‹ Le globe terrestreChapitre 70 sur 87 · Il élabore des ferments coagulants, et · texte numérisé non relu

Il élabore des ferments coagulants, et

o. Dans telles autres circonstances, des corps anti-coagidants utiles, qui ont été mis en évidence par des expériences nombreuses ;

6. Le foie, qui se gonfle de sang suivant les besoins, est une € véritable éponge régulatrice de la circulation > (Gilbert et Carnot) et, comme tel, joue un rôle physiologique particulier. Nous ne pouvons que mentionner ici les très intéressantes expériences de Monneret et citer les jeux d^ pression auxquels est soumis le saug à travers l'organe que nous étudions. La pression ordinaire varie de 7 à 14 millimètres de mercure dans la veine porte, tandis qu'elle oscille de 80 à 100 millimètres dans l'artère hépatique.

Ainsi le foie agit sur la circulation, sur le nombre des globules rouges, sur le taux de la fibrine, enfin sur la régulation des proportions immuables de ces divers éléments qui entrent dans la composition du sang.

7. Le foie fabrique du fer [fonction martiale). Celle-ci a pour objet la rénovation sanguine et aussi le bon fonctionnement des cellules hépatiques (Gastaigne, Presse médicale, 28 novembre 1906).

Ge fer n'est produit que dans le sang de l'homme et des animaux vertébrés. Ghez les invertébrés, au contraire, les pigments sanguins sont à base de cuivre.

La quantité de fer contenue dans la masse totale du sang est de trois grammes, la quantité éliminée chaque jour est de dix milligrammes. Dans les cas d'insuffisance de la fonction martiale, apparaît la chlorose, l'anémie que l'on traite par les préparations ferrugineuses.

8. Fonction hématoly tique. A côté de l'élaboration du fer parle foie, qui constitue la fonction martiale du foie, doit être rangée la fonction hématolytique (accumulation dans k foie du fer de réserve et du fer de déchet). « L'autonomie de cette fonctionne semble pas douteuse. Dans l'organisme 1 kilogramme de sang contient 0 gv. 50 de fer; 1 kilogramme de foie en contient au contraire 1 gr. 50 » (Laulanié).

On constate parfois d'abondants et anormaux dépôts de fer dans le foie (sidérose hépatique). Le foie est <i l'organe ferrugineux par excellence » (Dastre et Floresco).

9. Le foie est une source de chaleur (Morat, Traité de physiologie, t, I, p. 384). Le sang qui sort du foie par les veines sushépatiques est plus chaud que celui du reste de l'organisme. Gela tient, non pas seulement à ce que le foie est un organe profond, mais principalement « à un chimisme spécial à l'organe » (Morat). Le foie est un des calorifères providentiels du corps, calorifères admirablement réglés, sans lesquels la vie organique élevée serait impossible sur les trois quarts du

globe et sous toutes les latitudes du reste^ à un moment ou à un autre.

MM. Morat et Doyon nous donnent une esquisse encore à peine ébauchée, des cycles successifs et presque innombrables dont chacun forme à traA'ers les divers organes du corps un < tourbillon vital », cycles superposés de produits complexes à transformations et à destinations multiples, cycles aussi d'énergies et de forces diverses. Ces auteurs nous disent, à propos du cycle intra organique de la * production de chaleur », que celui-ci va a de Tintestin aux capillaires sanguins et aux cellules du corps, puis revient sur lui-même jusqu'au foie, d'où il repart pour finir en aboutissant de nouveau aux capillaires généraux et aux cellules constituant les tissus ».

On comprendra l'importance de cette calorification quand on saura que l'entretien seul de la machine humaine et de ses fonctions exige 1.600 calories par jour, indépendamment de toute lutte contre le refroidissement dû à la température extérieure, qui est, dans nos climats du moins, inférieure à celle du corps. Ajoutons, en passant, qu'il existe dans l'organisme des nerfs dits « calorifiques » ou « frigorifiques ». La section de ces derniers, par exemple, amène aussitôt une élévation de température dans la région qu'ils desservent.

Pour lutter contre les variations saisonnières etclimatériques, sous toutes les latitudes, nous disposons d'un admirable appareil organique de régulation, très compliqué, que ce n'est point le lieu d'étudier ici.

Nous connaîtrions du reste les pièces de la machine, mais non le mécanicien qui procède constamment à la mise en marche et qui en règle avec une indéfectible perfection le fonctionnement intelligent. Les théories chimiques les plus nuageuses, les plus hypothétiques, apparaissent sans une action vitale, directrice en somme, de plus en plus misérablement insuffisantes à beaucoup de matérialistes éperdus devant ces merveilles nouA'elles qui, chaque jour, grandissent et vont se multipliant.

