SUC DE LEVURE LEBEDEFF
FERMENTATION INHIBÉE PAR L’ACIDE MONOIODACÉTIQUE ESSAIS DE RÉACTIVATION PAR LE GLUTATHION
Pour éliminer toute objection concernant la pénétration des substances à travers la membrane cellulaire, nous avons étendu nos recherches à la fermentation zymasique (*) (126).
(*) Une partie du travail sur la fermentation zymasique a été faite en collaboration avec M. E. Haag (126) qui a en outre, aimablement mis à notre disposition la levure sèche nécessaire à l'obtention du suc de macération,
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La préparation du suc de levure a été indiquée à la page 59. On a suivi la marche de la fermentation par le dosage du gaz carbonique au moyen de l’appareil de Harden, Thompson et Young (127); la précision du dosage est de 1 p. cent. Tous nos essais ont été faits à 25°, sur 10 cc. de liquide, dont la moitié était représentée par le suc. On y ajoute du glucose à raison de 400 mg. par tube. On introduit d’abord dans le tube 5 cc. de suc auquel on ajoute la quantité nécessaire d’eau distillée, l’acide iodacétique et environ dix minutes après, la solution de glucose, en notant rigoureusement cet instant.
Expérience en milieu acide. — Nous avons commencé par déterminer l’influence des quantités croissantes d’acide monoiodacétique sur l’inhibition de la fermentation zymasique, pendant une durée d’expérience de trois heures. Les résultats exposés dans le tableau XXIT n’ont pas une valeur absolue, mais peuvent être comparés entre eux. Ici les conditions d’expériences sont toutefois plus précises que dans le cas des levures vivantes et des milieux de culture.
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Tableau XXII
Influence de la concentration de CH,ICOOH sur l’inhibition de la fermentation symasique en milieu acide
CH,ICOOH Inhibition % i mg. conc. mol.
Durée 3 heures.
Nous avons observé que le temps de contact entre le zymase et l’acide monoiodacétique avant l’addition du glucose, augmentait son action inhibitrice. Par exemple, pour une concentration de M7/10.000 d’antiseptique, l’inhibition qui est de 7,4 % pour un temps de contact de dix minutes environ, s'élève à 18,9 % pour un contact de 15 h. 40.
Il s’agissait de savoir ensuite si l’inhibition de la production de CO, correspondait à une baïsse de la teneur en substances sulfhydrilées. Nous avons alors dosé ces. substances dans le suc frais, et l'expérience terminée, dans les
Te
liquides soumis à l’essai (*). Les résultats (tableau XXII)
indiquent nettement que l’acide monoiodacétique, à des
concentrations qui inhibent fortement l’action de la zymase, ne provoque aucun diminution de la teneur en glutathion du suc.
Malgré ces résultats, nous avons tenté de réactiver une
fermentation arrêtée par l’acide iodacétique, au moyen
d’une addition de glutathion.
Comme nous nous y attendions, l’addition du glutathion ne provoqua aucun amoindrissement de l’inhibition. Les dosages de glutathion confirmèrent d’autre part que l’acide iodacétique n’exerce aucune influence sur la teneur en glutathion, du moins en milieu acide. Le glutathion ajouté a été intégralement retrouvé (tableau XXIV). L’excès d’I absorbé correspond exactement à la quantité de glutathion ajouté.
(*) Nous avons indiqué à la page 60 la manière dont nous avons déterminé le gluthation et la totalité des substances précipitables par le lactate de Cd sans défécation préalable. Les résultats sont exprimés en cc. d’iode M/500 absorbé, correspondant à 5 cc. de suc de levure. Au moins ®% % des chiffres ainsi obtenus sont attribuables à l’action de l’iode sur le glutathion.
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Expériences en milieu neutre. — Pour rendre le milieu neutre, nous avons ajouté dans nos tubes, un excès de CO,Mg. Cependant on a vu que la fermentation zymasique n’était pas compatible avec une trop grande quantité de ce sel et qu’il fallait choisir une dose sans action gênante sur la fermentation et capable de maintenir quand même le milieu à pH 6,8. Ces conditions sont satisfaites avec 50 à 100 mg. de CO;Mg. D’autre part, la période de latence est notablement plus grande en présence de CO;Mg, qu’en son absence. De nombreuses expériences nous ont montré que pour inhiber, au moyen de l’acide monoiodacétique, la fermentation zymasique en milieu tamponné par 80 mg. de CO,M£, il fallait beaucoup plus d’antiseptique que pour les essais en milieu acide. On se souvient des remarques de Rapkine (54) et de Ehrenfest (30) qui attribuent l’affaiblissement de l’inhibition avec l’augmentation du pH, au rôle probable du pH sur la modification de la perméabilité de la membrane cellulaire.
Cette hypothèse est peut-être exacte, maïs d’après nos expériences, il est évident que la réaction du milieu agit aussi d’une autre manière sur l’inhibition par l’acide monoiodacétique, de la fermentation zymasique.
Dans ces nouvelles conditions, la présence d’acide iodacétique entraîne une certaine baisse d’iode absorbé. Cette diminution est néanmoins trop faible pour pouvoir expliquer l’inhibition presque totale de la fermentation (tableau XXV).
PORTER RE Mn |
; Tableau XXV
Influence du CH,ICOOH sur la fermentation zymasique |
en milieu neutre
CH,ICOOH LT cc. co, Inhibition L N/500 dégagé absorbé
apr. 18 h. 50 7 cc.
mg. conc. mol.
O = O | 39 4,65 M/400 88 FH Cat
80 mg. CO;M£g par 10 cc. de liquide en fermentation.
| Après nous être assurée que des additions croissantes de glutathion seul, de 4 à 25 mg. par essai, n’influençaient en aucune manière la marche de la fermentation et qu’à la fin de la fermentation on retrouvait intégralement les quantités ajoutées, nous avons étudié à nouveau le comportement de la fermentation en présence simultanée d’acide et de glutathion. Cette fois encore le glutathion n’a provoqué aucun renversement de l’inhibition (tableau XX4KV).