‹ Le gentilhomme compagnardChapitre 10 sur 16 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

IB GOCRTISK POUTIOUB.

. Une seine d'un autre genre se passait ii la même heate dans le cabinet de M. Graodperrîn.

Ce cabinet était une assez grande pièce, éclairée par deux fenêtres donnant sur les jardins, et dont les boiseries blanches et vernies se trouvaient cachées dans presque tout leur pourtour par des bibliothèques en bois d'acajou. Sur les rayons, à la jdace des livres qui manquaient totalement, on apercevait, rangés dans un ordre méthodique, d'as^z beaux échantillons de toutes sortes de minéraux. A part cettecollectiODj qui semblait à sa place naturelle dans le logig d'un maître de forges, la décoration se réduisait à une pendule d'assez mauvais goût, posée sur la cheminée entre A^û candélabres dn même style, et à deux vieux portraits endommage par le temps, qui faisaient pendants de chaque «6t4 de la porte prinaj^.

L'un de ces tablfiaux de famuie représentait un guerrier fortbarbn et couvert d'une cuirasse garnie de ses brassardej «ommeon en portût encore à la fin du dixième siècle; l'an- Ire offirait l'image d'un militaire moins complètement armé

ut «BMIILHQMMB €AlIPAfiK.UlD. 311

que son voisin et auitout moins bien partagé du c6té de la barbe, mois rachetant cette double infériorité par un brillant uniforme dans lequel on reconnaissait le costume des mousquetaires de Louis XIV, et par une de ces perruques démesurées qui, sous le règne du grand roi, ruisselaient, à l'instar de la crinière du lion, sur les épaules de tous les gens du bel air.

Ces deux portraits, avec une demi-douzaine d'autres du même genre, formaient le plus clair de la dot qu'en se mariant mademoiselle de La Gennetière avait apportée à son mari. H. Grandperrin, qui, malgré son origine plébéienne, on peut-être à cause d'elle, ne pouvait se défendre d'un faible extrême pour la noblesse, avait réparti ces respectables visages dans les principales pièces de son logis, de manière à en avoir toujours quelques-uns sous les yeux, soit qu'il bavaill&t à son bureau, soit qu'il s'assit sur le divan du salon, ou qu'il prit ses repas dans la salle k man* ger,en un mot à tous les instants de la journée.

Ce n'étaient pas encore là tout k fait, il est vrai, les ancêtres personnels que le maître de foiges, en dépit de scm amour pour l'aident, eût payés d'une partie de sa fortune, à pareiUe denrée se trouvait sur la place. En fait d'ancêtres, l'honorable industriel ne connaissait que son père, qui, pen< dant trente ans, avait régi comme commis la forge dont loi-méme avait fini par devenir le maître, et son grand-père sur lequel il gardait un silence prudent, et avec raison, disident les bonnes &mes de la société ch&teaugironaise, car ledit grand-père était véhémentement suspect d'avoir quitté Sunt-Flour, sa patrie, en portant sur son dos, comme éléments de sa fortune future, les ustensiles nécessaires à la ptofessioD un peu bruyante dont s'honore, de temps immémorial, une partie des habitants de cette agréable cité. Au delà de cet aïeul, dont L'illustration, ainsi qu'on le voit, ne bissait pas que d'être un peu éqoivoque, la nuit des temps commençait pour la race des Grimdperrins.

DiglicJbfGoOgle

tS3 <BOrUS M CH. Dl BIMIUaD.

Ne potmtst dire sérieusenMsrt : Mes mcétrM 1 le nutttn de forges épionvait du moins certsin plaisir ootatAtAeta à dire ; Les ancétrei de ma femme I et cette tocution revemit si souvent sur ses lèvres, cpi'OD pouvait supposer qu'il s'attribuût, par reflet, une partie de l'édat aristocratiqne êool avaient brillé ces aïeux vénérables. Peut-étreH. Graiidperrio se tlgurait-il qu'à l'exemple du privilège dont jouissait, selon Molière, la maison de La Pnidoterie, où le ventre anoblissait, son mariage avec la demièra descendante de la vieille f amiUe de La Gennetièrè avait corrigélevicede . roture dont il se trouvait précédemment affecté, et finirait par le métamorphoser en vàritaMe gentilhopime.

Au moment (Â oomiaence la scène que noue allons H" ctmter, deux hommes assis de chaque oAté d'un bunm placé perpendiculairement à l'entre-deux des fenêtres, di^ loguaient avec la cfadeor croissante qu'app(Nrtent k nn débat plein d'intérêt des interiocuteuis qui ne se trouvent pis d'accord.

L'on était H. Grandperrin lul-môme, personnage de dn- ^niKite ans environ, doné d'une prestance aeaet imposanta et d'nne figure qui eût mérité i'épithète de respe^ble bI une expression de morgue déplaciée n'efit gAlë le caractère patriarcal dont l'eussent embellie sans cela de belles boudes de cheveux griscorrectement disposées autour du front.

L'autre, phu jeune d'nne dizaine d'années, ét^H. de ïjcnsjoly, le mâme individu que nous avons vu examinant curieusement, mais sans se lusser voir, de l'une des cbambrei de l'auberge du Cheval-Patriote, les actoes tumultueuses dent la place du ch&teau avait été le théAlre pendant la matinée.

