‹ Le glaive sur Rome et ses complices!Chapitre 10 sur 35 · VERITE, LA VIE · texte numérisé non relu

VERITE, LA VIE

Frère, entends-tu? quel suprême géant! quel intrépide révolutionnaire ! quel type souverain de démocratie sainte ! = Je SUIS LA VOIE ! plus rien , pour marcher et pour suivre , que ce que je marclie et ce que je fais! — Je suis la voie! rien n'est plus: ni prêtres, ni temple, ni docteurs, ni pontifes; c'est moi, moi seul qui suis la voie! — Je suis la voie! plus d'aigles de César, plus d'altiers tambours, plus d'orgueilleuses trompettes, plus d'édits, plus de Césars!

== Je suis la vÉeité! tout ce qui n'est pas moi n'est qu'erreur et mensonge; tout ce qui traite l'homme autrement que moi n'a qu'à fuir et à déserter, car moi seul suis vrai, et vois les hommes avec vérité. — Je suis la vérité! le vieil homme est

mort; Fliomme de caste, l'homme du trône, l'homme du temple, l'homme de lucre, l'homme de guerre, tout cela est négatif pour votre bien et pour la Raison qui a fait des créatures. Moi seul qui suis votre Ami, votre Lumière, votre Défense, votre Sauveur, votre Frère, moi seul, sachez-le bien, moi seul suis la vérité!

= Je suis la vie ! c'est-à-dire le bris des chaînes et des entraves, l'Exaltateur et de l'âme et du cœur; la sainte poésie qui grandit, qui dilate, qui élève; la Sagesse qui raisonne, qui juge, qui affermit. — Je suis la vie! cette vie qui embrase, qui générosifie et la chair et le sang. - — Je suis la vie dans laquelle se développe et se connaît la noble intelligence. ' — Je suis la vie ! parce que mon nom , ma morale , mes enseignements feront toujours trembler les oppresseurs qui tuent par poison d'ignorance, les despotes qui assassinent par le poids des ténèbres qu'ils amassent sacrilégement sur la vkt.G des nations. — Je suis la vie qui fait vraiment fort, qui rend invincible, qui courbe, qui ploie, qui brise les tyrans! — Je suis la vie qui fait l'homme de vertu plus roi que tous les rois qui pratiquent les vices! —Je suis la vie! parce que je ne m'appartiens pas, mais qu'au contraire je veux appartenir à tous! —Je suis la vie! sans désintéressement, tout ce que vous voyez n'est plus qu'un grand cadavre ; tout ce qui se possède par individualisme n'est plus qu'un ambulant sépulcre, un visible tombeau. — Je suis la vie! nul ne la possédera s'il n'entre dans ma voie, s'il ne suit mes traces, s'il n'est une même chose avec moi. — Je suis la vie! parce que je ne suis pas circonscrit aux limites de la terre: j'ai droit dans le ciel, l'Eternel est mon père, je suis sa parole; je ne suis pas possédé par les cieux ni par la terre, mais je possède les cieux et la terre: vous le voyez , ma vie est l'immuable liberté !

Les prêtres eurent peur ; les pontifes souverains en parlèrent à Hérode; Hérode en plaisauta devant le saint pouvoir de îa

MgîGîi sacerdotale. Mais les grands-prêtres émirent quelquesunes des doctrinales maximes qui les avaient souverainement effrayés; alors Hérode comprit, mais il laissa adroitement le premier pas au temple: il était détesté , lui, et atteindre un prophète, c'était réveiller chez le peuple des cruautés passées qu'il devait oublier. Le temple agit alors: il lança ses serpents et tous ses froids reptiles, il dit: =^ Il faut qu'il tombe, il faut qu'il meure I ---'Les lévites partirent, criant: == A l'hérésie! ^ — • Les vieux pontifes disaient : ^= Jésus est possédé ! •— Les princes aaronites mirent l'or en évidence; enfin ils menacèrent des haines de César.

