ACTE QLATIUKME
TOUUIBIO, avec joie.
Il m'a appelé coquin! Il m'a reconnu! Vicente, il m'a reconnu!
DON lERNAND.
Écoute ici.
TORRIBIO
l'Iuît-ilV
DON FERNAND
Écoute donc !
TORRIBIO
Est-ce que nous retournons dans la montagne?... Ah! capilaine^ si vous vouliez... comme ca ne serait pas long!
VICEJ^TE, venant à 'a gauche de don Firiuu.1.
Oh! ouij ça ne serait pas long! J'ai encore bon pied, bon œil, et, de plus, un couteau catalan... (Faisant daq.icr sa icvre.) un velours!
DON FERNAND, passant i dioilp.
Vous VOUS rappelez la petite bohémienne qui vivait parmi nous?
TORRIBIO
Ginesta, je crois bien! une vraie iille de l'air et du soleil.
La fée de la montagne, comme nous l'appelions...
TORRIBIO
Et qui chantait connue une alouette! sa chanson nous réveillait avec l'aube, et la nuit, pendant les longues heures de l'embuscade, elle égrenait au clair de lune ses jolies notes perlées... Ah! c'était le bon temps!
DON FERNAND
Eh bien, elle a quitté coumie nou§ la montagne, mais poui s'enfermer dans un cloitre.
Ah !
i04 LE GENTILHOMME DE LA MONTAGNE
TORRIBIO, avecmélaiicolio.
Eh bien, je conipreiids cela... J'y ai déjà songé, moi, au cloître,
VICENTE, liant.
Toi!... Et dans quel cloître, capitaine?...
DON FERNAND
Elle est, dit-on, au couvent de rAnnonciade.
VICENTE
Aux portes de la ville... Je vois cela d'ici.
DON FERNAND
J'ai passé la journée d'hier et une partie de la nuit à errer autour de ces murs silencieux, mais je n'ai pu l'apercevoir.
VICENTE
Les novices sortent librement par la ville, cependant.
DON FERNAND
Aussi, allez-vous tous deux vous lenir aux aguets, un jour, deux jours, tout un mois s'il le faut, vous m'entendez, et, lorsqu'elle sortira, vous lui remettrez ce médaillon, et vous lui direz : «Celui qui vous envoie cola, Ginesta, vous conjure de l'entendre avant que vous prononciez vos vœux. »
TORRIL'IO, remontant.
Très-bien!... Ah ! j'ai une idée... Pour la faire sortir tout de suite... si je mettais le feu au couvent?