‹ Le glaive sur Rome et ses complices!Chapitre 8 sur 35 · DE JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

DE JESUS-CHRIST

Le Seigneur humiliera cette ville superbe: il riiumiliera en la jetant par terre, et il la fera descendre jusqu'à la poussière.

Isaïe 26. 5.

Auparavant, Elle doit venir.

Matth. 17. 11.

j. M. J. QUIS UT DEUSÎ

Théomydhaël,

Les enfants d'Israël ont attaché leurs harpes aux saules pleu« rants des rives de Babylone. Pharaon radieux regarde, de? tours de ses palais, ces milliers de familles dont rassujétisse-iiient r(^joiiit les cruautés de son orgueil: ces vies atropliiée?

êemblent attester la force de son royaume ; ces six cents mîîîe esclaves sont une enseigne de son puissant pouvoir! L'Egypte est fière aussi: ses remparts deviennent formidables; ses forts se multiplient; ce royaume ne peut plus rien craindre. Les nuits de Pharaon sont pleines de doux songes , ses jours se passent en fêtes et en festins !

Mais voilà qu'en Horeb le Très-Haut appelle un jeune pâtre; l'humble enfant de Jéthro sent déjà dans ses veines roulerle sang d'un prophète; son front se dessine comme celui d'Adam aux jours solennels de sa glorieuse et édénale législation; sa poitrine s'emplit d'une vie que ne connurent pohit Noé ni le grand Abraham; le cœur du Berger va s'agrandir comme le cœur d'un héros! L'Éternel le saisit au fond de sa conscience, il lui montre ses crimes, il les lui pardonne; mais il lui impose, pour la mort d'un homme, une grande et difficile délivrance: pour se laver du sang homicide, il faut qm'il fasse un grand peuple; il faut qu'il violente le grand roi de l'Egypte; il faut qu'il commence une nation indépendante, avec six cents mille esclaves arrachés par lui au joug qui les opprime !

L'enfant sauvé des eaux arrête ses pieds sur la montagne sainte. Le buisson qui brûle sans se consumer semble porter ses ardeurs dans cette âme hésitante! L'Éternel ordonne: le front du pâtre s'incline, son âme et son cœur disent oui ! il part, ses pieds bientôt s'arrêtent dans la ville royale; ses regards bientôt luttent avec ceux de Pharaon: le bandeau d'orgueil du superbe despote pâlit son éclat en face du mandat divin que porte sur son front le jeune et volontaire libérateur; les nuits du grand palais ont perdu de leurs charmes; la magie féroce perd de son éclat! plus d'une fois le roi appela près de lui ses plus fiers capitaines: = Ne suis-je pas toujours, leur demandait-il, le grand roi de l'Egypte, le puissant Pharaon? ( les despotes, toujours, sont soumis à ces angoisses aussitôt que vient en leur ro3-aume un envoyé de Dieu. ) Souvent il ap-

pela aussi ses hauts savants, ses prêtres et ses prophètes. ( Il n'y a que sa conscience qu'un tyran n'appelle jamais. ) Chaque jour, au souffle de l'envoyé divin, s'effaçaient un à un les fleurons altiers du royal diadème; chaque jour se brisait un chaînon d*es chaînes des esclaves que la voix de Moïse allait enfin délivrer.

Une nuit Pharaon vit son âme en face de sa conscience : elle était si hideuse, sa conscience si terrible, qu'il cria à réveiller ses innombrables gardes! il crut sentir les dents du remords s'enfoncer dans son cœur ; il crut sentir son front brisé par un passé de honte que lui lançait sans pitié sa fausse prévoyance. Tout le monde l'entoure; ses yeux sont hagards: = Qu'est-il donc arrivé?

= Les fils d'Israël ne sont plus vos esclaves; cet enfant des montagnes, que vous avez épargné, lésa tous délivrés par un art tout-puissant: ils emportent ensemble de superbes richesses: colliers, bracelets d'or et vaisselle d'argent!

La noire confusion alors battit des ailes; elle plana sur le palais, l'insultant de ses rires moqueurs. Un homme de vraie foi, un homme confiant en Dieu avait lié le roi, et délié ses frères; le proscrit venait de fiiire une patrie, et d'enfanter un peuple vivant en liberté!

