PARTIE retrospectivf
nulle idée d'un mobilier, si rudimentaire qu'il pût êlre. La nécessité imposa une table. Elle fut taillée dans un énorme tronc de sandal, le siège dans un tronc plus petit. Et comme le fût des arbres est cylindrique, tables et sièges n'eurent pas d'autre forme.
Un beau jour, un Hindou eut l'idée d'enlever avec une hache de silex l'écorce et les aspérités du bois.
Combien fallut-il d'années, de siècles peut-être, pour que les meubles en forme de billot fussent taillés à six ou à huit pans? Combien de temps encore pour que ces pans fussent évidés, tournés en gracieuses arcatures, et qu'il ne restât plus du bloc massif qu'un plateau plus ou moins épais, suivant l'usage auquel on le destine, platea i posé sur des pieds so lides quoique délicat fouillés d'arabesque incrustés de nacre, pailletés d'argent?
Vous connaissez les gué-
ridons, les cabinets, les tabourets, couramment vendus dans les bazars exotiques? De Tlnde, ils se sont répandus alentour. La Perse, l'Arabie, la Turquie n'en connaissent pas d'autres. Les meubles en bronze incrusté d'argent et pavés de pierres précieuses forment toujours le fond du mobilier des riches Asiastiques , comme au temps de Darius. Ils sont taillés en hexagone et n'ont plus pour support des pieds d'animaux, voilà toute la différence.
Pour nous résumer, nous voyons dans l'Extrême- Orient le principal motif décoratif emprunté à la religion et variant avec les dieux et les symboles sacrés; nous y trouvons des meubles identiques.
Une remarque seulement, c'est que l'Inde emprunte à tous ses voisins une partie des détails de son ornementation, et qu'elle leur fournit en échange la forme de son mobilier.
Quant aux tentures et aux tapis de ces pays où le soleil s'ingénie à faire miroiter les plus étranges couleurs, nous n'avons qu'à les admirer. Les tapis du Khorassan et de Smyrne sont des merveilles d'un coloris indestructible; les broderies de la Perse témoignent d'un art admirable et résistant. Dans nos maisons cet art défie les ans ; dans l'histoire, il a défié les siècles. En le voyant si parfait et si ancien nous sommes confondus. Il remonte presque aux ori-