‹ Le glaive sur Rome et ses complices!Chapitre 33 sur 35 · O CD · texte numérisé non relu

O CD

et intrépide Michaël est descendu des cieux le crier au désespoir des hommes; — et le cœur divin de Jésus-Christ doit s'ouvrir comme une arche d'assurance à toute âme et à tout cœnr qui porteront leurs regards vers les complaisances éternelles dont le cœur de la Vierge immaculée pure et sans tache est, après le cœur de son divin Fils, le principal et le plus admirable objet.

Plus de schismes, plus de dissidences; une sainte et sage fraternité en Jésus-Christ, une seule Église, un seul pasteur, un seul troupeau, des cieux nouveaux où le cœur de l'homme goûtera les fruits du pur et divin amour remplaceront ces cieux grossiers et délétères que s'étaient faits, sur le bonheur de l'homme, toutes les passions humaines; une terre nouvelle où la paix et la justice habiteront; consommation du crime et de l'iniquité; régénération générale et triomphe du bien . . .

Voilà, M. l'abbé la plus imparfaite esquisse de ce que vous me demandez . . .

Pierre Michel t

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J. M. J. QÎJTS UT DEUS!

MoNSIEUKj

J'ai reçu votre lettre comme autrefois Jean Baptiste recevait ceux qui le venaient trouver dans son désert, afin de connaître de qui il était l'envoyé, et quels étaient ses enseignements. Comme de son temps, Monsieur, la terre est tout entière dans un épouvantable esclavage; le sceptre de l'impiété s'étend sur l'univers, comme alors s'étendait sur le royaume de Juda le sceptre impie du farouche et cruel Hérode. Les hommes ont cru de nouveau que le Seigneur sommeillait; l'Eglise elle-même, la fiancée céleste, l'a cru la première. Comme les fils de Jacob et comme Jérusalem, la race chrétienne a mérité le châtiment. L'indignation du Très -Haut est d'autant plus grande et elle sera d'autant plus terrible que c'est en cette race qu'il a placé son marchepied. La honte de l'homme Dieu est complète, rien n'a été épargné pour outrager sa morale et sa loi, pour insulter à sa miséricorde et pour lui rendre, en tout, autant de haine qu'il a donné d'amour.

Yous m'écrivez. Monsieur, pour mettre à profit les paroles du Tout -Puissant, que je dois vous répondre; prenez garde! avant de m'entendre, il faudrait me bien coimaître. Prenez garde! car on n'est pas coupable d'ignorer les secrets de l'Eternel, et on le devient souvent après les avoir connus. Vous n'avez peut-être entendu qu'une voix amie vous parler de l'Œuvre divine dont Dieu m'a fait l'organe; avant d'entrer dans cette grave matière, je veux moi-même. Monsieur, vous dire €e que vous apprendrez bientôt.

Jésus nous dit dans le Saint Évangile : = « Jean est rKKïï >• NE MANGEANT NI NE BUVANT ET ceux qui ne Veulent pas l'en- " tendre disent : Il est possédé du démon. « — Jésus ne détaille pas toutes les calomnies ni toutes les horreurs qui étaient vomies, par le pliarisaïsrae et par le temple, contre la personne de Jean Baptiste; il résume le tout dans ce que l'on peut imputer à un homme possédé du démon. — De même aujourd'hui, le temple et les pharisiens qui n'ont pas voulu m'entendre détaillent toutes les impuretés, tous les vices, toutes les monstruosités qui peuvent établir la possession d'un homme par l'esprit de mensonge et d'impureté. Ainsi malgré les cheveux blancs dont je suis entouré, malgré les noms vénérables et sans reproche de ceux que l'Esprit de Dieu a placés près de moi; malgré la vie la plus exemplaire suivie par ceux que le Seigneur instruit par ma voix et mes écrits, il n'est pas, dans le vocabulaire de l'infamie, un mot odieux qui n'ait été appliqué à notre dénomination, et, ce qui est le plus déplorable, à l'Œuvre de Dieu elle-même. — Interdiction pour les prêtres que le Ciel a confirmés dans l'auguste vérité de cette divine Œuvre; - interdiction des sacrements pour ceux qui en font partie; - refus même de sépulture chrétienne, jeunes hommes ou vieillards ; - haine implacable contre tout établissement qui s'en est occupé; - vengeance sale et ignoble contre ceux qui résistaient et qui défendaient la justice et l'honneur de leurs convictions.

