SCÈNE IX
Les Mêmes, i.o.s DON VELASOIEZ a DONA l' LOlî.
LALAUASAS, tPo'.rlaii' a la i)f.rl'.
Il s'éloignent sans déîlance, et cependant le vieillard se
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dresse sur ses étriers et rc;^ai'de autour de lui... Dans ciiKi minutes, ils seront à la (onibe de la Holiéniienne... C'est là. .
GINnSTA , à put.
Misérable!
{ Kilo moule s: r l"aiii)ui de la l'oiiOUc.) CAL AU A SAS.
Celui qui ntarche le j.remier s'arrèle... 11 n'a rien \u... Il se remet en ehemin... A peine doit-il être maintenant àvinjj;! pas de l'endroit où ils sont embustiuc's... Il fait avec ton chapeau signe à son maître de retourner en arrière.
(On cutcud des coups do feu.] CALABASAS.
Entants! aux escopettes! ces gens-là vont se détendre . et vos amis peuvent avoir besoin de secours. (Les Domestuiues rcureui
Iciiii tabliers, rvennent des carabines ot courent sur les traces de Nuno/,^ qui pa^se au fond en criant : « Au secours! à rassassin ! » )
GIN ESTA, avec crainte.
Le vieillard renversé de son che\al... la jeune fille auv mains de Com^cho!... Il n'y a que lui qui puisse les sauver!
^rlle lie coud prccipitammeiit, m ciiaul : ) Femand! Femaud ! (s'ciaiçanl pir h porte de dio te.) Femaud!...
SCÈiNE X
TOiUilBIO, COMACHO, VICENTE, BANDITS tena..t DON VELASQUEZ, BANDITS tenant DONA FLOR;
d'autres p'.rlaiu des bag.<ges qu ils se disputent. TORRIBIO.
Voyons, assez de résistance comme cela, mon noble seigneur : deux hommes tués, quatre blessés, l'honneur est sauf.
D0> VELASQUEZ
Misérables !
( Dcùa F.oi , pâle, Ips dénis sern-es, r. sie dr^id^ mueUe el immobile comme une statue. — Dca Vilasquez fait un elïorl l'our se dobarrassir des hommes qui le rtlieuuent)
32 LE GENTILHOMiME DE LA MONTAGNE
UN DAISDIT.
Mais vous êtes donc enragé ?
DON VELASQUEZ
Tuez-moi, vous le pouvez, vous êtes les plus torts et vous nous avez altaqués traîtreusement... Mais, je vous en préviens, en avant d'AIhama, j'ai rencontré une troupe dont je connais le chef; ce chef sait que je vais à Grenade par ordre du roi don Carlos, et, lorsqu'il apprendra que je ne suis pas arrivé, il se doutera que j'ai été assassiné, et alors ce ne sera pas à un honune seul et à une enfant que vous aurez affaire, c'est à toute une compagnie, et nous verrons, brigands, et nous verrons, bandits, si vous êtes aussi braves devant les soldats du roi et deux contre deux, que vous l'êtes ici vingt contre un!...
VICENTE
Mais qui diable te dit que nous voulons l'assassiner? Si tu crois cela, lu te trompes fort! Nous n'assassinons que les pauvres diables qui n'ont pas le sou pour se racheter; mais les nobles seigneurs qui, comme toi, excellence', peuvent payer rançon, nous avons grand soin d'eux, au contraire!
DOJNA FLOIU
S'il ne s'agit que de payer une rançon, c'est chose facile; fixez-la, semblable à celle d'un prince, et elle ne vous fera pas faute.
TORRIDIO.
Par saint Jacques, nous y comptons bien, ma belle scuora; c'est pourquoi nous voudrions que le noble seigneur, votre
père, se CalmÛt un peu. (Anacham une l.nurse dos mains i\c Co:nKlio, <(
la m.tiant dans sa poche.) Les affaires sont des affaires, que diable! on les termine en discutant, 01 les embrouille en se battant.
Don Volasqiipz fait un mouvement fn aperce» anl un R.m'lit qui vole ranmôiiiére Hf
sr. fiH». — A dona Fior.) Et tcncz, voilà cucore votre pi'^re qui les fmbrouille.
(Dftn \chi(\\\C7. fait m» violent eiïorl pour érailer IcsB;indiu.)
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VlCt.ML, modml le rouleau joiis h ^orgo ilc don Wliisiiupz.
Encore une nouvelle tenfalive. et ce n'est plus avec nous, (■>st avec Dieu quil faudra discuter votre rançon, mon gentilliomme.
DON A ILOR, ortinvre.
Mon père !
ïOr.RIRlO, allant à ilona Flor.
Oui, écoutez la belle scnora: elle parle dor, et sa bouche est coni:ne celle de cette princesse arabe, qui ne s'ouvrait que pour laisser tomber une perle ou un diamant à chaque parole qu'elle disait.
