CE QUE L'HISTOIRE PEUT NOUS APPRENDRE
On dit que l'histoire est renseignement des peuples et des rois.
Telle qu'on la raconte d'ordinaire, elle ne donne que les plus détestables leçons.
Quand on voit des fourbes et des méchants arriver au pouvoir et s'y maintenir, les forts écraser les faibles et, comme le disait Napoléon, la victoire se ranger du côté des gros bataillons, on est porté à en conclure qu'il faut être le plus rusé, le plus habile ou le plus fort. C'était bien là l'avis de Machiavel.
L'histoire, comme la nature, est souverainement immorale.
Mais ce que l'histoire doit nous enseigner, c'est comment et pourquoi les peuples ont conservé, perdu ou reconquis la liberté et la prospérité, et c'est cela que les historiens négligent trop souvent de nous montrer.
A cet effet, au lieu de tracer des tableaux généraux et synoptiques, ou d'embrasser toute une période comme un ensemble, l'histoire du moyen âge ou l'histoire moderne, par exemple, il faudrait suivre les destinées de chaque peuple séparément. Certains éléments constitutifs ou certaines circonstances extérieures décident de leurs destinées. Une nation naît, se forme, grandit et décline, comme une personne, mais non poir/t en Vertu d'une nécessité naturelle, comme est l'âge etla mort,( inévitables pour l'homme, mais en raison de certaines vertus ou de certaines fautes et de certains vices qu'il faut démêler et faire connaître clairement.
C'est dans cet esprit que j'ai essayé d'esquisser l'histoire de la liberté en quelques pays, en tâchant de découvrir les causes qui ont tantôt assuré ses succès, tantôt provoqué ses échecs.