‹ Le GonocoqueChapitre 45 sur 54 · III. — DES CONDITIONS DE RECHERCHES SPÉCIALES A LA MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

III. — DES CONDITIONS DE RECHERCHES SPÉCIALES A LA MÉDECINE LÉGALE

La recherche du gonocoque, déjà difficile en clinique, se hérisse encore de difficultés nouvelles quand nous entrons dans le domaine de la médecine légale.

Et d’abord, dans la plupart des cas de cet art d'application, on en est réduit à la bactériologie la plus pure, car soit mauvaise volonté, soit fausse honte, on se voit généralement privé des quelques enseignements que fournit ordinairement la clinique: mauvaise volonté du coupable, fausse honte vraie ou calculée de la victime ou prétendue telle. C’est quelquefois toute une affaire pour se procurer le pus.ou s’assurer de son existence, et l'expert devra user de diplomatie ou de surprise et aller parfois surprendre le malade à son réveil, avant le saut du lit, avant que, par une première miction, 1} n’ait prudemment nettoyé son canal.

D’autres fois, ce sont des liquides recueillis sur le cadavre, au méat urinaire, à la vulve, dans le vagin, dans l'anus, et alors généralement en faible quantité.

Enfin on aura à examiner des taches généralement sur des linges. — Et quels linges ! — Nous recevons Journellement au laboratoire des chemises dont les taches incriminées sont un mélange de sperme, d’écoulements vaginaux, de matières fé-

— ]44 — cales, de crasse, de poussière. Ce seront là les cas difficiles ; ce ne seront pas les plus rares.

Et c’est précisément dans ces cas médico-légaux, où les difficultés seront poussées à leur summum, au point que par- . fois il y a impossibilité réelle, c'est dans ces cas, dis-je, que l'expert a besoin de donner des résultats certains, car il tient souvent dans ses mains l'honneur d’une famille ou d'une femme.

Aussi sommes-nous intimement pénétré de cette idée, que la recherche ne doit pas être faite par le premier venu, ni même par quelqu'un ayant quelque habitude du microscope; non, cette investigation doit être pratiquée par un homme compétent, un bactériologiste attitré, rompu à la technique spéciale, ayant l'habitude des microbes, qui, ayant fait une étude complète du cas, puisse donner une réponse assurée.

Pour dire toute notre pensée, il vaut mieux se passer d'examen et laisser tomber une affaire dans l’eau, que de la confier à un incompétent : pas d'examen plutôt qu'un examen mal fait.

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