II. Joan., II
LUTTE DE l'église CONTRE L* ANTÉCHRIST 33
endroits, parle en général de « Tliomme nouveau », (la (( l'homme intérieur », du « vieil homme », de « l'homuie charnel » ; ces locutions rapprochées du contexte qui en fixe le sens désignent, non pas tel individu en particulier, mai* l'homme en général, selon qu'il obéit à l'attrait de la grâce, ou à rimpulsion de la concupiscence. Mais « l'homme de péché », le « fils de perdition », Ta impie »,qui sera révélé un jour et que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, ne peut être qu'un personnage réel, et non pas simplement la personnification du principe antichrétien. Ce principe s'est révélé dès l'origine ; il se manifestait du temps de saint Paul, et l'Apôtre lui-même en convient (i). Il s'agit sous le nom d'homme de péché d'un ennemi de Dieu dont l'apparition est retardée ; l'antichristianisme au contraire est de tous les temps.
On a écrit des volumes sur la personne de TAntéchrist, son origine, sa nationalité, ses moyens d'action, l'époque de son avènement, la durée de son règne, sa chute et son châtiment. C'est une histoire complète, puisée à des sources inégalement sûres et où l'imagination a souvent plus de part que la saine critique. En voici un exemple : l'Antéchrist, dit-on, sera de race juive, et de la tribu de Dan, selon la prédiction de Jacob mourant, ce Que Dan devienne comme un serpent dans le chemin, comme un céraste dans le sentier, qui mord le pied du cheval afin que le cavalier tombe à la renverse ». Ceci, en effet, dit Cornélius à Lapide commentant ce passage, convient à l'Antéchrist, lequel aura les mœurs du serpent et les cornes du céraste ; car par ses ruses, ses fourberies, sa cruauté, il séduira les hommes, les mordra, les foulera aux pieds et les fera mourir. L'application est peut-être heureuse : c'est ce que les exégètes appellent un sens accomodatice, mais du sens accomodatice à la preuve il y a loin. Nous n'attachons pas plus d'importance à l'omission de Dan et de sa tribu dans l'énumération des tribus d'Israël au Chapitre VII de l'Apocalypse. Nous ignorons les motifs du silence gardé par saint Jean ; peut-être doit on