I Cor., XV
44 tA FIN DU MONDE
ciale encore au jugement universel. Qu'est-ce que l'histoire du monde, sinon l'iiistoire des jugements de Dieu prononcés sur les peuples et sur les individus ? Tous ces jugements doivent aboutir a un jugement général qui en sera la consécration solennelle et la conclusion finale. Chacune des actions libres de la créature est suivie d'un premier jugement rendu au for intérieur de la conscience. Il y a un second jugement qui s'étend à la- vie entière de chaque homme ; c'est celui qu'il subit seul k seul avec Dieu, quand le cours de sa destinée terrestre est accompli ; ces deux premiers jugements sont le prélude et la préparation d'un troisième qui embrassera le genre humain tout entier et sera comme la résultante de tous les jugements. L'ordre actuel ne répond ni à la sagesse ni à la justice de Dieu ; il faut que chacun soit traité selon ses œuvres et occupe la place due à ses mérites. Ici-bas, l'ivraie se trouve partout mêlée au bon grain ; il faut que la séparation se fasse et que le bon grain soit délivré des plantes parasites qui entravent son libre développement. L'Eglise militante accomplit sa mission au sein des épreuves, en lutte avec les royaumes de ce monde ; il faut qu'elle triomphe et jouisse enfin de la béatitude promise aux enfants de Dieu. La grâce de la Rédemption opère intérieurement dans les âmes, formant les élus pour le ciel; il faut que ce germe divin s'épanouisse, qne les fruits de vie apparaissent au grand jour. Ici-bas, la prospérité des impies est trop souvent une insulte à la Providence ; il faut que la justice divine reçoive une éclatante réparation. Le jugement particulier dont nous parlions tout à l'heure ne lui suffit pas ; ce n'est pas dans l'individu seulement, c'est dans l'ensemble de la création que Tordre doit se rétablir et la gloire de Dieu se manifester.
La vie ne saurait consister dans un mouvement éternel sans loi et sans but. L'humanité marche à travers les âges vers le terme marqué dans les desseins de Dieu. Elle achèvera son pèlerinage terrestre ; alors le jugement de Dieu mettra au jour le résultat définitif et permanent de ce long travail des siècles et de l'action providentielle qui en a dirigé le cours. Tout dans la marche des événements converge vers la consommation finale dont le jugement universel marquera le moment décisif. Cette connexion ne nous apparaît pas
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clairement dans la vie présente ; maïs, au dernier jour, tous les voiles seront déchirés ; nous verrons le rapport des parties au tout, des moyens à la fin dernière, et des faits particuliers à la loi générale. C'est ainsi que le jugement universel sera la justification du gouvernement divin de la Providence.
« Au jour de la manifestation, Dieu sera justifié dans tous ses arrêts, qui, dans la sentence finale, paraîtront comme un arrêt unique. Il sera également justifié dans toutes les voies par lesquelles il a conduit les individus, les peuples, l'humanité entière, dans tous les temps et dans tous les lieux. Toutes apparaîtront comme les voies providentielles de la bonté, de la sagesse et de la justice absolue. Les mystères et les énigmes de l'histoire du monde, seront mis au jour, car de même qu'on a nommé avec raison l'histoire le jugement du monde, de même, à l'inverse et dans un sens plus large encore, le jugement du monde sera l'histoire dévoilée et manifestée. Ce qui était resté obscur sera révélé. Cette manifestation est l'un des caractères essentiels de ce jour suprême (i). »
Tout jugement suppose une règle dont la sentence est l'application. La règle infaillible d'après laquelle le monde sera jugé c'est l'Evangile. Cela revient à dire, en d'autres termes, que l'Evangile est la vérité absolue en religion, et non, comme le judaïsme, une forme passagère destinée à préparer l'avènement d'un culte plus parfait. Jésus-Christ, par son enseignement, a promulgué la charte immuable du royaume de Dieu dans le siècle présent et dans le monde à venir ; sa parole est l'éternelle vérité hors de laquelle il n'y a de salut ni pour les nations, ni pour les individus.
C'est Jésus-Christ qui jugera le monde à la fin des temps, (( dans son avènement glorieux et dans l'établissement de son c( règne (2). » « Nous comparaîtrons tous devant le tribunal (( de Jésus-Christ (3) », dit encore saint Paul. Le Sauveur, « dit saint Cyrille de Jérusalem, reviendra, non pour être « j^gé» ï^s^is pour juger les juges. Celui qui garda le silence
1. Staudenmayer, Art. Jug, dans le Diction, enc^clop,^ trad. de l'allemand par Goschlcr.