‹ Le goût dans l'ameublementChapitre 33 sur 115 · PARTIE RETROSPECTIVE · texte numérisé non relu

PARTIE RETROSPECTIVE

péenne qu'elle n'est pas moins coquette, peut s'attifer à l'aise couchée sur un sopha.

L'ornementation dans le meuble et le décor chez les Japonais a pour caractéristique le dragon et le masque grimaçant. Ce motif identique chez les Chinois fut enfanté par l'idée que se faisaient ces peupies du rôle de la divinité. Après la nature, la religion est la source où les artistes de tous les temps ont puisé leurs inspirations. A Nippon comme à Pékin, capitales de pays où les bouleversements géologiques furent fréquents, le dieu qui d'un signe soulevait la terre, en faisant à chaque instant, comme par un capricieux délire, jaillir des montagnes et sortir du feu, apparut uniformément terrible. Tel les Chinois et les Japonais le conçurent, tel ils le représentèrent. Ce fut un dragon effroyable dont la gueule embrasée s'ouvrait dans un rire atroce et dont la queue agitée de soubresauts convulsifs secouait le monde et l'ébranlait. Et quand on donna à ce dieu la forme humaine, on l'affubla d'un masque terrifiant.

Voilà pourquoi on trouve sur les brûle-parfums, sur les foukas et les kakémonos, sur les éventails.

et les écrans, les hideuses figures si éloignées des modèles empruntés à la nature visible.

* ir

Si la Chine est hostile aux étrangers, que dire de rinde? Je ne parle point de l'Inde anglaise, frottée de civilisation européenne, mais de Tlnde brahmanique qui cache jalousement ses mystères et garde ses antiques traditions.

Pour dérober leurs trésors aux profanes, que n'eussent arrêtés ni les tigres des jungles ni les serpents des bois sacrés, les premiers Hindous creusaient leurs temples au flanc des Ghâttes qui couvrent le pays de leurs ramifications. Les majestueux débris d'Ellora et d'Éléphanta racontent les merveilles de cette civilisation primitive. Mais ces constructions sans pareilles étaient réservées aux seuls dieux. Hors de là, plus rien. La vie, pour THindou pénétré de Timmortalité de rame et de la métempsycose des êtres, était une bagatelle. Il suffisait d'honorer les dieux. Quant à vivre commodément, à quoi bon ? Qu'était-ce que vivre?

Les Hindous habitaient donc sous de simples toits portés par des piliers. Nul confort et tout d'abord

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