins, c'est k mes efforts persévérants que vous le devez. Xçrks deux ans de Iutt£,j'ai enfin atteint mon but: votre émandpaUonJ Hiùntenant que la victoire est certaine, ma t&che est tenninée, et il ne me reste plus qu'à souhaiter à votre commune des administrateurs éclairés et inteUigents, qui sachent exploiter, dans l'intérêt de tous, les éléments de prospérité qu'elle renferme.

Un murmure confus suivit ces dernières paroles. Tandis que le baron remettait à un domestique le verre qu'il venait de videFj et portait de nouveau son cigare à ses lèvres, les convives échangèrent des regards ob l'on pouvait lire un désappointement mêlé d'inquiétude. A la fin, après s'être entretenu quelque temps à voix basse avec ses voisins, le vieux fermier qui présidait à l'une des tables se leva et adressa au gentilhomme campagnard on salut révérendeux.

— Pardon, escnse, monsieur le baron, <Ut-il, mais avec votre permission, je voudrais bien vous demander quelque chose.

— Parlez, père Fourmer, répondit H. de Vaudrey aveo une bienveillance prononcée; vous savez que je vousécoute toujours av^c plaisir.

— Vous êtes bien bon, monsieur le baron ; d'ailleurs c'est votre habitude d'être bon, et voilà pourquoi ce que voui venez de nous dire nous a mis la puce à l'oreille à tous.

— Pourquoi ça, père Foumier T

— Dame, monneurle baron, reprit le paysan en se grattant l'oreille comme s'il y eût senti en effet la morsure de l'insecte dont il venait de parler figurément, il nons paraît, sauf votre respect, que maintenantque vous nous avez fait rendre notre commune, vous avez envie de nous planter U.

— Vous planter là I Noi^ répondit le baron avec un son»

d;,Googlc

-fin fnrdontaire;]'aime notre Tïenx i-îR^, (if pins qne jamais je suis décidé ft ne pins te quitter.

~ Et e^t bien le lAos grand bonheur qni poisse wrivR teas. gens é» OMteaagmm^Vieit, -^ senteBôeoseramt YoBcle (fe'RsbusBOH.

— J'entends ce tjoe je Teux iBre/repHt le pète'Fonniâer «nboehant UiMe.

— Ceef possible, réf^iqin'H. de-Toadrey-totqontB searianlj mais moi je ne l'entends pas du tout.

— AqnoiserttiettmtbargTHgBen ^ense-lenslèson tour le v^paeron dontnetts avons déjà parlé,' je tbîb nus expliquer 'ça-«tdenx mots, -mon cotood. Ceqce toostanez de dire nous Mt ernaireiiae TSusdie TonSeE ptas vbbs mêler de nos Iffiûres.

— Uyaassezloi^tempsipeie-ttVvniMe, 9 «stjaMe -fue je iti'occnpe maintenant des t ri em es .

— Ponrlora, réidiq oa le ■tîgneroB,<fe!ft«n-e(wp dfrsetpe que vous venez de donna au beau milieu de notre w t ûa

-mfion.

— Cest ceqoe jeToulMsditejTBprîtile'pfcMÏ'oBHiier.Si monsieur le baron nous met la bride sur le cou, nous àms 'detrayersni {tos td moins qoe ^ea ii ïi gr a B<fa)fpWB/ et-à la première onîëK, bi chsrette versera.

— C'estvrai, dit un autre paysan, l^BBfwiibaitirer*'*!, 'l'autre à fauhau, et toutira àlatliaMe.

— Tandis que si notre colonel g«rdele-{mMt,«i«sta>TO troisième en continuant la companùsoB, 3"sf^ « pn^ie danger que l'attelage fasse des «tenaes.

— La commune gonrernée ptrr nertre-ertonel, <^«st -une vigne de bon plant, dit le Tignepon a'nnten docl(»«I,'gottvemée par un antre, ce ne sera [dus qne du néebaM gRmet, et pour lorsjeneitonneràs'pasciaqtDasde Is'VMdange.

L'impulsion était donnée, et de toutes les parties -^es teai tables i^^vèrent ^ réâamtfio» «^eMoeaseï,

aeranuroinn cammckuid. ni

nrais éoEi^ques, tootre le parti que semU^ avoir -ptiB le gentilhouuDe campagnard.

D'un gestecdme,1l. de Vaadre; aptteave-tuauiHecroî»- Bant.

— Entendons'iKmst dH^ilqtnnd to snence KM rétaHi ; Ttras tenez donc 'beancoup%«e'^nej«itfoceiipe escon de vos affaires f

— Oiii,inonâeiirtetmron,'eui,iii()B'flOlDBel,VieriAreiit tous les paysans d'un accord -inarame; 11 n^ a que vffu gui puissiez conduire commet faut nOfen ttommone.

— '^1 noue teiKKHlieeiine-voiuvotMniMieE de<no8affûres, mon colonel I s'écria un des {iJns édités; (^CBfr4i-4ire qnesiToos'Be'TKtt en 'miflez phu, to0t''flem«e«s dessus dessous, etcela'fbrKTôliment rire tés l>om^eo)S -^Te&bn.

— D'idwiO si notre cDloael nous abandonne, dit un autre avec mie certràie emphase, moi je donne ma démi^son d'électeur, etia comnaune ira ensuite comme ^e pourra.

— Noua à'avons confiance qu'en vous, mon colonel t

— Vous ne voudrira pas, monsieui' le haron, nous laisser comme ça flans l'embarras !

— Ce n'était pas la peine 'de w)us Taire rendre notre

— Sans vous, mon colontl, jamais duos ne nous en tirerons I

— Allons ! allons ; calmez-vous, dit le baron, intérieurement QaUé de ces instances, dont la sincérité ne pouvait fitre suspecte ; puisque vous y tenez, je ne refusera pas de vous donner dans l'occasion quelques conseils.

