I. M-. J". ^tlSi tJT lïK-ÎJ-S
Mon cher bon JosEni,
Je ne puis vous dire combien j^ai s^url à votre si chère et SI intelligente lettre : il y avait pour nos cœurs une si grandeétendue de temps depuis le soir où vous nous avez dit adieu l Kos âmes ont le bonbeur de ne pas être froides et glacées comme celles de tant de professeurs d'amour cbrétien qui ne sont^ îiélasî que de s-toïques égoïstes. Ceux que le Ciel approche denotre cœur s^j trouvent tellement unis que nous sentons en face du Seigneur qu^ils font une réelle partie de nous-mêmes !
Ce que vous me dites, cher Enfant bten-aimé, au sujet de votre tentative d'initiation ne m'étonne mollement. Au milieui de l'universalité des êtres il n'y avait à la mort de Jésus-Christ. que douze hommes (pardon, je fais erreur), que onze hommes, affirmés dans le ministère de la dispeitsation chrétienne ! A c& moment si solennel où le Christ quittait la vie passible pour rentrer dans ses droits d'éternelle impassibilité onze individus,, bien faibles encore^ a'^annonçaient à une multitude de générations comme étant les augustes dépositaires des vérités divines et les seuls puissants témoins du dogme éterneb
Croyez- vous, cher jeune cœur, que ces hommes comptaient sur la pépinièro des lévites et sur k sévère phalange desi grands^-prêtres ? croyez-vous qu^ils espéraient saisir le cœur* des orgueilleux pharisiens? Ohî non, leur Maître lenr avait montré ce qu'étaient le lévite et le prêtre ^ la scène du raviïiî de Jéricho leur était eRcore présente, et leua- cœur euXenàmM encore le Maître diviii: appeler !e pharfsatiB© f K AKJ^. W, ^* î-imcnE.? blanchis!
Si le Olirîst eut attaqué des vices qui n'auraient pas existe > line cupidité qui n'eût été que dans la connaissance de sa na* tare divine, les Apôtres eux-mêmes eussent été contre liiii. Aussi j comprenez-le bien, mon bien cher Ami, malgré la grau* deiir et la toute-puissance de ses miracles, il est contraint à invoquer des faits matériels pour asseoir la raison divine de sa justice > et pour développer dans la raison de ses auditeurs la matière palpable de ce renversement quMl vient accomplir» Vous ave^ assez lu ces pages suprêmes qui attestent la liaine du temple et l'envie de cette masse de faux dévots qui ne sont jamais qu'à ce qui les flatte et à ce qui leur assure les avanta* ges du ventre et de la domination!
Cher Enfant, pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui? est-ce que 'nous sommes meilleure? Oh! sans prévention, ne nous esl-il pas matériellement prouvé que nous sommes, de iios jours, la honte delà honte des fils d'Israël? -^ Ne vous parait-il pas excusable ce malheureux peuple qui croyait à un Messie digne de sa fierté et réalisant toutes ces glorieuses pro* messes qui n'avaieiît cessé de faire son exaltation et son orgueil? Yous saveÉ bien, mon doux et cher Ami, que non seulement les Juifs se basaient sur ces promesses qui leur donnaient un Messie amenant au pied de son troue toutes les nations de la terre, mais qu'ils regardaient I-a p.'Utvroié, la servitude et l'as* sujétissement aux misères de la vie, comme signes évidents de la colère divine; les Apôtres eux-mêmes nous paraissent assez souvent dominés par ce préjugé c[uand ils insistent à di* verses reprises p^our que Jésus leur dise quand enfin il rétabli* i-a le rojaume d^Israël. La négation de Jésus de Nazareth par eux a donc quelque chose qui en atténue la gravité, et les mystères qui s'amassent sur la tête des enfants de l'Antique Loi sont autant de voiles qui les constituent en pénitence d'à* Veuglement; tandis que nous, nous ne pouvons nous retran* fher devant aucune de ces obscurités. Leur néo;ation de la
