‹ Le Gilblas de la révolution (volume 2)Chapitre 3 sur 17 · CHAPITRE VlII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VlII

Q UE R E Ll.ES. — K X P L 1 C A T I OîsS.

J'allais dîner ce jour-là chez mon camarade, l'autre huissier de son Excellence qui voulait absolument me faire connaître sa famille. Plein de dépit , au lieu de m'y amuser, je me donnai presque une indigestion. Il était tard quand je rentrai chez moi. Ma femme avait sa société habituelle, ses joueurs et ses joueuses de bouillotte. Elle était d'une humeur cliarmante ; le flambeau avait beaucoup rapporté. Sombre et soucieux, je me promenai* dans la chambre, attendant que tout ce monde fût retiré. Lorquc nous liinies seuls , ma

femme me fit la guerre agréablement, et même avec un retour de tendresse, sur mon air maussade. Au lieu de lui répondre , je lui adressai de vifs reproches d'avoir vu le marquis malgré ma défense , de l'avoir vu plusieurs fois , et de lui avoir mené son fds. A cette apostrophe imprévue, madame Giffard fut d'abord interdite ; mais bientôt, au lieu de chercher à m'apaiser, elle le prit sur un ton très-haut ; elle s'emporta ellemême ; elle me demanda de quel droit je prétendais l'empêcher de voir qui bon lui semblait : « Quand j'ai bien voulu consen- » tira vous épouser, me dit-elle , ne saviez- » vous pas quel premier sentiment avait » touché mon cœur? avez-vous pu vous )) flatter que je renoncerais à faire goûter » à mon fds que vous détestez, la douceur )> d'embrasser son père? C'eût été un peu » trop présumer de la tendresse que j'avais » pour vous, et que vous auriez dû plus )) long-temps mériter et conserver. » Furieux, je lui dis que c'était elle qui, pour

lu'épouser, avait fait près de moi des avances et des coquetteries. « Prenez garde, ajouw tai-je ; jusqu'ici j'ai surmonté mon anti- )j pathie pour cet enfant; mais c'est vous » qui me le ferez haïr. » Elle m'accusa d'ingratitude ; elle prétendit que son principal , son unique motif avait été de m'obtenir une meilleure situation par la protection de M. de Rinville. « Je ne veux rien » de votre marquis » , m'écriai-je ; et ma colère augmentait.

Ma femme jouissait d'une excellente santé ; mais depuis quelque temps, pour se rendre intéressante , elle avait pris l'habitude de se plaindre de ses nerfs. Intimidée, révoltée de mes procédés, elle eut des crispations , des convulsions qui finirent par un évanouissement; je ne pensai plus qu'à la secourir.

Dès qu'elle eut repris ses sens , elle me dit de la laisser mourir; elle était la plus malheureuse des femmes; je lui étais insupportable; elle repoussait mes soins. Il

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fallut que je m'humiliasse devant elle : j'étais loin de lui avoir pardonné; il fallut m'accuser et lui demander grâce.

Le lendemain matin , mille idées, mille ckimères me passaient par la tête : « Qui » sait ce que médite ma femme ? Elle a en- )i tre ses mains une déclaration par laquelle » le marquis se reconnaît père de l'enfant ; j> ne peut-elle essayer de faire renaître » son amour, profiter de la loi du divorce? » Elle est capable de songer.... non pas à D l'épouser, mais à m'abandonner pour )) s'attacher de nouveau à son premier » amant. » Je ne pouvais espérer qu'elle me confiât en toute franchise le fond de sa pensée; je résolus d'avoir une explication avec le marquis.

Qu'allais-je faire ? m'aviserais-je en mari outragé de lui demander raison? «Et pour- )) quoi pas? S'il a été jadis un grand sei- » gneur, s'il est aujourd'hui chambellan, » ne suis-je pas un citoyen fiançais? Sous >» l'ancien régime, un marquis pouvait in-

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» eulter impunément un perruquier; sous w le règne de notre auguste empereur, un » de ses chambellans ne peut sans se dés- » honorer refuser de donner satisfaction » même à un huissier de cabinet d'une » excellence... Mais nous n'en sommes pas » là ; je veux seulement en comparant à ce » que m'a dit ma femme, ce que va me dire » M. de Rinville, parvenir à la connais- » sance de la vérité. » Sans quereller ma femme, sans me réconcilier avec elle , je sortis pour me rendre sur-le-champ chez le marquis.

