‹ Le GonocoqueChapitre 43 sur 54 · I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. — HISTORIQUE

Dès 1884, les auteurs signalent l'importance que peut avoir le gonocoque en médecine légale.

WELANDER (1) termine son mémoire en disant : « En outre, expérience a permis de constater que la notion de la présence du gonocoque peut aussi être d’une importance signalée pour loculiste et le médecin légiste. »

Dès la même année, AUBERT (?) dans son intéressant article « Gonorrhea insontium », étudiait les modes d'infection indirecte et il concluait : « En attendant la solution de ces questions... bornons-nous à indiquer, quelle réserve doit introduire dans les conclusions médico légales, la possibilité, chez Ja petite fille, de la contagion blennorrhagique accidentelle. »

Loger (3), à la suite d’une affaire de viol jugée par la cour d'assises du Nord, prétendit avoir pu, par des cultures, déceler la présence de gonocoques sur des linges à taches suspectes. Horano (4), allant plus loin, affirme le constater directement : « C’est ainsi, dit-il, que jai pu constater sa présence dans du pus desséché sur du papier ou du linge, sur des chemises par exemple, ayant appartenu à dés enfants violées. »

AUBERT(5), étudiant spécialement la question au pointde vue médico-légal, doute de la-pureté des cultures de Lober. Non seulement il n’a jamais retrouvé le gonocoque sur les linges souillés de pus blennorrhagique desséché, mais encore il pense que cette découverte est impossible, car les leucocytes eux-

(1) Welander, loco citato, n° 72.

(2) Aubert, Lyon médical, 1884, t. XLVII, p. 263, n° 91. (3) Lober, Bulletin méd. du Nord, 1887, p.206, n° 147. (4) Horand, loco citato, n° 180.

(5) Aubert, loco citato, n° 184.

mêmes sont détruits; pour lui, le meilleur caractère du gonocoque est.sa situation intracellulaire : « Je ne considère comme caractéristique que le' siège intracellulaire, dans le protoplasma des globules de pus, entré les noyaux, » En tous cas, la recherche du microbe dans les écoulements est indispensable en médecine légale. L'auteur admet la blennorrhagie de l’anus, de la vulve, du vagin, de lutérus. Il remarque que la spécificité du gonocoque est plus clinique qu’expérimentale. Plus tard (1), il a confirmé ses opinions. Levi (2), ayant trouvé le gonocoque dans le col d’une petite fille violée et dans l'écoulement uréthral de l’accusé, n'hésite pas à déclarer celui-ci coupable.

LEGRAIN (3) qui savait admirablement diagnostiquer le gonocoque, déclare les résultats absolument incertains dans les cas où la recherche se fait sur des linges souillés de pus suspect. COUTAGNE (4) admet non seulement la difficulté mais l’impossibilité de retrouver le gonocoque sur des linges souillés.

KRATTER (5), d'Insprück, veut que dans les cas de blennorrhagie en médecine légale l'examen bactériologique soit toujours fait. Il dit que les modes de contagion non vénérienne sont rares, et que, d’autre part, de ce qu’on ne trouve pas de : gonocoque on n’a pas le droit de repousser une origine vénérienne. Pour lui, le diagnostic médico-légal ne peut s'appuyer sur les cultures et les inoculations, car le gonocoque ne peut se cultiver sur les milieux habituels et ne peut s'inoculer aux animaux. D'autre part, l’auteur admet que le gonocoque se conserve sur le linge et on peut le retrouver, par exemple, sur

(1) Aubert, loco citato, n° 20"7.

(2) Lévi, Giorn. ital. d. mal. ven., 1890, t. XXV, 2, n° 242.

(3) Legrain, Revue médicale de l'Est, n° 18, 1888, n° 183.

(4) Coutagne, Lyon médical, 1888, t. LIX, p. 621 et suiv., n° 208. (5) Kratter, Berlin. klin. Woch., n° 42, p. 960, 1890, n° 249.

une chemise ayant depuis plus de six mois des taches blennorrhagiques. En tout cas, on photographiera la préparation qui ne se conserverait pas bien, et on aura ainsi une preuve à conviction aussi valable qu'un anneau d’arsenic.

ViserT et Borpas (1) ont examiné six fillettes qui prétendaient avoir subi des attouchements. Les individus accusés, examinés moins de huit jours après l'attentat, n’avaientaucun écoulement uréthral; les chemises qu’ils portaient le jour de l'attentat ne présentaient aucune tache. Les parents de deux de ces fillettes, examinés, étaient sains. Or ces fillettes étaient -atteintes d’une vulvo-vaginite dont le pus contenait un diplocoque en biscuit, agrégé en masses intracellulaires et jamais en chaînettes, se colorant directement et se décolorant par le Gram, en un mot ayant les caractères du gonocoque.Les cultures sont identiques sauf sur pomme de terre. Les auteurs concluent que l'examen bactériologique le plus complet ne permet pas d'affirmer la nature d’une vulvite.

Caxen-Bracu(?) sur 21 fillettes de deux à dix ans atteintes de vulvo-vaginite, a trouvé 20 fois le gonocoque de Neisser. Parmi elles, 7 avaient été violées, 3 contaminées à l'hôpital les autres couchaïent avec une mère leucorrhéique où appartenaient à une famille où l’on trouvait de la blennorrhagie, vénitale où ophtalmique. Ces chiffres prouvent l'importance des infections indirectes. — La vulvo-vaginite, peu intense, peut gagner l’urèthre, mais jamais l'utérus, les trompes, ni le péritoine.

EpwarD Marin (3) admet deux formes de vulvo-vaginite : blennorrhagique, irritative, qui peuvent atteindre l'œil, la vulve, le vagin, l'utérus. Eu recherchant le gonocoque, on

pensera aux pseudo-sonocoques de la vulvite.

(1) Vibert et Bordas, Médecine moderne, 1890 t. 1, p. 881, n° 247. (2) Cahen-Brach, Deutsche med. Woch , 1892, p. 724, n° 324.

(3) Martin, loco citato, n° 325.

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