divinité de Jésus-Christ est un éclair foudroyant pour le mensonge de notre vie, et pour cette foi hypocrite et trompeuse dont nous avons la jactance de nous parer. Jésus-Christ est ce Dieu pauvre que les Juifs ont nié parce que la pauvreté pour eux était la preuve du châtiment : mais nous qui le divinisons à cause même de cette pauvreté élevée à l'héroïsme divin, comment nous justifierons-nous de cette adoration exti'rieure et publique que nous ne cessons de rendre à l'or et à tout ce qui affirme la richesse et le souverain bien-être? Si Jésus- Christ se fût fait roi de Jérusalem, s'il eût ceint une tiare d'un, de deux à trois millions, s'il se fût entouré d'hommes vêtus de pourpre et d'hermine, s'il eût fait construire un temple rempli de statues, de tableaux somptueux, de gracieuses et artistiques nudités, s'il eût ordonné des bâtons d'or de la hauteur de ses prêtres, et s'il fût entré dans ce temple splendide, accompagné d'une armxée de pontifes munis de ces grands lingots qui font ressembler nos évêques à des agents aurifères de la Californie, mais il n'eût éprouvé aucune contradiction, et il eût évité au vieux reste des enfants d'Héber cette tache que Rome a tant de fois voulu laver dans les brasiers de sa glorieuse inquisition ! Mais grand Dieu, quel contraste! pour payer le denier de l'impôt il faut qu'il fasse fouiller les entrailles de la mer, et qu'il paraisse aux regards des siens avoir besoin de cette misère. Fait-il des grands-prêtres?. . . hélas! non, il ne leur donne point un pareil nom; il fait des disciples! et leur intimant ses augustes volontés, non comme conseil mais comme loi, il leur dit : = « N'ayez ni argent, ni bourse, ni bâton (de bois), ni »' besace, ni deux paires de souliers. »• — Il montre dans une scène qui fait horreur et dégoût à toute âme un peu saine, ce qu'e.'^t l'or, et ce que sont ceux qui l'aiment et qui sont possédés de sa possession : le temple a de l'or, et il achette le malheureux, l'abominable Judas ! le temple a de l'or, et les princes du temple achettent par lui une âme, une conscience, un cri-
ine odieux, une Infernale damnatioîi ! le temple a de l'or, et les grands-prêtres de ce temple admettent la mort du Juste, la vie sans tache du plus saint et du plus pur des Prophètes! l'or du temple sert à corrompre, à mentir, à trahir et à tuer!
L'or du christianisme n'est pas plus saint que For payen. D'abord, quelle est sa source? lui vient-il du legs sacré de son adoi^able Fondateur? • — Non. — D'où vient-il donc? — Des idoles, des ennemis de Jésus-Christ !
Comme l'Ange de la Justice doit être impatient de renverser du bruit de son indignation tous ces comédiens qui se disent prêtres de Jésus de Nazareth, de l'auguste et divin Crucifié, et qui ne suent pas de remords et de honte de venir à l'autel de la Crèche et du Calvaire les mains souillées et remplies encore de cet or consommation de l'anathème de leurs devanciers et taché pour jamais de la corruption du malheureux Judas ! Ils n'entendent pas assurément les pierres du temple qui leur crient : — Infâmes, sortez! cette maison est la maison de Jc- " sus-Christ : ne venez donc pas y jouer sacrilégement vos rô- " les d'adoration, avec cet or maudit qui a soldé la trahison " d'un de ses disciples, les horreurs du prétoire et les douleurs " inouies du Calvaire ! »'
Ah ! mon jeune Ami, il n'y a qu'une Yérité, une sainte et éternelle Vérité ! Si Jésus-Christ est la connaissance, la vie manifestative de cette Vérité, de qui douterez- vous, des Juifs ou des Chrétiens ?
Non, mon Fils bien-aimé, non l'Œuvre divine de la Régénération ne s'accomplira pas comme par enchantement. Le temple actuel a plus d'or que n'en avait le temple antique; les princes des prêtres, les scribes et les pharisiens sont toujours les mêmes : mêmes passions, mêmes haines, même fureurs, mêmes colères, même hypocrisie! L'univers chrétien n'a fait qu'étendre les limites qui flattaient tant les enfants de la Judée. Mais l'horrible sacrilège de Jérusalem qui se trouvait circon-
scrit sous le simulacre de gouvernement prophétisant sa déchéance est dépassé aujourd'hui par nous : nous avons compromis toute la terre; nous l'avons saturée de notre responsabilité; nous l'avons faite solidaire non de la grâce et des mérites de ce Dieu pauvre qui n'avait point une pierre à lui pour reposer sa tête, mais du mépris que le Fils de l'homme doit avoir pour des impies qui l'invoquent chaque jour en méprisant sa divine institution, son choix divin et les moyens d'élection qu'il nous a légués par son adorable et vivant exemple.
