‹ Le globe terrestreChapitre 72 sur 87 · X 4,1 X 425 --= 3.478.030 kilogrammètres · texte numérisé non relu

X 4,1 X 425 --= 3.478.030 kilogrammètres

Travail produit: 1.450.000 kilogrammètres.

Rendement du moteur anime : ^ ^ ^ ^ = 41,7 7^.

Voici enfin quelle est, d'après Richet, l'intensité delà thermogénèse chez l'homme et les pertes totales de calorique qu'il est indispensable de recouvrer sans cesse :

Chaleur produite et rayonnée en 24 heures : 2.400 calories.

Emploi :

Echauffement des boissons et des aliments. 50 calories

— de lair inspiré 100 —

Dissociation du CO' 100 —

Evaporation cutanée 250 —

Evaporation pulmonaire 350 —

Rayonnement cutané 1 . 550 —

Total 2.400 calories.

S'il s'agit non d'une personne au repos, mais d'un ouvrier au travail, ces mêmes dépenses s'élèvent à 3.200 calories par jour.

Or quelle est l'une des principales sources de la chaleur qui met en mouvement cette admirable machine thermodynamique qu'est l'organisme.

MM. D'Arsonval et Ghauveau nous le disent très explicitement ( Traité de physiologie biologique, t. P^, p. 881 : Sources de la chaleur animale. — Du glycose considéré comme aliment immédiat du travail) : « Le foie est très rigoureusement le collaborateur des muscles et l'on comprend toute l'importance de cette collaboration si on réfléchit que l'appareil musculaire d'un moteur animé comme le cheval consomme au moins 3 ou 4 kilogrammes de glycogène dans les vingt-quatre heures. » Avec un travail quotidien de 808.000 kilogrammètres, un cheval reste en équilibre; avec un travail quotidien de 2.424.000 kilogrammètres pendant une durée de quinze jours, il maigrit et s'affaiblit :

« Les graisses de l'organisme sont considérées comme des réserves de poteniiel. L'excédent de travail quotidien de 1.200. 000 kilogrammètres du cheval a été emprunté aux graisses de l'organisme. C'est ainsi que le cheval a maigri. » Le chameau, adapté à la traversée de régions désertes, dispose d'une bosse de graisse qui constitue un garde-manger et des millions de kilogrammètres de réserve qu'il utilise lorsqu'il maigrit. C'est l'équivalent du réservoir à essence des machines automobiles.

Cornevin, professeur à l'Ecole de médecine vétérinaire de Lyon, écrit de son côté : « La protéine, par une admirable disposition économique de l'organisation animale pour la conservation du travail latent, peut se transformer en graisse et être mise en réserve dans le tissu adipeux. Les matières les plus élaborées sont celles qui ont potentialisé la plus grande somme de traA'ail. Sur 1.500 grammes de protéine de la ration journalière, 600 grammes sont nécessaires à l'entretien du moteur animal; il reste 900 grammes pour alimenter ce travail total de 1.459.503 kilogrammètres que peuvent donner journellement les chevaux d'omnibus de Paris. » (Cornevin, Traité de Zootechnie générale, 1891.)

Inutile de dire ici, à propos de la force (myriades de calories) mise en réserve dans le tissu adipeux, que l'obésité est une maladie spéciale et que ces réserves de graisse sont alors presque inutilisables par la machine humaine dont elles surchargent et alourdissent au contraire tous les organes. Sans cela l'obèse serait un véritable athlète.

G Le foie, nous disent d'autre part MM. Morat et Doyon (Traité de physiologie, 1900-190o), livre à la circulation près de 1 .000 grammes de glycose en vingt-quatre heures v chez l'homme) , au moins 700 à 800 grammes. Or, si nous multiplions le nombre minimum de 700 par le nombre de 3,75 qui exprime la chaleur de combustion du glycose, nous trouvons 2.G00 kilo-calories, nombre très A^oisin de celui qui exprime la dépense énergétique du corps humain au repos » (chaleur rayonnée et entretien des fonctions). « Si nous multiplions le nombre maximum de 1.000 grammes en vingt -quatre heures par la chaleur de combustion du glycose, nous trouvons 3.730 kilo-calories, nombre également voisin de celui qui exprime la dépense énergétique totale (chaleur rayonnée et travail mécanique réunis) d'un homme dans l'exercice d'une profession manuelle. >

« Ainsi qu'on le voit, le sucre du foie représente à lui seul toute rénergie des aliments, autrement dit toute 1 énergie que l'organisme va utiliser. Toutes les substances alimentaires, hy-

drates de carbone, graisses, albuminoïdes convergent vers la formation du glycogène hépatique et partant du glycose. »

Comme mesure de combustion de 1 gramme de chair musculaire, on a trouvé 4 calories 860 (Laulanié, Berthelot, etc.).

Gomme mesure de combuslion de 1 gramme de graisse 9 calories, de glycose 3^ calories 7^, d'oxygène 5 calories.

Une calorie équivaut à 425 kilogrammètres, qu'elle peut produire (équivalent mécanique de la chaleur).

Il nous sera possible de déduire dès maintenant de ces diverses données des chiffres précis :

Chaque gramme de glycogène sécrété par le foie représente une force de 1 593 kilogrammètres (425 X 3,75).