Le Démocrate saint devait jeter en terre un germe tout puissant qui la devait changer. Le mont du Golgotha devait être arrosé de ce sang héroïque qui, s'infiltrant en lui, irait briser les fondements du vieux temple, et manger de rouille les trônes des empereurs. La croix en s'élevant fit chanceler tous les diadèmes . Le premier cri de l'auguste Victime brisa le voile du temple, et déchira tous les drapeaux romains; au second cri, les mitres et les tiares tombèrent et roulèrent comme à l'envi; au troisième cri, les sceptres se brisèrent; au quatrième, un prétoire se dressa; au cinquième, on entendit partout comme un long bris de chaînes; au sixième, les âmes des esclaves étaient toutes rassemblées; au septième, tous les rois, les empereurs, les princes, les prêtres, les chefs, les maîtres

se virent réunis Un silence de mort s'étendit sur le

monde! Un ange couleur de sang traversa les airs, il dit: =;

" Esclaves et oppeimes, jugez, jugez sans crainte! " CONSUMMATUM EST! gloire À la liberté !! ! ».

Il y eut un brait sourd qui ressemblait assez à une chute subite d'une haute montagne; un long râle suivit ce bruit.

Le soleil se leva comme jamais il ne s'était levé sur notre pauvre monde; le ciel devint pur; un nuage brillant se dessina dans l'espace; le Christ parut montant ce nuage: il était

i*adîeUXj il portait dans sa main un étendard suprême, sa couleur était rouge, cette devise, blanche: = L'homme est délivra! l'humanité kespireI qu'elle yive maintenaîn't fidèle a SA victoiee; que son cri soît sans cesse: =^ JUSTICE ET LIBERTE ! — Ce brillant avenir se couvrît de nuages , cette vision fut la dernière du divin Démocrate qui expirait enfin de tendresse et d'amour!

Frère , la Judée a payé son sanglant déicide : Home a écrasé Jérusalem ; mais les conquérants de cette terre sainte étaient aussi coupables que ceux qu^ils châtiaient * La poussière du triomphe qu'ils apportèrent à Rome fit glisser le Capitole, et couvrit de décombres la ville des empereurs. La Grèce paya aussi sa part de l'écriteau mis au dessus de la tête divine: elle aussi avait été fière de donner des fers; elle aussi aimait à étaler le nombre de ses esclaves! -^ Paix aux morts! la Grèce antique et la vieille Rome, comme Jérusalem ne sont plus.

La Rome d'aujourd'hui est bien plutôt la France qu'elle n'est elle-même. Écoute, Frère: sans la France, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus de Rome ! Mais la France n'est pas circonscrite encore à ses seules limites: la France a remplacé la Judée; c'est la seule nation souveraine; l'univers chrétien n'est pas autre chose que la France; c^est cette patrie qui est la vraie patrie de la parole sainte; c'est cette terre qui est la terre des preux et des glorieux combats; c'est ce noble pays qui est l'armée vivante du monde, le concile permanent qui juge et qui éclaire; ses intérêts sont les intérêts de l'univers; si tôt qu'elle les spécifie, toutes les nations s'arrêtent, et elles s'empressent de les vouloir, de les posséder; ce vers quoi elle aspire est bientôt l'aspiration de tous les peuples; elle semble, et elle est en effet l'âme intellio;ente du monde entier»

Rome, pourtant, a juré d'être Puni verselle dominatrice, elle s'est appelée divine comme elle s'appelait jadis au temps des Titus et des Néron. Aujourd'hui, comme depuis longtemps, ton-

tes les dominatioTis boivent avec elle, tous les despotlsmes trôm» pent en sa coupe leurs lèvres et leurs arrêts. Ne pouvant être l'âme intelligente des royaumes, elle a a'ouIu et elle veut tou- - jours en paraître le cœur: c'est pour cela que toutes les puissances en armes sont regardées par elle comme n'étant que le service de ses sens. La Rome des chrétiens n'est plus que la Rome des empires . Cette liéritière du sang des martyrs n'a pour fils bien-aimés que des princes, des grands, des rois, des empereurs! La jeune fille des catacombes est devenue la reine des temples et du Panthéon! Le Prolétaire divin, l'Homme du peuple né dans la crèche et mort au Calvaire a cessé d'être l'amour passionné de cette prostituée splendide: aux pauvres langes de la crèche elle a préféré les mille vanités qu'étale et aime à étaler le sensualisme le plus efféminé; au suaire du Crucifié elle a préféré la pourpre qui enveloppait le vieux paganisme, et qui servit tant de fois à jeter ses premiers fils aux dents féroces des bêtes fauves; elle a voulu un sceptre qui lui cachât la lance du Calvaire, ime tiare qui dépassât en chiffres d'or le nombre des épines dont les soldats romains hérissèrent la couronne dérisoire de Jésus! elle a tout effacé du martyre divin de ce Christ qui lui avait donné la vie; elle a tout méprisé , tout répudié ! . . .