Le conseUler de la préfecture de Hftcon étut un homme grêle et chétif, aux chevenx noirs, an &onl fuyant, au teint bilieux, à la prunelle éveillée, et dont la physionomie tenait à la fois de la pie et dnreoard; il était scdennellemenl véta de noir, ainsi que le maître de iïvges, et en outre, glrtHre

LE fiENTlLHOVitlE CASPAéltlSO. Ut

qai fnaûqaftît encore à ce dernier, une des boutonnières à» Bdti habit aé troavdt otbée du ruban de la Légion d'hon> neur.

— Mon cher candidat, disait A. de BoJsjolV en dessinant iHacbiimteMcnt, à là pointe d'uA crayon, d'informes tfabes- ^es sur un papier qu'il venait dé poser sur le bureau aptes l'avait «msulté des yeht, je dois Voua lë tëpêtet, a&ti de dissiper une erreur qui pourrait nousdÈVeliifpi'éîridiciahle: vous TOUS Auseï cofîiplétetfteht silr Ift foite de tcrti'e psrO.

-^ Et moi, fnon Chef cMiMilter, réfiMidil té Aiatfre de foi^ avec l'Mcetll assoré &rfft heAirne qui conAatt sa vtt» leur et son impottaltce, j^vouâfépëteqûeje ne m'abfis^ en aucune manière et que je suis sûr de ce qtie j'av&nc0.- C'est vous qui vous serez trompé dans votre cÀlcol.

— Voilà deux fois que je le reconmence, et i'amve toujours BU même réauHati

— Revoyons-le ensemMe^ ce résultat, dit M. Gnndperri» en quittant son fauteuil^ afia de pouvoir suivie pardessus l'épaule de M. de Boifjoly les termes du problème électoral tracés par ce dernier sur le pépier qu'il venait de r^reod» jur le bureau.

— Le chiBre total des électeurs départementaux du canton de Ch&teaugiron, dit le conseiller de préfecture d'un ton posé, ne s'élève qu'au minimum exigé par la loi, et eccore, pour y atteindre, a-t-on été obligé d'ajouter aux trente-trois noms inscrits sur la liste du jury et sur celle des électeurs à deux cents francs, dix-sept autres noms pris parmi eêlA des plus imposés du canton. iVous disons donc cin- (fUaDte votant»; majorité absolue, vingt-six, £st-ce volr«i

— Jusqu'ici nous sommes d'accord^ répondit le maître dé forges : merjôtité absohie, vînf^t-slt Voix, et je sois s&r d&.Tfrrgl-hoit.

•^ Dans un instâtlt je vous démontrerai votre èïrem

•— Se 5UÎ8 sftr de mon fait, vous dis-jft

„ Ci ooi; le

S34 (ECTRES pV CH. DE BZnHASD.

— Noufi Terrons cela tout à l'heure ; en cç moment, pepmettez-moi d'achevermon calcul. Surnos cinquante vot^ts, deux sont malades; un est à Paris, un autre en Suisse; faisons la part des indifférents, des gens qui n'aiment pas à se déranger, et nous trouverons que notre chiffre définitif doit se réduire à quarante, peut-être trente-cinq; mais mettons quarante, ceci nousdonne pour majorité absolue vingt et un.

— Or, comme je vous le disais, je suis sûr de vingt-huit, &t U. Grandperrin avec une superbe obstination.

— Vingt-huit, soit ; je ne demande pas mieux, reprit le négociateur électoral en souriant assez ironiquement ; niais faites-moi le plaiâr de me dire où vous les prenez, vos. vingt-huit voix.

— Le calcul ea est facile.

— ie suis tout <H«illes.

— Onze voix que m'assure le concours du gouvernement, et dont vous m'avez répondu vom-aiéme.

— Et dont je vous réponds encore; pas un de mes hommes ne bronchera ; ils savent trop bien ce que leur coftterait une trahison ; d'ailleurs, pour plus de sûreté, leurs votes seront contrôlés.

— Comment 1 contrâléijf

— Nous avons de petits bulletins ; au moyen d'un signe de convention cela va tout seul ; je vous expliquerai ça.

— Onze voix que vous me garantissez T.. .

— Cest le plus beau fleuron de votre couronne.

— Et sept dont je suis sAr personnellement, car ce sont les voix de gens avec lesqu^ j'û des rapports d'intérêt journahersj et sur qui j'exerce mie infinence directe; onze et sept font bien dix-huit.

— A la bonne heure, j'accepte encore ces sept voix-Ut, quoique j'aie quelque lieu de craindre qu'à l'égard d'un de vos hommes du moins vous n'éprouviez un petit désappointement; mais je ne veux pas vous dùcaner sur co

LX OIHTILHOIUU CUIFAGNABD. >3S

- point. Cela bût donc dix-huit voix ; trouvez^n'en encore quatre ou cinq, et je réponds d'enlever l'élecUon.

— Comment quatre ou cinq I Et les sept voix dont dispose le curé Dommartin qui m'est tout dévoué, et les trois voix de Amoudru, père, fils et ùade, poor qui les cranptex^ous?

— Pour qui je les cMnptel

— Oui.