Ah! cher bien cher Enfant, ne vous illusionnez pas sur une réussite d'apostolat au milieu de cette entente générale qui encercle le monde! Si le mal vous est montré, et si votre jeune cœur le comprend et en est effrayé, ne comptez pas sur de visibles succès ni sur d'éclatants triomphes; mais aussi ne vous laissez pas saisir, ne trahissez pas la Sagesse qui vous éclaire et qui veut vous arracher du cloaque! Il n'y eut, parmi tous les fiers captifs d'Israël, que trois jeunes hommes qui refusèrent d'adorer la grande statue d'or du roi de Babylone; et Dieu a conservé leurs noms dans le Testament de la grâce et de la vie. Tenez-vous droit! qui s'incline devant le mal, l'adore; et qui voit Dieu outragé, sa loi souillée, est forcé de se tenir à l'écart crainte de tremper dans le sacrilège que ne voient pas certainement tous ceux qui s'y livrent.
Adieu! aimez la croix, aimez Marie, et le Ciel ne vous fera jamais défaut : il vous bénira délicieusement, comme je suis heureux de vous bénir, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Élie!
Du Carmel, le 21 décembre 1854.
Londres.
L M. h QtlS ÎJT BEtSÎ
Mon bon Josepiï,
Vous avez agi avec sagesse, vous avez pris la marche l'a {)lus affirmante pour la suite de votre appel. Mon doux Ami^ votre lettre m'est entrée dans le cœur comme une de ces vivantes vibrations par lesquelles Dieu nous prévient de la certitude de ses desseins. Yotre âme est vaste, et votre conscience sent dans ses actes les divines profondeurs qu'elle est un jour appelée à sonder. Le Ciel vous a avoué dans sa cause suprême. Vous avez été éveillé de bonne heure pour assister^ presque endormi encore, au radieux lever de cet Astre divin qui commence chez les enfants des mortels les jours si nouveaux de la grande Ère nouvelle. Vous avez commencé votre vie intelligente, et. comme vous le dites si véritablement, les pas en arrière seraient une sorte de descente dans le puits de l'abîme. Vous êtes né dans cette loi transitoire qui enchaîna si longtemps la raison de l'homme pour unir toutes §es forces individuelles dans la souveraine puissance de la foi, et vous avez grandi assez vite pour bien comprendre que c'est ainsi qu'elle est arrivée à pouvoir soulever des montao;nes.
Mais cher Bien-aimé, l'âge du jugement vous est venu; la sève sacrée s'est pressée dans les rameaux de votre énergique vitalité; la cloche sainte a laissé tomber sur le front de vos brûlantes aspirations les sons clairs et distincts qui leur ont appris que l'édifice extérieur était achevé et que ceux qui n'avaient connu que ce travail, gigantesque sans doute, avaient subi la légitime extinction de leurs forces. Le temple intérieur demandait des vies nouvelles et des aptitudes différentes; mais
leâ intéressés de l'extérieur se sont assis sur les blocs de granit dont ils ne savaient plus que faire, et ils ont dit : « Nul n'en- V' trera travailler à cet intérieur tant que nous serons assis sur " ces pierres. Nous sommes la digue et l'écueil, et ceux qui *' oseraient nous approcher, nous les traiterons et nous les dé- " nonceroîls comme étant des flots échappés des océans divers i' au fond desquels se produisent et se développent les méchan-^ " tes et dangereuses passions. >♦
Les pauvres vieillards ne comprenaient pas que la Loi Chrétienne étant dans son essence une loi de grâce, de liberté et d'amour, il était indispensable qu'elle dominât toutes les entraves et qu'elle renversât toutes les digues, afin que le temple universel fût vu de l'universalité et rempli par toutes les suprêmes ardeurs de cette nature régénérée qui s'était trouvée formée et élevée sous les formes stationnaires de cette Grande Apostasie prédite par saint PauL
Ces hommes qui ne crovaient qu'à la génération des miracles et non au majestueux enfantement intelligent et spirituel, effet de la propre génération de Jésus-Christ j ne stimulaient leur vie et la vie de ceux qu'ils devaient enfanter que pour la nuit absolue et pour le tombeau. Ils ne comprenaient pas l'être vraiment chrétien, sans le voir toujours dans l'élioîant état d'enfance; Ils ne comprenaient pas l'énergie de la vie divine dans un autre exercice que dans celui de l'incessante confection des lisières. Ils élevaient toujours pour la mort, et ils tuaient sans pitié pour élever la dignité du sacrifice nouveau au-dessus de la valeur des boUcs et des taureaux, victimes désignées pour les symboliques sacrifices de l'Ancienne Loi. Nul parmi eux ne voyait cette mâle et vibrante virilité chrétienne qui était, comme l'a dit si parfaitement l'Apôtre des gentils, le but uni^ que de toute hiérarchie et de tout enseignement ecclésiastique. Aussi maintenant l'âme qui ne peut se ployer au surannisme des impositions sans contrôle est-elle traitée de criminelle et
