‹ Le globe terrestreChapitre 25 sur 87 · I. IL Petr · texte numérisé non relu

I. IL Petr

lîve du jugement final ne s'affaiblit pas tellement qu'on ne crût en voir apparaître de temps en temps les signes avantcoureurs. L'idée d'un ajournement indéfini eut peine à se généraliser. L'attente d'un dénouement prochain se réveille çà et là, surtout chez les sectes où la notion d'une Eglise visible et permanente avait subi les plus graves atteintes. Tels sont les Montanistes d'après lesquels l'avènement du Paraclet, dans la personne de leur prophète Montan, avait pour but de préparer les fidèles à l'arrivée imminente du Souverain Juge. Sans fixer une date aussi rapprochée, on croyait généralement que le monde arrivé à la dernière période de son existence penchait vers son déclin. Les traces de cette opinion sont visibles chez les Pères de l'Eglise. L'âge de décadence pouvait durer quelques siècles peut-être : mais il ne venait à l'esprit de personne que la vieillesse du monde dût se prolonger pendant des milliers d'années. C'est une machine usée, disait saint Gjprien (i), et il expliquait ainsi le dérangement des saisons, les tremblements de terre et tous les fléaux dont les païens rendaient le Christianisme responsable.

Le déchaînement des passions contre l'Eglise entretenait chez plusieurs une disposition d'esprit analogue à celle des premiers chrétiens et ravivait en eux le désir de la délivrance. On attribuait volontiers aux martyrs la plainte que l'auteur de l'Apocalypse met dans la bouche de ceux qui, les premiers, avaient versé leur sang pour la cause du Christ, a Et je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient souffert la mort pour la parole de Dieu et pour le témoignage qu'ils avaient rendu. Et ils criaient d'une voix forte en disant : Seigneur, qui êtes saint et véritable, jusques à quand différezvous de nous faire justice et de venger notre sang de ceux qui habitent la terre (2). » L'invasion des barbares, la chute de l'empire romain, les calamités dont elle fut accompagnée ou suivie, parurent à plusieurs les signes précurseurs du dernier jour, et il n'est pas rare de rencontrer l'expression de cette croyance chez les écrivains ecclésiastiques du temps (3). Elle se reproduit à toutes les époques de troubles et de bouleversements.

Page 1