Chemin faisant, il me vint des idées plus modérées, a Après tout, me disais-je, » si Thérèse aime encore son marquis.... » nous n'avons pas d'enfans.... elle n'est » pas toujours la plus douce des épouses... » le marquis ne me rendrait-il pas service M en me prenant ma femme ? »

Monsieur le cham.bellan logeait dans un magnifique hôtel, mais au troisième comme moi , et son appartement était presque

aussi modeste que le inien. Le rcz de chaussée et le premier étaient occupés par l'ancien intendant de sa famille, M. Moreau Déristel. M. dcRinvllle n'avait recouvré qu'une faible partie de ses biens , et encore gr ce au séjour constant que sa mère avait fait en France jusqu'à sa mort; la fortune de l'intendant s'était considérablement augmentée, grâce à cette révolution qu'il détestait. C'est de ce petit logement du troisième que Dionsieur le marquis partait tous les matins en cabriolet de louage pour aller briller et servir au Château.

« C'est toi, Giffard! me dit-il; je suis ï) bien aise de te voir. Je songeais à te faire » prier dépasser chcL moi. w — ccIMonsieur de V Rinville, lui dis-je d'un air grave, je crois i) en effet que dans la situation où nous som- » mes respectivement , nous ne pouvons )) nous dispenser d'avoir ensemble une ex- » plication.» — «Oh! ohî tuprensun ton bien » solennel ; eh bien ! soit : traitons la chose

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)) sérieusement ; nous nous entendrons )^ mieux. Allons, assieds-toi; point de fa- )> rons ; ne sommes-nous pas tous égaux , » depuis cette bienheureuse révolution » qui , grâce au ciel et à l'empereur des y> Français , touche à sa fin? Voyons, ap- )> prends-moi bien vite ce que tu désires w savoir de moi , et je te dirai ensuite ce )) que j'attends de notre ancienne amitié. » — a Voudriez-Yous me faire l'honneur , » lui dis-je , de m'informer des motifs qui » ont porté madame Giffard à vous rendre )) plusieurs visites malgré mon expresse dé- » fense ? Ma femme m'a bien assuré que j) ces visites n'avaient qu'un but innocent M et même respectable; mais suis-je obligé )j de croire ma femme ? J'attends que » M. de Rinville veuille bien, en lionnete )) homme , démentir ou confirmer ce que » m'a dit madame Giffard. » J'ajoutai beaucoup de phrases sur ma probité , sur ma délicatesse ; quoique né dans une classe obscure, je tenais beaucoup à mon bon-

neur , même sous l'ancien régime ; aujourd'hui , qu'après avoir été riche , après avoir occupé de grandes places, j'étais redevenu pauvre et ne vivant que d'une place subalterne , précisément pour avoir eu la loyauté de payer toutes mes dettes , j'y tenais encore bien davantage. Ma vanité avait saisi avec empressement cette occasion d'apprendre à M. le marquis que j'avais été riche , et que j'avais occupé de grandes places. M. de Rinville, malgré sa résolution de traiter la chose sérieusement , m'avait écouté en souriant , en ricanant et se balançant sur son fauteuil. Il était encore bien fat ! « Mon cher, me dit-il , tu » peux être tranquille sur la vertu de ta » femme. Je te jure, sur l'honneur, qu'il n'y » a eu ni de sa part ni de la mienne aucun » retour à nos premiers sentimens; qu'elle n n'est venue en effet que pour le motif » bien respectable de recommander un fils » à son père ; car enfin , ajouta-t-il , » en soupirant , je suis le père du jeune

» homme. Faut-il m'en plaindre? faut -il » m'en féliciter? Je m'en suis félicité quand » je l'ai vu. Il est vraiment fort intéres- » sant. Je te jure, toujours sur l'honneur, » qu'elle ne m'a parlé de toi que sous les » rapports les plus avantageux , comme » d'un excellent mari , un peu jaloux ; mais » cette jalousie même ne lui déplaît pas » toujours , puisqu'elle lui prouve ton » amour. Es-tu content? Oui! Maintenant » il faut que je te parle de mes propres in- » térêts dans lesquels l'exigeance et les » caprices de ta femme pourraient beau- » coup me contrarier ; tandis que , si elle » entend la raison , nous pourrons tous » être infiniment heureux. Écoute - moi » bien : Je suis enchanté de retrouver mon M ancien confident à qui je peux devenir » utile, et qui est dans le cas de me servir » lui-même. » A demi tranquillisé par les paroles du marquis, quoiqu'un peu fâché que ma femme me traitât de si bon mari , mais surtout séduit par les espérances que

le marquis me donnait de m'elre utile , je lui dis qu'il pouvait compter sur toute mon attention. « Hier , reprit - il , » tu m'as presque fait un reproche d'a- » voir abandonné mon parti pour rey) venir en France me faire chambel- » lan de l'empereur. Que veux - tu ? il M m'a bien fallu suivre l'exemple de tant » d'autres : dois-je en rougir? l'empereur

» n'est - il pas un homme , un

» homme.... hors ligne, comme ils disent;