C'est un inexplicable « miracle » en science, à l'heure présente, que la constance immuable des proportions de toutes les parties composant les humeurs normales de l'organisme, les tissus divers, etc. : loi de constance marine relative au sérum sanguin (1), température à 37°, sauf maladie, composition immuable

1. Voir notre ouvrage relatif à la Cure marine de la tuberculose et de la neurasthénie, p. 513, i906,in-8'',H. Jouve édit., 15, r. Racine.

de l'ivoire et du cément des dents, par exemple, du pigment bleu ou noir des yeux, du tissu de cristal de la cornée, des filaments soyeux des cheveux, sans parler de la constante symétrie et de l'identité parfaite des deux côtés droit et gauche du corps, etc., etc. Tout révèle l'intelligence créatrice et souveraine, tout crie la Divinité.

10. Action du foie sur les substances albuminoïdes. — Le foie agit sur les substances alimentaires ou utilisables qui sont charriées par le sang, notamment les albuminoïdes (viandes, etc.), les graisses, le sucre.

Action nette d'arrêt sur les albuminoïdes, sans parler ici de transformations chimiques multiples (voir paragraphes 16 et 18), sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre et dont on ne peut suivre du reste que très imparfaitement jusqu'ici les effets dans la machine humaine, dont l'infinie complexité est à peine à ce jour de-ci de-là entrevue.

11. Quadruple action sur les graisses qui arrivent au foie toutes formées :

1^ La graisse est arrêtée par le foie et absorbée par les cellules des vaisseaux, puis par les cellules hépatiques; 2^ la graisse est accumulée dans le foie; 3° la graisse est éliminée par le foie; 4*^ la graisse est transformée par le foie ; la graisse est soumise notamment à des oxydations énergiques.

12. Action du foie sur le sucre (fonction glycogénique, découverte due aux célèbres expériences de Claude Bernard).

Le foie est un organe producteur de glycogène. Le sucre est transformé par les cellules du foie en glycogène, isomère de l'amidon (G^H^^O"). Le sucre subit parfois de la part du foie successivement une double transformation. Il est d'abord transformé en glycogène, puis, par une nouvelle opération chimique, transformé de nouveau en sucre, suivant l'utilité.

La fonction glycogénique est évidemment commandée par le système nerveux. Le centre qui règle la fonction est situé à la base du cerAcau dans le plancher du quatrième ventricule. Il suffit d'une piqûre de ce point par une aiguille enfoncée à la nuque pour déterminer une surproduction du sucre, et en moins d'une heure, l'apparition de la glycosurie ou diabète (présence de sucre dans l'urine). Une piqûre pratiquée un peu plus haut produit de la glycosurie avec polyurie ; un peu plus haut encore, elle produit de l'albuminurie. Ailleurs (centre thermique), elle produirait de l'élévation de la température ou, au contraire, de l'hypothermie, etc., etc. Tous les organes, en effet, sont pour leurs fonctions sous la dépendance immédiate de centres nerveux

spéciaux qui constituent, nous FaA'ons dit, des appareils de mise en marche, d'arrêt, de régulation, etc.

Le glycogène est le charbon de la machine humaine. Le foie est encore ainsi une source indirecte de chaleur, d'où le nom de « calorifère de l'organisme » que lui avait déjà donné Claude Bernard

13. Fonction sacchari fiante du foie. — Cette fonction parfaitement déterminée et se réalisant, comme nous venons de le voir, sans confusion, est l'inverse de la précédente. La fonclion glycogénique est la déshydratation du sucre apporté de l'intestin. La fonction saccharifiante est l'hydratation du glycogène

14. Outre ces deux dernières fonctions chimiques, le foie a, à ce sujet, une incompréhensible et admirable fonction physiologique. Non seulement il est producteur de glycogène et de sucre, et cela en dehors même de toute alimentation sucrée, mais encore il est régulateur - tout comme le pourrait être un être intelligent, et une telle régulation se conçoit-elle du reste sans une intelligence ordonnatrice et régulatrice — il est régulateur de la distribution du sucre dans le sang. Il arrête au passage le sucre amené de l'intestin en abondance par la veine perle pendant la digestion. 11 le fixe, l'emmagasine entre les mailles du protoplasma des cellules, l'empêche de se montrer dans la circulation, puis il le restitue au sang, aux doses convenables, au moment des dépenses dynamiques ou lorsque l'assimilation est insuffisante. La proportion constante de sucre dans le sang est de 0.50 pour 1.000.

15. Le foie joue un rôle importanf dans la transmutation de diverses substances. On peut constaler :

1 La formation du sucre aux dépens des albuminoïdes, par des réductions chimiques phis complètes que la déshydratation dont nous avons parlé à propos du glycose d'origine intestinale.

16 2" La formation du sucre aux dépens des graisses.

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