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La transformation des albuminoïdes en graisse

Le foie est ainsi un organe producteur de graisse [fonction adipogènc). Cette importante fonclion est facile à constater. Après un repas abondant, les cellules du foie sont envahies par une foule de globules de graisse qui disparaissent d'ailleurs après une abstinence prolongée.

Le foie est aussi un organe producteur de matières azotées en dehors de celles dont nous avons parlé : fibrine, etc., et cela par son action sur diA^erses substances déjà citées.

On constate une augmentation nette du poids de l'organe par

une grande alimentation. Le foie fabrique ainsi des réserves nutritives très diverses (glycogène, graisse, matières azotées, etc.), qu'il transforme en matières directement assimilables.

A ce point de An^ie, « le foie est un grenier d'abondance pour Vorganisme » (Aubert, Histoire naturelle des êtres vivants, t. P^\ p. 88] . C'est un garde-manger en même temps qu'une pharmacie et qu'un « bûcher » ou une « soute à charbon », comme nous le verrons.

GHxVPITRE X

PRODUITS FABRIQUÉS PAR LES USINES — FONCTIONS DU FOIE (SUîte,)

La fonction dynaraogène. — Rendement des moteurs animés. — Travail effectué par un animal de trait, par l'homme. — Recherches de Coulomb, Marrey, Laulanié.

L'admirable moteur portatif. — Calcul du nombre de kilogrammètres de force motrice élaborée par le foie et mis à la disposition de la machine humaine. — L' « illusion finaliste » est au contraire une évidente réalité.

Les fonctions granulopexiques et cytopexiques : décrassage de la machine humaine.

19. Le foie fabrique de la force. — En dehors des autres destinations du glycose et des graisses (substances nutritives, etc.), le foie est, par le moyen de ces produits, une usine de force motrice. Le glycogène ou sucre est le charbon qui chauffe la machine humaine. Les graisses sont également des réserves de combustible.

Le sucre est du reste produit constamment par le foie, fonction, nous l'avons dit, à peu près indépendante de l'alimentation, et il disparaît complètement de l'organisme après extirpation du foie. Il est fabriqué à raison de près d'un kilogramme par jour.

On peut parfaitement savoir aujourd'hui à combien de milliers de calories correspondent les hectogrammes de glycogène sécrétés ou de graisse mise en réserve par les petites usines du foie et à combien de centaines de mille kilogrammètres de travail effectif ou réalisable correspondent ces milliers de calories, dans celte admirable machine thermodynamique.

Rappelons que la calorie, unité de chaleur, est la quantité de chaleur nécessaire pour élever un kilogramme d'eau de un degré et que le kilogram.mètre, unité de force, est la force déployée pour soulever un kilogramme à un mètre de hauteur.

Voici un tableau du rendement des moteurs animés (machine humaine ou animale).

Un homme peut fournir par jour, en huit heures, un travail utilisable de 173.000 à 282.000 kilogrammètres. (D'Arsonval et Gbauveau, Traité de physique biologique^ en cours de publication, tome P^).

Le travail consacré au déplacement du corps, dans le cas de marche continue toute la journée, pourrait s'élever à 388.000 kilogrammètres (Coulomb). Le travail musculaire de rhomme est à chaque pas de 12 kilogrammètres, représentant la dépense de travail par seconde dans la marche lente. Dans la course rapide, le travail effectué pour la mise en marche du corps humain est de 112 kilogrammètres par seconde (Marrey), mais en général le travail maximum du moteur humain peut être fixé à 101 kilogrammètres par seconde (Magnus Bîix, Journal de physique, 1906).

Le moteur humain correspond donc à un moteur industriel d'un cheval-vapeur et demi. Mais, en pratique, le travail effectué par l'homme n'est pas soutenu à un tel effort par seconde. Ce travail très variable évidemment, suivant la classe sociale et la fonction, peut être réduit, notamment à cause des heures inutilisées : sommeil, repos..., en moyenne à 1/10^ de cheval-vapeur. Tel est le moteur humain, en service courant dans l'existence journalière.

Un fort cheval, allant au pas, produit en moyenne un travail de 2.188.000 kilogrammètres, un cheval attelé de 1.160.000 kilogrammètres par jour.

« Un bon cheval débite 75 kilogrammètres par seconde, nous dit Cornevin (Traité de Zootechnie générale) ; il fait 2.160.000 kilogrammètres en 24 heures, mais c'est une moyenne optima, chargement, vitesse, etc., tout étant calculé au mieux. >

Le travail effectué en vingt-quatre heures par le ventricule gauche du cœur de l'homme est de 98.000 kilogrammètres; par celui du cheval, de 146.000 kilogrammètres (Laulanié, PJiysiologie vétérinaire, 2^ édition, 1905). Ce travail cardiaque est produit pour le cheval par 330 calories et pour l'homme par 230.

Telle est la puissance des moteurs animés, puissance obtenue, comme partout dans l'industrie, par la transformation de la chaleur en travail, force motrice extraite de la chaleur de combustion de la houille (machines à vapeur), de l'alcool, du pétrole, etc., etc., et, ici, du glycogène, des graisses, etc.

Voici, d'après Laulanié, le bilan de l'énergie transformée par un moteur animé :

Un cheval de 530 kilogrammes reçoit une ration de 6 kilogrammes de foin et 6 kilogrammes d'avoine, contenant 5.547 grammes de principes nutritifs digestibles, et tout en restant en équilibre de poids et d'azote, il fait un travail de 1.450.000 kilogrammètres (Expériences de Wolfj.

La ration quotidienne est : 5.547 grammes.

Part nécessaire à l'entretien du moteur: 3.551 grammes.

Reste consacré au travail 1.996 grammes.

Energie consacrée au travail :

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