— Pas pour vous.

— Allons donc I

— Ou plutôt contre vous.

— C'est une plaïsant^ie.

— En pareille matière je ne plaisante jamMS, de même que je me trompe rarement. (Soyez-en mon expérience électorale, k l'heure qu'il est le curé Dommartin, c'estràdire les sept voix qu'il représente, et le triumvirat des Amoudru ont passé à l'ennemi.

— Ce sont d'honnêtes gens, mon cher conseiller, et vous lem? faites injure.

— Entre nous, dit H. de Boisjoly avec le sounre sardonique dont ses lèvres étroites et blafardes avùent l'habitude, ils peuvent voter pour le marquis de Chàteaugiron sans cesser pour cela d'être d'honnêtes gens.

— Assurément. Mais cependant lorsqu'il y a ea des promesses, des engagements...

— Vous croyez aux promesses T interrompit M. de Boisjoly en haussant légèrement les épaules; on voit bien, mon cher candidat, que vous f^tes votre premier pas dans la carrière. Il n'est, sachez-le bien, promesses ni engagements qui tiennent. Un fait domine toute la question : c'est la réception excessivement significative que viennent de faire à votre adversaire ce vertueux curé Dommartin et ces bons Amoudru que vous croyez si dévoués à vos intérêts.

— Vous vous inquiétez là d'un simple acte de politesse.

— Abl vous appelez cela un simi^e acte de poUtessel

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3ti (Buvnw M GH. DR KnTjyui.

— De àétlreaa, « roos totilez. Ainte toof H. de Oit* teaugiron ai^iartient à fune dea i»«mière« familles du paja^ famille alUée ancienaetnait Scelle de imfanme; il possède db grandes propriété»; depnîs qa«l«iae temps, H s'en montré fort généreux envers la commune, <i est donc asact naturel qu'on se mette en frms pour le recevoir. Moi-oiéoM, quoique nous ayons en ce moment quelque* difficuHés au

. sujet des bois dont il m'a vendu la coupe pour ma torfi, je ne dis pas que je n'irai point lui rendre visite. ;^ — Ha foi, moi, à votre place, dit H. de Boii^c^, toajours sardonique, j'aurais poussé la cowtoin* plus krin, et je serais allé l'attendre sur la place, il so» âdntté, amâ qo'ontfait vos srâ-disant partisans. De ta put d'au adversaire le procédé eût été neuf et généreax.

— Hon cher eonseiller, répwidit le naître de foiges mi peu piqué, comment UB faonme aasà froidement pceîlif que vous l'êtes peut-il prendre akrtHa mooriie à propos de deux clodiea stisra ea branle et du frac» d'une trentaoe débottés d'artifice î

*- Mon dker eandtdat, », comme von (Êtes, je prends la mouche, ce n'est pas sans raison. Là où vous ne tojVÊ qu'une vaine et magnifiante cévémoide, je vois, atoï, ood démonstration de Ea pins hante gravité. J'ai pku d'expérience que vous de ces sortes d'Egarés ; ùnsi vous pouvez m'en croii'e. Au point où nous smnmes rien n'est indiff^ rent, et c'est un coup fortsénem qae noBsaportéJb ce vieux sournois de Bobilier.

— Allons donel dit dédaignemement H. Gnmdpenlft, ne vdlà't-il pas maintenanl qoe votis preaei au sérieux te poruque du bonhomme Bobilier?

— Mépriser ses ennenris n'eaf pas le moyen de les nhcie. Le JDge de paix est un rusé compère, et ce n'est pas «d sutre que lui qui a débauché, S sobv détriment, le» Asmkidruj en promettant anmaîre le fermage de la terre un marquis. Hssresaeignementaèieet êgaeiteaU positif^

— Ëb Neft t i Supposer qn'îl y ait qiteliîte chosêiIeCTai à^H ce qne vom Âtes là, répondît É. Grandperrin après avoir réflécM na iosfant (et^ au fait je dms coDvenir qu'apris leur promesse, la conduite des Amoodni estunpeuétfravoqoe), ee ne serait jamais que trois vois défectionnaires, et c«*éB tocnr* sofRf aient. .. .

— Celles do cuf é me parsiffsent tottt aosSi bien perdntf* p«ir T003 (fae celtes dit maire.

— Ah I ceci est trop fort.

— Cest fort peut^tre, maisf c*ert éUlet, etVeBt encore ttwt njaBoUvree da bonhomme Bobilier, dont vôife seœblët faire si peti de ci», que Vod» serez fedev^Ie de cette noU-

■^ Qiie$ 1 TOUS tMle^ mé'persosidéi'qile Bôbilief a trottré mo^ &txeKxe nna inOnenc« dïreete sur le ooré Dommaftisxvec lei^[Bfllil Mteii di^oie lè^iéédtptiii plus d'un an f

— Une hiAieilce âifeete> non ; ititSi une influence indi-' râcte, ee «fcA revient «h même.

■^ Expliquez-vofls.