— A la bonne heure t s'écria le vigneron d'un air joyeint, voilà notre gamet qui redevient du pineau t

— Silence, JacquinCt, s'écria le gentilhomme campagnard, qui goûta en s'adresssnt à tous les convives : Je consens donc à vous donner des conseSs quand vous en aviez besoin, mais à une condition.

o;,GoogIc

I«4 (EmrSBS DB CH. DE BEBIUBD.

— ^Toat ce qu'il vous plmra, moD»eur le baron, répondirent plusieurs paysans à la fois.

— Ha conditionj reprit H. de Vaudrey en élevant !& voix, c'est que lorsque je vous aurai doimé un conseil, vous le suh'rez sans héùtation et suis discusdon.

— C'est trop juste, monueui le baron, répondit le père Foumier en s'inclinant respectueusement.

— U ferait beau voir, mou colonel, dit le vigneron Jacquinet, qu'on se permit d'y regarder après vous !

— Acceptez-vous ma condition ?

— Nous l'acceptons, nous l'acceptons I répondirent à la fois la plupart des paysans.

— Vous me semblez tous d'accord ; cependant il pourrait se trouver parmi vous quelqu'un qui fût d'un autre avis.

— n ferait beau voir I répéta le robuste vigneron en promenant de tous cAtés uu regard qui semblait défier les opposants, à toutefois il y en avfût, de manifester leur opinion.

— Silence donc Jacquînet ! interrompît sévèrement le baron ; si quelqu'im ici n'a pas en moi la confiance la plus absolue, s'il croit que d'autres conseils peuvent être préférables aux miens, qull le dise bautement.

Le plus profond sileno^ régna dans la grange.

En réalité, H. de Vaudrey n'avait pas la moindre envie de renoncer à l'ascendant qu'il av^t exercé jusqu'alors sur les habitants du vieux village. Son seul but, en les menaçant d'une abdication, était de leur faire comprendre le besoin qu'ils avaient de lui, et, comme on dit en style constitutionnel, de retremper son autorité dans le suffrage populaire.

— Vous êtes donc unanimes, reprit-il en voyant que pas im des assistants ne réclamait la parole; en ce cas, je coih lens à vous continuer mes conseils comme par le passé, et puisque nous voici réunis, autant vaut causer tout de suite des prochaines élections.

o;,GoogIc

U eERTILHOUIB CAKPASIUKD. ISa

Les paysans prêtèrent l'oreille d'un air de vif intérêt

— Vous serez convoqués dans un mois environ poui nommer vos conseillers municipaux au nombre de dix. Afin d'éviter qu'on perde un temps précieux et pour prévenir les petites cabales qui ne manquenùent pas de s'élever, car vous êtes tous plus ou moins têtus, glorieux et chicaniers. . .

Un rire de bonne humeur accueillit cette boutade da baron.

— Pour abrë^ donc, poursuivit-il, j'ai dressé une liste de dix d'entre vous qui me paraissent les plus capables d'exercerlesfonctionsdecODseillermuotcipal. Si cette liste TOUS convient, vous n'aurez qu'à donner vos voix k ceux qui s'y trouvent inscrits; dn reste, je vous le répète, ce D'est qu'un conseil que je vous donne là, et vous êtes parfaitement libres de ne pas le suivre.

— Pas si niais que de ne pas le suivre 1 dit un madré paysan qui savait d'avance que son nom se trouvait parmi ceux des élus ; vous nous planteriez là, monsieur le baron, et alors tout irait à la débandade. *

— Rabusson, reprit M. de Vaudrey, donne lecture à ces messieurs de la liste des conseillers municipaux qu'ik nommeront à la prochaine élection.

Le futur maire tira de sa poche un papier sur lequel se trouvaient inscrits dix noms, le sien en tête.

Un murmure d'approbation suivit la lecture df tette liste ; car si le geatilhomme campagnard n'avait pas W mc^dre goût pour la théorie du pouvoir partagé, il était en revanche aussi clûrvoyant que juste ; et pour composer le conseil municipal de la nouvelle commune, il avait choisi les plus hwmétes et les plus capables. L'élection la plus sérieusement pratiquée n'aurait pu donner un meilleur résultat, et Belon toute apparence elle eût eu la main ud peu moins heureuse.

— Ceat ça I — Voilà ce qu'il nous fauti — Notre colonel a diotsi les bons 1 — Ça fera un fameux conseil munici*

IM (XBYUft BK CH. BB WÊMAMMt,

pal ! t'ioUnst à \'«oim les ékcteun dilinréft lûui 4e PembwTaA du choit.

— G^a d'entre- voue qui ne saveiat pa^teùe, Be{)rit le buOB, dicteront leunbuUetiiu à Ribu8sfiB,»u piveFovrnjflroa è mû-ménaA.

— Cest eiit«id% mcmsieur le barao^ Toyftrvweez. qne ca- {nMoatsml.

— La liste dont vous venez d'entendre la lecture tow coimeBt-eBet

— Oui, oui 1

•— Y ft4-A'deft oppofiaot&T

— Pas on seul 1 II ferait beaii. v<^l

— Ainsi doacj il y & nnaaimitâ 1

— Oui, oui l il y a uoaiùinité.

— Eo ce caa, voilà notre élection faites dît M. de Vwh drey, qui aieuta mentalement: le voudrais bien que Platon, Fénelon et autres faiseurs d'utt^ûe assistassent à cette petite leçon de gouvernement pratique ; je crois qu'ils se* raient forcés de reaonnaltre qu'aïqwè» àë lanani^ simple^ lutte etexpéditive dont je tnisio les affaires de Cbàteaugi- KKt4e-'Vieil, leur RépubUqoa elleur villa de Sale&te nABomt que des rêveries creuses.

