PHENOMENES DE RELATION
Les êtres vivants subissent l'influence de l'énergie du milieu ambiant. Cette influence se produit à la périphérie du corps de l'être (impression)] elle provoque une véritable explosion d'énergie {réaction) (1) qui se manifeste, d'ordinaire, sous la forme de mouvements.
Les mouvements de réaction sont toujours parfaitement adaptés à un bictj qui est la procuration des aliments, ou bien l'accomplissement de certains actes de la reproduction. Mais, les réactions se produisent encore et surtout lorsque les conditions du milieu ambiant se modifient dans un sens défavorable. Ces modifications impression-
(1) L'énergie qui constitue la réaction, étant en général de beaucoup plus intense que celle qui a impressionné la surface du corps de l'être, ne peut pas résulter d'une simple transformation de celle-ci ; elle dérive des phénomènes de nutrition (désassimilation). Sous l'influence de l'impression, l'être vivant décompose une partie de ses réserves orgarii^ues et, les produits de cette décomposition, — en se recombinant entre eux et avec l'oxygène jjour former CO-, H-O etc., — mettent en liberté l'énergie qui est utilisée comme réaction.
nent l'être qui réagit par des mouvements exécutés toujours dans un but de défense^ en d'autres termes, dans le but de sortir de la sphère des conditions désavantageuses et de se porter vers des endroits où les conditions de milieu se rapprochent le plus de l'état optimum (1).
Les phénomènes de relation sont relativement simples chez les êtres unicellulaires ; ils sont, par contre, d'une complexité extrême chez les êtres pluricellulaires supérieurs qui possèdent des cellules différenciées en vuede leur accomplissement.
xAlUSsI, nous envisagerons ces phénomènes, d'abord chez les êtres unicellulaires, ensuite chez les êtres supérieurs et chez l'homme.
I. Chez les êtres iinicellidaires^ l'impression périphérique provoque une réaction de la masse protoplasmique qui constitue leur corps, réaction qui se manifeste le plus souvent sous la forme de mouvements toujours parfaitement adaptés à un but, et généralement désignés sous le nom de taxws.
En voici quelques exemples :
Une plasmodie d'Aethalium septicum (myxo-
(1) Les réactions de défense se produisent dans les circonstances suivantes :
V quand on augmente ou quand on diminue l'intensité de l'une des formes de l'énergie (chaleur, lumière) ou bien la proportion de l'une des substances (oxygène, eau) qui entrent dans la composition du milieu, à l'étai optimum ;
, 2° quand on introduit dans le înilieu, dans lequel vit l'être vivant, une forme de l'énergie (électricité) ou une substance chimique (toxique ou excrémentitielle) qui ne s'y trouvent pas à l'état optimum ;
3' lorsque l'être se trouve en présence d'un ennemi^ c'est-à-dire d'un autre être, capable de mettre sa vie en danger.
mycète) est placée sur une bande de papier buvard humide dont on introduit une extrémité dans de l'eau désoxygénée, l'autre extrémité demeurant à l'air. Peu à peu, la masse protoplasmiquOj qui plonge dans l'eau désoxygénée, en émerge pour se trouver au contact de l'oxygène dont elle a besoin. (Stahl) (1).
Une semblable plasmodie (qui se nourrit avec la substance nommée ton), se porte dans la direction des fragments de tan qui se trouvent autour d'elle.
Pareils phénomènes sont appelés chimiotaxie positive ou trophotaxie ; ils sont en rapport avec les actes de la nutrition.
. La même plasmodie, étalée sur une bande de papier buvard dont les extrémités plongent dans deux verres d'eau à la température de 30*^, demeure immobile ou se meut dans une direction quelconque. Mais, si l'on met de l'eau à la température de 7*^ dans l'un de ces verres, l'eau de l'autre verre étant maintenue à 30^, on voit la plasmodie se déplacer vers ce dernier verre (2). Si, maintenant, on remplace l'eau à 30° par de l'eau à 50"*, on voit la plasmodie changer de direction et se déplacer en sens inverse. En d'autres termes, elle fuit l'eau trop froide ou trop chaude, capable de la tuer, et se porte vers les régions où
(1) Stahl. — Zur Biologie der Myxomyceten. In Botanische Zei^ tung, 1884.
V. aussi Verworn. Phr/sioL générale (Trad. Hédon), Paris 1900.
(2) Stahl. — Loc. cit.
la température est, pour elle, au degré optimum.
Dans une demi-obscurité, ce myxom^^cète rampe à la surface du tan, dont lise nourrit, tandis qu'il s'enfonce dans l'intérieur du tan sous l'influence d'une vive lumière.
Ces phénomènes, désignés sous les noms de thermotaxie et de pliototaxie^ ne sont que des actes de défense contre les conditions désavantageuses du milieu.
Le mouvement qui porte les spermatozoïdes vers les ovules non fécondés de la même espèce^ est une taxie en rapport avec les fonctions de reproduction.
En résumé, chez les êtres unicellulaires, les phénomènes de relation sont remarquables par leur caractère àe finalité. Ils s'accomplissent toujours en vue d'un triple but^ à savoir : la réalisation des actes de la nutrition, la réalisation des actes de la reproduction et la défense de l'individu (1).
II. — Chez les êtres pluricellulaires supérieurs (2) et chez l'homme, qui possèdent des cellules différenciées (cellules sensorielles, neurones, fibres musculaires) pour la réalisation des phéno-
(1) Ces réactions s'observent chez tous les êtres unicellulaires mobiles ; chez les êtres unicellulaires immobiles et aussi dans certaines cellules fixes des pluricellulaires, elles sont représentées par une exagération des phénomènes de la nutrition.
(2) Chez les êtres multicellulaires inférieurs (qui n'ont pas de système nerveux), les phénomènes de relation de l'individu présentent de grandes analogies avec ceux des êtres unicellulaires.
mènes de relation, ces phénomènes sont excessivement complexes.
Déplus, Timpression et la réaction, — éléments constitutifs de ces phénomènes, — sont parfois conscientes^ c'est-à-dire senties, perçues.
Il nous faut donc considérer séparément :
1° les phénomènes de relation formés d'impressions et de réactions inconscientes ;
2^ les phénomènes de relation formés d'impressions et de réactions conscientes.
Dans la première catégorie entrent la plupart des faits connus sous le nom d'actes automatiques ou 'r6/Ï6:t'(35; la seconde catégorie comprend ce que Ton appelle instincts et actes volontaires (l).