II. — CULTURES
On a d'abord prétendu que le gonocoque ne pouvait se cultiver ; nous trouvons en effet un certain nombre d’auteurs qui n'ont pu y arriver: Citons Corniz et BABEs (1) et ZrissL (2).
Mais, par contre, Bokaï l’a probablement cultivé dès 1880; depuis, Neisser, KRAUSE, LEISTIKOW, y sont aussi parvenus, etnous allons voir que, de nos jours, on l’a fait d’une façon indubitable.
NEISSER (3) a obtenu des résultats négatifs sur gélatine et gélose, et n’a réussi ses cultures que-sur sérum sanguin et pomme de terre.
JAMIN (4) a fait cultiver des gonocoques par un de ses amis, mais les cultures étaient impures puisqu’il-a obtenu des bactéries en chaînettes, le gonocoque ne revêtant jamais cet aspect. Kreis (5), après échec sur la gélatine, obtient des cultures sur gélose peptonisée à 2 pour 100 dans l'étuve à 80° ou 35° centigrades: OPPENHEIMER (6) n’a pu réussir que sur sérum sanguin stérilisé et coagulé de 37° à 39° centigrades. Boc- KHART (7) cultive surtout sur un mélange de gélose et de sang de préférence humain. Bumm (8), après avoir prétendu que le gonocoque ne vient que sur sérum sanguin et avoir contesté les recherches de Wertheim, a réussi plus récemment (9) des
(1) Cornil et Babès, Les bactéries et leur rôle. Paris, 1890, n° 262. (2) Zeïssl, in Semaine médicale, 1886, p. 82, n° 145.
(3) Neisser, loco citato, n° 105.
(4) Jamin, loco citato, n° 66.
(5) Kreis, loco citato, n° 1077.
(6) Oppenheimer, loco citato, n° 102.
(7) Bockhart, loco citato, n° 127.
(8) Bumm, Berlin. klin. Woch., 1891, n° 30, p. 757, n° 276.
(9) Bumm, ir Gebhard, loco citato, n° 317.
cultures d’après les procédés de cet auteur. D' ARLHAC (1) a pu cultiver des gonocoques jusqu’ à la dixième génération sur du sérum sanguin provenant d’un placenta frais. VIBERT et Borpas (2) l'ont cultivé sur bouillon, gélose, pomme de terre ;
ils font remarquer « que l'aspect des colonies n’était pas tou-
jours semblable et présentait même parfois des différences accentuées. » LeGRAIN (3) a réussi sur gélose, gélatine et sérum sanguin; or, d'après G. Roux (4), les cultures de cet au-
teur méritent « toutes créances.» SGHURMANS-STEKHOVEN(5), :
cultivant sur du sérum de sang d'homme ou de lapin ou avec
le liquide de l’hydrocèle, n'a pas de résultats analogues à ceux
obtenus par Bumm sur le sérum de sang humain; Pun des | trois microbes qu’il trouve, injecté dans la chambre antérieure à de l'œil d'un lapin, est pyogène, les deux aütres nele sont pas. | GEBHARD (6) a pu cultiver le gonocoque sur plaques en sui-
vant la technique de Wertheim, dans sept cas de blennorrhagie de la femme et dans un cas d’ophtalmie purulente ; le Sérum sanguin lui à donné des résultats inférieurs. MENGE (7) a
pu obtenir des cultures sur le milieu suivant: il prend un mé- lange d’agar et de liquide kystique, plus facile à recueillir que le sang humain; ilextirpe le kyste sans l'ouvrir et évacue le liquide aseptiquement; on pourrait aussi employer. le liquide
d'hydrosalpynx. STERNBERG (8) ensemençait du bouillon de
bœuf ou de lapin stérilisé : développement rapide et teinte
laiteuse du liquide; quand les bactéries, après avoir épuisé les
qualités nutritives du bouillon, meurent faute de nourriture, :
(1) D’Arlhac, Thèse Lyon, 1892, n° 305. 2 (2) Vibert et Bordas, Médecine moderne, 1891, 4. 1 ‘n°: L n° 278. (3) Legrain, loco citato, n° 181.
(4) Roux, Province médicale, mars 1890, p. 145, n° 243.
(5) Schurmans-Stekhoven, loco citato,. n° 195.
(6) Gebhard, loco citato, n° 31'7.
(7) Menge, loco citalo, n° 348.
(8) Sternberg, Loco citato, n° 64.