Les grandes courtisanes d'Athènes et de Bj^sance n'ont jamais atteint le luxe insolent auquel elle s'est donnée. La honte l'a prise au front quand elle a vu qu'un tombeau ouvert lui disait sa seule puissance: elle a voulu qu'il fût fermé, et elle a fait rouler sur son orifice cette pierre que le Vainqueur du monde et de la mort en avait déscellée. Elle a rougi d'appartenir aux rois et de n'avoir à célébrer que la vie si simple de ce Verbe fait chair qui dit ne pas avoir où reposer sa tête ! Pour célébrer ses mystères elle inventa le faste le plus excentrique, non, il vaut mieux dire le plus insolent! Le mystère préparatoire au grand drame du Calvaire, cette scène désolante de

gang et de deuil, ce mystère de tortures, de sanglots et d*angoisses, cette mort qui dut eifrajer la terre, consterner les cieux, cette grande hécatombe devant laquelle l'âme raisoimable se sent frémir et fondre, comment en célèbre-t-elle la solennelle mémoire?

Mon Dieu! vous êtes bon à effrayer le cœur qui réellement vous aime! Quoi! vous n'avez pas frappé de la foudre cette mascarade, cette comédie qui insultait à la foi de tout homme qui lit avec respect le testament que nous laissa votre divin Fils î Quoi ! pour célébrer ce mystère de sang et d'amertume , ce prétoire de supplice et de douleurs, ce sont des vêtements de soie, de pourpre, d'hyacinthe et de velours! ce sont des robes de fin lin et de riches dentelles ! l'homme qui se pose en Christ est devant un autel qui ressemble à un trône; ses épaules et sa tête sont couvertes d'or! on chante, on se salue, on se baise, on s'encense! quelquefois le temple, le sanctuaire sont remplis par une cour dorée, diamantée à faire pâlir les cours orientales! on va, on vient. . . dix prêtres tonsurés entourent le célébrant, le Jésus du mystère, ce Jésus dépouillé, la tête et les pieds nus! ces prêtres s'inclinent à tout instant devant celui qui, diton, pontifie; puis ils se retournent, s'inclinent les uns devant les autres; on apporte l'encens; mille précautions, tout le méticulisme possible avant de remettre l'encensoir aux mains de ce Jésus qui doit, dit-on, l'offrir à son Père! mais l'encens est offert: un seul encensoir a servi pour le trois fois Saint, pour le Père divin de la divine Victime! dix encensoirs s'élèvent de nouveau, non plus pour l'Ancien des temps, non plus pour la Victime qui est sur l'autel; pour qui donc?... Si je retranche Celui à qui est dû le sacrifice, et la Victime qui le compose, je ne vois plus qae le bourreau. Le meurtre s'accomplit, mille voix le célèbrent. Jésus expire, on se partage son corps, ou s'abreuve de son sang!

Allons! allons, civilisés sauvages! chantez, chantez encore!

encensez 5 encensez encore! saluez , saluez-vous encore! dorezvous, dorez-vous encore! Non, demain ce sera le même sacrifice, la même Victime; mais ce seront d'autres vêtements, de plus simples manœuvres: il semble que le Dieu d'aujourd'hui n'est plus aussi intéressant que le Dieu d'hier! non, ce n'est pas cela: c'est que ce n'est pas le nijême homme qui représente le mystère rédemptem^; c'est que ce n'est plus la même assem^ blée. O perte irréparable que celle de la divine simplicité!..., mais, sans or, sans pierreries, sans pourpre pourrait-on se croire soi-même le pouvoir suprême et l'infaillible agetice de la Divinité! — Le temple n'est plus à Dieu, l'autel n'est plus à Dieu, l'encens n'est plus à Dieu: tout cela est aux prêtres et aux payeurs des prêtres; tout cela est à qui sait l'exiger ou l'acquérir par surenchère!

