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Ce n’est pas seulement le corps thyroïde qui est pulsatile et frémissant, c'est encore toute la région cervicale inférieure. Carotides et jugulaires, dit-on, présentent le souflle et le frémissement. La sous-clavière à été oubliée par les observateurs. Il faut noter d’ailleurs que ces phénomènes vasculaires ne dépassent guère la région thyroïdienne. Cela ressort nettement de deux observations de Trousseau «on entend dans la tumeur un souffle léger avec renforcement, qui ne se prolonge point dans les artères du cou» (loc. cit. p. 564). « Le stéthoscope appliqué sur la tumeur permettait de constater le double bruit de souffle dont je vous ai déjà parlé, et qui, au-dessus de la tumeur. était simple et correspondait à la systole ventriculaire. On acquérait ainsi la preuve que le double souffle entendu dans le bronchocèle n’était pas uniquement dû à la transmission des bruits qui se passaient dans la carotide primitive, puisqu'il n’y avait qu'un bruit simple dans les vaisseaux artériels » (loc. cit., p. 596).
Ces phénomènes ne sont pas sans produire des symptômes subjectifs. Le malade « sent sa tête douloureusement ébranlée par les battements tumultueux de ses artères » (1). Mais « il est assez remarquable, dit Rendu (loc. cit. p. 569) que chez eux malgré les pulsations vasculaires très considérables.... il n'existe jamais dans les yeux cette sensation de battement, ni de bruissement oculaire qu'éprouvent si manifestement les sujets atteints d’anévrysme artério-veineux et de tumeur cirsoïde de l'orbite ».
La fachycardie est très marquée et constante. C'était pour Germain Sée le seul signe constant. Le pouls bat de 9o à 150 fois et plus par minute. Malgré sa fréquence il reste assez souvent régulier; d’autres fois on note des faux pas, des redoublements ou encore des paroxysmes se produisant brusquement et disparaissant de même : le pouls d’une minute à l’autre peut aller de
130 à 220 et 250 (2).
(1) Jaccoud, — Traité de pathologie interne, 6° édition, 1889, t. I, p. 803. (2) Von Hoesslin. — Münchner Med. Wochenschrift, 1896, p. 25. Neues zur Pathologie des Morbus Basedowii.
Tous les auteurs ont relevé le frappant contraste entre la petitesse du pouls radial ou crural et la violence de celui des vaisseaux du cou.
Cette tachycardie se traduit pour le malade par des palpitations devenant plus violentes par moments.
La main appliquée sur la région précordiale perçoit nettement une augmentation du choc du cœur; l'organe est souvent hypertrophié, mais ne présente pas d'ordinaire de souffles.
L'exophtalmie est directe, le plus souvent bilatérale et symétrique, mais presque toujours l’un des yeux est devenu saillant avant l’autre. Elle peut rester unilatérale indéfiniment (1) et coïncide généralement alors avec une prédominance de la tumeur thyroïdienne du même eôté. Pourtant Yeo (2) donne l’observation d’une dame présentant d’abord un goître droit avec une exophtalmie gauche, puis le lobe gauche se prend et lœil droit devient saïllant à son tour.
Le degré de projection du globe varie dans de grandes proportions. On l’a vu tel qu'il a sufli d'un examen imprudent pour amener la luxation.
« L’imminence de l'exophtalmie se révèle ordinairement par un symptôme particulier qui consiste dans une contraction singulière du releveur de la paupière supérieure. Celle-ci, obéissant à ce spasme, ne descend plus autant que de coutume, ce qui devient très manifeste lorsque l'œil s’abaisse, mouvement auquel s'associe normalement la paupière supérieure. Il ne faudrait pas croire que ce phénomène dépend du degré de l’exophtalmie; car quelquefois il est très prononcé sans qu'on puisse, avec la plus grande attention, constater la moindre saillie de l'œil correspondant.
à # Q °1 = A « C'est cette rétraction de la paupière qui, en découvrant
(x) Vôlkel. — Ueber einseitigen Exophtalmus bei Morbus Basedowii. Diss. inaug. Berlin, 1890.
{2) Yeo. — À case of oxophtalmic goiter with new phenomena, The British med. Journal, 1877, 179 mars.
