DOSAGE DU BROME
Nous avons vu que l'hypothèse d’une réaction inhibitrice entre les acides halogénés et le glutathion admet la libération de l’halogène sous forme d’acide : HI, HBr, HCI.
Nous espérions donc suivre le sort des acides monohalogénés ajoutés aux fermentations en dosant leur halogène respectif dans le milieu ou la levure, sous leur forme organique ou ionisée. Il nous fallait donc mettre au point des méthodes de dosage de ces halogènes.
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Nous avons choisi pour le dosage du brome la méthode de Denigès-Chelle (108) car elle avait été déjà appliquée par ces auteurs à des vins et, d’après Florentin et Munsch (109), aurait, grâce à un traitement préalable à l’éther, permis de différencier le brome organique du brome minéral. Nous n’avons pas l'intention d’étudier en détail cette méthode [pour l'historique de ce procédé, voir Damien (110)], mais nous en exposerons le principe et insisterons sur les points qui ne nous ont pas donné satisfaction.
On commence par une minéralisation, suivant le procédé indiqué par Denigès et Chelle; les cendres obtenues sont reprises par une solution à 10 % d’acide azotique purifié. Dans la liqueur acide on isole le Br par précipitation au nitrate d’argent; le précipité est ensuite centrifugé et lavé jusqu’à élimination complète de l’acide nitrique. On procède ensuite à la réduction du BrAg par l’H, produit de la réaction de l’acide sulfurique sur des fragments de Zn ajoutés au précipité. Le Br se trouve maintenant à l’état de BrH ou de BrZn, il ne reste plus qu’à mettre en évidence cette quantité de Br, qu’on libère d’abord par oxydation à l’aide d’un mélange sulfochromique en présence de HCI.
Enfin le Br donne avec les réactifs fuchsinés (*) une coloration rose violacée que l’on concentre par agitation dans du chloroforme. L’appréciation de la quantité du Br se fait par comparaison avec une série préparée extemporanément, contenant des doses connues de BrK. On pourrait apprécier ainsi, suivant les auteurs, 5Ygr. de Br dans la prise d’essai, soit 0,5 mg. par litre.
Nos premiers essais ont porté sur le contrôle de la bonne marche, en essayant de retrouver des quantités de BrK
(*) Un autre indicateur de Br-employé, a été la fluorescéine suivant la méthode de Hahn (111).
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et d’acide bromacétique connues, ajoutées au moût. Or, n'ayant jamais retrouvé nos quantités adjointes, nous avons procédé par élimination successive des différentes manipulations. Il ne faut attribuer la raison de l’insuccès ni à la minéralisation, suspectée en premier lieu, ni à la précipitation par le nitrate d’Ag. Finalement des bromures en quantités connues et soumises à l’opération de réduction n’ont plus été retrouvées.
Nos pertes variaient entre 20 et 50 % pour des quantités de 10 à 100 y de Br.
Nous sommes donc d’avis que les pertes doivent bien avoir lieu au moment de la réduction.
Nous verrons dans un chapitre suivant, que les dosages du Br et de l’I se sont avérés inutiles à cause de la forte hydrolyse des acides iodacétique et bromacétique 1 provoque la formation de HI et Brl.