NOTICE IX
Mais ce n'est pas le seul blâme qu'encourut Destouches de la part de ses contemporains à propos du Glorieux. On trouva généralement que la préface de sa pièce était emphatique, présomptueuse et même trop « glorieuse ». Elle lui valut quelques quolibets, notamment le quatrain suivant de Voltaire, qui courut bientôt les coulisses et les ruelles ' :
Destouches, dans sa comédie, A cru peindre le glorieux; Et moi je trouve, quoi qu'on die.
Que sa préface le peint mieux.
On y ajouta même, de son vivant, une épitaphe, en un seul vers, qui cherchait malignement à tracer son portrait en deux mots :
Ci-git le Glorieux, à côté de la gloire.
Il suffît d'ailleurs de considérer avec attention le
la seule manière de se présenter sur la scène. Quelle noblesse dans son port! Quelle grandeur dans son air! Quelle fierté dans sa démarche! Quel art, quelles grâces, quelle vérité dans tout le débit du rôle, et quelle finesse, quelle variété dans tous les jeux de théâtre!» — Voyez, en tête de la présente réimpression du Glorieux, cette préface de Destouches, intégralement reproduite.
1 . C'est cependant le même Voltaire, un peu inconséquent avec lui-même, qui avait d'abord adressé à Destouches le billet suivant :
Auteur solide, ingénieux.
Qui du théâtre êtes le maître.
Vous qui fîtes le Glorieux,
// ne tiendrait qu'à vous de Vètre,