Ibid
4. Le règne du Christ, l'Eglise militante et les derniers Temps, thtz Bloud et Barrai^ Editeurs.
ne connaître avec certitude « ni les temps ni les moments. » Us sont de leur propre aveu réduits à des conjectures ; mais des conjectures ne peuvent devenir ni l'objet ni la règle de la foi chrétienne.
Rien de plus instructif à cet égard que la réponse de saint Pierre (i) aux néophytes impatients. La confiance était ébranlée dans l'esprit de plusieurs ; les bons se laissaient aller au découragement ; les impies relevaient la tête ; ils tournaient en dérision la crédulité des fidèles : « Qu'est devenue sa promesse ? » Pourquoi redouter l'effet de sa vengeance et trembler devant des menaces dont l'expérience a démontré la vanité ? car le monde continue de subsister ; rien n'est changé dans l'ordre de la nature. Les promesses et les menaces du Seigneur auront leur accomplissement, répond l'apôtre : l'époque sans doute n'en est pas éloignée, du moins au regard de Dieu, devant qui « mille ans sont comme un jour. »
On voit par ces paroles que ces locutions familières aux apôtres, « le Seigneur vient », « le Seigneur approche », ne doivent pas se prendre à la lettre, comme s'il s'agissait d'un petit nombre de jours ou même d'années. Le juste Juge viendra comme un voleur au moment où nous nous y attendrons le ^ moins ; il faut donc nous tenir prêts à le recevoir. Chaque jour nous rapproche du terme décisif, chaque heure peut être la dernière. Et après tout, qu'est-ce qu'un siècle, une série de siècles, en comparaison de l'éternité ? Le royaume que nous attendons n'aura point de fin ; ce qui nous paraît une attente prolongée est un délai bien court. Quiconque garde au fond du cœur cette grande et sainte espérance, en considérant l'éternité qui s'ouvrira devant lui, peut bien dire que l'heure de la réaUsation est prochaine, dùt-elle se faire attendre encore des milliers d'années, car devant le Seigneur « mille ans sont comme un jour. »
sn.
Si, à mesure que les années s'écoulaient, l'impatience fiévreuse des premiers chrétiens se calma peu à peu, la perspec-