Chaque gramme de graisse fabriquée par le foie, aux dépens des hydrocarbures, par exemple, égale à son tour 3.825 kilogramme! res (425 X 9).

Les 850 grammes de glycogène quolidien (moyenne du glycogène fabriqué chaque jour par le foie) égalent 1.304.050 kilogramme ires.

Nous ne pouvons faire le même calcul pour la totalité de graisse hépatique journalière (force mise en réserve) dont le chiffre nous reste inconnu.

Mais, pour nous en tenir au glycogène, ainsi quand le foie fabrique 850 grammes de cette substance, c'est comme s'il sécrétait 1.304.050 kilogrammètres de force

Voilà ce que produit de force le foie par jour, ce que cet organe admirable apporte au service de la machine humaine

iVous avons là, au côté droit, comme un moteur de fnotocydette, car le corps de l'homme peut être exactement comparé à cette dernière et n'est pas mù différemment qu'une autre machine.- « Le quadrupède, dit Gornevin, marche sur roues déjantées et à rais flexibles. » La marche des bipèdes n'est qu'une modification légère de celle-ci.

Admirable appareil portatif, fond ionnant sans ^aucun arrêt soixante à quatre-vingts années durant, et pouvant se réparer lui-même dans les menaces de panne, le foie met par an à la dis position deThomme, pour les besoins incessants et multiples de sou activité journalière (travail, marche, gestes, parole, digestion, respiration, circulation, etc., elc), 475. 978. 250 kilogrammètres de force motrice. Ces 475 millions de kilogrammètres ne sont, nous Lavons dit, qu'une moyenne.

Le cheval-vapeur égalant 75 kilogrammètres par seconde, le foie débite donc en une année une force motrice qui, si elle était utilisée à la fois, comme dans la balistique, s'élèverait à

six millions de chevaux-vapeur, et, plus lentement, serait capable d'actionner plusieurs heures les machines d'un navire.

Pour le foie du cheval, ces chiffres devraient être quadruplés, soit un milliard 800 millions de Idlogrammètres par an.

On voit quelle admirable application des principes scientifiques de la thermodynamique, de l'équivalence mécanique de la chaleur est ici réalisée, comme moyen de fonctionnement du moteur humain et en particulier de locomotion.

Jusqu'à notre époque, jusqu'aux découA^ertes les plus remarquables de la science moderne, jusqu'à l'apparition du machinisme industriel contemporain, il eût été impossible de découvrir cette fonction du foie, de rien comprendre à son but, de rien saisir de son mécanisme.

Les machines industrielles les plus ingénieuses et reposant sur les plus savantes conceptions mécaniques ne sont qu'une pâle copie de cet incomparable moteur, qui existait déjà il y a des milliers d'années dans le côté droit de l'homme primitif, dans l'abdomen de l'ours des cavernes ou des puissants mammouths.

S'il a fallu la plus haute intelligence et le plus profond savoir, la plus pénétrante puissance divinatoire à nos savants pour découvrir les lois physiques de la thermodynamique et très récemment l'application géniale de ces lois au moteur humain, que n'a-t-il pas fallu de science et de puissance à Celui qui est avant les siècles pour tracer le plan de la machine et pour en fabriquer et en ajuster les pièces parfaites, enfin pour les reproduire sans échec à des trillions d'exemplaires?

Tout doute est inconceA'able. Dieu est ici présent devant nous.

L'intellectualisme spiritualiste traditionnel, qui fonde les motifs de crédibilité sur le double roc de la conscience et de la raison (par suite sur la science), aura le dernier mot, n'en doutons pas, non seulement sur le matérialisme vulgaire ou « scientifique », déjà démodés, mais aussi sur l'agnosticisme dont la vogue ira s'af faiblissant, à mesure que les découvertes de l'astronomie, de la chimie, de la biologie, etc., dévoileront et conjoindront chaque jour davantage les linéaments merveilleux du plan divin.

Gomme l'a montré dans son œuvre philosophique un de nos maîtres, M. le docteur Fiessinger, la science, la synthèse des connaissances, bien loin d'apporter son aide aux adversaires du spiritualisme, est sur tous les points manifestement contre eux. La science est un instrument d'apologétique. (Voir Fiessinger,

Science et Spiritualisme, 1907, et Les Conflits de la science et des idées modernes, 1905, Perrin, éditeur.)

20. Le foie décrasse la machine humaine. Il la débarrasse des corps inertes qui circulent dans le sang : granules graisseux, débris de cristaux, de sels insolubles, etc. C'est la fonction < granulopexique ».

Près de cette fonction prend place la fonction « cytopexique » : le foie arrête les cellules organiques entraînées dans la circulation, par exemple les cellules détachées d'une tumeur. C'est de la sorte que les cellules cancéreuses, parties d'une tumeur de cette nature et qui dissémineraient et généraliseraient le mal, sont arrêtées et détruites par le foie. Cependant si la Aârulence est trop grande, c'est le foie qui est vaincu, la cellule s'y greffe et y développe une tumeur secondaire. C'est ainsi que parfois, après des extirpations chirurgicales de tumeurs, on constate des noyaux de récidive dans le foie.

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