de révoltée et devient-elle odieuse à ces vieux économes qui se croyaient pour jamais maîtres absolus de la pensée et de la foi. Hélas! ce glorieux pédagogîsme, mnlgré l'obscurité continuelle de sa vie intérieure^ malgré les bruines séculaires qui s'étendaient sur ses lois et sur ses fatigantes redites ne s'en voyaitpas moins toujours le possesseur de la parole divine et Tunique interprète de ses deux Testaments. Les rêves d^infaiîlibilité personnelle furent caressés avec toutes les voluptueuses caresses possibles à Timpuissance; on en vint, et de bonne heure, aux compotes opiumisées par l'intrigue; on usa bientôt de tous les soporifiques ordinaires; pois enfin on pratiqua et on fit pratiquer sur soi le n-iagnétisme et le galvanisme ; cette électricité mal diriçrée fit éclore ce aue l'on a nonmié le scliisme et ce qu'il faut comprendre être le prem.ier signal de Témancipation. Des rêves simples on en vint, par conséquent, au cauchemard; du cauchemard, an délire; du délire, à la fureur; et ce fut dans une de ces ignobles crises que s'éleva le bûcher de Jean Hus dont les cendres embrasées incendièrent tant d^glises dans la Bohème, et nécessitèrent ce terrible tocsin qui appela aux guerres religieuses, en même temps qu'il éveilla dans son lit monacal le héros de la réforme, le sauvage Luther.
Au lieu de l'amour que nous devions toujours avoir les uns pour les autres, nous nous exerçâmes à qui aurait plus de colère et plus de haine! Les échafauds se dressèrent comme à l'envi : l'Angleterre et la France firent assaut. La première goutte de sang qui jaillit en Angleterre, au nom du Christ, contre les fidèles à Rome, s'infiltra de la place publique jusqu'au troue sur lequel devait s'asseoir Charles premier, et elle se transforma un jour en hache dans la main d'un homme que l'on dut ap]^)eîer, pour la première fois peut-être, le bourreau royal. La tête du roi d'Angleterre appela en tombant la tête du roi Louis XVI, comme les massacres de la Saint -Barthélemi appelèrent dès leur temps les massacres de Septembre et
les noyades de Carrier. Terrible et inutile exemple de V-Acconi- })]issement des paroles de Jésus-Christ : = » Celui qui fijap-
" PEEA DU GLAIYE PERIRA PAR LE GLAIYE. »
Voyez, mon doux cher Ami, le monde catholique s'est tellement fait à ce feu des passions de ses ministres et de ses prêtres, qu'il croit que l'Église s'efface sitôt qu'elle ne crie pas, qu'elle ne traduit pas au pilori de ses soupçons ou de ses anathèmes quelques nouvelles victimes. Aussi pour satisfaire cette ignorante enfance, ses chaires d'instruction et de regénération ne servent qu'aux criailleries sur l'athéisme de Toltaire, sur le déisme de Rousseau, sur le trilogîsme de Quintus x\ucler, sur les philosophes du Collège de France, sur le rationalisme de ceux-ci, sur l'incrédulité de ceux-là. Et au milieu de toutes ces histoires, de tous ces commérages, la science civile fait son chemin, et la science divine s'embrouille de plus en plus, au point de faire des décrets dans lesquels elle est forcée d'avouer ceci : — " Je dis ce que je dis, mais je ne sais " pas ce que je voudrais dire î «
Le nerf chrétien est totalement détendu; le ministère sacré n'est plus sacré du tout : c'est tout bonnement et tout simplement une position, un moyen; c'est une démarcation sociale qui renferme, et fournit à ceux qui s'en revêtent, une sécurité pour le bien-être de la vie présente et une superbe incrédulité sur tout ce qui concerne la vérité et la réalité de la vie future.
Regardez, cher Bien-aimé, qu'est-ce que l'évêque de Rome avec son titre de pape et sa couronne d'iNFAiLLiBiLiîÉ ? C'est une sorte de constitution dogmatique qui représente la paix religieuse au p)rofit de la paix ou de la guerre entre les rois ; son prestige n'est plus que celui d'un vieillard qui occupe le siège le plus honorable et le plus innocent de tout l'occident ; ce n'est déjà plus un fait, mais simplement un principe; ce n'est plus qu'un symbole dans lequel on comprend la décrépitude du passé et l'indispensable unité prophétisée pour l'avenir; c'est
un antique souvenir auquel les intéressés s'efforcent de rendre en éclatants hommages ce qu'il a perdu en suprême autorité.