\ym

Les conseillers mumcipeiix în^iroTiséa se icngoigeiâeiA BUT leurs bancs et reoevaioit les félicitations de leurs-

— Je m'adresse maintenant, reprit le baron, aux dixd'entre vous dont les ncunsviennentd'étrelus par Rdoosson, et que ja regarde dis à présent comme cemposmt le nou-

UKPAiUUW. I»

veau£OiueU.iiui]ùmpal.AussitAtqiteiM>&bîeaftcoBununaux auioDt éti sépaiéa dâ caïu. du bourg> od procMen à la. TvOe de notie (^UEt da réaure, et dèe votie pconlère aessioa voas pouxiak VOII& oeouiter dw. anriliQBation& d'intoét pubiic-doat je touk pairïais toiU&11iauK.iA|>liMui!gpiit« dâ^aules, seiaa maij c'est ta Goasbudioa d.'uae Eantaioa*'

— Cest bien ttû, dirent pbuieuK nùx Ji la fois ; à diix lieus ^ ta EQiid^ ÏQ^' ftpeuCitoe qw- oou&^ui n'ajoiH pa» de fontaine. •

-^ Ddia quAMs gnens de bowgeoiad^m bas, qoiH cbiauffeni de ootre bois depois quacaute ans u'ont jamais voulul&cher un sou pour qu'on nous en coostniise ime I

— Avec ça <^ pat la sécheresse qu'il fait depuis deux nuis DOS citernea aoat & sac, ea sarte qua oousn'auvonft bieoUt plus d'eau àbcHre-

— Ça, ne serait qu'un demi^aal,. car la vendange sera belle, dit le vigaeroaiaecpu&et : okais une supposition que le feu prenne ail vitLa^, qu'est-ce qpa nous ferans avec nos citarn» vidaal Noua 3woas.brùliis avaat d'avoir eu. le temps, de crier miséricorde.

— HestsâretfWtainqa'iuefiMittûiienouBsenûltùenutiley. dit à son tour le vieux fermier, miùs, ajouta-t41 ensfadres^ aant au baroo avec uoesûite d'hésitation, j'espérais qu'want tout on g'occu|>erait de restaurer notre pauvie église.

—Père Foucmsp, répondit M. de Vauiteg avec un accœt de bienveillance, vous n'allez à la messe que le dimanche, tandis qu'il vou» fa^ de l'eau, tous les jours ; ainsi donc la footatoe avant tout, et l'^;^ ensuite.

— UtÛA maaàanr ta baron, reprit le vieillard d'un, mr attendri, pourvu, qu'on nous pennette de U rouvrir, cette chère église I

— Coanie si aolate colonel, tgû est le proche parent de nKWCHgDeurrévéque,n'étaitpass&i de lafùre rouvrir quoDil calai plabal E^écrialacquiuet en. haussant les épaides:

~-TranqiuUsetVQUS,pèreF«uHiieE,dittaeeatilIu>auiM. '

m OniTHBS DE CB. DB BBRNAim.

campagnard^ notre é^iae sera rouverte, c'est mcâ qui vons le promets, et ta le bui^et de la commune ne perv^t pas d'offiir on supplément de traitement pour obtenir Ma cuié à demeure, du moins nous aurons un prtlre qui viendra tous les dîmancbes, et nous ne sercms plus obligés par les plus mauvais temps d'hiver, de descendre à ChAteaugiroDr le-BouTg pour entendre la messe. *

— Il est sûr que quand il pleut, ou quand il %ii e, les cbe; mins ne sont pas commodes, dit un des paysans.

— Je crois bien, lui répondît le père Goquard ; on s* j casse le cou dans vos chemins quand il fût beau, qu'est-ce que ça doit être par Le mauvais temps t

— Cette pauvre chère église I dit un vieillard qui seinblait être le doyen de la réunion ; quel malheur que ces brigands du teiûps de la première révolution aient fonda notre doche pour en faire des gros sous I

— C'était madame la marquise Rengarde de ChtkteaagiroD qui en avait été la mamùne, ajouta le père Foumîer en hochant mélancoliquement la tête au souvenir de ces grandeurs éclipsées; quelle cloche, monsieur le baron ! Quoique vous soyez bien plus jeune que nous, vous deves vous la rappeler?

— Je me la rappelle, en effet, répondît II . de Vaudrey.

— Quand il faisait de la bise et qu'elle sonnait à toute volée, on l'entendait autant dire jusqu'à Rancenay, reprit le plus ftgé des vieillards.

— Celle du bourg n'était qu'une clochette à c6té, dit & son tour le père Fournier, ausû fallait voir comme les bourgeois enrageaient toutes les fois qu'on mettait la nAtre en branle I Ah! jamus nous n'en entendrons une pa- MiUel

— Pourquoi pasi interrompit le baron k qui les nidb regrets de ces anciens du village arrachèrent un sourire plein de bonhomie ; pour oélébrer la restauration de notre église mon inteatîon est de lui faire cadeau d'une cloche.

U GERTILHOniB (UMPAGIIAUI. 1««

Bien vrâ, monsieur le barOQ 1 s'éonèrent il la fols les

deu\ vieillards d'une voix émue.

— Tout ce qu'il ; a de plus vrai. Je vous promets de plus que cette cloche sera encore i^ua grosse que l'ancienne, et qu'elle aura aussi pour marraine une marquise de Cbftteaugiron. Serez-vous contëntsT

— Ce seraient de fiers £^ux s'ils ne l'étaient pas, s'écria le père Goquard avec un attendrissement subitj auquel le vin qu'il avfùt bu à plein verre depuis le commencement du banquet n'était pas complètement ékauger.

— Si nous serons contents, monsieur le baroni répondît le père Foumier, qui ne put en dire davantage, car son émotion lui coupa la parole.

— Ah I monsieur le baron, dit le vénérable doyen du village en portant à ses yeux le revers de sa main calleuse et ridée, je suis déjà si content pour ma part, que ça me donne envie de pleurer comme quand j'ai perdu ma pauvre fenune, etjen'auraisplusrienàdésirer BU monde, si tant seulemeiû vous nous fmsîez rendre notre cher bienheureux saint Contran.

