I . Da voz agalUgada do Malifa
Quando o nuuujo, « falu i'honums,ngt»
Les Gallegos, ou habitants de la Galice, sont en Portugal ce que sont en France les Auvergnats et les Savoyards. Une voix galicienne est une voix de crocbeteur. Le second vers signifie : «-quand, ï dé£itut
il quitte le manège pour conduire des hommes.
Vidigal disait : « O grande Elvas, 6 « cité que tes illustres enfants feront « à jamais vivre dans la mémoire, « mes accords élèveront en ce jour ta « gloire et ton nom jusqu'au ciel.
« Mais par où ma voix commencera- « t-elle ton éloge ? O Bacchus enjoué, « inspire-moi, toi qui m*as si sou- « vent inspiré! Je passerai sous si- « lence mille succès fameux que Tan- « tiquité a déjà célébrés : car le génie « d'un simple mortel a d'étroites li- « mites; je dirai seulement Péconomie « rare, inouïe, de ton Sénat, qui, « ayant utilement consommé ses re- « venus en lumières, en deuils, en
d'hommes, il dirige le manège. » J'ai dit autre chose, n'entendant pas ici la pensée de l'auteur. Le texte n'est peut-être pas correct.
« cadeaux, et ne pouvant remplacer a sa vieille cloche fêlée, la fit entou- (i rer de quatre crampons de fer. »
L'habile chantre, en accompagnant ce récit merveilleux, frappait avec un tel art les cordes du petit instrument, qu'à chaque pulsation ron croyait entendre le tintement de la cloche.
« Que dirai -je de ce trait de votre « génie, quand vous fîtes graver en « lettres noires, sur la pierre noire de « là porte Esquina, une belle in- « scription, afin sans doute que per- « sonne ne s'avisât de la lire? Enigme « plus obscure, plus inexplicable que « cette énigme fatale qui jadis, aux « portes de la fameuse Thèbes , était « proposée aux étrangers par le Sphinx « cruel. »
A ces mots , il se tait un moment,
pour reprendre haleine, çt, rie montrant que le blanc de ses yeux, comme un homme absorbé dans de profondes méditations, il crache d'une si odieuse façon que toute l'assemblée en est épouvantée. Puis il recommence en ces termes :
« Oh ! que n'ai -je eu le bonheur de a naître à Rome, et d'y être, dans mes « premiers ans, façonné comme un « triste et "tendre chapon! Alors je « pourrais dignement, avec un beau « dessus, à la manière d'Achille dans « les opéras italiens, chanter une « grande action de ton noble Sénat, a la plus grande que jamais les siècles « aient admirée.
« Vous en fûtes témoins, spectateurs a de toutes classes, grands et petits, « qui, dans la place, assistiez joyeux « au combat des taureaux , sous la
lyé LE GOUPILLON.
« présidence de vos -graves magistrats , « et vous attesterez à la race future « que je n'embellis pas de fausses cou- « leurs ce récit mémorable. Je veux « parler de leur prodigalité, quand, « aux premiers bruits des augustes « fiançailles de la royale princesse et « du royal infant» que semait par « la ville la Renommée encore incer- « taine, ils jetèrent, bien repus toutece fois , sur la foule pressés les restes « d'une abondante collation. Alors (ô « merveille!) les œufs mollets, le « doux riz, les cédrats confits, la « crème fouettée, que le peuple attra- « pait à la volée, formaient une pluie « dont bientôt toute la place fut inon- « dée. Comme, dans les soirées de « mai, quand le bras tout en feu de
I. Le mariage de Dona Maria avec son oncle rinfant Dom Pedro.
« Jupiter' irrité fait retentir à tra- « vers la profondeur des nuages som- « bres le fracas épouvantable du ton « nerre, une affreuse grêle tombe en « même temps et inonde les cam- « pagnes; ainsi tombaient les mor- « ceaux de blanc-manger. »
Il chantait; et cependant les conviés, à qui le souvenir de ce doux régal avait fait venir Teau à la bouche*, ne pouvaient plus attendre le souper trop longtemps différé; stimulés par une feim dévorante , ils se lèvent tous ensemble, et, renversant les chaises et les instruments, ils cou-
Quando Jove Corn a mbida maô dardeja irado,.
Diniz imite Horace, I, 2 •:
Jam satis terris nivis atque dira Crandinis misit Pater, et rubentc Dextera sacras jaculatas arces, Terruit urbem.
lyS LE GOUPILLON.
rent vers la table , où les cristaux do^ rés et les plats éclatants répètent la lumière de cent bougies.
Le stupide Aguilar est assis à la première place, et, sans cérémonie, il remplit aussitôt son avide estomac.
Dans chaque verre brille la liqueur rosée qui chasse du repas joyeux la cruelle mélancolie, et Ton entend porter les bruyantes santés.
La tienne, grand Gonsalves,* fut portée la première. Tous boivent à ta rare valeur, à ton adresse ; tandis que, renversé sur le sein de ta chère moitié, et livré à ses douces caresses , tu riais à la fois et du Doyen et du Prélat.
1*1 gaieté animait le repas; les plaisanteries, les bons mots, les fines railleries circulaient à la ronde. Le Prélat était le but où visait chaque
trait : tous se faisaient une joie de frapper sur Son Excellence; mais leurs coups ne portaient pas.
Les uns louaient la brillante élite de ses théologiens synodaux, Arronches, par exemple, prédicateur merveilleux, qui a lu d'un bout à l'autre les Pensées de la chaire, le Zodiaque souverain et beaucoup d'autres livres fort estimés dans l'École des Capucins; le Gardien des Capucins, Roquete, thomiste pétulant et hardi.
Les autres célébraient son autorité prédominante et rappelaient comment il prit proprio motu la maison d'un pauvre laïque pour, y établir son barbier.
Celui-ci exagérait Tamour - propre du prélat qui distribuait des offices et des dignités, comme s'il eût eu déjà la mitre et la crosse de Porto.
l8o LE. GOUPILLON.
Celui-là murmurait de sa présomption à se croire ministre choisi pour la grande Rome; à s'imaginer qu'il pourrait bientôt, entouré de laquais et de pages pétulants, dans un carrosse traîné par des chevauxjDommelés, fouler avec orgueil les verts rivages du Tibre.
Tous criaient sans respect contre rignorance fatale ou la licence avec laquelle, au mépris des sacrés canons, il mettait des bénéfices, à charge d'âme entre les griffes des avares Réguliers.
Tu ne pus échapper à leur critique, ô toi, jolie robe de chambre d'indienne légère, dans laquelle, après un copieux dîner, il passe bien enveloppé, à la grande fenêtre de son inutile et oisive bibliothèque, les chaudes soirées de l'été!
Parmi ce. feu roulant de plaisante-
CHANT VII. l8l
ries, dom Alarve seul gardait le silence , et, rongeant des os, suçant ses doigts, il mangeait et mangeait encore.
Quant au gros et tortu Silva, il prenait de temps en temps la parole, pour raconter, non sans frayeur, quelque tragique aventure prise dans r Année historique K
Lorsque tout à coup (6 prodige effroyable qu'on ne peut raconter sans frémir!) le vieux coq, qui,' bien lardé, gisait en un plat parmi des poulets et des pigeons, se lève sur ses pattes , et, secouant trois fois ses ailes dépouillées, prononce ces mots d'une voix triste, mais claire :
ce En vain, Doyen cruel, en vain tu « célèbres avec mon sang Theureuse