Je suis en exil, et j'ai avec moi pour compagnons, exilés comme moi, cinq prêtres l'édification de leur diocèse, des vieillards et quelques autres proscrits dont l'âge passe la quarantaine; le plus jeune est mon fils exilé comme moi et à cause de moi.

Comme Jean Baptiste je vis dans un vaste désert, et ceux qui y vivent avec moi ressemblent aux disciples du Prophète Précurseur. Ah! vous n'aviez peut-être pas mesuré, avant de

m^^^crlre, cette vaste compromission du caractère prophétique! • — Si Jérusaleui a tué les siens, l'héritière de Jérusalem n'a cessé de poursuivre aussi et de tuer, soit par le glaive caché ou par ie p<jison silencieux, ceux qui venaient, comme au temps de Jérusalem, importuner ses fraudes et son sommeil. Si parfois elle s'épargnait le fer et le poison, c'est qu'elle était certaine que ses calouniies étaient plus fortes, qu'elles atteignaient avec plus de sécurité les malheureux exposés à l'ordre de ses vengeances.

Vous avez désiré être prêtre, vous. Monsieur! Dieu vous a plus aimé que vous ne vous aimiez vous-même; il a dû sans doute vous trouver un bien beau et bien bon cœur, pour vous avoir soustrait à ce châtiment au-dessus de tout ce qu'il nous est possible de connaître. Vous ii'êtes pas prêtre selon l'ostensîbilité de ce fonctionnarisme actuel! c'est que le Ciel a voulu conserver intacte une âme qu'il connaissait et la garder pour dus jours plus [)urs, plus saints et plus vrais. Ah! bénissez Dieu, bénissez-le de toutes les puissances de votre être de ce qu'il vous a assez aimé pour vous avoir sauvé des. eaux de co terrible déluge, Yous êtes un homme, et un homme chrétien, cela vous constitue un droit et un sacerdoce par lequel vous rendez pln.s de gloire au Seigneur que si vous étiez prêtre connue le sont, aujourd'hui, la très-majeure partie de ceux qui portent ce nom.

Vous n'êtes pas prêtre! mais dans ces liens sacrés que vous avez contractés, quelle noble et sainte mission est devenue la vôtre! Tout homme baptisé a reçu l'onction divine qui donne droit à l'offrande du sacrifice. Oh! les chrétiens ont aujourd'hui une part bien solennelle à accomplir dans l'unique caractère que leur a donné le saint baptême qu'ils ont i-eçu : — Pleurer sur le prêtre d'aujourd'hui, offrir au Seigneur une réparation constante et sentie pour tant de profanations et de sacrilèges qui se produisent chaque jour là où la bénédiction et la grâce

devraient être sans cesse départie. — Ahî vous n'êtes pas prêtre! auriez-vous voulu l'être au temps où les pontifes de Jérusalem achetaient la vie de l'Innocent pour le livrer aux atrocités du prétoire et aux sanglantes fureurs du Golgotha? auriez-vous voulu être prêtre de ce temple dans lequel le Fils du Dieu vivant dédaigna de pénétrer? car, vous le savez, il n'entra jamais que dans les parvis : une fois dans celui des gentils, pour en chasser les vendeurs et les changeurs de monnaie que les grands-prêtres et le souverain sacrificateur y toléraient et y autorisaient pour cause de lucre et de cupidité. Toutes les fois qu'il pénétra dans l'autre parvis qui était celui des circoncis, il ne passa pas outre. — Eh bieni Monsieur, le temple chrétien a sur lui des montagnes de crimes que n'eut jamais le temple des successeurs d'Aaron. Ahî Dieu avait arrêté ses regards sur vous; vos jeunes désirs ne lui étaient pas étrangers; vous n'avez pas souhaité une chimère : un jour, si vous êtes fidèle aux saintes inspirations de la grâce, vous offrirez, sur un autel agréable au Seigneur, le sacrifice qu'il a le droit d'attendre de ses plus chères créatures.

