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CHAPITRE III

COMMENT L'ÉGALITÉ A FAIT PLACE A L'INÉGALITÉ ET LA LIBERTÉ AU DESPOTISME

Il est bien étrange que les hommes, partout libres et égaux à l'origine, aient presque partout abdiqué leur indépendance, pour se donner des maîtres. J'essaierai de l'expliquer, en montrant ce qui s'est passé chez les Germains.

Déjà, dans leur état social si égalitaire jusqu'au deuxième siècle de notre ère, nous apercevons deux sources d'inégalité. Ainsi que nous l'avons vu, les principaux chefs recevaient, dans le partage périodique du sol, des parts plus grandes. Ils pouvaient donc entretenir plus de bétail et plus d'esclaves, ce qui les faisait plus riches et plus puissants.

En outre, les chefs sont entourés d'un nombreux essaim de jeunes gens d'élite, et c'est pour eux « un honneur dans la paix, une sécurité dans la guerre. Parmi ces jeunes guerriers, il y a des grades que donne celui dont ils forment la suite, et il y a une grande émulation, soit parmi les compagnons pour les premières places auprès du chef, soit parmi les chefs pour avoir le plus de compagnons et les plus braves. »

Ajoutez à cela que cette puissance et cette autorité se transmettaient aux descendants l.

(1) « Insignis nobilitas ant magna patrum mérita principes dignationem ^ la un. adolescentulis assignant; céleri robustioribus ac jampridem probatis "!/!/> ff/antur, nec rubor inter comités adspici. Gradits quin etiam et ipse comitatns habet, judicio ejus quem sectantur; magnaque et comitum ,-emulatio, quibus primus apud principem svam locus et principium, cui plurimi et acerrimi comités. Ihcc dignitas, hx vires, magno semper electorum juvenum drcumdari in pace decus, in bello praesidium. » {Germ., XIII.)

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