REGENERATION
J. M. ,r. QUIS UT DEUSÎ
Pontifes élus, Poktifes appelés,
ENSEIGKA^'TS ET EnSEIGîsÉS,
Porté par vos pensé'c's et soutenu par vos désirs. Chers bien eliers et véritablement aimés, le Ciel ni^a reçu : il a béni sur mon front ]a foi saerée qui fait votre auréole; il a béni dans mes regards la flamme vivante que vos âmes savent si îirdemment donner à la mienne; il a béni ma hai-diesse, comme il se plaît à bénir la glorieuse audace par laquelle l'amour tout-puissant de vos cœurs surexcite et violente mon cœur.
L'hosannah s'est éteint dans les sphères créatrices; les phalanges célestes ont perdu leur éclat, et leiu's rangs radieux se sont trouvés tout-à-covip efëicés! Les cieux, le dernier ciel où l'Essence incréé rend visibles les resplendissants éclats de ses perfections adorables, l'éther éternel dans lequel se révèlent, sous tant de formes majestueuses, les pensées qTie l'Incréé veut faire connaître à ses élus, la clarté souveraine dont les Séraphins mêmes ne peuvent soutenir l'éclat, cette suprême incandescence qui rayonne sur tous les ordres et sur toutes les manifestadons du Tout-Puissant... tout cela disparut.'
Alors aiuî V'oix se fit entendre; elle pénétra rn:i eli;iir. et me la rendit invisible; elle toueha mon lane, et mon âme ne se connut plus en moi; elle s'étendit sur mon esprit, et mon esprit ne se souvint phus de mon ame ni de mon corps* — Voici ce que dit cette Yoix :
= " Il est temps que ce que le Veijbe fait chair dut ne
" PAS DIIŒ À SES DISCIPLES, SOIT DIT AU.TOUliD'jIUI. Il EST TEMPS H QUE LES CRÉATURES DU Tr]£S-HaUT SACHE:NT ETvFIN POURQUOI " ELLES SONT, CE QU'eLLES ONT ÉlÉ DANS l'aCCOMPLISSEMENT DE " LA PENSÉE SOUVERAINE QUI A CONÇU LEUR CREATION. Il EST
" TEMPS QUE l'Amour créateur soit connu, et que la créa-
>* TURE CONFESSE LA JuSTICE ET LA SaGESSE QUI ONT PEÉ^IDÉ À « SA CRÉATION.
" FlLS DE l'homme, je t'ai ENLEVÉ TOUTES TES ENTRAVES; « JE t'ai séparé DE TOUTES LES DISTRACTIONS PCSSIRLKS À TA " nature; je t'ai fait LIRRE comme la PENSÉE : REGARDE ET " YOISÎ JE TE CONSERVERAI LE SOUVENIR DE TOUT CE QL- 'iL TE " SZRA DONNÉ DE PÉnÉTRER. »•
La Voix cessa de se faire enter.dre.
Alors je vis une ûnmensité de Gloire devant laquelle il ir.e semblait que j'étais tout au ])lus la dix-millième partie d'un atome. J'avais une agiliié qui dépassait dts uiillions de fois la vitesse de la pensée; je m'élançais avec une rapidité indicible, et partout où je me portais, cette Gloire, cette Majesté que je ne puis définir autrement ui par d'autres termes, était toujours aussi immense, aussi étendue, aussi infnie, aussi inconnnensurable dans tout ce que j'en découvrais, et aussi impénétrablement profonde en ce que j'en pénétrais. Nulle part, ni fini, ni limité, aucune couleur déterminée, aucune nuance explicative, aucun mouvement saisissable; et cependant toutes les couleurs, toutes les nuances, tous les tons me semblaient devoir être là, et ne pouvoir être produits et manifestés que de là. PoiiU de figure: et pourtant je sentais que toutes
les iîi^ures, touis les traits, toutes les réalités insaisissables et saisissabks, toutes les idéalités, toute? les conceptions, toutes les créitîions, toutes les nianiiéstaiions étaient lii, là seulement, et île })ouvaient venir que de là!
En f'a.ce de cQitn indesciiplible Inunensité, je sentais en moi et hors de moi mille et uîiiîe Bontés inlinies dont les impressions étaient si immensément variées, si admirablement liarmovnisées, qu'il me semblait que j'ét;\is moi-même une sorte d'identiileation avec cette suprême Innnensiîé. Je comprenais que cette Bonté soineraine et infinie était ini Principe souverain et éternel. En elle je définissais une Raison d'être absoluo^, aussi infinie, nnssi immuable que le Principe lui-même. Je ])ouvais a|)précier la vie de cette Raison, sa nature simple et son essentiaiité nécessaire. Rien ne se connaissait hors de cetie Bonté; rien ne se povivait No:\ir.KEi{, nxEU, saisiiî, pakaîti;e, ni être sans elle. Là étjiient essentialisées la Force infinie, l'Excelknce sans limites et sans 1 ornes î Délices ineffables, bonheurs souverains, joies, allégresses, gloires et amours... toutes ces inq)ressioriS étaient là en nature, en principe, en iirûté, en indivisibilité; existant sans besoin et sans nécessité de se faire connaître.
