Prévost-Paradol, France nouveile^^d* édit. p
]e seul moyen de s'assurer qu'on marche véritablement avec l'opinion publique est de la consulter avant d'agir; et comme il est absolument impossible d'ouvrir un dialogue continu entre le chef de l'État et trente-cinq millions d'hommes, il faudra en dernière analyse que le pays soit représenté par un Parlement librement élu et renouvelé à des intervalles périodiques, que ce Parlement, maître de lui-même, formule la volonté nationale, et que le chef de l'État s'y soumette en la faisant exécuter fidèlement.
C'est à ce prix et à ce prix seulement qu'une nation, lorsqu'elle n'est pas réduite aux limites étroites des petites républiques de l'antiquité et ne peut, par conséquent, appeler ses citoyens à délibérer en commun sur le Forum ou sur V Agora ^ pourra jouir des bienfaits de la liberté politique.
La République qui lui offrirait ces garanties serait infiniment préférable à la Monarchie qui les supprimerait ; la Monarchie qui les consacrerait d'une manière stable serait mille fois supérieure à la République qui prétendrait en destituer les citoyens.