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^, Apoc, XIII, et Suiv. XIX, 20,
Sa LA FIN DU MONDE
appelle un temps, deux temps et la moitié d'un temps. Ces chiffres représentent le temps de la persécution violente, mais non la durée totale du règne de l'Antéchrist,
s II.
Le texte de saint Paul, cité plus haut, contient certaines paroles énigmatiques, comprises des Thessaloniciens, grâce aux explications verbales de l'Apôtre, mais dont tous les efforts des commentateurs n'ont pu, jusqu'à ce jour, percer l'obscurité. Saint Paul parle à mots couverts d'un obstacle qui retarde l'arrivée de l'homme de péché, et d'un mystère d'iniquité qui se forme dès à présent. Il en réfère à son enseignement oral. « Ne vous souvient-il pas que je vous ai dit ces choses étant encore avec vous ? Vous savez ce qui empêche qu'il ne vienne. Que celui, ajoute-t-il, qui tient maintenant tienne encore jusqu'à oe qu'il soit ôté de ce monde. » Ces paroles mystérieuses ont fort exercé, et sans succès, la sagacité des interprètes, la tradition chrétienne n'ayant pas conservé le souvenir des explications données verbalement aux fidèles de Thessalonique. Quel est cet empêchement qui retarde la venue de l'homme de péché ? Est-ce l'empire romain, comme l'ont pensé certains Pères ? (i) Faire de Rome païenne, persécutrice des chrétiens, un obstacle à l'arrivée du grand et dernier persécuteur est une idée assez étrange. Au surplus l'événement a prononcé : l'empire romain, même continué sous les empereurs chrétiens, a disparu et l'Antéchrist est encore à venir.
D'autres ont pensé que saint Paul avait en vue non pas Rome païenne, mais l'empire spirituel qui a remplacé celui des Césars, l'Eglise romaine. La papauté n'est-elle pas le rempart qui protège l'Eglise et le monde contre les envahissements de l'antichristianisme ? A l'époquç de la grande apostasie, la défection générale des états chrétiens laissera le champ libre à l'Antéchrist, l'Eglise, non pas anéantie, mais ramenée en quelque sorte aux catacombes, n'opposera qu'une digue insuffisante à sa fureur. Est-ce là ce que l'Apôtre a
I. Saint Jérôme, Ad Algas, Quaest. II : Tertull. De resar, carnis C. XXIV, Lactance, 1. VIÎL GXXV et XV.
LUTTE DE l'église CONTRE l'aNTÉCHRIST 33
voulu faire entendre ? Le texte sacré ne confirme ni ne contredit formellement cette explication. Mieux Aaut avec saint Augustin avouer notre ignorance ; ego prorsus quid dixerit (Paalus) fateor me ignorare. »
Saint Paul parle encore du mystère d'iniquité qu'il voyait se former sous ses yeux. « Quelques-uns, dit saint Augustin (i), qui expose leur sentiment sans l'improuver, rapportent cette parole de saint Paul aux méchants et aux hypocrites qui sont dans l'Eglise, et deviendront assez nombreux pour former un grand peuple à l'Antéchrist, ce que l'Apôtre appelle le mystère d'iniquité parce qu'il semble caché. » « Un signe de la dissolution finale, dit l'auteur du « Monde nouveau )), c'est le mystère d'iniquité se tramant dans l'ombre des siècles et se manifestant au grand jour par l'apparition de l'Antéchrist... Ce mot de mystère ne désignerait-il pas une trame secrète remontant aux premiers temps du christianisme ? Mal comprimée, mollement combattue, la puissance de la Révolution va grandissant jusqu'au jour où les défections étant suffisamment préparées, elle sera en mesure de livrer à son chef le souverain pouvoir sur toutes les nations de la terre. Mais comment la Révolution agit-elle avec cet ensemble si ce n'est par les sociétés secrètes qui en sont rî>me, qui la dirigent, l'organisent, lui intiment le mot d'ordre et lui donnent l'impulsion. N'est-ce pas le mystère d'iniquité dont l'action a commencé dès les premiers jours de l'ère chrétienne et dont on ne craint pas de nous livrer le secret quand on pourra faire peser sur nous toutes les conséquences de son entier accomplissement » (2).
On a mis en doute la personnalité de l'Antéchrist : faut-il entendre par cette expression un personnage déterminé, ou la personnification du principe antichrétien, la désignation symbolique de la guerre ouverte et décisive que l'esprit d'erreur doit déclarer au christianisme à la fin des temps ? En parlant de la grande persécution soulevée contre l'Eglise à l'approche de son second avènement, Jésus-Christ suppose manifestement l'existence d'un ou de plusieurs persécuteurs, znais ne mentionne aucune individualité particulière. Il est