‹ Le Gilblas de la révolution (volume 4)Chapitre 8 sur 30 · L\G LE GILBLAS · texte numérisé non relu

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rien oublié , on se souvenait de tout : quelques privilégiés , de leurs privilèges qu'ils voulaient recouvrer; les militaires, de leur ancienne «loire dont ils crovaient qu'on voulait leur ravir le prix; des négocians craignaient le retour des maîtrises et des corporations. Tout le monde voulait s'avancer, personne ne voulait reculer. Outre la guerre des opinions, il v avait la guerre des intérêts. Ceux qui avaient été placés sous l'empire voulaient conserver leurs places ; ceux qui avaient été renversés par la révolution voulaient être placés ; tous tendaient à se supplanter. L'ancienne et la nouvelle noblesse étaient comme en présence. On se raillait, on se dédaignait mutuellement. Que de pamphlets ! que de caricatures sur le renouvellement des processions , sur les prétentions des anciens seigneurs de paroisse dont quelques-uns voulaient que le sacristain leur apportât la première part du pain bénit!

Les Journaux n'entretenaient que trop

DE LA RÉVOLU ilO>. l\J

bien ces dispositions belliqueuses, tantôt par de violentes déclamations , tantôt par de doucereuses et jésuitiques attaques , le plus souvent par des plaisanteries fines ou grossières, triviales ou de bon ton , toujours acres et mordantes. A travers ces pamphlets, il parut plusieurs écrits de queUjues vrais patriotes aussi sensés qu'énergiques. A ces voix terribles pour les préjugés, rassurantes pour la raison, les bons esprits applaudissaient , les exagérés frémissaient. Henri ^ avec autant de force que de mesure, se mêla parmi ces généreux écrivains. Quelques - uns des journaux de cette époque jouaient avec leurs abonnés le rôle que je jouais dans mon café avec mes habitués. La même feuille , la même colonne renfermaient quelquefois des articles en sens divers et opposés. Je ne sAis s'il leur réussissait aussi bien qu'à moi de prendre ainsi un habit d'arlequin.

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