— 'Vous voulez dire le reliquaire <pù est à l'église du boui^T

— Oui, monsieur le baron, dit un autre vieillard; c'est, sans f are tort aux autres, la relique la plus miraculeuse qu'il y avikit k vingt lieues à la ronde ; aussi ces gredins de bou> geois d'en bas ont-ils bien eu soin de nous la voler quand on a rouvert leur église.

— Je ne peux pas vou spromettre qu'on vous la restituera, répondit H. de Vaudrey; mais écoutez : notre évoque, qui arrivede Rome, en a rapporté plusieursreliques d'un grand prix, entre autres quelques os de sainte Philomène, et je ne doute pas qu'il ne consente à m'en donner un pour notre église. Il me semble que cela pourrùt remplacer le doigt du bienheureux saint Contran.

Les aneiensdu village se regardèrent un instant comme '

II». CBtnni» OK CE. DE BBUUEOw

font daft gêna it qui l'oo pn^Kise ua marché qui les iot&esse tousjmais bientôt unhochemeutdetëte géioéral annonça que ^oâïe du genblbomme caœijiagDard nfavait olatenu près de ce& âmes dÉvote&tpi'uifiùt médiocie succès.

— MtHwauKlahuQB, iMHi»¥CHunai«ÙQa&bien.ditIe père Founiier en prenantla paideamuMB desanbtcvialtr Isids ; Toyei-VQiis, la GOi^anoa^ (9 aa sa ctHniBitBde paa.' Nous atr vmbuttpW'dwft du m^ Aa oetta Philomtoc, c^est pnrii -Afatt iimi flTMKki nMiitft, iftitin g> nf* pfliit paS'^ijHix^Qf: de notre saint Goatoan^

— Nous aimnioos nûevE notra petit ddgt ds aant &oatranqaetoutto G(Hrps<l*cette I%âomèoa, Amt petsonae n'a jamais entendu parler dans le pays^ ajwita ua sute viaiix. paysan d^ukaïr MBUséMsàgamu.; es dûtâtee une nouvelle saint».

— En effet; T^tMitâlt H. A» VsuA^ en' FépmiaDt aa soorire, 3 ■a'ja pas fort ItHi^mi» ^elle est canonisée.

— Qu'estr^» que je dîsaisT Eh Iiîen T monsieur le baroD,' les nouveaux saints, c'est bon pour les nouveatn vill^es ; par exemple ceux de Rancenay^ qui n'existaient pas hier^ sont tous flers de leur dent de sainte Colette, dont nous ns voudrions pas pour rien ; car, je le demande, qu'^sln» qu se soude de sainte Colette r

— Allons, allons, père Richard, interrompit le baron en riant tout à fait, soyez plus respectueux envers sainte Philomëne et sainte Colette, dont les reliques, soyez-en sûr, en valentbien d'autres. Puisque TOUS n'avez foi qu'en votre saint Contran, MM. les bourgeois vous restitueront son doigt, je vous le promets, dussions-nous prendre leur église d'asstmt.

Cette as^iranceramena la joie sur le &ont des vieillards et par esprit de corps, ânon par une dévotion bien vive, les moins âgés des convives partagèrent l'allégresse qu'inspirait à leius aadeni la perspective de rentrer bieoldt m

IHHBesâitmde l'os 4BnftBca^4ii Itodi e in eiix toî à»

A{Hte que M. de Tmdrey etit v^qaéwaxfiAan conieiUenmunicipanx, toiqoun bous forme decxHUcSb, lei ■méBoratiwwttoiiB riw the s tpd tbi panoBsainrtleffphuap* gentesjMqarhrenft voMesd'imniceiil^maminité, lesoon- 'TiTeBqutttèniittei^talsble, maisla'rdtene fat -pas 'terminée pour cela; ondanSB gtimestsnriecotem comme on l'snài fait la yelSe dans le vf^on, et qnand la mât fM venue, un feu <d'«rtifice -tiré sur la -terrasse âobsTOD, comidéte d^nement oette jonmiÉe ile triomphe.

Panni les penonnes qui des jRrd^ii» du CfaMeHO asdst^ent à ce spectade pyrotectmiqoe, deux sonblaienl préfiirer la soIitQd»«tf otâcorité ma {flus Mouissantes arabesques des fusées et des chandelles ronmiies, c'étaient la doinirièie de Banvdot et le viconAe de Laijgérac.

Ik EicoHcouTioii .iwnrmimB.

Depuis plus de six mois, Adrien de Langerac, autrement dit Pichot, poursuivait avec une persévérance digne d'une meilleure canse un plan qui, en cas de Buccès, devait singulièrement améliorer sa condition aussi précaire qu'équivoque. H ne s'agissait de rien moins que d'épouser Bnlégitimeetindissoîublemariagelœdeui ou trois millioDi qui composaient la fortune personnelle de madame de Bon- TBlot. Pour un hommeliabitué à vivre d'industrie, la proie était appétissante ; ausû le pseudo-vicomte avait-il aceom{di des prodiges de ruse et d'adresse pour s'en assurer la po»- •es^n. et voilb qu'au moment où il se croyait eertun flt

o;,GoogIc

173 <BirntS8 DE CB. Dl MDUUU^

rénsBir, deux contrMemps imprévus menaçaient de lui arracher cette victoire à demi-gaguée : l'uu de ces contretemps était M. da Boisjol;, l'autre s'appelait le banm de Vaudrey,

— Me voit» entre deux écueilSj se dit-il lorsque l'ordre fut rétabli au cliftteaa ; à droite cet intrigant de Hiron, qui me connaît trc^ bien; fa gauche ce colosse campagnard, qui Ut ou tard me reconnattra, si même -ce n'est déjà ftut; car il me regardait tout à l'heure avec une attention étrange. Si je ne parviens pas à les éviter l'un et l'autre, je suis noyé inévitablement ; il faut agir sans délai, et avant tout me réconcilier avec Hiron, car vindicatif et plein de fiel, il est de beaucoup le plus à craindre des deux. J'ai fait ce matin un vrai pas de clerc, poursuivit l'ancien gratte-papier sans chercher une plaisanterie ; qu'avùs-je besoin de réveiller cette vieille affaire, et que m'importait qu'en passant par les mains de ce filou patelin le portefeuille du duc de Cbérizac se f&t all^ de quelques billets de banque T Pourvu qu'il soit encore temps de réparer ma sottise I

La conclusion de ce soUloque fut un petit billet par lequel Laogerac demandait à H . de Boisjoly un second entretien. A peine eut-il confié cette missive à l'un des domestiques du chftteauj qu'on Im remit une lettre du conseiller de préfecture.

