SCÈNE IV
DOiN FI^HXAND, r-is DON IIAMIHO.
DON Fi.RNAND.
Que se passc-t-il donc dans mon cœur? Je le sens parlugvî entre une douleur et une colère. Ginesta s'éloigne! Ginesta disparaît!... et voilà qu'elle mo manque... et voilà que je la regrette! Est-ce que j'aimerais Ginesta?... Pourquoi ma mère s'est-elle placée entre doua Flor et moi?... Je suis donc à jamais maudit, à jamais séparé du uionde, que uième ma mère se récrie à la pensée de voir son fils épouser la fille d'un gentilhomme? Pourquoi m'a-t-elle repoussé?... Pourquoi?... Il y avait ici, tout à l'heure, danses et sérénades... Qui était donc le galant?
(Doii Ramiro l'araîl à dioile.) DON UAMIKO, ï'ilançaul .laiis ses liras.
Ah! cher don Fernand!
DON FEKNAND.
G'esl vous, Ramiro!..,
DON UAMIKO.
Je viens d'apprendre à l'instant votre retour, et c'est la forlune qui m'a protégé, puisqu'elle me permet de vous rencontrer aussitôt. Mais, vive Dieu! Fernand, les voyages ont-ils changé votre humeur? Vous nous revenez triste et sombre, il me semble.
DON FERNAND
Vous vous trompez. Quant à moi, si j'en juge par la sérénité de votre visage... vous êtes resté ce fortuné Ramiro, toujours aimant et toujours aimé, qui bouleversait tous les cœurs, à Grenade comme à Malaga.
DON RAMIRO
Ail! pauvre ami, que l'amour est un cruel tyran, cl comme il traite en esclaves les cœurs sur lesquels il règne !
DON FERNAND
Mais c'est vous qui précisément avez l'habitude de régner.
DON RAMIRO
Pas toujours, et dans ce moment-ci, eh bien, je doute.
DON FERNAND
Vous doutez... vous? (Rii.ni.) Cependant, si je m'en souviens bien, au moment où nous nous séparâmes, la modeslic ca fait d'amour, cher don Ramiro, n'était pas mise au noml)ie des défauts que les femmes vous reprochaient.
DON RAMIRO
C'est qu'avant de la voir, je n'avais pas aimé!
DON FERNAND
Et quelle est cette merveilleuse beauté qui a eu l'influence de faire, de l'orgueilleux don l'amiro,.. l'homme le plus modeste de l'Andalousie.
DON RAMIRO
Je la vis un soir que je passais, à clicval, dans les rues de Malaga.
DON FERNAND
Ah! c'était à Malaga?
Oui. Je l'aperçus par une jalousie entr'ouverle, et je m'arrêtai tout émerveillé! Sans doute, elle prit pour de l'audace ce qui n'était que de l'admiration... car elle referma sa jalousie, quoique, muet de surpiise et les mains jointes, je la priasse de n'en rien faire ! l'indu, ma belle inconnue et son père étant sur le point de quitter Malaga pour Grenade...