S II
Certains commentateurs, parmi lesquels nous citerons le docteur Scholtz, appliquent à la ruine de Jérusalem par Titus les passages que Ton a coutume de rapporter à la fin du monde depuis le verset 4 jusqu'au 34* du chapitre XXIV de saint Mathieu. « Comme l'éclair part de l'orient et se fait voir jusqu'en occident, de même en sera-t-il de la venue du Fils de l'homme... Le soleil s'obscurcira... etc.. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel ; toutes les nations de la terre seront dans les gémissements, et elles verront le Fils de l'homme venir sur les nuées avec une grande puissance et une grande majesté. Au même instant il enverra ses anges avec la trompette et une voix éclatante, rassembler ses élus des quatre coins du monde, d'une extrémité du ciel à l'autre. »
Selon les interprètes dont nous parlons, les textes que nous venons de citer ont pour objet les signes précurseurs, non pas de l'apparition finale du Christ, mais de sa venue invisible et prochaine pour exécuter les desseins de sa justice contre le peuple Juif. Certains passages des prophètes favorisent ce mode d'interprétation. Isaïe, pour annoncer la ruine de Babylone, se sert d'expressions semblables à celles du Sauveur dans le cas présent (r) : « Voici le jour du Seigneur qui va venir, jour cruel, plein d'indignation et de colère... Les étoiles du ciel les plus éclatantes ne répandront plus leur lumière ; le soleil à son lever se couvrira de ténèbres, et la lune n'éclairera plus... J'ébranlerai le ciel même. » Lei mêmes images reparaissent dans le chant lugubre d'Ezéchiel sur la ruine du roi d'Egypte et de son peuple (2) : a J'obscurcirai le ciel à votre mort et je ferai noircir les étoiles ; je couvrirai le ciel d'une nuée et la lune ne répandra plus sa lumière. » Ainsi danslelangage métaphorique des prophètes, l'obscurité du soleil et de la lune est le symbole des révolutions politiques et des grandes défaites.