Je suis marié. Monsieur, et l'Éternel uj'a conduit lui-mêii\e à l'autel et m'a montré comment je pouvais lui offrir un sacrifice dio-ne de répondre à celui dont sa tendresse et son amour m'ont donné l'exemple; jugez. Monsieur, si j'ai droit aux colères et aux fureurs! jugez s'il n'était pas de mon devoir do vous éclairer sur les gravités qui constituent le caractère prophétique dans lequel le Ciel a daigné m'établir!

Je ne suis plus un homme venant dire : Vous aurez tels ou tels orages; vous aurez tels ou tels fléaux; le Seigneur crie contre les profanateurs de son jour! non, je dis : = « Temples " et trônes, peuples et nations, vous vous êtes perdus les uns " par les autres; vous vous êtes ri de la patieiice de l'Eternel; » vous avez cru qu'il sommeillait, et qu'alors l'impunité vous " était acquise. Eh bien! vous vous êtes trompés! vous allez

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" recevoir tous les fléaux que méritent ceux desquels Dieu a " détourné la têteî — Yotre dieu l'egoïsme, votre temple la » MAISON d'ob, vont être nojés dans le sang! Tous les maux » vont fondre sur vous; nul châtiment n'aura égalé le vôtre! » Montagnes d'orgueil, la Crèche va vous écraser! Fils de la » Croix qui avez depuis si longtemps répudié votre mère, le " Dieu fort va la délivrer des signes de folie dont vous l'avez » couverte; elle va elle-même se changer en glaive, et elle " sera sourde à vos douleurs! Insensés, insensés qui avez cru » que vous arrêtiez le bras du Seigneur, parce qu'il vous per- " mettait d'atteindre ses envoyés, ses prophètes ! malheureux >' qui ne vouliez que des louanges et des récits de songes men- " teurs vous flattant et vous adorant, ah! vous tomberez sans " avoir une main amie pour vous soutenir; votre foi ne se ré- " veillera pas, votre illusion durera encore, bien que le glaive >' ait atteint votre poitrine! Vous avez voulu l'homme, ses pas- " sions, ses cupidités, ses égoïsmes; vous lui avez pris tout " cela sans lui rien donner en échange, aussi sa colère sera " sans borne : il vous atteindra sans foi; il vous frappera sans " pitié; il vous profanera sans remords, car vous n'avez pas >' conservé un seul signe du caractère divin qui vous devait " rendre précieux au Seigneur. — Chrétiens, vous avez perdu " vos prêtres, et vos prêtres ont cessé d'être les hommes de " Dieu, ils se sont fait gloire d'être ce que vous étiez vous- » mêmes. »

Monsieur, ne vous attendez pas seulement à une de ces révolutions qui brisent un coin de l'édifice et qui replâtrent tout le reste en reconstruisant ce qu'elles ont abattu; non, cette fois c'est un déluge, cette fois c'est le jugement, cette fois c'est la mort !

Votre lettre. Monsieur, m'a paru dans toute sa vérité être une de ces lettres et venir d'un de ces hommes auxquels il était de mon devoir de répondre comme homme de Die\j. : je

l'ai fait. — Maintenant pesez et réfléchissez. Si vous cherchez Dieu, si vous l'aimez, projetez vos regards autour de vous; soudez le monde dans lequel vous vivez; regardez Jésus-Christ dans sa vie et dans sa mort, regardez-le comme il s'est donné lui-même, c'est-à-dire le modèle d'une génération qu'il venait enfonter; puis demandez-vous combien de vrais christs habitent notre terre, combien de prêtres sont les vivantes copies du Rédempteur. Vous saurez alors si vous devez me récrire, et s'il vous est nécessaire de pénétrer plus avant dans cette tente de salut et de secours qui se nomme avec tant de justice : l'œuvre divine de la miséeicoede.

Puisse le Ciel ne pas vous cacher sa lumière; puisse la vérité éprendre tous les nobles sentiments de votre cœur! A cette fin je vous promets que nous prierons pour vous, vous demandant de faire de même pour nous. Que la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous, et que sa divine bénédiction enveloppe votre esprit et votre foyer. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Pierre du Seigneur t

ÉLIEÎ

Du Carmel, le 31 octobre 1853.

Londres.

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