Mon Dieu! mon Dieu! je ne m'étonne plus de tous ces maux qui s'étendent de plus en plus sur la famille humaine: le peuple adopté devient semblable au ])euple choisi. Ah! je ne m'étonne plus de voir les hommes aveuglés, déformés, atrophiés, se retirant et se résumant chacun en soi-même; non, je ne m'étonne plus de cette terrible invasion de l'égoïsme! je ne suis plus surpris que les hommes ne s'aiment pas, et j'ai la triste raison de ce qu'ils en sont venus à se détester, à se poursuivre , à se maudire!

Ah! Frère, voilà pourquoi le Ciel a de nouveau suscité un homme pptrmi les peuples : voilà pourquoi l'Eternel a décidé le grand jour d'Elie! Elie qui vient briser, déchirer, démasquer, renverser, accuser, foudroyer, éclairer j réconcilier, rétablir! Élie qui est armé du feu divin du Verbe! Élie qui crie à la France universelle, aux hommes, auX peuples, au monde, aux nations:

" La nuit est descendue des montagnes qui châtient ; les té- " nèbres, le chaos, la mort planent sur vous! Vous avez tout *' perdu! vos enfants ne sont plus des hommes; vous n'êtes

i' que des cadavres; vous êtes fermés comme des toiiibdaux; " vous avez cessé de vivre; vous ne voyez plus Dieu! Tout » est souillé chez vous: vos temples et vos prêtres, vos palais " et vos princes , vos tribunes populaires, vos trônes de justi- »' ce, vos loisj vos mœurs, vos coutumes, vos usages, tout est *♦ honte, tout est crime, tout est malheur!!!

" Yoyez vos faux tribuns, l'âme toute de souillure, se dis- H putant le foie de la pauvre patrie tombée dans leurs mains! H Yoyez ces défenseurs de vos droits, de vos chartes: leur " cœur et leurs yeux ne sont tendus que vers la proie qui leur " pourra échoir! Yoyez ces hommes armés qui gardent, vous *• dit-on, Thonneur de la patrie: ils veillent aux intérêts du " premier forban qui ceindra une couronne; ils oublieront leur >' père, leur mère, leurs frères, leurs sœurs; ils frapperont ■" sans pitié; ils égorgeront en riant, traitant tout d'ennemi, " pour un peu d'or et quelques brocs de vin! Yoyez tous les >' beaux fils de ces femmes ftirdées qui leur mirent dans la » poitrine une poignée de ouate pour leur former nn cœur: ils >• caracolleront près du premier brigand qui saura s'entourer " de femmes impudiques; ils chanteront l'orgie; ils ne rougi- " ront pas de se faire les uns claqueurs habiles, les autres *' membres et pourvoyeurs des plus hidcux trinots! Et ces " hauts magistrats qui disent sentir leur front s'empourprer " d'horreur devant un grand parjure..., que le parjure les " flatte, qu'il les menace au besoin, qu'il les paie surtout, ils » le fêteront en chœur, ils le déclareront pur; puis ils tueront >• pour lui tout ce qu'il désirera! Et ces prêtres impies, et >» ces évêques infâmes courront les rues, les gares, les rueî- >' les pour adorer, pour ofrrir leur encens au monstre qui leur " dira:

" = Mes amis, mes féaux, je nMpargnerai rien pour vous ^ être agréable, afin que vous puissiez sacrilégier et boire « votre vin sans crainte! moi, votre Prince, je voi s promets

« de vous faîrô une pourpre nouvelle en trempant notre saint •« despotisme dans des fleuves de sang!