^^ Yoici la cbose: vous verres si, pour un patriarche âe soixBiFteetdomeans^-pcHi&Mpermqne, teeovpest st tùà jaaé. JMbUiet, qut fst le f«tottim dii marqnis de (Mtoatfgiron, et qnî sait aA» «auto» sur le bout du doigt, n'a pas manqué de faire Its eiifeal tfte nous faisons noiô-mémes 66 ee mometil, el i1 â twtivé que, iwni' assurer lit majorité t «on candidat, il était indispensable de tirer aux sept vo** drf cuPé' Qo'a^-MI fait? Tt é ^«rtt ad marq^s; le mA]!^nts, coû- TefftMemeni ttftë, tt éerit il son oncle l'évéqne d'Autan, doM il est lié' kvoti, él ttoo^igâeQp if Anf dlf, à soif tour, ir écritao cwé, qui, tiôrtme de juste, n'a rien à rtftiser à son évétfae. Voift quels rico^Mite a déértts te boiâet qui memce~ de casser bras et jambes à votre élection. Comprenez^^WDÏ iTKiiatemHit le aens poRlîqM des clocbes qui sonnaient il n> a qo'iAt iMttb k totris TOMe, efr doât le tatiagé- tOBK ■emblait si inoffaasifl

bfGo.ogle

138 (BDTHBS DE CH. DB BEBIfARO.

— Hais si VOUS êtes bien Tenseigné, c'est une infamie f s'écria le matlre de foires, qui pour la première fois parut , éprouver quelque inquiétude ; un prèlre entier dans de pareils tripotages 1

— Ck)mme si un prêtre n'avait pas ses petits intérêts tout comme un laïque ! Pour un candidat électoral^ vous êtes encore un peu naïf, mon cher Grandperrin 1

— Un prêtre reçu dans ma maison et nourri à ma table, pour ainsi dire quotidiennement, depuis plus d'un an.

— Tout cela ne fait rien, et le pis c'est que nous n'avons aucun moyen de parer le coup ou de punir le défectionnatre. Si Amoudru nous trahit, je le fais suspendre sur-lechamp, par un arrêté de mon préfet, en attendant qu'uce bonne ordonnance le révoque; rien ne nous empêche non plus de provoquer la destitution du bonhomme Bobilier, quoiqu'il soit assez d'usage de laisser les juges de paix mourir de vieillesse sur leur siège ; mais mordre à la soutane d'un prêtre 1 nous y laisserions nos dents. Un prêtre ! répéta H. de Boisjoly avec une expression sarcastique où perçait l'espèce d'envie rancunière qu'éprouvent certains bommes d'expérience et d'affaires à la seule idée que d'autres peuvent être aussi habiles qu'eux-mêmes ; un prêtre I mais c'est l'arche sainte; ^ nous avions le malheur d'y toucher, le clergé tout entier prendrait les armes pour sa défense, et le garde des sceaux nous donnerait tort comme de coutume.

— Mais êtes-vous bien sur de l'exactitude de vos informations} Comment , par exemple, ave^vous pu découvrir que l'évéque d'Autun a écrit à ce jésuite de Dommartint

— Dans notre position ne devons-nous pas tout savoir? répondit le conseiller de {fféfecture, sans s'expliquer datantf^e.

— Je vois qu'en effet la conjoncture est plus grave que je ne croyais, dit le maître de forges en hocbant la tête d'un ■irsONÔfiV.

LE OSNTILBOIfHB CAUPAGHAKD. 33»

— Si grave qu'à moins d'un miracle nous échouerons, et ce sera votre faate.

— Hafautet

— Oui, \otre faute. Hais TOilà comme vous-éteSjVons autres candidats conservateurs : une fois assurés de l'appui du gouvernement, vous vous endormez dans la plus ma- {^iâque confiance, sans attendre que votre lit soit fait, quoiqu'il soit bieu certain cependant qu'il ne se fera pas tout seul et sans que vous y mettiez la main.

— Hais il me semble que je ne me suis pas endormi du tout, répondit M. Grandperrio un peu blessé de cette peljte leçon; tout le monde id pourra vous dire que je n'ai pas épargné mes démarches.

— Vos démarches? partez-m'en, reprit le négociateur avec l'accent bourru que se permettent volontiers les gens qui se sentent nécessabes; quelques visites à vos électeurs, des poignées demain, des promesses : menue monnaieqœ tout cela! ça pouvait suffire il y a quelques années pour défrayer une élection, mais le siècle a marché : aujourd'hui on n'a rien pour rien, et c'est dans un creuset d'or qu'il faut fondre la cloche.

—•Mais c'est de la corruption cela !

— Pas le moins du monde, répondit froidement H. de fiwsjoly, c'est le progrès naturel de nos mœurs constitutionnelles, le développement inévitable de nos institutions. Voyez l'Angleterre, notre aînée en fait de gouvernement représentatif: aux âectionsjles candidats wihgsoutoriesiettentlesbank-notes parles fenêtres; c'est parfaitement reçu.

— Nous ne sommes pas en Angleterre.