— Un second pas de clerc que je viens de faire là 1 se dit-il après l'avoir lue ; le drâle a au moins aus^ peur de moiquej'ai peur de lui, et si je m'étais moins pressé, j'au-i rais conservé l'avantage de la position.

Un instant après, le vicomte de Langerac et H. de Boisjoly se trouvaient de nouveau en présence dans la chambre occupée par ce dernier à l'auberge du Chevai-Patriole,

— II faut avouer, mon cher, que pour des Gascons nous nous sommes montrés ce matin passablement sots et ridicules ? dit le conseiller de préfecture, qui prit un lUr riant H dégagé pour aller au-devant de son compatriote.

s CAVPAGttAt». ITI

— Cest ce que je me distùs tout k l'heure, répondit Langetac ea s'efforçant de se mettre au niveau de cet enjouement factice.

— Notre conduite a vraiment été celle de deux enfanta. ~- Tranchons le mot : de deux niais.

— Je suis charmé de voir que l'esprit et le bon sens vous sont revenus aussi vite qu'à moi.

— A peine sorti d'ici, je me suis repenti de ce qui venait de se passer'.

— Quelle folie de part et d'autre^ n'est-il pas vrait

— Quelle extravagance I

— De vieux amis comme nous, se brouiller pour nne misère 1

— C'était absurde de tous points; car, je vous le demande, mon cber Boisjoly, que mon ami Chflteaug;iron ou H. Graadperrin soit nommé membre de ce conseil-général, est-ce une raison pour que vous et moi nous nous arrachions les yeux comme deux coqs de combat ?

— C'est que vous avez reison dit le conseiller de préfecture avec un rire affecté ; j'ai vu le moment où, à la lettre, nous allions nous arracher tes jeux. Hais voilà comme nous sommes, nous autres méridionaux, dont les veines contiennent plus de salpêtre que de sang ; pour un mot entendu de travers, nous prenons la mouche, et une fois lancés, nous allons, nous allons, il n'y a plus moyen de nous retenir.

— Et si dans le feu de la dispute un gros pavé bien lourd se trouve sous notre main, nous commençons par nous le jeter à la tête, sauf à reconnaître plus tard que nous avons eu tort.

— Ab ça ! en fait de pavés plus ou moins lourds, il èsi bien entendu que nous retirons de part et d'autre les expressions un peu trop vertes qui ont pu nous échai^ier ce matin?

— Gomment donc I est<e que vous y aves attaché U

o;,GoogIc

~ fT4 otvvnB DE en. BsinotAm.

ndlnilre Importance îPoïtr Tnapart, je n^ pense d^àplns.

— Et vous aves raisOQ.'Dims la eol^ on tait des «mes de tout, du faux comme du vrai : une calomnie bien absoflle Mtne-t-éHe dans le niisseauT on la rmnsse sans scrupule pour en éclabousser son adversaire. Far exemple, "pour m^xécutcr coinplèteinent, -ce procès ^^Blydost-jB me sms servi contre vous en gnise d'assommoir, penscE^veus igiieje <Tole tm seul mot de ce que m'en ont id^Tos anciens camarades de l'étude de mattre Huguenin ?

— Ab !... que vous ont-ils dit^ ces ivnimenx person- Bi^es T demanda Langerac, en rougissant «migré tiiî.

— Twm savez biea... de l'argent reçu de Dufaffly... des pièces soustrdtes à l'étude . . . enfin l'histoire la plus abmpAe, et dont, je vous le répète, Je n'ai jamais cnite premiermot.

— GVst Dne justice que voos m'avet rendue, mais je 'dois dire qu'à nwn tonr je n'ai jamais iqoiité foi aux bnitts injurieux qni ont pu courir nir votre ciOVpte ; et ^ dans nn moment de vivacité je VOBs ai parié du potMfotriBe do duc de Qiérîzftc...

— Ah ! oui, à pr(q>os, interrompît M. de Boîsjoly, dent FétemH somûe avait ai ce moment ipietque <^ose de wm- VBhif, qtfWlH» que c'est ijue ce conte deport^eoillel Je ' n'ai pas tâen compris ee que twïs vouliez dire,

— 'HonDienl commerousencfsiveniezvowHiidmelout 'i Pfaeore, dans la colère bnites les aimes semblmt bonnes, et pour avoir le plaisir de blesser son ennemi, on se fait au liesoiD fédio des calomnies lespliS' extravagantes.

— Kais'eidn... de qaoi «st-il^estioD T

— VieA impassiUe que vous n'en ayez jamais entendu parler?

— Jamais, je TOUS lejure.

— Eh bien I 11 s'agit de cea dirndDefrasoffen Ullets de iKSiqaeqm dispararentunbeanmatjnduportefeoilie que le duc de Cbérizac, en rentrant chez lui, avait lliabftudede

"poser sur son buresn.

a alKTILHDiniE CUPiGHUtD. 11(

— Ahl... en effet, je crois me souvenir... Hais enqooi pnis-je titre mêlé à cette affaire T

— Cesl ce que j'ai demandé aux* personnes qnt m'en ont parlé, dit Langerac en Affectant un air bénin qui cou* trastait avec la physionomie contractée Un conseiller da

- Et ces personnes vous ont répondu?

— Un mensonge, bien certainement.