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une portion ordinairement cachée de la selérotique au-dessus de la cornée, donne au regard ce caractère d’étonnement et de dureté signalé par la plupart des observateurs, et qui augmente tout naturellement par l'effet d’une exophtalmie croissante (x).
Ces lignes nous font saisir à la fois la cause et la parenté des signes décrits par de Graefe et par Stellwag. De Graefe (2) a signalé le défaut de synergie entre les mouvements d’élévation et d'abaissement du globe et ceux de la paupière supérieure, défaut de synergie surtout apparent dans le regard en bas.
Stellwag (3) a signalé deux choses : la lagophtalmie, c’est-àdire l'impossibilité de fermer complètement les paupières; la rareté du clignement, qui est moins complet et plus lent. Ces détails avaient d’ailleurs été notés déjà par Sichel (4).
Quel est l’état de la pupille? Elle semble avoir ses dimensions normales dans la grande majorité des cas. De Graefe, sur 200 cas, ne l’a jamais trouvée dilatée. Elle l’est pourtant quelquefois ; dans un cas que cite Trousseau « la pupille était dilatée et il y avait paresse de l'iris » (loc. cit. p. 553); quelques pages plus loin (p. 561), dans une observation de Trousseau et Cazalis, nous retrouvons une dilatation notable des pupilles.
On a noté encore du côté des yeux de l’ophtalmoplégie externe, qui n’est guère qu'un certain degré de limitation des mouvements de l'œil; plus souvent encore de la parésie de la convergence.
La vision est en général peu modifiée.
Le tremblement est menu, limité Le plus souvent aux membres
(1) Wecker. — Traité théorique et pratique des maladies des yeux, t. I, Pp. 707, 1863.
(2) Von Graefe. — Ueber Basedow’sche Krankheït. Deutsche Klinik,
1864, p. 158. Klinische Monatsblätter für Augenheilkunde, 1864, p. 183. — Le rapprochement de ces dates pourrait faire attribuer à Wecker la paternité du signe de de Graefe. {l n’en est rien, puisque Wecker, dans le volume daté de 1863, cite de Graefe avec la date de 1864.
(3) Stellwag von Carion. — Ueber gewisse Innervationsstérurgen bei Basedow’scher Krankheit. Klinische Monatsblâtter für Augenheïlkunde, 1869, p. 216-219.
(4) Sichel. — Bulletin général de thérapeutique, 1846, p. 349.
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supérieurs, atteignant parfois la tète. La main oscille 8 à 9 fois par seconde, sans tremblement individuel des doigts, ce qui distingue ce signe du tremblement alcoolique. Cest, avec la tachycardie, le symptôme le plus fréquemment noté.
Quant à /a diminution de la résistance électrique, elle est très considérable. Au lieu de 4000 ohms, chiffre moyen de la résistance
des sujets normaux, on trouve environ 1000 ohms et quelquefois
moins.
B. Signes accessoires. — Aux symptômes précédents peuvent s'ajouter des crises épileptiformes, des accidents choréiformes, des crampes musculaires, un certain degré de paraplégie, des névralgies affectant surtout le cou et la tête, de la fausse angine de poitrine. Il fut un temps où tous les symptômes nerveux observés étaient attribués à la maladie de Basedow elle-même ; la tendance actuelle est plutôt à parler de coïncidence, un basedowien ayant le droit d’être tabétique et réciproquement.
Presque toujours les malades sont irritables, agités; le caractère s’est modifié et les troubles psychiques peuvent côtoyer l’aliénation mentale.
La peau est le siège d'’éruptions diverses, de vitiligo, d’œdèmes. On a signalé la chute des cheveux, des cils, des ongles, de la barbe.
Les troubles digestifs sont variés et caractérisés surtout par leur mobilité : alternatives de boulimie et d’anorexie, diarrhées fugaces, vomissements.
Du côté de l'appareil respiratoire on observe de la dypsnée paroxystique, une toux sèche et fréquente sans que l’auscultation révèle aucune lésion.
L'appareil génital n’est pas indemne. Ce que l’on observe le plus ordinairement c’est l’aménorrhée et un certain degré d’atrophie.
Enfin on a signalé de la polyurie, de la glycosurie, de l’albuminurie, mais il est souvent bien difficile de dire si ces