C'est pour cela, cher noble Cœur, que le Ciel a voulu des témoins de ce grand passé pour la consécration de la greffe nouvelle; c'est pour cela, cher Bien-aimé, qu'il faut des rouages neufs, des aspirations libres et des coeurs virils. Ah! qu'ils sont à plaindre ceux qui ne voient Dieu qu'au fond de la tombe ou dans la mâchoire des vers î qu'ils sont à plaindre ces hommes qui ne sentent la générosité et le majestueux pouvoir d'un Dieu que dans une impitoyable succession d'anathèmes ! Pauvres dégénérés, il faut qu'ils aient fait un bien fatal abus de la Loi de Jésus-Christ pour qu'elle n'ait servi qu'à corroder leur âme et à endurcir leur pauvre cœur ! N'est-ce pas là le terrible résultat de ce qu'avait prévu St Paul en disant : = " La cité de Dieu s'est mêlée avec la cité des honnnes, et elle " s'est souillée par ce triste et coupable mélange. «
Je vous quitte, cher Enfant bien cher. Mon âme regarde du côté de Dieu, parce qu'elle attend la vôtre. Le temps du Seigneur est plus proche que nous ne le crojons. Les armes ne sont pas toujours parfaites quand elles sont forgées ou trempées trop précipitamment. Béni soit le jour où vous repasserez la Manche; bénie soit l'heure où je vous reverrai dans le saint des saints en présence de Celui qui vous a appelé!
Adieu. Je vous ofii'e au Tout -Puissant pour que vous soyez sa gloire dans la gloire du nom qu'il vous a donné. Adieu. Souriez à la grâce, et ouvrez votre âme aux chastes et suprêmes influences de la vie sainte, de la vraie liberté et de fin-domptable amour. Amen*
Êlie!
Du Carmel, le 8 février 1855.
J. M. J» QUIS UT DEUS
Omolthael,
Nous les avons entendus crier la connaissance dissimulée de leur crainte et de leur faiblesse : ils sont tombés sur l'étroite voie du passé; et n'ayant pas même l'énergie de tenter leur relèvement, ils s'usent à crier à ceux qu'ils voient marcher la grande et spacieuse voie de l'avenir : Vous êtes perdus! yoUS ÊTES PERDUS I — Comme leur force s'est éteinte I comme leurs membres sont atrophiés ! Il y a quelque temps encore ils se dressaient en face des grandes barrières qu'ils nommaient inexpugnables et éternelles. Mais l'heure de la Volonté divine les brisa elle-même. Au milieu de cette nuit qu'ils aiment et qu'ils adorent, elle fît entendre sa voix, et toutes les nations comme tous les peuples entendirent, et tous les hommes s'empressèrent de toucher à cette voie sur laquelle resplendissaient, comme une sainte aurore, les chatoyants rayons de la glorieuse étoile de la liberté.
Le monde se divisa en deux, ayant de chaque part une grande feuille évangélique : l'une d'elles portait le nom de Paul ; l'autre le nom de Jean. L'armée de Paul portait l'épée sur laquelle l'ardeur juive avait buriné les ordres antiques qui menaçaient Damas. L'armée de Jean, sur un guidon de belle écarlate, portait, comme signe de sa force et de son autorité, les dernières paroles de l'apocalyptique Apôtre : =^ Enfants des hommes, qui que vous soyez, aimez-yous les uns les autres.
Les hommes de Paul avaient dans leurs ranofs des femmes qui étaient ce que sont, partout où règne l'esclavage, les malheureuses femmes : un triple voile les enveloppait et elles étaient enchaînées par la souveraine maîtrise de leurs époux et de leurs pères; le silence était leur droit aux assemblées
de leurs frères ainsi qu'au temple de leur Dieu. Une hiérarcliie suprême formait la tête de cette armée. Un grand prétoire était porté par ces hommes belliqueux comme autrefois fut portée l'Arche sacrée de Jéhovah. Sur les cornes de la table de ce prétoire chrétien étaient écrites différentes devises, celleci surtout en lettres majuscules semblait être la reine de toutes les autres : — De notre propre autorité nous litrons à Sa-
THAN, POUR ÊTRE TOURMENTE ET MOURIR DANS SA CHxUR, LE COU- PABLE DE CORINTHE !
Dans le camp des Joannistes il y avait un autel; un Agneau était étendu sur la table du sacrifice, et au-dessus de l'autel on lisait cette devise : — J'ai pris pour moi le sacrifice, aein