— Sans doute ; nuùs sous ce rapport nous nous en rapprochons tous les jours; et sans aller chercher des exemples au loin, voyez ce que vient de fahe ici même un de Tos adversaires, le plus à craindre des deux, le mai-quis de Chftteaugiron. Il a compris le àècle, lui, ou plutôt ce vieuï renard de Bobilier, qui n'a d'arriéré que les principes,mais

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1>» «CriB» DC CB. MC BKKHJtm.

non rintelligence» le lui a fait coativra^. Qu'a donc fait votre cODcurreDt? Il a pris votre population ebAteaugROnaiee par sou faible; ila donné des casques âuxpoinpiera,)rfffl)iis destableaiv à l'église^ foodé uae pbwnacie pour le» pauvres, accwdé à la commune un droit de passif auquel acm père n'avait jamais voalu ctmsentir. Voilà conuiwiH se coaduitun candidat lit^ile^Qu'avez-TMis fait de tout celaT

— Je ne suis pas aussi ri^e que H. de CSiàteaug^n, répondit l'industriel ntéressé^ qui parât éprouver fcwt peu de s^npathie pour les théories dispeadieuees professées par U manipulateur d'élections.

>- Plus ou moins riche, peu importe } d'aillews s) VOM n'aviez pas une très-jolie fortune, vous se senei pas aotxe caadidat au cosseil générid ; car le gouv^vement, et il a parfaitement raison, ne veut ^puyer que des hommes qpi aient un intérât sérieux à le soutenir. Et puis au bout du contpte , il se s'agit id que de semer pou> reeueilUr. Voyons : sèmerona-nous, oui ou non I

— Qu'entendez-vous parlai demanda H. GiwidpMrra d'an air embarrassé.

— Voici, reprit le conseiller de préfectwe en ttrraA bq papier de sa poche, une petite note que j'ai rédigée tout à î'teure k l'auberge, lorsque j'ai été convuncu, par ce que je veofôs de voir, qu'il étdi nigem de recourir axa grands mojens.

H. de Boisioly déploya le papier et en commença la lecture, sans paraître remarquer l'espèce d'inquiétude soudainement répandoe sur la physionomie de son interlocutenr.!

— IVote. a Reprendre en sous-œuvre (lacune des itérantes de X...B

— X! répétai» maître de forges ét(H)Hé de cette fwm^ d'algèbre.

— Dans le style des notes diplomatiques, dit le ctHisàlkr ea souriant, X signifie le marquis de CQ&teai^r<M)t

— Ah I fwt biea.

LE atmitumat tuvPAfflmD. su

— c Reprendre m sOtu^Hrvre cbaeiiiM des libéralités de 31, ^ mni^ & m saper l'effet par la base, d Ceci, comme vous voyez, n'est qu'une indication générale : sait ledâail.

— Voyons ce détail, dit H. Grandperrfe »«» une I^è« 8Dxiété.

— aioPourcontre-balancer les casques des pompiers...» Je commence paries casques, At M. Ae BCrtsJtff , parce que je n'ai pa m'empécher 4e reoiwqMr le: snceés prodigieux qu'Us oet âbtena auprès de vm wm^itofetis. Le peuple est pwtout le même : c'est par les yenx qn'on le prend, et I0 dicton ronaki : Pammet eireensef, sers toi^onrs de saiiDn.

— Vous pourriez aiouter que M. le marqrris de ChfiteangimnesC OR télé partisan de cette teaxiate, ivpffl^it le maître de forges m ricanant; rajeivd'liui, par exemple, H n'ia pal phl9 oàblié le panem que les eireefuel ; on tient de me dire que toute te eomp^îrie de poiapters AW/t s'attabler aa ciiftteaa.

— Ce qnt pronve que Bofcitier' pense à t»at, ef que noiu nrons «n M an adveraeiR vraimâM redoutable. Herenons n rtdtrd WM. a t* Pour ecmtre-bBlMtcer le easqne «es pompicn^Tpewrtdt,..»

"-^ Y, c'est moi san» d«atcrr

— I^cisément. — «Y pourrai! oflHr à la commune, qtâse possède- qu'une penape, ans seconde pompe avec tow ses aeeesscnres... *

— Hais il y a une pMSpe à kr fbt^e. Interrompît vivement H. GraodpemB, et il va sans dire qu'en cm de sinistre elle est tonjour» à la dispo^iofi des pontpiers.

~ Votre penpe de la fo^ n'empêchera pas 1s ecitamme d'aceepter avec tme vive TeeonnaJssanee eefie que vous hii (rfWriez. Crojei^-iBoi, je eonmiiB les gens des camp^nes : la chose dont ils sont le plus fins, après la doche de leur église, c'est leur pompe.

— Hais puisqu'à Cli&t«augiron ils en ont déjft one,»'

^2. OEtIVBES OB CH. DE BEKHASD.

— Us en auront deus, et vous en sauront un gré ôilîid, qu'il nous sera facile d'exploiter daus l'intérêt de votre candidature. '

— Va pour une pompe, dit H. Grandpenin en poussant nn soupir de résignation.

— Avec tous ses accessoires^ paniers, tuyaux, échelles, etc.!

— Avec tous ses accessoires...