Là j'éprouvais de la justice, de la sagesse, de la GràcCj de l'amour, de la puissance, de la magnanimité, de la véi'ité, de la majesté, de l'ordre et de la lumière; tout l'ensemble et toute la \'ariété des harmonies que j'avais ressenties dans la brûlante im[)ression de l'ineffable, souveraine et infinie Bonté! — Il m'est impossible de dire comment, mais il me souvient pourtrait que j'avais des facultés immenses et des conceptions que j'aurais appelées infinies, si l'Infini en face duquel je me trouvais ne m'eût ôté le pouvoir de nommer ainsi, ce qui n'avait aucun rapport exact avec son essentiaiité réellement et parfaitement infinie dont je percevais une Beauté dont nulle beauté connue ne peut vendre l'idée.
Bien que cett& beauté, comme la bonté et toutes les autre?? perfections du Principe infini, n'eût ni figure, ni couleur, ni traits, ni saillies, ni formes, y^ voyais en elle, sans pouvoir en sonder la profondeur, toutes les possibilités de se produire, de traduire, de créer, de manifester des infinités d'harmonica de ces cren;es, sans rien donner d'elle-même, sans s'atténuer, sans se paralléliser essentiellement, et sans s'attirer une étendue, une profondeur, une propriété, une extension de plus que ce qu'elle était et pouvait seule être!
J'étais, puisque je sentais et voyais toutes ces inénarrables splendeurs; et néanmoins je n'avais pas conscience de moi-même : il me semblait qu'il n'y avait que ce que je voyais qui fût réellement. Je ne trouvais aucun nom à pouvoir donner à ce que je voyais; mon existence me semblait une pensée qui ne m'appartenait pas; ce que je voyais, ce que je sentais, ce que Réprouvais, ce que je concevais s'impriiuait en mes facultés de voir, de sentir et d'éprouver, sous cette dénomination: DIELT!
Je le répète, cette Lnmensité divine était tout ce qui était : l'Eïue insaisissable, impalpable, toujoltes unique en principe ET EN NATUlsE, TOUJOUES IDENTIQUE À SOI-MEME; CaUSE UNI- QUE ET ÉTERNELLE, SANS CAUSE SI CE n'eST LUI-MEME.
^lais j'étais pénétré par cette Toute-Puissance intelligente, et j'entendais, dans mes fiicultés de comprendre et d'appi-écier, que c'était cette Intelligence incréée qui seule pouvait concevoir des êtres et la somme infinie d'êtres qu'il lui convenait de concevoir. Je sentais que cette Volonté intelligente était tout AMDUR et qu'elle n'était capable de produire et de créer que par et dans sou amour. De môme, cet Amour me parut être aussi essentiellement la Toute-Puissance, réalisant tout ce qu'il coiicevait, et accomplissant tout ce qu'il voulait!
Cet Amour, Volonté, Sagesse, Pouvoir, Justice, était tout SPIRITUEL, se possédant, se connaissant, ae satisf^iisant sans
mHir clo lui-même; opérant en son immensité, dans la natuî"^ de son PrinL^'pe; possédant seul sa visibilité et sa compréliensibilité! Sa toute-puissance, son omni-science, son omni-présent n'appartenaient et ne pouvaient appartenir qu'à lui.
Tout-à-coup, sans accident, saiis rupture et sans ébranlement d'harmonie, je vis une Lumière qui vivant dans l'immensité et la profondeur du Principe essentiel, n'en parut pas moins distinctement sur toute cette étendue et sur toute cette immensité. A la faveur de cette subtile et intellio:ente Lumière, je distinguai que malgré les propriétés égales et identiques au Principe souverain qui la produisait, elle était comme l'essentialité de son Principe, unie à lui d'une manière inséparable, ayant une volonté en tout égale à la volonté de la Cause infinie et éternelle qui la produisait : Elle me paraissait comme
étant SON AGENCE CONDUCTRICE, pÉnEIRATIVE , DÉMONSTRATIVE, EXPLICATIVE ET MANIFESTATIVE,
En effet, je fus affirmé par cette Lumière dans chacune de ses définitions de manifestations et d'opérations. Je vis, par son intelligente faveur, des milliers de millions d'ombres et de signes qui me paraissaient être le centre commun de toutes leâ idées et de tous les desseins de ce que voulait, avait voulu et voudrait la toute-puissante et toute-intelligente volonté du Principe suprême, comme devant être produit hors de sa propre essentialité .
La Lumière devint plus distincte, et dévoila, de sa mani^> "festation, la majesté et la splendeur de ce que je n'avais pu considérer que dans l'absolu de cette manifestation. — Alors, je vis un Feu immense, infini : il avait son principe et son essence dans Pimmensité et dans l'infinité essentielles du Principe qui produisait la Lumière, et dans le principe essentiel de la Lumière elle-même; il n'était point séparé de la Lmnière ni du Principe essentiel qui produisait la Lumière; néanmoins quoique ayant son centre commun avec la production de la