CHAPITRE SEPTIÈME
Quelques mots sur le traitement
N'ayant pas spécialement en vue ce point de la question, : je ne m'y étendrai pas et renverrai le lecteur à l’intéressante thèse de Solary (1), et pour ce qui concerne la section du sympathique à celle d'’Ahmed Hussein (2).
Comme les partisans des autres théories thyroïdiennes, je crois que la maladie ressortit à la chirurgie. Mais, ici comme ailleurs, cas chirurgical n'est pas synonyme de cas à opérer. Il y a des basedowiens qui guérissent spontanément ou du moins qui s’améliorent assez pour ne réclamer aucune thérapeutique; les interventions chirurgicales ne sont pas assez anodines pour qu'on les applique à tous les cas. |
Mais une fois qu'il est certain que l'affection ne régresse pas, il ne faut pas hésiter à prendre le couteau. La légende de la bénignité de la maladie de Basedow a vécu. Ce n’est pas pour rien que nos anciens lui donnaient le nom de cachexie exophtalmique; aujourd’hui l’on admet une mortalité de 1 sur 4 ou 5, ce qui est considérable.
Le traitement médical réussit dans les cas qui évoluent
(1) Solary, — Du traitement cbirurgical du goître exophtalmique. Th. Paris, 1894, n° 393.
(2) Ahmed Hussein. — Th. de Lyon, 1896.
L'IÉRQ UE
vers la guérison spontanée. La seconde opérée de Berndt (qui fut guérie complètement et rapidement) avait 65 ans et voulait se suicider. Elle était malade depuis 30 ans, le diagnostic était porté (par Traube) depuis 27 ans; dans l'intervalle elle avait pris de l'arsenic, de la digitale, du bromure de potassium, de l’ergotine; cure d'eau, cure d'air, électricité, opium, morphine, thyroïdine n'avaient pas été plus eflicaces.
Les médecins d'ailleurs ne sont pas loin d'être convaincus et je pense que l'opinion émise par M. Marie ne tardera pas à devenir celle de la plupart. « Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai déjà vu mourir d'une mort misérable un certain nombre de cas de goître exophtalmique, et qu'en présence d'une maladie de ce genre, présentant des phénomènes graves, je n’hésiterais plus à conseiller une opération chirurgicale dont les résultats se sont montrés favorables dans plus de 80 °, des cas où elle a été faite. » (1)
La statistique de M. le professeur Heydenreich co : porte en effet 82 °/, de guérisons (2).
En ce qui me concerne je veux seulement examiner les différentes méthodes de traitement chirurgical en me basant sur l'interprétation que j'ai proposée.
Goître, dilatation des vaisseaux, excitation du sympathique, telle est pour moi la filiation des phénomènes. En enlevant le corps thyroïde ou en l'atrophiant, Is vaisseaux diminuant, l'excitation du nerf n'aura plus lieu. En liant les vaisseaux on doit supprimer au moins momentanément leur action sur le nerf; on peut obtenir secondairement une action atrophiante sur le goître. S'il était possible pratiquement de sectionner ou d'enlever le sympathique cervical sans léser les vaisseaux, le résultat d’une telle opération dans un cas de goître exophtalmique devrait être de remplacer le goître avec excitation sympathique par un goître
(1) Marie. — Nature de la maladie de Basedow. Bull. Soc. méd. des hôp., 23 fév. 1894.
(2) Heydenreich. — Semaine médicale, 19 juin 1895.