— TJn mensonge T

— Abominable. Ne prdtendalenWnes pas tenir ifoiM aource certaine que les billets de banque en question avaient passé du portereuQle du duc de Chérizac dans le vbtie,

— Quelle odieuse calomnie I s'écria M. deBoîsjolyd'un lîr d'indignation.

— Que Toulez-Tous, mon cher 1 cbacon a ses ennemis : les miens ont imaginé pour me mrïre cette belle histoire du

.procès Dufailly ; les vôb'es...

. — Je me rappelle maintenant le Tait qui 'a donnélîeu à cette inculpation infâme. Dix bîUets de banque furent soustraits en effet du portefeuille du duc; mais le voleur, qui n'était antre que le second videt de chambre, fiit mis i lâportfi le lendemain, le duc n'ayant pas voulu le livrer àl« Justice.

— Le A'alet de chambre fut renvoyé, 11 est vrai, mais lef personnes dont je parie prétendent qu'il était complet»* ment innocent de ce vol.

— Et c'est moi qu'on a osé accnser I

— Cest infftme assurément : il parait que par une cofncidence des phis Acbeuses, vous pô^lltes au jeu une dizaine de mille francs quelques jours seulement après le vol : or^ k cette époque vous n'aviez d'autres ressources que vos appointements de précepteur ; aussi plusieurs personnes m courant de vos petites affaires ne purent-elles s'empêcher de se demander où vous aviez pu prendre les dix mille francs que vous veniez de perdre.

o;,GoogIc

i1€ (BC¥BBS DE CH. DB BEnKABD.

— Et ces charitables personnes décidèrent dans leur bienveillance que j'avais dû les voler au père de mes élèves I dît M. de Boîsjoly avec l'accent d'amertume qui caractérise parfois le langage de l'innocence outragée; heureusement j'ai par devers moi de quoi mépriser ces indignes calomnies.

— Quand notre conscience ne nous reproche rien on sa sent bien tari, dit Langerac d'un ton sentencieux,

— Non-seulement ma conscience est pure, mais l'estime, et j'ose même lyouter l'amitié que n'a cessé de m'accorder le duc de Chérizac, me vengent suffisamment de la méchanceté de mes ennemis ; il est un fait pourtant qui devrait leur fermer la bouche, la place que j'occupe, c'est au duc que je la dois ; me l'aurait-il fait obtenir s'il avait eu le moindre doute sur ma probité et sur mon honneur T Comment ces lâches calomniateurs explîqueront-ils la conduite du duc à mon égard T

— Par l'épais bandeau que de tout temps voua avez eu Tart de lui mettre sur les yeux. Oh 1 ils ont réponse à tout.

— Voilà pourtant la vie, dit M. de Boîsjoly d'un wr de résignation philosophique ; ayez du succès ; et soudain vous entendrez siffler autour de vous les serpents de l'envie; heureusement leurs morsures ne sont pas fort dangereuses; nous en sommes la preuve vous et moi, mon cher Lan* gerac. En dépit de la méchanceté de nos ennemis, nons nous portons à merveille et nous sommes en passe de faire notre chemin. Aussi je vous déclare que pour mon compte je me mets fort au-dessus de ces misérables calomnies.

— Et moi ]e n'y attache pas la moindre importance.

— C'est par le mépris qu'on doit répondre à de semblables attaques.

— Chercher à se venger, ce serùt fmre frop d'honneur aux calomniateurs.

— L'estime de quelques amis probes et sincères, voilà le seul suffrage que doive ambitionner un galant homnw.

d.,Googlc

— Cest ce qae je me sois toujours dit, et vfoOi pour* qaoi il m'eût été très-pénible de perdre la vAtre.

— Perdre mon estime T y pensez-voos, mon cbet Laa> geracT J'ai pu, dans la chaleur d'une discussion qui d^énérait en dispute^ me faire l'écho des bruits injurieux qui ont couru survol compte, mais au fond je tous ai toujours tenu pour le plus honnête homme du monde.

— Vous venez d'exprimer ce que je pense de vous, quoique j'aie pu à mon tour dans un moment d'emportement...

— Ne parlons plus de cela, et que tout soit oublié de part et d'autre.

Le conseiller de préfecture fit un mouvement pour se rapprocher de son compatriote , et les deux honnêtes Gascons échangèrent la poignée de main la p\as cordiale, du moins en apparence.

— Maintenant que nous sommes réconciliés, je pars cmitent, dit alors H. de Bolsjoly ; vous ne sauriez croire combien j'aurais été désolé de quitter Chàleaugiron avant de vous avoir serré la main.

— Vous partezdoncT demanda le vicomte.

— A l'mstant même ; vous avez dû vtàr ma voiture darant la porte.

— Cest donc à vous cette chûse de poste armoriée T

— Armes de fantaisie, comme celles de notre royauté citoyenne, répondit en riant le conseiller de préfecture, car mon cher vicomte, je n'ai pas comme vous à ma disposition le vieil écusson des Langerac.Hais tenez voici les chevaux qui arrivent, ajouta-t-il en ouvrant la fenêtre.

Deux chevaux de poste, conduits par un postillon, ve-| naient en effet de s'arrêter près de la voiture.

— Vous retournez à HAcon 1 demanda Langerac.

— Non, je contimie ma tournée.

— Vous n'attendez donc pas le résultat de l'élection qui] ft fieu après dnnaùiT

— 'ImposBiMe. Des intéiUs phis giaTM afxppàkaA aSleurs. T«

— Tous paraissïez te noAin attacher beanconp ^mipor* iance à cette élection.

