PARTIE RETROSPECTIVE
SOUS les chênes, et la source voisine affirme qu'une nymphese hasarde parfoisjusque dans la chaumière.
Voilà qui est bien 1830!
— Le romantisme refleurit, il n'est pas mal d'être lyrique. Le prosaïsme nous tuait.
11 n'est pas davantage hérétique d'affirmer qu'un grenier tendu de petit calicot peint d'un riant semis de fleurettes , où s'accrochent deux ou trois gravures gaies, encadrées de paille, est ravissant.
Jenny l'ouvrière , arrosant en petit fichu son géranium quand l'aurore se lève, me parait autrement séduisante que M"" la duchesse de Z. en son hôtel.
Pour Dieu !
du simple, de la lumière! Assez de romans
OÙ tout ce qui n'a pas 300.000 livres de rentes n'est que faquins! Oh! ces romanciers et leurs héros attachés d'ambassade, ils nous ont fait perdre la tête. Nous souffrons de la folie des belles manières et des « meubles riches i>. Je vous défie de trouver en France un chef de bureau qui n'ait une salle à manger Henri II et une chambre Pompadour, et je gage que le jour où le Figaj^o dira que Rosalinde, la divette, a paru aux courses avec un ridicule en satin vert, vous verrez au prochain five o'clock de la préfète, toutes les petites filles ornées de ridicules en satin vert.
Nous sommes des moutons que mènent paître les journalistes. Esclaves de l'engouement et de la réclame, la Mode nous traîne où il lui plaît, un bout de ruban à son petit doigt, l'autre au chapeau des dames ou à la boutonnière des hommes. Et le génie de notre race, l'originalité de notre esprit, le charme de notre individualité sont noyés dans le flot des influences extérieures. Nous sommes sans caractère, partant sans guide dans l'arrangement de notre home; nous habitons des maisons où tout est meublé rigidement selon l'ukase d'un tapissier, à moins que sous prétexte d'échapper <r aux styles » l'appartement ne soit rempli sans harmonie et sans mesure d'un ramassis de meubles disparates et biscornus. Entre la monarchie et l'anarchie, nous ne savons