(Monvcmotil do don A'oIa> pioz, qui repousse un Band I.) rO MAC 110.
Voyuus, tenez-vous Iranquille, mon brave seigneur; donnez le plus tôt possible un sauf-conduit à notre brave ami Thostallero, atin qu'il aille à Malaga sans avoir rien .à craindre de l'anlorité; li. votre intendant lui remettra mille, deux mille, Irois mille couronaes, à votre générosité : nous ne taxons pas les voyageurs, et, au retour de l'hoslallero et à l'arrivée de l'argent, vous serez libie.
1)0 N\ rrOR.
Mon père, écoutez ce que disent ces hommes, et ne compro;netlez pas votre précieuse existence pour quelques sacs d'argent.
DON VELASQrEZ, fjifant m pas rn av ni.
Kt, tandis que votre digne complice ira trouver mon intendant avec une lettre de moi, que ferez-vous de nous dans ce conpe-goige?
(Murmures des Bandits.) TORIUBIO.
Coupe-gorge î Entends-tu comme on Iraite ton ho'ellerie, digne seigneur Calabasas?
COMACHO.
Ce que nous ferons de toi? Nous ne te perdrons pas de vue, d'abord.
DON VELASQUEZ
MiscVable !
TOnRIlîIO.
Nous t'altaclierons avec une chaîne solide à un anneau de l'ei-.
bON VELASQUEZ.
Vous m'enchaînerez comme un esclave maure, moi?
Il s'idiaclic des miiiis <|.'s Candils, et rng iî^r avec c;ix mio liille ihiiis lar|iicllc loul p>t bfiiilevcrs*^, lu laLle rcii\ciNre. Dans le liiniulte, on n'entend que Us jmcineuls d s Mand.is et les cris de doni Flor.)
DONA FLOU, d"unc \oi\ suppliante.
Mon père! mon père!...
TORRIBIO, à ViCtMilf. qui lève le coilcau sur Velas(|iiez.
Vicente! que diahle vas-!u faire?
VI CEINTE
J>e iLier, donc!
TORRIUIO.
Tu le (rompes, lu ne vas pas lejuer... '
VICEME.
Oli! par saint Jacques, c'est co que nous allons voir! Je ne vais pas le tuer?...
TORRI R 10.
Non, lu vas faire un Iroj à un sac dur, el, par ce Ircu, sa
raii(*0n s en ira. (roui rst wuUc dans W- c.Ime. — On :ivaiieo nn fir<;e à don V laM|ri, z; i| s'assiel. — Conimuatt, à Vient.'.) LaisSC-Uloi CUUSer
avec ce digne gentilhomme, el lu vas voir les choses
marcher toutes seules. (ll s'assed a (ùlé de don Vlasquez, el se ffose le»
j.ni!) s.) Voyons, soyez raisonnable, on ne vous allacliera point à un anneau de fer, non; on vous mettra dans la cave aux \ins fins, dunt la porte est aussi solide que celle des cachots de
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CiTonado, avec iino Itomift petite sonlinollo don'i^ro rotlo porte.
DON VELASQUEZ, se levant.
Bandits! Et c'est ainsi que vous comptez traiter un homme de mon rang!
DO>A FLOR
Mon père! je serai avec vous! mon pure, je ne vous quitterai pas!
COMACIIO, passant au milieu.
Ail! ma belle enTant, c'est ce que nous ne pouvons pas vous promettre.
DONA FLOn,
Mon Dieu ! que voulez- vous donc faire de moi?
COMACIIO.
Ceci est le secret de notre chef.
DONA FLOR
Oh!
DON VELASQUEZ
Dieu saint! vous les entendez!
TORRIBIO
Oh! ne vous effrayez pas; notre chef est jeune; il es beau... On dit même qu'il est de bonne noblesse.
(Oarit.) DONA FLOR, tirant un poignard de sa poiriiie.
Sainte Madone, à mon secours! (Les Bauiit^ s'écartent; <iona rinr,
floliout. l'à'e, iso'cf, rô>olue, appiiyar.t son poignar.l sur sa poitrine.) Moil pÙrO,
qu'ordonnez-vous?
DON VELASQUEZ, écaitanl ics d ux B,.nilils qui le retiennent, et ouvrant sf!
I r.,s à dom Fl^r.
Ici, mon enfant, viens ici!
36 LE GENTlLIlOMMi: DE LA MONTACiNE
DON A FLOR, (loiunnt le poignarJ à ton [wio.
Mon père, souvenez-vous de ce Romain dont vous m'avez raconté l'histoire et qui s'appelait Virglnius!
TOUS LES BANDITS, se raaut sur don Vilasquez et sur s:i fillo.
A mort! à mort!