— Vous verrez le parti que nous en tirerons de cette pompe, a Avecses casques qui peuvent être fort beaus it la parade, ferons^ous dire par nos affîdés, le marquis de Cbftteaugiron n'a cbeicfaé qu'à nous éblouir, tandis qu'en donnant tuie pompe, H. Grandperrin a rendu à la commune un service signalé. La différence ctes deux présents suffit pour caractériser les deux candidats. Conunent pourrionsnous hésiter entre celui qui veut nous ^'<!ter de la poudre aux yeux, et c^ui qui, loin de faire du chai'!.«itanisnie pour nous séduire, ne s'occupe que de nousétre utilef M. Grandperrin est rbomme qu'il nous faut, d Vous voyez que le thème est tout écrit. Voilà donc le premier point réglé; passons au second. «Pour neutraliser l'effet filcbeux que produiront sausdoute les tableaux promis par X... àl'église, V pourrait prendre les devants et donner soit un calice, soit un ostensoir, soit l'un et l'autre, s

— Dont ce traître de Donunartin se senirait pour dire sa messe 1 s'écria le maître de forges avec emportement; j'ainterais mieux renoncer à ma candidature.

— Puisque vous prenez la chose à vivement, je n'in^ste pus. En vous proposant de faire un [ffésent à l'église, j'avais moins en vue d'essayer de ramener à nous le curé, ce qui serait sans doute inutile, que de chercher à complaire aux dévots dont les voix sont à sa disposition; mais nous réusdrons peut-être à les avoir par un autre moyen; ainsi ja n'insiste pas. oS".,.»

— Encore 1

LB OERTILBOimS CAllPAGIliU). lit

— Qije voulez-vous 7 chaque botte exige se parade. « 3" Pour détacher N du pûti de X (N, c'est le main Amoudm), Y pourrait lui offrir quelque avantage positif» car N vise au solide ; par exemple, le charger d'une partie de son exploîtatiOD industrielle, aa besoin lui garantir ud léger intérêt...»!

— Un intérêt dans ma forge à ce sournois d'Amoudru ! InterrompitviolemmentH. Grandperrin;pourle coup vous vous moquez de moi ! S'il faut me ruiner pour devenir membre du conseil général de SaAne-et-Loire, je renonce ï me mettre sur les rangs ; oui, j'y renonce, continua l'honorable industriel en s' échauffant de plus en plus; toutes ces manigances me fatiguent à la fin. Jusqu'à ce jour je me suis passé des grandeurs, je saurai m'en passer encore. Oui, c'est décidé, ma femme en dira ce qu'elle voudra, je ne me mets plus sur les rang ; ainsi c'est une affaire finie, n'en parïons plus.

Au moment où le maître de foires, rebuté de la politique, donnait ainsi sa démission de candidat électoral, une des portes du cabinet s'ouvrit sans qu'au préalable on eût firappé.

Sur le seuil, madame Granupemn parut, calme, gradeuse et souriante, en dépit des larmes qu'elle venait de

KVIl

uns FEUm FÛBTB.

A la vue delà maîtresse de la maison qui s'étût arrêtée à la porte du cabinet, en examinant d'un regard un peu surpris, mais éminemment pénétrant, la physionomie animée des deux interiocuteurs, H. de Boisjoly se leva d'uu air de politesse empressée, et de son cdté le maître de forges s'et-

DiglicJbfGoOgle

força de («prendre l'empire stu* luî-niânie qu'il avùt p9^n pendMit un instant.

'— Eti l»en t mesneuFS, qu'y a-t-il doitcT demand» m»dfRne Gsandperrin, après noir répondu pn ime graoîeuse iDc^tmtk»! de tète aux aaluts réitérés dn conMiUer de préfecture; du salon et de la salie à manger on vous entend diBCtiter, on plutM disputer^ et pour det bonanm pdHîqnes «e genre de ctmrersation me par A on peu iDdisôrot.

— Grondez-now, madame, répiRidit H. de Boiif*^ SfM one galanterie quelque peu gâunaée ; potff raa part, Je em soumets complètement ain r^riniandês qui pourront sorti* ^'nne si jolie boncbe.

— Noos parlons de notretrfTiUreyditàsontourH. Grand* penin d'un ton de déférraiee, qw strffisait pour indiquer qne le ricbe indnstHcA reconftaÏBBni l'inctniteMaiMe sapa* liorité de sa f^nme.

— Ce n'est pas une raison pour parler de mwière que les dones^neB puiiieirt vous oitendR, répoodit G^iae en l'adressant k son taari ; je reccoinais Û votre irréflexk» habituelle^maisen revanche jen'yrstrouTfl paslaprudeoco bien connue de M. de Boisjoly.

■^ Madame, repritlecoineitleraTeo une inflexion de voix mietieufle, si nob« discussion s'est on peu écbiH^ée^ la faute, H. Grandperrin me permettra de le dire, en est à hn un peu plus qu'à moi. Au moment même où vous êtes entrée, j'allais prendre la liberté de le rappeler à Fordre, dcmt il me semblait s'écarter quelque peu.

— Faîtes, repartit madame Grandperrin en souriantOnement, que ma présence ne vous empêche pas de grooder mon mari, s'il le mente; au besoin je vous ^deral.

^ Ne ^ait-oii paeqn'eUeenal'fa^ilddeTdit lem^re An fo^es avec U botibcfflne béate qui catMt^vise lés épouX flràqugnée par leurs feattmes.

— Cofitmnons h discussioft, feprit madame Gfaûdp«»fc' lin, qni prit on fatHéuH et (Pi» g«M idfita M. 4* R^é^

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LS SERTILnOMUR CJMPJtCFflAM'. fil

k M rasseoir; }'espère qu'en ma («■ésence moMienr le «andidat von^ bien modérer ses éclaits de roli.