— Trop ^Importance ; car â S. da 'GUteanginm est ncnnnié, ce sera tonjDim un conservateur^ et dès lors je me trouve enrègle. Ainsi donc, mon dier, je quitte la p«- Ve, et je vons BOTfhdle tmit le snccte imaginable. l'es^èK qne v^t Ysire les choses en adversaire igénéretu T

— C'est faire les choses eqami; car nous sommes ■anfe, m'eA-ce pasT

— Comment doncl s'écria H. de Boi^jiiïy en soimt i'tm air d'effgsiOD la main que le vicomte mnait 4e hii tendre b son toor; amis à ta vie^kla morfî

Langerac oondirisitsoneoBipttrTote tili chaige de poste et ne le quitta qu'après l'avoir vu 'parUr. An mmMDt où les cbevanx se mettaient 'cn notivemeot, fes-deia ■Gsscons

-Adumgèrent one tioisi^e et dernière ^Kiignée de m^n

lion mohis «neère que les deux aatres.

— Ah t vicomte de contrebande, «e dit ilors M. <de Botajoly ens'enfonçantdanslB¥9(tnre,la es W» Ihjbh; ™ que ceitïàrKB considérations m'eBipechest en ce BKMent de te traiter selon tes mérites ; mais, patience 1 )e te tmà vsiï VA ou tard qu'on ne m'ofi^se pas imp uuft wi i i i t. fin atteitdant, réjoon-toi deee qœ je te tnisae le (âtarap Hbre pour cette élection. Panvreniais rpartiraii^eanssi'tnuHiti^ement « nn billet de madame 'Gnndperrn ne venait «te n^ipprendre que H. de Vaudrey est à nous ainsi que fwooat f^idevaux, et 'que par conséquent notre trion|^ est certain I

— En voilb toujonrsonqueje ne entra 'plBI,'penBidt Langerac au même instant; 4i l'autre maintenent. Com* ment me débarrasser de celai-^ avant qu'il m'eitTeconnu iéflnitivementt La seolec^fleequi m'étonne, c'est que ce sesoit pas déjà fait, car il a un diable de r^tû ftieet

lia

perQtat (gâ. aaabl* vou» fouiller jusqu'ait kad de VkaL Il estwùque [ooi-aiâinQ je ne l'ai pas reconnu 'ont dft suite, maia cela, c'est paa étouiuail ; lora^a'iUint ebu mattre HugiieDin il y a ùnq ou six ans, à prcqucsde son jwocès. avee le duc de Ghârîaae et qu'il A'aietea» ^ moirflaèioe, parlutL ï ma parsoDiia, il ae oortait point de barbe et ses. cbereuxB'étaieaipBG enaore gris, CaLa cbange un hmnmer taDdis que moi je doia Mm i peu près le même qa'à cette: époque . n est donc indubitable que tôt ou tard il me recon- Daltra, et alors adieu les millions de la veuve; carie moyen de la décider à devenir madame Picbot, elle que son nom de Bonvalot suffoque déjà, en dépit de la particule dont elle fa enjolivé. Vicomtesse de Langerac, à la bonne heure; mais madame Picbotl II n'y a donc paa une minute à perdre, il faut à tout prix prévenir la reconuaissance ; mais comment ? — Éloigner ce géant malencontreux? c'est impasaible;, il a pris racinfi dans.soa nuDoir, et autant vaudrait essayer d'arracher un chêne, k la force du poignet, oûDune fusait Roland le Furieux. — Af'éloigner moi-même t c'est le plus prudent ; mais dit le proverbe, qiù quitte la partie la perd. — Dédder cette sensible vieillarde à quelque équipée fol&tie et romanesque dans le gotit des pëlerir nages k Gretoa-Green, voilà qui serait un coup d» maUre; car une fois.(pi'elle aiûùt consenti à avaler une prise de fuita purgativt, ce serait bien le diable que je ne pariasse pas iL^ m&ei deux dragmet de matrimonium en pUulei, Oui, c'est là te seul parti digne d'un homme d'esprit comme moi, et aujourd'hui même je livrerai une attaque déoisive aa cœur de cette re^iectable millionnaire.

L'occâsi(m que cherchait Langerac se présenta dan& la soirée, lorsque le feu d'artifice tiré sur la tetxasce dn baioo de Vaudrey eut attiré les habitants du ch&tetni dans la par* lie des jardina d'où l'on pouvait le mieux voir ce spectacle inattendu. Le vicomte, qui s'était empressé d'oflrir son bMs k madame de Bonvak>t, parvint, saas que la douairière

o;,GoogIc

ItO ODTUS DB CH. Dl BSUUKD.

nt mine de B'en spercevoir, à la conduire, loin des rayons de la lune et des édsirs des fusées, sous une de ces som- \tres allées dont la mystérieuse solitude invite les poètes k la rêverie et les cœurs sensiblesà l'amour.

Un instant avant que le séductear intéressé et la tendre quinquagénaire eussent mis le pied sur ce soi dangereux, un autre couple bien dilTérent y avait pénétré d'un autre ■Até ; c'étaieut Lamoureux et Bancroche.

An moment où labdliqueuse sortie du marquis et de l'é< lite de ses domestiques svaii mis en déroute l'avanl^garde des émentiers, Bancroche et Lamoureux avaient pris la fuite ùnsi que leurs compagncois, mais eu lieu de se sauver comme eux par la grille d'honneur, ils s'étaient jetés à l'aventure sons une voftte conduisant ft une cour de service ; de là, par des passages connus de Lamoureux, qui avùt travée comme maçon au diftteau, ils s'étaient réfngiés dans les jardins et ensuite dans le parc, d'oi pouvoir s'échapper sans être vus, en franchissant la n raille, dès que la nuit serait venue. •

Pendant tout le reste de la journée, les deux bandits, qui s'étaient prudemment débarrassés, l'un du casque de Tomot, l'autre de son tambour, restèrent tapis dans le fourré, sem» blables à ces animaux carnassiers qui attendent le coucher du soleil pour se mettre en campagne. Endéintdelafaim, de la soif et de la mauvaise humeur qui accompagi^ toujours tes entreprises avortées, Lamoureux supportait sa po- «Uon avec une certaine philosophie; mais Bancroche, la

o;,GoogIc

LE GENTILDOHHE CAMPAGNARD. 1^1

visage meurtri etendolori par le coup de crosse que lui avait appliqué Ch&teaugiron, ne rêvait que vengeance et carnage.

