‹ Le glaucome congénital et son traitementChapitre 51 sur 56 · V. — LA CYCLODIATHERMIE · texte numérisé non relu

V. — LA CYCLODIATHERMIE

a) LA CYCLODIATHERMIE PERFORANTE.

Partant de la conception selon laquelle la destruction du corps ciliaire devait, en diminuant la source de l'humeur aqueuse, abaisser la tension oculaire, WEWE, LARSON, AMSLER, WAGNER et surtout VOGT préconisèrent la ponction diathermique du corps ciliaire.

BENNER procède selon la technique de VOoGT, faisant la ponction diathermique en arc de cercle de 3 h. à 9 h., la conjonctive étant disséquée jusqu’à l’insertion des muscles, il pratique cent à trois cents piqûres en partie perforantes, en partie non-perforantes, au delà de 2,5 mm. en arrière du limbe.

En 1949, THOMAS, CORDIER, ALGAN rapportent douze observations totalisant vingt-deux yeux buphtalmes; les résultats tensionnels et fonctionnels furent satisfaisants, cependant ils préconisent cette technique seulement après échec d’une fistulisation, ou sur des globes où la maladie est déjà très évoluée.

Ces auteurs respectent la même technique que VoGr.

REDSLOB la modifie un peu, en voici son résumé. Il fait au limbe, à 2 mm. du bord de la cornée à travers la conjonctive, une série de huit perforations diathermiques, deux dans chaque quadrant avec une aiguille de 1 mm. de longueur, la durée d'application est de une à deux secondes. REDSLOB n’a jamais vu de complications et il considère cette opération comme celle de choix dans le traitement de l’hydrophtalmie. Il décrit trois succès selon cette méthode.

b) LA CYCLODIATHERMIE NON PERFORANTE.

WEEKERS écrivait dans les Annales d'oculistique de 1947 : « Au moyen de l’électrode diathermique non perforante, on obtient des effets hypotenseurs qui ne le cèdent en rien aux effets de l’électrode perforante, celle-ci par contre est plus mutilante. Les perforations ne sont pas indispensables, elles ont des effets nuisibles, elles exposent davantage à des complications. »

« En multipliant, en répétant les applications, en intensifiant le courant, on peut au moyen de ia cyclodiathermie non perforante hypotoniser le globe oculaire en quelque sorte à volonté. »

KLUYSKENS précise la technique de WEEKERS appliquée au glaucome congénital : « Simple et non sanglante, elle s'effectue au moyen d’une électrode pyrométrique très fine de 0,75 mm., celle-ci est placée douze à vingt fois à travers la conjonctive à 7 mm. du limbe, circulairement entre les insertions des muscles droits. Le courant diathermique est lancé dans le circuit durant quinze secondes et doit produire une température de 90°; il est important, pour obtenir une bonne coagulation, que la température monte à 90° en l’espace de trois secondes. On peut aussi utiliser l’électrode pyrométrique de Coppez, mais, étant donné qu’elle est plus large, les applications seront moins nombreuses et la température ne pourra pas dépasser 80°. »

Malgré l’opinion des partisans de la cyclodiathermie perforante qui par une mise au point plus judicieuse de leur technique écartent maintenant la fréquence des accidents hémorragiques, troubles trophiques de la cornée, cataracte, atrophie du giobe, il nous semble qu'il est logique de préférer la cyclodiathermie non perforante de WEEKERS, opération non sanglante et facile à renouveler. Mais elle ne devra pas se substituer à l'iridencleisis, car cette méthode normalise dans une plus

grande proportion la tension oculaire; donc, elle sera soit complémentaire si les résultats sont insuffisants, soit réservée aux glaucomes congénitaux évolués avec mauvaise acuité visuelle, ectasies, cornée opaque empêchant la réalisation d’un iridencleisis et demandant encore une intervention hypotonisante.

Concluons avec WEEKERS : « Nous nous sommes rendus compte rapidement que les résultats de la cyclodiathermie non perforante sont inférieurs à ceux qu’on obtient au moyen de l’enclavement irien. Cette dernière intervention nous paraît la meilleure et la plus indiquée dans le glaucome infantile, les résultats en sont plus ou moins favorables, inévitablement, parce que les désordres anatomiques dans cette affection et les anomalies congénitales qui l’accompagnent diffèrent considérablement d’un cas à l’autre. En cas de lésion, la cyclodiathermie non perforante constitue un traitement d'appoint utile quand l’enclavement s’est montré insuffisant, en ce sens que la tension oculaire n’est pas descendue à un niveau normal

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