I — MORPHOLOGIE
En examinant les gonocoques avec un grossissement suffsant, On s'aperçoit que chaque individu est un véritable diplococcus et qu’une ligne blanche centrale le partage en deux, Jui donnant ainsi l’aspect d’un « semmel », comme disent les auteurs allemands, c’est-à-dire d’un petit pain, d’un biscuit, ou plus exactement d’une croquignolle. Chaque portion du diplocoque rappelle un grain de café; en effet, sa face externe est convexe, et sa face interne est plane ou même lécèrement concave. Les deux portions du gonocoque se regardent par leur face, plane ou concave, que nous avons appelée interne, et sont réunies toutes deux par une gangue ou capsule, amorphe, hyaline, ne se colorant pas par les couleurs d’aniline et se détachant en blanc éclatant et cru, sur le fond toujours légèrement teinté de la préparation; cette sorte d'aréole se voit hien dans les bactéries libres, mais on ne la distingue pas toujours aussi nettement sur les gonocoques intracellulaires. EscHBAUM l'a comparé à une semelle de soulier.
Ce microbe peut se grouper par quatre ou par huit, d'après bon nombre d'auteurs compétents. Je n'ai jamais observé cette disposition; mais il se groupe ordinairement en des amas non seulement intracellulaires, maïs aussi libres; jamais il ne constitue de chaînettes, et les auteurs quille décrivent sous cette forme se sont trompés et n’ont pas vu le gonocoque, ou, s'ils l'ont vu, il était mélangé à d'autres germes.
D'après Früuc@e (1), la longueur moyenne ‘est de 1,25 p, pouvant osciller de 0,8 p à 1,6 a; la largeur varie de 0,6 à 0,8 u. Mais les chiffres donnés par les auteurs sont passablement variables, et nous ne devons pas trop nous en étonner, les réactifs employés pouvant essentiellementles modifier.
La description que je viens de donner est conforme à celle des auteurs qui se sont faits une spécialité de l'étude du gonocoque et, entre autres, NrissEer, BocKHART et WoLzr, ESCHBAUM, STERNBERG, WELANDER, LEGRAIN, BuMM, WER- THEIM, etc.
BoucxARp (?)avait signalé un appendice caudal; on a prétendu qu'il avait pris pour tel le sillage que laisserait le onocoque en se mouvant; mais, outre que les colorants en solutions alcooliques suppriment cette cause d'erreur en tuant les microorganismes, je n’ai jamais vu de sillage pouvant faire penser à un appendice caudal dans les examens de microcoques doués de mouvement ; je crois que ce qu'a vu Bouchard n’est pas le sonocoque.
Ceci nous amène naturellement à parler des mouvements de notre microbe ; quand on étale sur une lame des gonocoques provenant d’une culture, on voit très nettement qu'ils sont doués de mouvements individuels, absolument indépendents du mouvement brownien. L'analyse de ces mouvements
(1) Flügge, Les microorganismes, trad. Henrijean, n° 176. (2) Bouchard, Loco citato, n° 42.
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1° Un mouvement assez lent de translation ;
2° Un mouvement d'’oscillation ayant le mouvement de translation comme axe ;
3° Un mouvement de rotation, chacun des éléments étant, par rapport à l’autre, tantôt dessus tantôt dessous.
Ces trois mouvements sont combinés, ce qui rend difficile dé les bien voir ; on y arrivera pourtant én observant des microorganismes peu actifs ou du moins dont on aura ralenti artificiellement l’activité, par exemple en mettant sur la lame une goutte d’eau plus où moins alcoolisée.