» guerrier administrateur homme

» d'état?.... IS^on , non, je n'ai point de » honte de m'attacher à lui , d'autant plus » que vraiment il me comble de bontés ^ » de témoignages d'estime, et que je peux » faire mon chemin à sa cour comme je 3) l'aurais fait sous l'ancien régime. Tels » étaient mes sentimens, telles étaient mes » espérances , lorsque je reçus la visite de

» ta femme, ma chère Thérèse Ne fais

» donc pas la grimace ; il ne s'agit ici que 5j d'amitié. IS^ous avons eu jadis un violent

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» amour ; je ne devais le sien qu'à moi et » non à ma qualité, puisqu'elle me croyait » étudiant en droit... ou en médecine, je » ne me souviens plus de quelle faculté je » m'étais fait élève; maintenant, nous avons » l'un pour l'autre une affection tout-à- » fait pure. Elle est donc venue; elle m'a » proposé de m'amener mon fils , j y ai » consenti ; j'ai été ravi de le voir : c'est » un charmant jeune homme. Il a treize » ans, je crois... oui... près de quatorze ans ; » et entre nous , comment veux-tu qu'après )) quatorze ans, je songe encore à ta fem- )> me, qui est très-fraîche et très-jolie sans )) doute , mais que son mariage avec toi » mon ancien confident, mon ancien ami , » rend très-respectahle à mes yeux ? Ta w femme avait pour unique but d'éveiller » ma tendresse paternelle , de m'intéres- » ser à son fils, à elle, à toi-même qui es )' son mari. Je lui ai promis de vous ser- )) vir , je tiendrai ma promesse ; mais il )) faut me laisser le temps. Attendez donc

» que j'aie refait ma fortune. Ta femme

w est d'une pétulance, d'une impatience,

» et d'une indiscrétion.... Elle s'en va ra-

» contant à tout le monde nos anciennes

» aventures ; c'est fort dan gereux. Apprends

» enconfidence un grand secret.. .je te laisse

» le maître d'en dire à ta femme ce que tu

» voudras; je suis sur le point de conclure

» un mariage très-avantageux, très-riche...

» que l'empereur désire. Oui, il me marie

» à la nièce d'un de ses généraux, un de ses

» nouveaux nobles qu'il est bien aise d'al-

» lier à une ancienne maison. La jeune fille

» est encore à la pension d'Ecouen. Si l'on

» vient à savoir que j'ai un fils naturel,

)i que je suis visité tous les matins par

» une ancienne maîtresse , mère de ce cher

» bâtard , tout est manqué. Si l'on se tait

» au contraire , tout réussit. Je me marie ,

» je touche une grosse dot; mon crédit

» s'étend et se consolide; j'assure une

» pension à la mère, réversible sur la tête

w du fils ; et à toi , je te fais obtenir quel-

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» que grande place dans les finances... ou » la marine. ..ou l'intérieur... quelque part » enfin. » De tout le discours du marquis, ce fut cettie dernière phrase qui me toucha le plus. Je lui promis que j'allais engager ma femme à prendre patience, à ne plus commettre d'indiscrétions , à ne plus l'accabler de ses visites. Je le remerciai de l'intérêt qu'il prenait à moi , et même de celui qu'il prenait à ma femme. Nous causâmes long-temps. Il me raconta ses aventures , ses projets , ses opinions actuelles. Je remarquai qu'il en revenait fréquemment à son fils; il lui trouvait des qualités précoces. « Il est certain qu'il me res- » semble, disait-il. Ce qui m'a vraiment » diverti , c'est l'embarras , l'incertitude )) où s'est trouvé ce cher enfant la première » fois qu'il est venu chez moi. Il paraît » que sa mère lui avait recommandé de » me faire beaucoup d'amitiés , et de » m'appeler son père; il n'y a pasjnanqué. » Cela m'a touché. Cependant il ne con-

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» cevait pas comment j'étais son père, er » comment sa mère avait un mari qui » n'était pas son père. Il faisait mille ques- )) tions auxquelles Thérèse éludait de ré- )) pondre , ou répondait tant bien que mal. » Tantôt elle lui disait que j'étais le bien- » faiteur de la famille, et que c'était par » reconnaissance qu'il fallait me donner )) ce doux nom de père; tantôt elle lui » faisait entendre qu'il y avait eu du di- » vorce dans tout cela. i\ïoi, je la laissais » dire ; j'aurais bien voulu qu'il ne doutât » point de la véracité de sa mère , et que » cependant il ne prît point de fausses )) idées ; il paraît fort curieux de savoir, » de connaître, de s'instruire, et il était )) aisé de voir qu'il était convaincu qu'on » ne lui disait pas tout. Une chose qui » m'a enchanté dans ce cher enfant, c'est )) son enthousiasme pour les grandes ba- )) tailles de l'empereur. Ah ! il paraît qu'on » les élève fort bien dans ces lycées. Puis, » à cet age-là , et surtout quand on a dans