^~ Je parlais dmc bien fort? dit M . Grandperia d'un tM soumis.

— Si fort qœ je votis ai etiUmâii àe VasAidb.mibte. En vérité, al vous étiez déjà dépoté^ tons n'abuseriez pas da- «artage de votre organe.

— C'est qu'en effet, dit le conseiller de préfecture en riant Avec affectation, M. Graodperrin m'écrtnait, moi ctétif, & raide de ses ponmons de iMssMftfBe, tout comme s'il eM 4^k tonné crïatnt Itïppd^iOA, 6 la tribnne de la Cbambie.

Clarisse s<H)rk psr complatSBnce, et le maître de forges rimita en nrari bien dt«s9é.

— MesMftirs, reprit madame Graidpewîn, si vous ne trouvez pas qo'H ■y ait trop de pféstHnptian de la patt d'une pauvre femme, passaMement ignorante, ft se mjjer k un entretien sérietet, nous reprendrims celui-ci au point ait 3 en était resté.

— Comment donc 1 madame, s'écria galamment M. âe Boisjoly, vons sem notre Ëgérie;it coup sCir nous ne sau> rions en sonhaiterunephis intelligente et i^usâimaUe.

Le conseiller de préfectttte savait trfe**ien, en effet,que, dans la maison du maître de foires, madame Grandperrin jouait un r Aie tout au moins auai capital et inspirateur que femi^ol attribné psrle prince, sttge panai tons les autres, à la nymphe éclose, pot» le» bettolQ» ûé sa ptfrtiqae, danf ion Imt^natlonroirtÂe.

— 7a penr Égérie, AU la Jeme femme ^m air ^enjot»ment, quoique, h vrai ifire, entre vous dent, je n'aie ptf encore aperça TTuma.

Les rires recommencèrent ; puis M. deBoiqolJ, lÈoPdanI le côté sérieux de la question, recmnmenca ses calculs et commença d'expliquer li la femme du candidat àéxffon^é le déficit Rectoral produit par la trabison simtdt^e du curé Oonmiar^ et do maire Amoudru.

DiglIMbyGOOglC

))« (BBVBBS DE CB. BS BBnNJJtD.

— Voua ne me dites rico que je ne sache déjà, dit ms' dame Grandpemn en interrompant le conseiller dès les premiers mots; le maire et le curé, c'est-à-dire dix votes au total, sont perdus pour nous sans ressource.

— H. de Boisjoiy prétend que c'est par ma faute ; est-ce exact T s'écna le maître de forges du too d'un homme qui saisit avec empressement l'occasion de protester contre une accusation injuste.

— Par votre faute, par la mienne, ou par celle de tout autre, peu importe, répondit Clarisse froidement : le mal est accompli et irréparable ; les dix ¥Oix sont bien perdues, et il ne s'agit plus de les poursuivre, mais de les remplacer.

— Oui, comment les remplacer î dit H. de Boisjoiy d'un air perplexe ;voilà justement, madame,la question que j'allais adresser à H. Graodperrin, lorsque vous êtes entrée.

— En effet, comment les remplacer ces six malheureuses TOix? demanda Ji son tour le maître de forges, en interrogent successivement du regard les yeux de sa femme et ceux du conseiller de préfecture.

— Il me semble, si toutefois il m'est permis de donner ici mon opinion, reprit madame Grandperrin avec une modestie plus ou moins sincère, qu'en pareil cas la conduite à tenir est bien simple.

— Éclairez-nous de vos lumières, madame, dit M. de Boisjoiy toujours galant ; nous ne demandons qu'à nous laisser diriger par notre charmante Égérie.

— Mes lumières sont bien faibles sans doute, mais enfin, ^£s femmes passent pour avoir un certain petit bon sens qui leur indique parfois le chemin là où vous autres hommes, malgré votre majestueuse supériorité, vous ne voyez qu'àcueilf, et fondrières.

— Montrez-nous le chemin, madame; nous sommes fj^ à vous suivre, fùtrce au bout du monde.

— Je ne vous mènerai pas » loin, dit la jeune femme que semblûeut légèrement impatienter les persévérantes

U QENTILHCHUn CAMPAGHAKD. StT

fadeursducorseillâr de préfectare; saoB sortir de Châteaiigiron, il n'est p&s impossible, je crois, d'arriver à notre nut.

— Âh I voyODs, fit le mal^ de forges qui parsissatt avcàr complétenteat ouUié qu'il venait de renoncer à sa candidature.

— Notre adversaire nous a pris dix votes, reprit madame Crandperrin d'une voix nette ; si à notre tour nous lui en enlevions une douzaine, le mal ne scrait-il pas plus que réparé T

— Sans doute, reprit vivement le candidat : douze voix, et dix-huit dont je suis sûr, feraient trente voix et dans tous les cas il ne m'en faudrait pas tant; mais il me parait impossible...

— Rien n'est impossible, interrompit Clarisse d'un ton bref.

