‹ Le gouvernement dans la démocratie (volume 2)Chapitre 100 sur 147 · L'INSTRUCTION UNIVERSELLE EN RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

L'INSTRUCTION UNIVERSELLE EN RÉPUBLIQUE

Seulement, il y a deux motifs très forts pour admettre au scrutin le plus d'électeurs qu'on peut, sans mettre l'État en péril.

C'est d'abord parce que la minorité qui jouit du suffrage fait presque toujours des lois tout en sa faveur, ou du moins ne défend pas les intérêts des classes exclues du vote, comme celles-ci le feraient elles-mêmes.

Ensuite, c'est parce qu'il n'y a point de meilleure éducation politique que de prendre part à l'agitation électorale et au vote. Le suffrage universel est donc le but vers lequel il faut marcher. Il faut s'efforcer, dans l'intérêt de la justice, de répandre la capacité politique, et, à mesure qu'elle se répand, augmenter le nombre des électeurs; mais il ne faudrait jamais oublier que l'instruction universelle doit toujours précéder le suffrage universel.

La production de la richesse et la guerre, puisque, hélas! il faut parler de cette chose horrible, exigent également aujourd'hui de la science et de l'instruction à tous les degrés de l'échelle, depuis le chef d'industrie jusqu'au plus humble artisan, depuis le général commandant des armées jusqu'au simple soldat.

Le pays où toutes les découvertes scientifiques et les connaissances élémentaires seront le plus répandues ne manquera pas, à la longue, de l'emporter sur les autres.

On ne peut trop se pénétrer de cette vérité, que la science est la source de toute prospérité économique et de toute puissance militaire, de même que l'enseignement populaire est la ban1 de toute démocratie raisonnable et la condition de toute république viable. Il faut donc doter largement ces services, dût-on même enlever quelque chose aux corps de ballet ou aux vaisseaux cuirassés. Ne pouvant restreindre le suffrage universel, il faut au moins l'éclairer.

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