» les veines un peu de sang de gentil- » homme français, on ne rêve qu'à la » guerre! Je m'en souviens, à quinze ans » je me flattais de devenir général. Eh bien ! » j'ai été capitaine dans l'armée des émiw grés , et me voilà chambellan de Napo- » léon. C'est très-beau ! » — « Oui , sans y> doute , repris-je , et très-avantageux pour » tous ceux qui ont le bonheur de vous » être attachés.» Je saluai respectueusement le marquis, et nous nous quittâmes aussi bons amis que du temps où j'étais son perruquier.

Je retournai près de ma femme dans des dispositions toutes pacifiques: ellemême elle avait réfléchi; elle m'accueillit sinon avec tendresse, au moins avec bonté ; elle me dit que ses nerfs lui laissaient un peu de repos. Je lui racontai ma conversation avec M. de Rinville.Elle goûta beaucoup les espérances que M. le marquis m'avait données pour elle, pour son fils et même pour moi. La paix fut rétablie dans

le ménage, et nous nous embrassâmes: cependant elle faillit à être troublée de nouveau , et ma jalousie fut sur le point de revenir, peut-être avec encore plus de violence qu'auparavant, par une étrange exclamation de ma femme. Lorsque je lui annonçai que ce qui engageait surtout le marquis à désirer qu'il n'y eût ni éclat, ni indiscrétion , c'est qu'il était question pour lui dans ce moment d'un riche mariage:

« Il se marie î » s'écria-t-elle d'un ton de dépit. « Le traître !... Et sans doute à quel- )) que demoiselle de qualité , bien noble , )) infiniment noble! » On conviendra que ces regrets , ce dépit étaient bien faits pour me rendre mon humeur. Cependant je me contins. Ma femme partit de là pour faire une belle déclamation philosophique et morale, sur l'inégalité des conditions fondée par la féodalité , et abolie , grâce au ciel, par les progrès de la raison.

Au moment où elle pérorait avec le plus d'éloquence, son fils arriva: c'était jour de

congé. Comme elle parlait en ternies généraux et sans appliquer ses principes à sa situation , elle crut devoir continuer devant son fils. Certes , je ne pouvais contester la vérité des principes que ma femme développait; mais j'étais fâché qu'elle se livrât à cette déclaration de principes philosophiques par suite de son dépit contre le marquis , qui pensait à épouser une autre femme. Son fils l'écoutait, l'approuvait. L'enthousiasme du jeune homme pour les grandes batailles de Bonaparte ne l'empêchait pas de goûter déjà tout ce qui lui paraissait fondé sur la raison et la morale. Jusqu'ici , ce jeune Henri Beaumont avait été fort étourdi, fort gai. Depuis ses visites au marquis, depuis que sa mère lui avait recommandé de donner le nom de père à M. de Rinville, il était devenu par intervalle rêveur et réfléchi. On vient de voir que sa mère s'était gardée de lui dire la vérité. Elle eut été hlen fâchée et avec raison, d'avoir à rougir devant son fils, et

d'ailleurs à son âge aurait-il pu la comprendre? Mais cette vérité qu'on ne lui disait pas et qu'il ne pouvait comprendre, il la devinait, il la devinait au moins en partie. Il voyait que sa situation dans le monde n'était pas celle des au très jeunes gens de son âge. Outre cette singularité d'appeler son père un homme qui n'était pas le mari de sa mère, il croyait voir qu'il v avait une certaine différence de condition entre sa mère et M. de Rinville. Malgré son enthousiasme pour Bonaparte, fondateur d'une nouvelle noblesse héréditaire, il concevait fort bien la noblesse personnelle, acquise , méritée , obtenue par des talens , des services, des vertus; il ne concevait pas encore la noblesse transmise par les pères aux enfans. Quelle que fut sa situation , il croyait voir qu'on la regardait comme malheureuse. 11 se consolait en se livrant avec abandon à ses affections. 11 adorait sa mère : je ne sais si c'était la voix du sang qui parlait, mais il était plein de respect

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et de tendresse pour celui que sa mère lui avait recommandé de nommer son père.

Sans le haïr, je ne lui faisais jamais bien bonne mine. Eh bien! il aimait et respectait en moi le mari de sa mère. Après avoir embrassé Thérèse, il nous quitta pour aller bien vite embrasser son oncle et sa tante Lefèvre qu'il continuait d'aimer avec une tendresse filiale , pour aller embrasser sa petite cousine Rose Lefèvre , qui avait alors six ans, et qu'il continuait d'aimer comme une sœur.

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