— Je comprends parfaitement ce qu'entend madame : c'est en petit le plan de campagne de Scipkin contre Ânnibal, dit H. deBoisjoly, qui se piquait d'érudition historique: le Carthaginois nous a pris une partie de l'Italie, prenonalui l'Afrique. Ce serùt fort habile, j'en conviens, excessivônent habile ; m^, au risque de me trouver en contradiction avec notre aimable Égérie, je dois dire qu'ici l'Afrique me parait un peu difficile à conquérir. '

— Je croyais que les difficultés piquaient au jeu un esprit de votre trempe, loin de le décourager, répondit madame Grandperrin avec un imperceptible persiflée.

— ïe ne suis nullement découragé, madame, surtout depuis que vous vous êtes mise à notre tète, et si vous voulez bien m'expliquer votre plan, vous verrez

— Mon plan est fort simple, interrompit la jeune femme : H. Gnindperrin a deux concurrents, M. de Ch&tcaugiron et H. Boisselat. Une partie des voix sur lesquelles compte le premier est à la disposition du baron de Vaudrey,. son oncle; la totalité de celles qui semblent assurées au second est sous l'influence directe de l'avocat Froidevaux. Si dooo

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BOUS avions pour nous ces éeva. moteurs, M. de Vaudrey «t M. Froid«vauxj le saccës serait infaillible et î'électicai en» hvie BU ^«mier tour de sonitin.

— Ce que tous dites là, madame, est d'une justesse inctmtestable ; et d^à moi-même, en fusant mes calculs, j'ai tronvé comme vous que HM. de Vaudrey et Proidevaux tiennent la clef de la position qu'il s'agit d'euleva.

«- Hais cette clef, dit H. Grandperrin, ils ne la l&cheront pas.

— Depuis ce m«tln, reprit M. de ^isjoly, je me creiKe la t^te pour trouver quelque moyes de nous assurer l'appui de l'un ou de l'autre.

— Qu'avez-voue trouvé ? demanda Clarisse.

~- Rien, madame, rien, j'en conviens à ma honte.

— Uq homme de votre esprit et de votre expérience I •— C'est le premier pas qui m'embanasse. Quoique U. de

Vaudrey, dans notre monde du moins, passe pour un sanglier au boutoir duquel il n'est pas prudent de s'exposer, et que, d'un autre cOté, H. Froldevaux ait une ré^tatiou de désiui^efisement fort édifiante dans un pauvre diable d'avoe«t de village, cependant, s'il m'était possible de oie mettre en rapport avec l'un et l'aulre, sans que cela parût trop naladroitement prémédité, car la maladresse est mortelle St ces aortes de démuches, je ne désoepéreraispas...

— Une entrevue, ocnivenablement préparée, avec M. de Ymidrey et wec M. Froidevaux, voiUi cm que vous dâ^rez T iaterrompit madame &fladpernn avec une vivacM ud peu brusque.

'-' Sansdontd, madame, car, û embrouilla que soit un 4chaveau, dès qu'on en tient le fil on doit, pour pen qu'on wt d'adresse, parvenir à le dévider, et pour ma part, j'ai démêlé des fuseaux d'élection qui, au premier coup d'œtl> paraissfûcnt inextricables. Hais cette entrevue...

— Vous l'aures, dit Uooniquement la jeune femme.

vt orariLHoiuiB cabpignasd. aa«

— • Kn vérit«, madame I rei»it M. de B(H£joly un peu ■ur-

prô; et coemeat ceh T -^ De la tneaière I4 phu Hisple, U pliu natutelk et pu

owftéquent U pb» qonvsnsble.

— C'est qu'il faudrait que C0 îti bieatât, o«f je auîs obligé dfl repartir deimln pour continuer au tournée.

•^ Ce sera asm tût iwisque ce lera aujourd'hui.

— Aujourd'hui î •, ■^ Tout & l'heure, -~. Tout à l'heure 1

T- Suit doute dit nudame Graudpctrin en souriant, M- de Vaudrey et U. Froideraiu ne dlnerouUib pai avec nous dans quelques instants 1

U. de Boisjoly se leva par un mouvement bvolontaire.

— Quoi, madame, s'écria-t-il vivement, H. de Vaudrey «t U . Froidevaux dînent ici !

— Tu as donc invité ces raessieura sans m'en |»évealr T demanda te maître de fo^es, non moins surfwls que le otmseiUer.

— Oui, j'ai pris cette petite liberté, répondit Clarisse avec UO Bourire assez dédaigneus ; trouvez-vous que j'aie eu tortî

-^ Madame, ditM. de Boisjoly qui s'inclina d'un air d'aé- Qiiration, on ne peut pas dire une grande femme comme on dit un grand homme; mais on dit une femme supérieure,' et personne, à^coup sur, ne mérite ce titre mieux que vous, Cooimenl, deux de nos adversaires, les plus impwiants'^ tous, vont s'asseoir à votre table, rompre votre pain et goûter à votre sel, oe qui cbei plusieurs peuples (^e encwe aujourd'hui un lien sara^é entres les hôtes 1 C'est merv^Lirâx, en vérité.

— Et remarquez, ajouta M. Graodperrin en encb^ssant sur cette admiration, que vu les circonstances 06 nous sommes, et la composition de DOS autresconvives, notre dtner a un KHu tout politique; en sorts que en deux messieuw, par

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