‹ Le GonocoqueChapitre 22 sur 54 · IV. — CULTURES · texte numérisé non relu

IV. — CULTURES

La technique de préparation des milieux de culture mérite une note spéciale. Je passe sur les milieux ordinaires, bouillon, gélatine, gélose: ils demandent seulement toute l'habitude et toute l'attention exigée de ceux qui se livrent à la pratique de la bactériologie. Mais je dois un mot aux milieux, — presque spéciaux au gonocoque, — obtenus avec le sérum sanguin et dont la préparation est hérissée de difficultés, difficultés qui surgissent spécialement quand on veut préparer des milieux de sérum pur qu’il est excessivement ardu de solidifier sans l’altérer.

(1) Legrain, loco citato, n° 181.

Ds 102 Le sang humain sera recueilli par expression d'un placenta au moment de la délivrance ; sur les animaux, on sectionnera les gros vaisseaux du cou. En tout cas, on le recevra dans des récipients étroits et élevés, des éprouvettes par exemple, et on abandonnera recouvert dans un lieu frais ; quand le sérum surnagera suffisamment clair, on décantera avec soin. Pour solidifier les milieux de sérum pur, on devra porter lentement ce sérum à la température de 70° centigrades, qu’il ne faudra pas dépasser, et l’ÿ maintenir au moins une heure; en dépassant 70° on altérerait le sérum. On répétera l'opération trois ou quatre fois pour assurer la stérilisation. | Il est bien plus facile d'obtenir des milieux d'après la méthode de WErTHEIM : On stérilise séparément le sérum (plusieurs fois à 70° centigrades) et la gélose (à 120° centigrades sous pression), on les mélange à chaud dans les proportions voulues (sérum 1 p., gélose ? p.) et on coule en tubes ou sur plaques; ce milieu se solidifie par refroidissement.

En tout cas, on devra obtenir des milieux légèrement alcalins, puisque l'écoulement blennorrhagique, uréthral ou uté-. rin, est presque constamment alcalin (AUBERT (1), DE Si- NÉTY et HENNEGUY (2), quoi qu'en dise LANCEREAUX, qui prétend qu’il est acide. Mes observations personnelles concordent avec celles des trois premiers auteurs : j'employais la phénolphtaléine, autrement sensible que la teinture de tournesol, et j'ai toujours trouvé une réaction franchement alcaline aux écoulements blennorrhagiques uréthraux. Néanmoins, d'après DE SINÉTY et HENNEGUY, le pus du col utérin et des glandes vulvo-vaginales serait très fortement alcalin, ce qui ne l’empêche pas de contenir des gonocoques. |

(1) Aubert, Lyon médical, 1887, t. LV, p. 62 et 333, n° 150. (2) De Sinéty et Henneguy, loco citato, n° 108.

Du reste, les essais de cultures faits au laboratoire de médecine légale ont confirmé ces diverses manières de voir : les divers microbes uréthraux ensemencés comparativement sur des milieux légèrement alcalins, fortement alcalins et neutres, donnaient les cultures les plus vivaces et les plus précoces sur les milieux légèrement alcalinisés, tandis qu’ils ne donnaient que des colonies malingres et tardives sur les milieux fortement alcalinisés où neutralisés, qui parfois même sont restés stériles.

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