— Non, lu as beau dire, répéta-t-il plusieurs fois à son compagnon dans les instants où la douleur se faisait sentir plus cuisante, je ne sortirai pas d'ici avant d'avoir mis le feu au chftteau dé ce brigand de niarquis.

— Mais s'il t'a flanqué un coup de crosse, répondait chaque fois Lamoureux, effrayé de ce projet, tu lui as toimëmQ fichu un coup de couteau ; il me semble que ça fait quitte.

— Pourquoi est-ce qu'il voulait me faire descendre l'e^ calier plus vite qu'au pas ordinaire î

— Et pourquoi, toi, ne voulais-tu pas descendre?

— C'était mon idée comme ça.

— Il étfflt chei lui, cet homme 1

— Nevas-tu pas faire le capon maintenant?

— Pas plus capou qu'un autre; mais nous ne sommes pas déjà dans de si beaux draps, pour parler encore de briller le château.

— Je te dis que je ne sortirai pas d'ici sans y avoir mil le feu; j'ai une dent cassée, deux qui ne valent guère mieux, et je serais un lâche si je ne me vengeais pas.

A défaiit de mets plus substantiels, Bancroche se nourrit de sa colère et Lamoureux de sa frayeur jusqu'à ce que la nuit fût venue; ils se rapprochèrent alors du château sans avoir pu parvenir k se mettre d'accord, car l'un ne songeait qu'à s'échapper, tandis que l'autre s'obstinait à rester pour mettre i exécution ses projets de vengeance. Déjà ils avaient traversé une pelouse assez découverte, lorsque les premières détonations du feu d'artifice leur causèrent une panique soudcùne qui leur fit chercher uu abri dans l'allée touffue où madame de Bonvatot et Langerac entrèrent un instant aprè&

ta (EUVn&S DS CB. DB behkard.

— tlalle I dit tout à coup Banowihe à voix basse, &uim ne sommes pas seuls ici.

Les deux bandits s'arrêtèrent et prôt^ent l'oreille.

— On marche, reprit Bancrocàe en étendant la main du cAté d'où venait le bnitt des pas.

Lamoureux écarquiUa ses yenx qui distlngnaient les objets {ffesque aussi bien la nuit que leionr, et finit pu entrevoir dans l'ombre le couple qui s'avançait lentement à leur rencontre.

— Les gendarmes! dit-il d'une voix troublée en saisissant son compagnon par le hns.

— Tu aperçois des ^darnies partout, répondit Bancroche, qm toutefois, en entendant prononcer ce nom redouté, evaitfaitunsoubFessaut.

— Je te dis que je vois du bianc, du bleu, dii rouge, du jaune, trente-six couleurs.

Les trente-six couleurs que le bandit effrayé prenait pour le respectable uniformede la gendarmerie, n'étaient en réalité que le chapeau, le châle et la robe qui composaient ie costume ultra-bariolé de madame de Bonvalot.

— Ce n'est qu'une femme, poltron, dit âasorache, lorsqu'un rayon de lune perçant à travers le feuillage lui eut permis d'entrevoir à son tour la douairière.

— Femme ou gendrame, cachons-nous, r^rit Lamoureux. Tu ne vois donc pas qu'il y a un homme avec elle ?

— Cest, mû foi vrai, et tu as raison ; cachons-nous. Us se jetèrent dans un taillis qui bordait l'allée.

Ud instant après Langerac et madame de Bonvalot s'assirent sur un banc qui ne se trouvait qu'il quelques pas de l'endroit où venaient de se tapir les deux bandits.

— Quelle folie ! dit l'aimable douairière en continuant la conversation commencée; partir quand nous nesommes arrivés que d'hier seulement! aller en Suisse ou en Italie ei vous permettre de m'y reicûndre I En venté 1 je ne coiit-

D...,n;™;yC00^|i:

IB GBNTILBOtoB CAMPAGNARD. lit

prends pas eominent de pareilles extravagances ont pu se nicher dans votre èerveau !

— Ge n'esl pas dans hloïi fcÉtveîm, madame, répondit Langerac avec feu, c'est dans mOh Cœïti- qu'est éctose cette idée qui ne me quitte ni jour iii Huit.

— Hais c'èsl donc une monomanie î

— Une monomanie, une démence, une extravagance, tout ce qu'il vous plaira ; mais avant tout c'est delà passion.

— fie la passion! répéta ihadame de Boilvalol, qui leva sentimentalement les yeux au ciel ; mais l'obscurité était si profonde que ce jeu de ptiysîonomie fut complètement peMn.

— Oui, hiadame, de la passibta ! de la passion erdente, profonde, folle même si vous voulez ; car est-il réellement amoureux celni que son amour ne rend pas un peu fou?

— Eh bien ! à la bonne heure, répondit ladoualrière en minaudant, soyez fou, je le veux bien ; je n'ai pas le droit de m'y opposer ni le pouvoir de vous en empêcher, mais du moins n'essayez plus de me faire pMager votre folie, l^aiété trop indulgente pour vous jusqu'à ce jour, J'^ accueilli par une tolérance trop grande vos étourderies, et c'est lace qui vous a encouragea m'adresset tout à l'heure cette étrange et inconvenante sollicitation.

— Étrange en quoi, madame t En quoi inconvenante T

— Ah 1 vicomte, vous n'y pensez pas.

— N'êtes-vous pas la maîtresse absolue de vos actîonsî

— Assurément.

— Quelqu'un a-t-il le droit d'exercer un contrôle sur votre conduite t

— Personne au monde.

— N'êtes-vûus pas libre d'aUet éa Suisse ou en Italie ai bon vous semble î

— Sans doute.

— Et ne vous ai-je pas entendue parler bien des fois da votre désir de visiter ces deux contrées, l'une si pittores-

Page 1