‹ Le globe terrestreChapitre 52 sur 87 · I. Deut., XXVIII · texte numérisé non relu

I. Deut., XXVIII

a. Dan., IX, 26, 27.

ils se résignent a mourir ; ils finissent par s'accommoder de la conquête qui a mis fin à leur existence politique ; aucun n'entrevoit l'aurore de la résurrection, aucun même n'aspire à revivre. Chez les juifs, c'est le contraire qui arrive ; plus ils sont opprimés, plus les chances de restauration s'éloignent, et plus s'affermit en eux la conviction qu'Israël r^tîera un jour en possession de ses privilèges et que la vérité dont il est l'apôtre fera la conquête du monde.

En attendant l'heure de la délivrance, ils défient toutes les causes de destruction, le temps, la persécution, le mépris et la haine des autres peuples, conservant avec une indomptable ténacité leur culte, leur nationalité, le type, les défauts et les qualités caractéristiques de la race. Cette race est indestructible ; elle aurait dû sombrer cent fois sous la violence des tempêtes déchaînées contre elle, ou tout au moins se fondre et disparaître insensiblement dans la masse des populations au milieu desquelles elle vivait dispersée; et elle reste debout, traversant les siècles et les peuples, sans qu'il apparaisse aucun rymptôme d'une fusion prochaine. Romains et barbares, Gaulois et Francs, Ibères et Yisigoths, vainqueurs et vaincus, ont perdu leur nationalité première par le mélange des races d'où sont sorties les nations modernes ; la race juive ne s'est nulle part laissée entamer ; elle a résisté à l'action modificatrice des milieux, des civilisations et des alliances matrimoniales, trop peu nombreuses d'ailleurs pour avoir sensiblen ent altéré le type traditionnel.

Cette résistance a été soumise à une épreuve plus dangereuse peut-être que la persécution elle-même ; nous voulons parler de l'émancipation civile qui, dans la plupart des Etats européens, a placé les Juifs sur le pied d'égalité avec les autres membres de la îociété, en leur conférant les mêmes droits qu'à tous les citoyens. On pouvait espérer que l'égalité devant la loi, en abaissant des barrières séculaires, amènerait un rapprochement précurseur d'une fusion plus complète. Cette conjecture ne s'est point réalisée ; la ligne de séparation subsiste toujours aussi infranchissable. Libre d'entraves, Israël a pu lâcher la bride à cet amour eflréné du lucre qui le caractérise, et quelques années lui ont suffi pour concentrer entre ses mains, aussi habiles que rapaces, une grande partie de la richesse nationale, devenir l'arbitre du monde financier, et, par suite, le maître de la situation politique. Il peuple les administrations, se glisse dans les emplois les plus élevés, soudoie les principaux organes de la presse européenne, devenus les mercenaires de la Synagogue. Comment s'étonner si son influence sur la direction des affaires publiques va grandissant tous les jours ? L'aristocratie juive, gorgée d'or et de richesses, doit sourire quand on lui parle de reprendre le chemin de la Palestine pour y rétablir le royaume de David. Qu'estce que la possession d'un maigre territoire, resserré dans d'aussi étroi-es limites, comparée à la situation prépondérante qu'elle s^est (aite en Europe et dans le monde entier ?

APPENDICE 57

II ne faut pas cependant que les brillants dehors de l'édifice dérobent à nos regards la fragilité de ses fondements. Le mur de sépnrntion est toujours debout; il n'est pas au pouvoir des hommes de le renverser. La paix règne à la surface, et encore certains symptômes significatifs, le réveil de l'antisémitisme, par exemple, donnent-ils à penser que la base en est mal assurée. Pénétrez plus avant et vous y trouverez, d'un côté, la haine invétérée du nom chrétien et de l'Eglise, de l'aulre, l'hostilité plus ou moins sourde, souvent violente, qui, dès le temps du paganisme, poursuivait le judaïsme et ses institutions. L'Eglise chrétienne n'a point d'ennemi plus perfide, plus persévérant qu'Israël. Personne n'ignore l'intervention toute-puissante de la franc maçonnerie dans la guerre faite au catholicisme ; ce que l'on sait aussi, c'est que la franc-maçonnerie n'est qu'un instrument docile au service de la Synagogue. Déjà cependant la réaction se fait sentir ; nous parlions tout à l'heure du réveil de l'antisémitisme : on peut en assigner plusieurs causes secondaires ; il faut en chercher plus haut la cause première et principale, plus puissante que le déclin des croyances religieuses ne le ferait supposer. La malédiction prononcée contre le peuple déicide subsiste ; elle suivra son cours jusqu'au temps marqué par la divine Sagesse où la justice aura fait place à la miséricorde.

Bien aveugle celui du peuple qui refuserait de voir, dans la conservation du peuple juif, un dessein providentiel et la preuve que les destinées d'Israël ne sont pas accomplies. Le fait est d'autant plus digne d'attention qu'il a été longtemps à l'avance prévu et annoncé par les Prophètes. Le ciel et la terre passeront, mais Israël ne cessera point de former un peuple distinct ; il survivra aux révolutions des empires et verra le châtiment de ses persécuteurs, sans être enveloppé dans la ruine qui les attend. <( Jacob, mon serviteur, ne t'abandonne pas à la crainte, dit le Seigneur, parce que je suis avec toi. Je ne conserverai aucune des nations parmi lesquelles je t*ai dispersé, mais pour toi, je te conserverai. Et je me contenterai de te punir selon les règles de ma justice, car je ne dois point te traiter comme innocent (i). »

Cette confiance inébranlable dans la stabilité des divines promesses a passé des prophètes au cœur de la nation, témoin le livre intitulé VAssompiion de Moïse (2). <( Que la race de Jacob périsse entièrement, cela n'est pas possible. Tous les desseins de Dieu seront accomplis dans la suite des temps ; son alliance, scellée par un serment solennel, est affermie à jamais. »

Israël a rempli dans l'ancien monde le rôle d'apôtre et d'évangélisle, chargé de conserver la vérité traditionnelle et d'annoncer le Rédempteur à vemr. C'est l'une de* fins que Dieu s'est proposées en

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