» L'homme qui dit aux chrétiens = Je suis le dieu visible ; »♦ Li JUSTICE infaillible HABITE AVEC MOI, C9t homme pressera j» le Czar, le nommera son fils, fils bien-aimé encore! et il •• ne lui montrera pas que ses mains ëgorgeuses sont restées ♦♦ teintes du sang qui crie vers Dieu vengeance ! il n'imposera •♦ pis, au nom du Tout-Puissant, un stigmate de honte, un « suprême anathème à tous ces tueurs qui le nomment peince •• et qui l'avilissent même jusqu'à le nommer roi! et cet hom- " me serait le vicaire du Christ qui arrêta Pierre qui prenait sa •♦ défense, et qui dit à haute voix ces paroles trois fois saintes: H = MALHEUR A QUI FRAPPERA DU GLAIVE, H CAR IL PERIRA PAR LE GLAIVE!

" Malheur, Pontife souverain! malheur à celui qui marche H avec Caïn ! — malheur à celui qui ordonne de répandre ou •' qui répand le sang de son frère! — malheur! malheur au »♦ père qui commande de donner ou qui donne la mort à ses « enfants! — malheur, malheur à celui qui se dit marcher ^ avec Jésus, et qui bénit les hommes de sang! — malheur, »• ah! trois fois malheur à celui qui oublie que le Verbe s'est n fait chair, et que toucher au sang de l'homme, c'est aujour- »» d'hui toucher au sang de Dieu! — Malheur trois fois aux " chrétiens qui décrètent ou qui justifient les sentences de " mort de leurs frères! aujourd'hui, qui met à mort, qui tue " un chrétien tue le Christ, car tout baptisé en Christ devient « par cela même fils de Dieu et frère de Jésus-Christ. »

Arrête, arrête-toi, ô ma plume prophétique! Arrête, arrête-toi, ô ma sainte et chrétienne indignation!

Élie, tu as parlé! ma réflexion se tait sous ton mandat auguste; ma vie, mon âme, mon cœur seront à jamais les humbles, mais fidèles serviteurs de ta mission. Amen. Amçn. Amen.

Frère, j*ai bien soufFert avant de crier à Punivers ces désolantes véiitës; mais l'heure a sonné à Phorloge de la Justice divine! les Glaivataires approchent de notre si triste terre, et déjà ils crient à leurs frères des cieux: == feèees, pleurez!

CAR VOICI QUE VA PASSER LA JUSTICE DE DiEUl

Ami bien-aimé, ces voix ne sont pas encore arrivées à nos oreilles; nous avons donc le temps de crier, nous: == Bénédiction sainte, grâce et pure lumière, étendez- vous partout, et prévenez tous les hommes, afin qu'ils ne soient pas surpris par la juste justice de Dieu I AmenI AmenI

Élie!

J. M. Si QtJÎS ÛT DEUSÎ

ChEES et BIEN-AIMÉS PoNTIFES,

Il est temps de rapprocher nos âmes, et de ne faire tous en^ semble qu'un seul et même cœur. Que chacun de nous s'age^ nouille près de l'autel qui est élevé pour le pays que nous habitons, pour la famille dont nous sommes les verbes et les mandataires. Ployons nos genoux, courbons, courbons nos têtes, et crions au Seigneur de retarder encore le jour geand et TEEKIBLE qui doit précéder sa venue *

Ah! chers bien-aimés Pontifes, un bruit lugubre couvre presque la nature entière; la désolation visite presque toutes les demeures; il n'y a pour ainsi dire que les impies, les hom-mes de sang, et les sacrilèges qui soient épargnés. L'Ange aux ailes noires est passé la nuit devant leurs demeures; il a marqué de boue les frontons de leurs palais, les portes triomphales de leurs temples, les fiers écussons des trônes où ils s'asseoient; et remontant au sanctuaire de la Justice, avant de paraître au conseil delà souveraine Equité, il s'est écrié, frappant des ailes à effrayer les tempêtes:

« MaISOKS de CEIMES et de SOUILLUEES, maisons Î)E HONTE

" et d'ddpueetes, tous ne vous éveîlleeez pas, malgeé les

♦• CRIS et les LA3IENTATI0NS QUI DEVEAIENT VOUS F^UEE EENTEER

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