‹ Le gouvernement dans la démocratie (volume 2)Chapitre 101 sur 147 · LE PRÉSODENT ET LES M I N BSTRES SOUSTRAITS A L'ACTION DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE PRÉSODENT ET LES M I N BSTRES SOUSTRAITS A L'ACTION DU PARLEMENT

Voici ce que dit à ce sujet Stuart Mill : « Je n'ai pas supposé le cas où un grand pouvoir centralisé entre les mains du premier magistrat et l'attachement insuffisant du peuple pour les institutions libres donneraient à ce magistrat la chance de réussir, dans une tentative pour renverser la constitution et usurper le pouvoir. Où existe un tel danger, il ne doit pas y avoir de premier magistrat que le parlement ne puisse réduire d'un seul vote à la condition d'homme privé. Dans un état de choses où ce manque de foi n'est pas impossible, cette prérogative du Parlement, si énorme qu'elle paraisse, n'est même qu'une faible sûreté. » — Le Gouvernement représentatif, chap. xiv.

Le président ne doit point paraître dans les Chambres; son intervention personnelle ôterait la liberté aux délibérations e' L'exposerait à des échecs qui diminueraient son autorité et rendraient sa position difficile. Il faut qu'il se résigne à la position de haute impartialité d'un roi constitutionnel et qu'il accepte les ministres que la majorité lui indique.

Aux États-Unis, les ministres ne paraissent même pas aux Chambres; ils sont plutôt des chefs de bureau, et comme tels,, ils ne sont point imposés par la majorité.

Le régime parlementaire appliqué sous la république me paraît exiger encore une autre réforme, dont les institutions des États-Unis nous offrent l'analogue, mais qui n'est point conforme aux habitudes actuelles de l'Europe.

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