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quer un maître en fait de style, M. Rebelle da Sylva, nous le prouvent ; mais à celte verve parfois exubérante il joignait Pétude de la littérature française qui devait plus tard en corriger les excès. Ce furent en définitive les enseignements de Boileau qui prévalurent ; cette muse sévère et un peu moqueuse lui dicta son ouvrage le plus durable.
Dans cette ville où plusieurs années s'écoulèrent pour lui sans offrir d'incidents remarquables, Diniz s'acquit bientôt l'estime de ses collègues et la sympathie des habitants; il fit plus, il y eut des amis dévoués. Sa mélancolie naturelle, son caractère silencieux, son amour persévérant pour l'étude, Téloignaient néanmoins des sociétés nombreuses ; il ne devenait communicatif que dans l'intimité. Ce petit cercle qu'il ne voulait pas étendre et qu'il ne réunissait pas même chez lui, bien qu'on
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e montrât avide de l'entendre, il le trouva chez P'rancisco Jozé da Sylveira Falcato, l'un des notables d'Elvas. Falcato avait trouvé moyen de réunir chez lui l'élite intellectuelle de la petite cité ; sa maison était devenue insensiblement une sorte d'Académie. La salle voûtée où il réunissait ces quelques amis était, dit-on, des plus modestes. Diniz en devint l'un des visiteurs les plus assidus, et une violente ophthalmie dont il se vit attaqué vers cette époque ne dérangea rien à ses habitudes ; et ce fut dans cette société un peu rieuse parce qu'elle était jeune, un peu acerbe parce qu'elle appartenait à une petite ville, qu'il apprit par hasard et comme à son insu , grâce à un personnage intéressé dans la querelle, les incidents plaisants qui brouillaient le clergé d'Eivas, comme Penlèvement du lutrin, jadis, avait porté le trouble dans le Palais.
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Nous ne répéterons pas ici l'argument de l'Hysope, ou si on l'aime mieux du Goupillon : Boissonade Ta dit beaucoup mieux que nous ne le saurions faire ; mais ce qu'il n'a pu raconter avec sa facilité aimable, c'est la tradition locale, le récit transmis de bouche en bouche et qui dit encore à Elvas comment fut composé le Goupillon, Cette petite chronique littéraire a été longtemps ignorée, même en Portugal, et nous l'empruntons presque textuellement à la notice biographique de M. Innocencio da Sylva. Elle dit à merveille, selon nous, avec quelle verve spontanée la conception première de ce petit chef-d'œuvre jaillit de l'imagination du poëte, malgré une vive douleur physique à laquelle il était en proie. Le jour même où le nouveau doyen de la cathédrale se fut préparé à renouveler la guerre commencée par son oncle, il entra dans le petit salon de Fal-
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cato , OÙ il était admis et où ses visites se renouvelaient de temps à autre, bien qu'il ne fit point partie de ce cercle intime. Il commença à raconter les événements qui avaient eu lieu, en accompagnant son récit de tous les faits accessoires qui pouvaient leur donner de l'intérêt, laissant d'ailleurs la petite assemblée émerveillée des exigences outrecuidantes du prélat.
Parmi les gens qui faisaient partie de la compagnie se trouvait présent un homme qu'une attaque violente d'ophthalmie retenait à l'écart : il avait perdu jusqu'à la faculté de lire, et le voisinage des lumières l'incommodait même si fort qu'il était contraint de rester isolé à quelque distance. Il se tenait négligemment les coudes appuyés sur une table et le visage caché entre ses deux mains. Cet homme n'était autre qu'Antonio Diniz.
Le doyen n'eut pas plutôt terminé sa