OBSERVATION X
Glaucome chronique O. G. - Glaucome subaigu O. D. Pas d'amélioration par le traitement chirurgical Amélioration par le traitement anti-syphilitique
(ABADIE, Soc. d'ophtalm., 21 janvier 1922)
M°° G., 43 ans. Pas de maladies dans l’enfance, son père est mort à l’âge de 58 ans d’une affcetion cardiaque. Sa mère vit encore, elle a fait plusieurs fausses couches, dont une de deux jumeaux. La malade n'a qu'une sœur, âgée de 45 ans et bien
portante. A l’âge de 13 ans, elle commence à éprouver de violentes douleurs dans l'œil gauche avec affaiblissement rapide et considérable de la vision de cet œil. À la suite d'une opération dont la malade ne peut donner aucun détail, les douleurs cessent et la vision revient. Sept ans après, à l'âge de 20 ans, réapparition des mêmes accidents, qui cèdent de nouveau à une nouvelle opération pratiquée sur le même œli et sur laquelle encore les détails manquent. Accalmie pendant sept ans, puis, à l’âge de 27 ans, récidive analogue aux précédentes, la malade est alors opérée une troisième fois. À la suite de cette dernièr oepération, les douleurs cessent comme d'habitude, mais la vision, qui s'était relativement bien conservée jusqu'alors, commence à décliner progressivement et finit par disparaître complètement. La 1malade ne souffrait plus et considérait son œil gauche comme définitivement perdu. Subitement, en avril 1920, 27 ans après l'apparition des premiers accidents sur l'œil gauche, les mêmes attaquent son œil droit, douluers violentes, perte rapide de la visoin. On diagnostique un glaucome subaigu mais avec une tension élevée. Une iridectomie est pratiquée, immédiatement la douleur cesse, la vision revient mais, au bout de quelques jours, elle commence à faiblir progressivement, au point que cette malade se trouve incapable de se conduire seule. On commence alors à pratiquer les injections intra-veineuses de cyanure de mercure et, au bout de trois mois l’acuité visuelle, qui n'était plus mesurable, commence à augmenter. Depuis avril 1920, le traitement n’a jamais été interrompu et la vision n'a pas cessé d'augmenter. La malade peut vaquer à ses travaux du ménage, elle commence même à pouvoir lire et écrire. À l’ophtalmoscopé, présence d’une double atrophie des nerfs optiques avec excavation glaucomateuse typique, mais pas la moindre trace de chorio-rétinite.
Observation intéressante à plusieurs points de vue:
1° En raison de l’âge du sujet, 43 ans.
2° Absence de signes ophtalmoscopiques pouvant révéler
une chorio-rétinite, on ne peut, par conséquent, porter ici le
diagnostic de glaucmoe secondaire.
LLAER
3° Syphilis héréditaire probable: l'examen sérolos‘que n’a pas été fait, mais les nombreuses fausses couches de la mère doivent faire soupçonner la spécificité.
4° Influence du traitement spécifique: amélioration très nette et incontestable après le traitement hydragérique.
OBSERVATION XI (personnelle)
Glaucome chronique simple chez un hypermétrope S'yphilis diagnostiquée et traitée
Homme de 51 ans, employé de commerce, hypermétrope fort. Bonne constitution, pas d’antécédents spécifiques héréditaires. A l’âge de 21 ans, chancre syphilitique suivi de roséole, traité par le biiodure de mercure et les frictions. Le malade s'est marié et a un enfant bien portant.
Traité à l’hôpital pour hypermétropie en 1917. La vue ayant fortement baissé, le malade consulte de nouveau en 1920. À ce moment, le M. le professeur Rohmer porte le diagnostic de glaucome et veut pratiquer une opération sur l'œil gauche. Le malade refuse l'intervention. M. Rohmer prescrit des myotiques. L/an dernier, à la suite d'une erreur dans la préparation à instiller dans les deux yeux, la pilocarpine ayant été remplacée par de l’atropine, le malade fait une poussée de glaucome aigu avec tous les signes classiques, rougeurs, larmoiements, etc. M. le docteur Vernier, qui voit le malade, prescrit des myotiques; depuis cette époque, le malade instille journellement de l'ésérine ou de la pilocarpine dans les deux yeux et suit régulièrement un traitement anti-syphilitique (mercure, arsenic et bismuth).
Examiné en avril 1924, le malade accuse une amélioration très nette de son glaucome depuis 1917, amélioration interrompue un instant par la poussée aiguë due à l’instillation d'atropine, mais qui s’est accentuée depuis que le malade a été vu par M. le docteur Vernier.
Examen des yeux: O. G. iris légèrement boursouflé, pas de
synéchies. ,..aminé à la lampe à fente, l'iris gauche présente un bord légèrement crénelé. Cataracte (mauvaise projection) malgré l'opacité du cristallin, le fond d'œil est visible, la papille est exc.vée, grisâtre, pas de lésions perceptibles du fond d'œil. Le champ visuel est rétréci dans l’ensemble, ne dépassant pas 40° du côté temporal et 30° du côté nasal. V. O. G. compte les doigts à 75 c/m. PROG —=188m/m H::$. Schiotz).
O. D. pupille normale, iris normal, fond d'œil normal. Champ visuel légèrement rétréci du côté nasal. T. O. D. = 45 m/m H. g.
Examen de l’état général: Deuxième bruit du cœur légèrement claqué à la base. Tension artérielle (Pachon) 19-10.
Glaucome chronique simple bilatéral chez un hypermétrope, syphilitique soigneusement et régulièrement traité, qui refuse toute intervention anti-glaucomateuse et dit avoir été amélioré par le traitement médical. Les fonds d’yeux ne présentent aucune lésion perceptible; l’examen de l’appareil cardio-vasculaire révèle une légère sclérose des sigmoiïdes aortiques. Il y a également une hypertension artérielle manifeste. Nous ne nous hâterons pas de conclure à l'efficacité du traitement spécifique, pusqu'il y a eu en même temps un traitement local. Contentons-nous de dire que le traitement général a évité des lésions oculaires locales et a probablement aidé à l’action des myotiques. Malgré tout, il est intéressant de noter lapparition d’un glaucome chronique primitif chez un syphilitique, sans qu'il y ait eu antérieurement, soit de l'iritis, soit de la choriorétinite.
OBSERVATION XII (inédite) J. 2.505 Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé JEANDELIZE
Glaucome chronique bilatéral - Tabes - Réaction de Wassermann positive
Homme de 53 ans 1/2, professeur.
Antécédents: N'accuse pas de trouble visuel, mais son médecin demande un examen oculaire en raison d’une arthrite du genou gauche du type tabétique.
Examen oculaire: 7 mars 1924.
Réflexes photo-moteurs nuls aux deux yeux. Signe d'Argyll Robertson. Réflexe convergence existe à O. D. Très peu à O. G.
Equilibre musculaire, n'a pas la vision binoculaire dans Îa vision au loin, présente d'ailleurs du strabisme divergent de l'œil gauche; dans la vision de près, vision binoculaire.
Examen ophtalmoscopique: papille gauche un peu plus petite que la droite. Vision des couleurs normale pour les deux yeux. Champ visuel, apparence normale.
Tension-oculaire:O. D! = 25, 35 m/m'de Hg; ONG —"30 m/m de H. g. (Schiotz).