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LE GLAUCOME SECONDAIRE

Dans le précédent chapitre, nous avons décrit sommairement les formes aiguës et chroniques du glaucome dans lesquelles l'affection était primitive, en ce sens que les symptômes constatés ne succédaient pas à une lésion locale préexistante, mais l’étude du « syndrome hypertension », nous oblige à dire quelques mots du glaucome secondaire.

La description de cette affection sort quelque peu du cadre de notre travail, qui tend plutôt à faire une place à la syphilis dans l’étiologie du glaucome primitif, car la preuve est faite actuellement que le glaucome dit secondaire est la complication la plus fréquente des lésions syphilitiques de l'iris, de la choroïde et de la rétine.

La notion exacte du glaucome secondaire existe depuis relativement peu de temps dans la littérature ophtalmologique. Jusqu'en 1705, le glaucome avait été confondu avec la cataracte et c'est Brisseau qui, le premier, a différencié ces deux maladies. Mais, en 1835, Fischer (de Prague) émit une idée toute nouvelle; selon lui, le glaucome présente bien tous les caractères d’une choroïdite chronique. Depuis, différents auteurs ont établi des théories fort nombreuses, attribuant au glaucome secondaire des origines diverses. En effet, les causes

diffèrent toutes entre elles comme fréqunce et comme efficacité à produire le glaucome secondaire. Les unes agissent sur l'œil lui-même, les autres influent sur l’état général du malade. Les traumatismes, en provoquant une luxation du cristallin, une cataracte, produisent secondairement une hypertension intra-oculaire. De même, le glaucome succédant à l'extraction de la cataracte, n’est pas un des faits les plus rares, il peut être produit soit par l’hémorragie post-opératoire ou le gonflement des masses cristalliennes, par l’enclavement irien ou capulaire. À côté des traumatismes, on peut constater des manifestations glaucomateuses à la suite de lésions du segment antérieur de l'œil et, parmi les plus fréquentes, il faut citer la kératite interstitielle, l’iritis gommeuse, les iridocyclites. Dans le segment postérieur de l'œil, les tumeurs choroïdiennes, la chori-rétinite, le décollement de la rétine peuvent s'accompagner d’une exagération de la tension oculaire. Les auteurs ont enfin décrit une forme de glaucome hémorragique compliquant les rétinites avec hémorragie, albuminuriques ou diabétiques, ou causé par la présence d’anévrismes miliaires limités aux vaisseaux de la rétine et siégeant surtout à la région équatoriale. Pour Vennemann, le glaucome hémorragique est trop souvent rattaché-à une affection purement rétinienne, apoplexie ou rétinite hémorragique.

Mais, parmi les lésions les plus fréquentes des parties profondes de l'œil, la choroïdite, la chorio-rétinite sont, d’après Govers, des manifestations congénitales ou tardives de la syphilis héréditaire, tandis que pour Panas, la choriorétinite syphilitique apparaît à une période tardive chez les jeunes gens et les adultes, bien qu’elle puisse être exceptionnellement héréditaire et même congénitale.

La syphilis n’atteint pas seulement le segment postérieur

de l'œil. Chacun sait que le tréponème peut se localiser sur la partie antérieure du globe oculaire et atteindre simultanément l'iris, le corps ciliaire et la cornée. La kératite interstitielle est considérée actuellement comme une localisation de la syphilis héréditaire ou acquise et il n’est pas rare qu’elle s'accompagne de glaucome secondaire. Il faut soupçonner l'hypertension lorsque la kératite interstitielle s'accompagne de larmoiement et de photophobie augmentant progressivement, et lorsque cette tension fait son apparition, elle indique toujours la participation irido-ciliaire. L’iritis, presque toujours d’origine syphilitique, peut donner naissance à du glaucome secondaire et, pour le prouver, nous tenons à reproduire ici deux observations que nous avons trouvées dans la litté-

rature.

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