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SCHURMANS-STEKHOVEN (1) nie le gonocoque, parce que ses cultures donnent des cocci qui ne le rappellent pas et que parfois les tubes ensemencés restent stériles. Pour les cocci ne ressemblant pas au gonocoque, nous ne pouvons que répéter-Ce que nous venons de dire à propos de GI0VANNINI; aux tubes stériles nous opposons l’unanimité des auteurs.
2 Le gonocoque n'existe que dans les cas de blennorrhagie
NEissEr (2), dès son premier mémoire, spécifie nettement que le gonocoque ne se trouve que dans les sécrétions de nature blennorrhagique; par exemple, il ne l'a jamais trouvé dans l’uréthrite traumatique succédant à la lithotritie.
A sa suite, les auteurs émettent à une immense majorité, des opinions semblables, mais en général sans les appuyer sur des observations; aussi nous contenterons-nous de citer ceux qui ont articulé des faits précis.
LEIsTIKOW (3), après avoir trouvé le gonocoque dans tous les cas de blennorrhagie uréthrale ou oculaire, n’a pu le déceler dans aucun autre liquide. WELANDER (4) arrive aux mêmes résultats, et notamment n’a jamais rencontré de gonocoque dans le pus des abcès. CRIvELLt (5) l’a en vain cherché dans plusieurs cas d’uréthrite traumatique. OPPENHEIMER (6), sur 108 femmes enceintes, a trouvé 30 blennorrhagiennes, soit 27,77 pour 100; mais jamais les lochies ne contenaient de gonocoques, si les femmes étaient saines avant l’accouchement., Pour Horanp (7), le sang des règles ne renferme
(1) Schurmans-Stekhoven, loco citato, n° 195. (2) Neisser, loco citato, n° 24.
(3) Leistikow, loco citato, n° 47.
(4) Welander, loco citato, n° 72,
(5) Crivelli, Loco citato, n° 122.
(6) Oppenheimer, loco citato, n° 102.
(7) Horand, loco citato, n° 180.
A jamais le gonocoque, pas plus que les pertes blanches vulgaires, même chez les femmes enceintes; quand les liquides leucorrhéiques des femmes enceintes contiennent le gonocoque, c'est une preuve que ces malades étaient atteintes de blennorrhagie avant leur grossesse. « Tout écoulement uréthral, vaginal, utérin, anal, le sang des règles, les lochies, les pertes blanches, peuvent occasionner des uréthrites chez l’homme; toutefois, ils ne donnent la blennorrhagie que s'ils rénferment des gonococci. » W. CARPENTER (1), de l'examen de 35 cas, conclut que le gonocoque ne se trouve absolument que dans les cas de blennorrhagie. DE SINÉrY et HENNE- GUY (2), qui l'ont trouvé chez la femme dans les cas d’uréthrite, ne l'ont jamais trouvé dans les cas d’urétrorrhée, dont le liquide blanc, constitué surtout par des cellules épithéliales, a une réaction nettement acide, et n'est, du reste, pas cliniquement blennorrhagique. KRONER (3) sur 18 mères, dont les nouveau-nés n'avaient pas de gonocoques dans leurs sécrétions conjonctivales, à trouvé des diplocoques et bacilles divers, mais pas le gonocoque. Dans les pertes blanches d’une mère atteinte de leucorrhée ancienne, il ne trouve pas le gonococcus, mais un coccus spécial qu’il retrouva dans l’œil de l'enfant. |
Nous venons de voir que l’accord des auteurs est général ; il n’est pas unanime. Écoutons les revendications des dissidents et voyons si elles sont justes : en tout cas, elles sont récentes et méritent réfutation.
STRAUS (4) a rapporté le cas d’un jeune malade de Mauriac, âgé de seize ans, avouant se masturber, mais niant tout rap-
(1) Carpenter, University med. Magazine, décembre 1892, n° 314. (2) De Sinéty et Henneguy, loco cilato, n° 103.
(3) Kroner, loco citato, n° 92.
(4) Straus, loco citato, n° 219.
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port sexuel, qui vit succéder à des manœuvres de masturbation plus prolongées que de coutume une uréthrite à écoulement, dans lequel Straus trouva le gonocoque dans quatre
examens pratiqués à plusieurs jours d'intervalle. « Toutes les
préparations renfermaient des gonococci types, remplissant:
les cellules épithéliales et les globules blancs, présentant des
dimensions relativement considérables, lé groupement deux. par deux, ou quatre par qüatre, ainsi que l’aplatissement de
leurs faces contiguës, en.un mot l’aspect et la disposition si
caractéristiques du coccus de Neisser. Ils ne se coloraient past
par la méthode de Gram. » L'auteur constata l identité deces % <
préparations avec celles formées par un pus authentiquement |
blennorrhagique; il en conclut que le gonocoque est un sa-
prophyte, et que, quand un individu attrape la chaudepisse, LES
y a auto-inoculation. Or, d’une part, l'enfant pouvait fort bien avouer la masturbation et nier le coït, ce. dernier étant, en, psychologie juvénile, considéré. comme un fait plus grave que : la masturbation, si j'en crois ma modeste expérience clinique; d'autre part, la minutieuse description de Straus ne ca-
ractérise plus aujourd’hui le gonocoque et convient tout aussi bien à nombre de saprophytes génitaux ; on peut donc fort bien supposer que le jeune malade de Mauriac a eu tout bon-
nement une uréthrite traumatique à la suite d’une manœuvre masturbatrice constituant un véritable cathétérisme septique
(introduction d'un corps étranger).
ErauoD (1) admet que c'est un saprophyte de l’urèthre, qu? on. y trouve à l’ état normal. La question’est traitée ailleurs. PEs- CIONE (2), avait prétendu trouver le gonocoque chez des fem-
mes saines, mais c'étaient des prostituées : c’est tout dire. Arrivons au fait de Casper (3): il a trouvé dans l’urèthre (1) Eraud, Loco citato, n° 251.
(2) Pescione, loco citato, n° 217.
(3 ) Casper, Semaine médicale, 1893, p.343, no 852.
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ASE marquer deux choses : d’abord c’est qu’il est téméraire d'affirmer, cliniquement, qu'un écoulement est ou n’est pas blennorrhagique; ensuite que, dans toute recherche bactériolog'ique, ce n’est souvent qu'après plusieurs examens qu’on arrive à trouver le microorganisme incriminé ; et il nous semble que ces deux simples considérations ôtent beaucoup de valeur, sinon toute, aux affirmations du bactériologiste italien. ;
Nous admettrons donc que le gonocoque n’existe que dans le cas de blennorrhagie, et nous concluerons, avec Gosse- LIN (1): « L'on ne gagne jamais la chaudepisse, quoi qu’on fasse, avec une femme qui n’a pas la chaudepisse. »