Cours de politique constitutionnelle, t. I, page
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dales, ces hommes furent admis, et ils renversèrent le Gouvernement.
Telles furent les suites du renouvellement partiel sous la République.
Voyons maintenant ses résultats depuis la Restauration, sous la Monarchie constitutionnelle. En 1817, les Français furent appelés pour la première fois à nommer leurs députés en vertu d'une loi que je ne veux point juger ici pour ne pas exciter d'orages; ces nouveaux élus introduisirent dans cette enceinte un esprit peu conforme à celui de la majorité dominante.
Deux séries les renforcèrent, cette majorité semblait devoir leur être acquise par la série qui était imminente. Voilà bien l'avantage que les sectateurs du renouvellement partiel lui attribuent, celui de modifier graduellement et sans secousses la majorité.
Que s'ensuivit- il ? Ceux qui allaient se trouver en minorité prévinrent leur défaite, et la loi des élections fut changée.
Maintenant, je le demande: les faits ne déposent-ils pas, d'une voix unanime et puissante, contre le renouvellement partiel ? Et en effet ce renouvellement ne contrarie-t-il pas, de la manière la plus directe, le but essentiel du Gouvernement représentatif ?
Hélas ! ce qui contrarie plus que toute autre chose le but essentiel du Gouvernement représentatif, c'est cette pensée dont l'auteur de l'Amendement Grévy s'est inspiré, sans s'en rendre compte, et qui tend à considérer comme inutiles ou superflus tous les rouages accessoires qui sont la condition nécessaire de son existence et qu'ont employés, jusqu'à ce jour, les pays qui ont dû à la pratique de ce régime un Gouvernement régulier et le cours paisible d'une prospérité digne d'envie. Nous ne voulons contester ni ce qu'un tel système présente d'ingénieux, ni ce qu'il peut y avoir d'analyse profonde et d'effort viril de la pensée à dégager d'un ensemble si complexe les principes essentiels et rudîmentaires sur lesquels repose la Monarchie constitutionnelle, pour en faire la base d'une République parle-
mentaire. Malheureusement cette République n'est pas le régime parlementaire, elle en est le squelette. A force de simplifier les rouages, elle ne laisse rien qui puisse mettre en mouvement le mécanisme quand il est arrêté, ou l'arrêter et prévenir les accidents quand il est en marche. Il lui manque les conditions pratiques de Texistence : il y a entre ce système et le fonctionnement de la Monarchie constitutionnelle la même différence qu'entre .un corps vivant et une formule mathématique. Il ressemble à ces universaux dont la philosophie du moyen âge avait fait le type des espèces, en leur enlevant par abstraction tout ce qui, dans le monde réel, forme le caractère distinctif et la personnalité des êtres vivants.