Le despotisme jamais n'assure parfaitement sa puissance: Dieu est le Dieu du faible , son bras brise les forts ; le Ciel est sans pitié pour les dominateurs . En maîtrisant leurs ]3euples ces hommes cessent de croire qu'ils soient encore des hommes , et ils ne tardent pas à se croire des dieux! Quand l'absolutisme s'empare des empires, il mange le cœur aux rois et aux empereurs; les princes et les grands, le commerce et la guerre , le prétoire et l'autel sont soumis à une seule voix; le peuple n'est plus rien; l'état, s'il est grand, est un grand temple où il n'y a de loi, de droit, de Dieu que l'empereur. L'Éternel s'oublierait s'il ne châtiait alors cette idolâtrie sacrilège! Il est

le Dievi unique: les martyrs ne sont morts que pour soutenir qu'il ns peut y en avoir plusieurs.

Au milieu du désert, près des bords du Jourdain, un homme presque nu, se nommant Jean Baptiste, criait à l'univers:

= Abattez ces montagnes qui insultent au Seigneur, qui enserrent iniquement ses plus chères creatures; abattez

CES REMPARTS QUI RESSEMBLENT À L'ÉgYPTE MAUDITE DU TrÈS- HaUT; faites disparaître toutes ces voies TORTUEUSES QUI ÉGARENT ET QUI PERDENT LES ENFANTS DU VRAI DiEU; NIVELEZ DE TOUTES parts: c'eST LE DROIT QUE LE CrÉATEUR AVAIT DONNE À SES CHÈRES CRÉATURES ; COMBLEZ CES VIDES AFFREUX QUI FONT ÎVIENTIR LA JUSTICE DU SeIGNEUR: POURQUOI CES BAS SENTIERS

pour les uns, et ces insolentes élévations pour les autres?

Univers, prépare-toi! car l'homme de justice est venu. Terre, convertis-toi! Homme, fais pénitence, abats ton propre orgueil, ou Celui qui vient te désignera au courroux de son Père! Peuple choisi de Dieu, toi qui as reçu sa loi, et qui fus consacré pour étendre partout ta sainte indépendance, n'attends pas que les montagnes tombent d'elles-mêmes; car alors elles tomberont sur toi, et elles t'écraseront!

César et ses soldats avaient en leur pouvoir presque toute l'Asie; Rome était le mont de la force, et chaque romain semblait être un géant. Le vieux temple d'Aaron se riait, dans son cœur, du Prophète sauvage; ils disaient: = C'est un fouî cet homme à peine vêtu est un fils du démon!

Un grand bruit se répandit dans toute la Judée: — Un jeune et beau Prophète parlait et enseignait. Ses discours, disait-on, dépassaient toute science; d'une seule parole il courbait les docteurs, et ses intelligentes satires faisaient rugir les pharisiens. Il n'était pas, comme Jean, vêtu de poil de chameau: ses vêtements étaient presque essénianiques . Il était plein de f>-râce, et tout son ensemble était rempli de majesté. Mais, comme Jean, il disait: = Il ne doit plus y avoir deux

Î^ÔIDS ET DEUX mesures! L*H0MME DIGNE AUJOURD'HUI, L^HOMM'S VRAIMENT VÉRITABLE EST CELUI QUI QUITTE TOUT POUR s' ATTACHER

À LA CAUSE GENERALE. Il dit au peuple: Il Y A des tolelt^îs

DANS CE temple SACRE QU'ORDONNA MON PÈRE ; SUR LE TRONE

d'Israël, vous n'avez qu'un renard! Il dit: Tout ce qui do- Mine n'est que lucre et mensonge: ceux qui ont pris l'auto^

RITE sont maîtres, ET LES PRINCES QUI GOUVERNENT IMPOSENT LEUR EMPIRE. MaIS, QUE SERT CE QUE JE VOUS ENSEIGNE? N'ÊTES- VOUS PAS CES ÊTRES DONT PARLE ISAÏE: " VoTRE CŒUR s'eST APPESANTI SOUS VOS COUTUMES; VOS OREILLES SE SONT ENDURCIES DANS l'oppression OU VOUS VOUS ÊTES HABITUES; VOS YEUX SE

sont fermés de sorte que vous ne voyez plus. vos oreilles n'entendent plus, et vos cœurs ne comprennent plus: ils auraient PEUR MÊME DE SENTIR ET DE COMPRENDRE; PARCE Qu'iLS

seraient forcés d'implorer leur délivrance, et de s'unir à

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